D’autres animations, plus originales, ont retenues notre attention : il s’agissait du détournement de jeux vidéo, où comment notre loisir est perçu par des fous dans leur tête.
Trois petits gars de Germanie s’amusent à développer des jeux de façon artistique, comprenez original et décalé. Le nom de leur collectif : Fur d’où le Furminator. Vous plongez la tête dans une espèce de cockpit. Votre tête est serrée dans des lanières en cuir (claustro s’abstenir !).
La table de flipper est placée juste devant vos yeux. Impressionnant et effrayant. Les pinces se trouvent en face de chaque œil et la boule virevolte dans tous les sens allant juste qu’à vous frôler la rétine lorsqu’elle se perd dans les gouttières. Vous pouvez vous défouler et contrôler les pinces grâce aux deux gros guns situés sous le cockpit. Totalement immergé, les mirettes écarquillées, vous essayez de repousser sans cesse la bille le plus loin et le plus longtemps possible, activant ici ou là les quelques bonus dont vous ne comprenez pas les effets.
Pendant ce temps, les badauds présents peuvent contempler votre corps avec un énorme cockpit à la place de la tête, qui gesticule, et vos doigts qui pressent nerveusement les gâchettes. Un écran géant retransmet en live vos mimiques via des caméras planquées à l’intérieur même du cockpit. Plusieurs angles de vues sont disponibles : pleine face du joueur (à mourir de rire), vue globale de la table ou un morceau de la table. L’expérience fut courte mais excellente !
Plus d’info sur www.fursr.com.
Stand Beijing accelerator : le joueur est assis sur un siège pivotant à 360 degrés. Face à lui une vue de Pékin également visible à 360 degrés. Le but est de suivre l’image en synchronisant le simulateur que le joueur contrôle. L’appareil est bien foutu même si l’on manque de fun est de sensation. Je retourne au Furminator…
Plus d’info sur http://marnixdenijs.nl
Inventé par le même collectif qui a fait naître le Furminator (on ne sait pas à quoi ils tournent les zigotos !), Painstation se base sur un principe simple : le plus maso gagne !
Deux joueurs s’affrontent sur une table où un écran retransmet une partie de Pong. Tout va bien jusque là. Une des conditions nécessaires pour jouer est de garder la main gauche appuyée sur un bouton, au dessous duquel se trouve une grille. A chaque fois qu’un comparse loupe la balle, un bonus apparaît, et si un joueur le chope, l’autre morfle ! Au menu des souffrances, nous avons : coup de jus, échauffement de la main (d’où la grille…) et fouet. Plus les parties sont longues, et plus la sanction est intense. Certains joueurs partent dès le premier coup de jus, probablement à cause de l’effet de surprise (mauviette) : fini les simples vibrations des pads Dualshocks ! D’autres sont plus courageux (ou cinglés) : on pouvait lire quelques grimaces sur les visages. Fini le temps ou le gars le plus habile gagnait. Maintenant, il faut savoir aussi encaisser. C’était de loin l’animation la plus convoitée : non pas pour jouer mais pour mater les autres souffrir ! Tout simplement énorme !
Plus d’info sur www.fursr.com.
Crée par le collectif MEC (Motards En Colère) Motor Karaoké est un jeu plutôt bruyant. Enfin, ça dépend des joueurs. Chacun d’entre eux portent un casque de moto et s’affronte sur un écran géant qui retransmet deux motards sur un circuit. Le premier qui finit les 5 tours a gagné. Mais ici, point de manettes ou de simulateur de bécane. Le joueur agit sur la vitesse de la moto, cette dernière se dirigeant automatiquement, selon l’intensité de sa voix (c’était d’ailleurs plus un cri…). On pouvait apprécier plusieurs style de conduite : « Eiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn » ou « Eiinnn, eiinnnnnn, eiiiiinnnnnnnn ». Un gros délire sur écran géant.
Plus d’info sur http://grogore.free.fr/event/motorkaraoke/motorkara.htm
Ces dernières animations montrent aussi l’intérêt des artistes pour notre loisir et nous font partager leur vision, souvent tordue d’ailleurs…
On félicitera la Villette pour avoir fait découvrir aux non joueurs notre monde, même s’il aurait été plus sage de le détailler et l’exploiter encore plus. On remerciera les acteurs présents pour avoir mis à dispo plein de matos ainsi que certains jeux pour le moins originaux. On regrettera le fait qu’il fallait être extrêmement disponible ou chômeur pour assister à toutes les conférences afin d’aborder du sérieux. Un regret aussi pour le prix de l’entrée (7,50€ quand même…). Une bonne surprise tout de même avec un p’tit vent de fraîcheur sur la capitale.