Test : Docteur Lautrec et les Chevaliers Oubliés

Docteur Lautrec et les Chevaliers Oubliés - 3DS

Genre : Aventure

Date de sortie : 25 novembre 2011

Genre
Aventure
Date de sortie
25 novembre 2011 - France
Développé par
WinkySoft
Edité par
Konami
Disponible sur
3DS
Parfois appelé
Doctor Lautrec and the Forgotten Knights

Aaaaah Paris ! Ses accordéons. Ses monuments. Ses catacombes. Et Konami a décidé de s’en servir comme théâtre du jeu Docteur Lautrec et les chevaliers oubliés. Le jeu arrive sur 3DS et se présente comme un Professeur Layton-like mais avec quelques spécificités. L’enquêteur camembert arrivera-t-il ne serait-ce qu’à la cheville de l’érudit rosbif ? Et quand est-ce qu’on mange au fait ?

 
 
A ma droite, Professeur Layton. Un enquêteur anglais du studio Level 5 qui règne de manière incontestée sur le jeu à énigmes sur portable depuis quelques années. Chaque épisode est un événement et rares sont ceux qui ont essayé de le détrôner. A ma gauche, Docteur Lautrec. Un français un peu trop sûr de son coup qui sort de chez Konami. Il décide de s’opposer au professeur sur son propre terrain. Mais le combat est peut-être perdu d’avance.

Le postulat de départ de Docteur Lautrec est plutôt simple. Un homme, Lautrec donc, n’a qu’une obsession : résoudre les mystères. Aidé par sa fidèle assistante, Sophie de Coubertin, il essaye de débusquer les trésors cachés de Paris à la fin du 19ème siècle alors que l’exposition universelle se prépare et que la Tour Eiffel se construit. Le problème, c’est que ce ne sont point des gentils trésors qui déclenchent tout simplement un piège avec une grosse boule quand on les prend. Non, ils sont habités. C’est à dire qu’ils ont une sorte de Pokémon qui sommeille en eux et qu’il faudra le battre avec vos trésors. Sur ce, le Docteur reçoit la visite de Marie Beltoise. Cette dernière lui amène un artefact qui pourrait l’amener sur la trace du diamant de Louis XIV.
 

Ca devrait pas se dérouler à Toulouse ce jeu ?

Voilà, un scénario pas bien original mais qui va faire son boulot : nous divertir. Et il faut bien ça car le reste risque de vous ennuyer. Et de vous frustrer aussi. Ainsi, pourrait-on résumer Docteur Lautrec : ennui et frustration. Plusieurs raisons à cela. Le jeu est, tout d’abord, organisé de manière simple et répétitive. Nous allons donc aborder chacune de ces étapes. Dans un premier temps, vous recevez une carte soit au gré de votre aventure, soit chez Milady, l’amie des aventuriers, qui vous en fournit pour les quêtes secondaires. Sur ces cartes, une énigme. Et vous croyez que vous allez la résoudre bande de Sherlock Holmes à la petite semaine. Et bien, non. Vous allez gentiment assister aux scènes de dialogues entre le Docteur et son assistante en train de résoudre l’énigme. Le summum de votre contribution ici, sera de courir d’un bout à l’autre de Paris au gré des déductions du Docteur. Passionnant… Au moins la carte de la ville n’est pas à l’échelle.

On part donc sur une bonne base de frustration et d’ennui. Et il y a pire encore devant vous. Une fois que vous aurez regardé tout cela. Vous irez au lieu où l’énigme vous a conduit. Et il faudra chercher en vue subjective l’entrée d’un labyrinthe souterrain. Un moment parfait pour utiliser le gyroscope mais… non. Une fois trouvée l’entrée, cette chère Sophie, qui est dotée du pouvoir de voir et sentir la puissance des trésors habités (oui cette phrase est douteuse) vous dit si vous avez une chance de terrasser le monstre. Généralement, elle pourra se mettre son conseil là où je pense car une fois arrivé au bout du labyrinthe, vous vous retrouverez souvent incapable de battre le monstre susnommé alors que la blonde vous a dit le contraire. Et votre marge de manœuvre est nulle. Si vous ne pouvez pas le battre avec vos trésors, rien ne sert de réessayer le résultat sera peu ou prou le même. Votre serviteur a même réussi à battre un monstre alors que notre amie nous a dit que non. Si vous échouez, donc, vous devez quitter le labyrinthe. Tout ce que vous avez fait (trésors trouvés, puzzles résolus, monstres battus), est perdu et vous devrez tout refaire sans exception. Cela ne saurait être un problème si le jeu était bon, ce qui n’est pas le cas, en particulier ces séquences souterraines.
 

Le trek dans les fin-fonds de Paris

Les labyrinthes du Docteur Lautrec. En voilà, une mauvaise idée. Tout d’abord, les décors sont moches et vides comme pas permis. Et ce sont toujours les mêmes. Un fond gris ou marron, deux ou trois pelles et outils qui se battent en duel et voilà. Ca peut être moche, me direz-vous, mais super sympa au niveau du gameplay. Une réponse négative s’impose. Les sous-sols de Paris sont infestés de gendarmes (qui sont allés à l’école Derrick vu leur lenteur) et de chevaliers mystérieux. Cela pose les bases de phases d’infiltration bien relou. Les ennemis sont donc ultra lents et les phases pourront être encore plus lourdes car il vous faut pousser des caisses pour vous frayer un chemin en hauteur. Voilà, le gameplay propre à ces labyrinthes résumé en un paragraphe. Cela vous épargne de devoir essayer.

