Test : Ninjatown

Ninjatown - DS

Genre : Action / Stratégie

Date de sortie : Octobre 2008

Genre
Action / Stratégie
Date de sortie
Octobre 2008 - France
Développé par
Southpeak Interactive
Disponible sur
DS

Ninjatown est le genre de jeu à passer inaperçu. Ninjatown est un tower defense. Ninjatown semblera à beaucoup de joueurs réalisé à la vas-y-que-j'te-pousse. Pourtant Ninjatown est une bonne pioche. Un genre sous-représenté sur DS, qui n'en demeure pas moins un fier représentant. Autopsie d'un ninja.

 
 
Pour moi, Ninjatown constitue un véritable coup de cœur pour cette première moitié d'année 2009 (même s'il est sorti en fin d'année dernière). Le jeu, développé par Venan Entertainment, a tous les critères de la production qui "se doit" de passer inaperçue. Jaquette bon enfant, design bébé-cadum, concept simplissime, humour pipi-caca. Autant de qualités qui, face aux réalités du marché, se transforment en vilaines flétrissures. Pourtant, Ninjatown est une bouffée d'air frais ludique. Pas génial, pas particulièrement original, ni même transcendant, juste frais. Ah non, j'oubliais, il est aussi "intelligent" et bien fichu. C'est déjà pas si mal que ça. Mais voyons cela de plus près.

Le "Tower Defense", qu'est-ce que c'est qu'ce truc ?

De souvenir de joueur, le genre dit de "Tower-Defense" me semble toujours avoir existé. Certains diront que le genre est né de Rampart (1990), d'autres de Starcraft (1998), ou encore de Warcraft 3 (2002). Dans le premier, vous deviez protéger une zone subissant d'incessantes attaques ennemies. En revanche, la paternité que certains joueurs accordent aux deux autres logiciels paraît on ne peut plus illégitime, puisqu'il ne s'agissait alors que de modes consistant à défendre une base contre d'interminables vagues d'ennemis. Construire, positionner, réparer, faire évoluer et... attendre. Si le Tower-Defense peut se réduire à ces seuls verbes, le genre pourrait avoir toujours plus ou moins existé dans les jeux de stratégie en temps réel ou non, puisqu'il aura forcément été question, à un moment ou un autre, de défendre une base assujettie à de lourdes attaques ennemies, nous obligeant à mettre de côté l'attaque au profit d'une intelligence tactique défensive. Le Tower-Defense, c'est avant tout chose une histoire de compromis. Un jeu batard entre de la stratégie (du positionnement essentiellement), de l'action (de la réactivité essentiellement), et surtout de la réflexion. Donc un Tower-Defense, c'est plus simplement un jeu de réflexion. Mais en s'y arrêtant quelques minutes, et en poussant un peu la réflexion, un des jeux les plus marquants auquel j'ai joué et qui aurait pu adopter cette dénomination doit être The Horde (sorti en 1994, sur 3D0, et dans la foulée sur PC et Saturn). D'ores et déjà à l'époque, ce jeu émancipait le genre qui, aujourd'hui, semble avoir dramatiquement muté vers une forme des plus statiques, en proposant une histoire, de l'humour, de l'action, de la réflexion et avant tout autre chose : de la défense. Nous étions Chauncey, un jeune paysan d'un royaume mystique envoyé au charbon pour soit-disant protéger des villages de La Horde, des monstres sans aucun scrupule. A la fin de chaque tour, quand nous avions terminé de consolider notre petit havre de paix, prenant bien soin de mettre les paysans sous escorte, les vaches sous protection rapprochée et les champs sous haute surveillance : la Horde débarquait et tentait de mettre-à-sac toute résistance, dans le seul et unique but de se nourrir. La loi de la nature en somme. Et si je vous parle de ce jeu dans ces colonnes, ce n'est pas que par nostalgie. C'est surtout parce qu'il semblerait que Ninjatown aille plus loin dans l'hommage (les mauvaises langues parleront de "copie"… ).

Seul contre tous

Donc Ninjatown est bien un Tower-Defense. On y défend une zone des vagues d'attaques répétées de nos pires ennemis. Mais Ninjatown, c'est quand même un peu plus que ça. C'est aussi une interface à l'ergonomie vraiment nickel, ludique et très pratique. C'est une réalisation parfaitement assumée et sans concessions. C'est un humour pas terrible, mais terriblement débile. C'est une trentaine de niveaux à la difficulté croissante et didactique. Bref, Ninjatown, c'est le sans-faute technique. L'histoire, quant à elle, s'articule autour d'une chasse aux cookies, de monstres gourmands et de ninjas survoltés. Plein d'humour, les dialogues et les petites cinématiques se savoureront sans accroc. Et si jamais vous n'y voyez aucun intérêt, d'une simple pression sur "start", vous pourrez les zapper. Mais ce que vous êtes en droit d'attendre, c'est mon explication, concernant le rapprochement que j'ai fait avec The Horde (vous êtes aussi en droit de vous en foutre royalement). En 1994, dans le jeu de Toys For Bob, vous deviez lutter contre La Horde, un ramassis de monstres loufoques (rien à voir avec l'animal…). Ces aberrations de la nature n'étaient rien d'autres que des monstres rouges, se déplaçant pour la plupart avec des démarches tellement caricaturales qu'on les croirait sortis d'un dessin animé. Tiens, bizarre, dans Ninjatown, les ennemis sont des monstres rouges. Plus étonnant, on apprend que leur seul et unique but est d'obtenir la recette des Cookies... Bon, j'avoue, dans The Horde, on ne parlait pas de cookies, mais avouez que des monstres rouges qui ne pensent qu'à bouffer, dans un tower defense où l'on doit défendre son village, ça fait pas mal de coïncidences, non ?

