Génération casuals
Tetris, le plus symbolique de tous les "jeux à concept". J'entends bien entendu par là : jeux basés sur une idée simplissime mais au combien puissante et addictive, qui constitue à elle seule l'intérêt de l'application !! Depuis la "banalisation" de la version GameBoy, aucune autre version n'aura connu un tel succès. Les jeux de cette licence ayant passé le cap du million d'exemplaire se comptent sur les doigts de 2 mains (à un ou deux doigts près). Avec bien entendu comme nouvel étendard une version DS, ayant trouvé plus de 2 millions d'acquéreurs. Il n'empêche que la série comptabilise aujourd'hui près de 50 millions d'unités vendues. Sans compter les jeux sur ordinateur, les jeux mobile et autres versions sur lecteur MP3.
Alors, comment parler de durée de vie quand on a un concept aussi prenant, multipliant les heures de jeux sans autre but, ni renouvellement du gameplay ? Les puzzles-games seraient-ils le parfait contre-exemple d'une industrie pas aussi autocratique qu'on aimerait nous faire croire ?!
Sorti en 1985,
Duck Hunt est lui aussi issu d'un concept fort, un genre à part entière, trop souvent méprisé par les soit disant "vrais" joueurs. Devenu le premier grand représentant de sa catégorie, Duck Hunt a démocratisé l'arcade à la maison, en permettant au grand public de découvrir dans le confort de leur salon toute l'intensité d'un jeu de ball-trap. Ce ne sont pas moins de 28 millions de copies du jeu qui se sont écoulées en quelques années. Enorme succès donc, pour un genre que l'on aimerait nous faire croire nouveau-né : le Casual Gaming. Ce n'est pas pour rien que la Wii, nouveau chantre de l'expansion vidéoludique grand public (aussi révélateur de son succès que du mépris de certains), et ayant eu comme nom de code la Nes 5, a connu dès sa sortie un épisode "remake" de ce titre culte (inclus dans
Wii Play).
Comment un tel succès renaît de ses cendres ?
Malgré les explications quelque peu évasives de Nintendo depuis quelques années concernant une évidente expansion vers un plus large public, cette perspective est loin d'être récente. Elle a longtemps été le cheval de bataille des firmes vidéoludiques. Car imposer un système de jeu que l'on devait brancher aux téléviseurs obligeait les professionnels du métier à rassurer le public. Aujourd'hui, le monde n'a cessé de se transformer, les technologies d'être compatibles entre elles, nous habituant à l'idée même d'interconnexion, avec des termes aussi barbares que plug and play et autres formats standards. Mais pourtant les craintes sont toujours là, différentes mais bien présentes. Dans cette mutation, l'univers vidéoludique a connu aussi une complexification logique due à l'abondance de fonctionnalités nécessaires au réinvestissement perpétuel des usagés. Comme un cycle ne survit que parce qu'il se répète, il fallait à nouveau démystifier cette recrudescence technologique barbare. 20 ans après, Wii Play, essence même de la simplicité, fait renaître de ses cendres un des plus vieux succès de tous les temps, en y apportant au passage une touche de convivialité.