Dans ces labyrinthes, on trouve des énigmes. Celles que le boitier de jeu nous vend si fièrement. 250 énigmes que diantre. De quoi vous occuper pendant vos longues soirées d’hiver dans vos toilettes. Le problème, c’est qu’il n’y en a que cinq types. Un sorte de mots croisés inintéressants où il faut placer les mots là où il y a de la place sans la moindre définition. Génial ! Vous avez également droit à une sorte de démineur pas folichon. Vous trouvez également des puzzles à blocs. Une forme donnée. Des morceaux de formes bizarres. Remplissez la forme avec les morceaux. Super révolutionnaire ! La palme revient au jeu des sept différences. Oui, comme celui que vous faisiez quand vous étiez gamin. Sauf que là, c’est toujours les arbres ou les nuages qui apparaissent ou disparaissent. On sauve juste les puzzles de logique qui sont un tantinet plus variés et vous feront vraiment cogiter.
 

Lautrecmon, attrapez-les tous !

Nous arrivons donc au combat de trésors. Dit comme ça, ça peut sembler bizarre. L’idée était pourtant sympa pour varier le gameplay d’un tel jeu. La mise en œuvre est, elle, bien ratée. Ces monstres, vous pourrez les rencontrer en cours d’exploration d’un labyrinthe. Auquel cas, ils seront de puissance honnête et vous pouvez les capturer si vous ne les tuez pas. Et pas besoin de Pokéball. Mais le plus important est celui que vous trouvez en fin de labyrinthe. Il est ultra puissant et vous ne pouvez le capturer si vous effectuez une quête de l’histoire principale. Il faudra donc le tuer. Comment ? En plaçant vos trésors sur des socles entourant le monstre-trésor que vous voulez capturer. Un trésor n’est utilisable qu’une fois. Et chaque trésor a un niveau qui monte avec l’expérience et appartient a une famille (eau, vol, terre, plante…). Ces phases sont lourdes et pas engageantes pour un sou. Encore une fois, le joueur est trop passif pour être pris dans le jeu.

De rares variantes seront là pour changer cette monotonie. Et quand elles arrivent, elles ne font qu’enfoncer le jeu. Comme lorsqu' un trésor habité a plusieurs phases. Mais problème, le gameplay ne change pas. Seule la nature du monstre varie. Il passe de terre à eau par exemple. De quoi rallonger artificiellement et inutilement un combat déjà bien longuet. Si vous n’arrivez pas à battre le monstre, il faudra donc sortir du labyrinthe et faire plein de quêtes secondaires pour récolter des monstres plus puissants. Encore des heures dans des labyrinthes en perspective. Trop bien !

On ne peut qu’être déçu devant un tel gâchis. Le jeu avait un fort potentiel. On le voit d’ailleurs dans le scénario fort sympathique. L’atmosphère est également très réussie même si on n’échappe pas à quelques clichés sur Paris (comment ça l’accordéon ?). La modélisation de Paris (quand on est hors de ces satanés souterrains) est plutôt bonne même si les graphismes ne cassent pas trois pattes à un canard. On regrettera d’ailleurs que le jeu n’ait pas de voix françaises. Surtout qu' en l’état actuel, tous les personnages ont un pur accent anglais qui tâche. On saluera enfin les séquences animées fort jolies et les personnages qui sont tous très attachants et ont de vraies relations qui se révèleront petit à petit.
 

Article rédigé par Neo , le

Un énorme ratage. Le potentiel de ce jeu était énorme. Il se plaçait comme une alternative au Professeur Layton en apportant des éléments de gameplay bien différents. Mais, le Docteur Lautrec n'arrive pas à la cheville du Professeur Layton. Il tombe très vite dans la répétitivité et des séquences pas franchement excitantes. De l'infiltration ratée, des énigmes pas assez variées et des combats ennuyeux, voila ce qui vous attend dans ce Docteur Lautrec. Le jeu est à peine sauvé par son histoire et ses séquences d'animations fort sympathiques.

Points positifs

  • Des séquences d'animations sympa
  • Un scénario intéressant
  • Des personnages charismatiques

Points négatifs

  • Des énigmes peu variées et pas franchement engageantes
  • Des phases de combat ennuyeuses
  • De l'infiltration de bas étage
  • On ne résout pas les énigmes
  • Les décors souterrains sont moches et vides

A propos de l'auteur

Neo

Neo

29 ans | L'élu des gamers

Après avoir détruit la matrice, Neo s'est dit « Pourquoi pas bosser sur GameHope ? ». Un nouveau défi pour l'élu. Après sa victoire incontestable, le monde réel lui paraissait fade et il est retourné dans le virtuel. Il est d'ailleurs en permanence branché à une PS3 en intraveineuse. Egalement passionné de cinéma, on le reconnait à ses yeux injectés de sang à force de passer des heures devant les écrans. Il a malgré tout réussi à apprendre à écrire et, afin de devenir le prochain Victor Hugo, expose sa prose sur GameHope.

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