Mais comment donc se déroule une partie ?

Première phase : vous devez construire des maisons de Ninja (avec les sous que l'on vous aura octroyés de prime abord). Ces constructions seront envisagées en fonction de la première vague d'ennemis que l'on observera sur l'écran supérieur.
Deuxième phase : les ennemis attaquent. En fait, ils ne font que traverser le niveau (déambulant sur une route) essayant à tout prix d'atteindre la sortie. Votre but est alors de les en empêcher. Chaque ennemi vaincu vous rapporte de l'argent, mais aussi de la magie (dénommée Ol'Master Ninja). Cet argent pourra être réinvesti dans de nouvelles unités (ou upgrade d'unités), quand la magie permettra d'activer des sorts et autres bizarreries.
Troisième phase : continuer le développement de ces unités.
Et ainsi de suite, jusqu'à la dernière vague d'ennemis. Répétitif me direz-vous ? Oui, en quelque sorte, mais les ennemis sont suffisamment variés, les combinaisons suffisamment importantes, les niveaux suffisamment différents et leur challenge suffisamment bien fichus pour rompre un temps la monotonie.

Les yeux dans les yeux

Le jeu en solitaire est déjà relativement bien fourni avec sa quarantaine de niveaux répartis en une dizaine de chapitres, mais il s'avère que les développeurs ont proposé un mode plutôt "inattendu" pour le genre : un mode multijoueurs. Dans ce dernier, vous pourrez affronter un ami (avec ou sans cartouche supplémentaire). "Affronter" n'est pas le terme qui convient le mieux mais on s'en contentera pour l'instant. En effet, chaque joueur sur un niveau qui lui est propre doit faire face à des vagues continuelles d'ennemis, vagues qui ne sont pas les mêmes aux mêmes moment. Il n'empêche que chacun doit y faire face. Le gagnant de la manche est celui qui a terminé en premier l'éradication de ses ennemis ou qui a perdu le moins de vie. A la fin de chaque assaut (et donc de chaque manche), une petite roue de la chance tourne. Le vainqueur récupère alors des bonus, quand le perdant ne reçoit que des malus. Mais comme les vagues d'ennemis sont différentes, on doit y faire face différemment, et donc apprendre à anticiper la construction de nos maisons à Ninja (anti-aérien, sol, lente et puissantes ou rapide et légère). Bref, la partie se termine quand un des deux joueurs perd l'intégralité de ses cœurs de vie. La vie est dure !!! Ce mode est fort sympathique, plutôt bien fichu, à l'image du soin apporté au jeu en solitaire. Personnellement, il m'aura fallu une quinzaine d'heures avant d'en voir le bout, avec toutes les distinctions "A" obtenues. A ce propos, il est vraiment dommage qu'après les avoir obtenues, rien ne se passe… Mince, j'aurais pas dû le dire, ça aurait motivé les curieux... Mais, bon...

Article rédigé par elf , le

Dans la vie, qu'y a-t-il de plus rigolo qu'un Ninja donnant une rouste à un monstre tentaculaire ? Avouez, y'a rien de plus marrant ! Franchement, imaginez une guerre qui ferait des dizaines de millions de morts, et dans laquelle nous verrions une horde de Ninjas rondouillards en collant s'épancher à coup de pets, de gloussements et d'attaché-case : ça aurait quand même plus de gueule, non ?! Bon, Ninjatown n'a rien à voir avec ça. Oubliez les champs de bataille gigantesques, les millions de morts, les dommages collatéraux, les mensonges, les armes de destruction massive... Ici, vous n'aurez le droit qu'à des Ninjas boudinés et des monstres ridicules, mais ça n'en demeure pas moins intéressant. Car ce mélange décalé, impeccablement réalisé, à l'humour pipi-caca et au challenge relevé est une excellente pioche pour les adeptes du genre.

Points positifs

  • La remarquable ergonomie de l'interface
  • Le game design
  • Le character design
  • La rejouabilité
  • Le mode 2 joueurs (simple ou multi cartouche)
  • Le challenge de certains niveaux
  • Sur la toile, le jeu est à moins de 10€ dans la langue de Shakespeare

Points négatifs

  • Une certaine répétitivité
  • On aurait aimé :
  • - un éditeur de niveaux
  • - des niveaux téléchargeables sup'
  • - des trucs à débloquer
  • Quand c'est bon, on en veut toujours plus

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