Test : The Legend of Zelda : Phantom Hourglass

The Legend of Zelda : Phantom Hourglass - DS

Genre : Action/Aventure

Non, non et non Tomate. Je ne peux pas faire le test de Zelda Phantom Hourglass. D’abord parce que j’y joue, déjà, je peux pas faire les deux. Et puis de toute façon je sais plus comment on fait pour utiliser word. Non comprend moi bien, le clavier c’est révolu. On utilise le stylet maintenant, et tant que word n’est pas adapté au stylet, je ne peux rien faire. Hé, rends moi ma DS !

 
 
Ah le vil, il m’a tchouré ma DS. Ok, rédigeons-le ce test, si c’est la seule solution. Oh, alors c’est ça un clavier ? C’est gros. Elles sont où les minuscules ? Comment je fais pour utiliser la gomme ? A quoi ça sert F6 ? Bordel, mais pourquoi c’est pas Nintendo qui a inventé les claviers !?
 

Vive le stylet

Je suis un pro-Nintendo. Voilà, c’est dit. Non mais il faut aussi voir comment ils ont programmé leur nouveau Zelda hein. Je me souviens il y a une semaine encore, j’étais pro-Sony : je venais de le lancer, leur jeu, et j’ai méprisé – pire, maudit – Nintendo pendant des heur…minutes (ouais, des minutes !). Ils avaient transformé mon Zelda en un vulgaire diablo-like, où je devais pointer mes ennemis pour les trucider, et bouger ma tête dans tous les sens pour que ma main ne gène pas l’écran quand je déplaçais Link dessus. Non c’est vrai, c’était chiant. Mais j’ai été vite consolé, car toutes ces broutilles se sont complètement effacées faces aux envahissantes possibilités de gameplay qu’offre la jouabilité au stylet. C’est clair, Zelda Phantom Hourglass est le jeu qui utilise le plus – et même le mieux – les spécificités de la console tactile de Nintendo. Des combats jusqu’à la navigation en passant par les énigmes à résoudre, l’utilisation du stylet (et du micro tant qu’on y est) est omniprésente et quand même jubilatoire à utiliser. Laissez-moi vous expliquer…
 

C’est l’histoire d’une princesse, il faut la sauver

Je vous épargne le scénario, c’est le même que celui de The Wind Waker. En fait, non, je ne vous l’épargne pas. C’est faussement la suite, mais c’est rigolo : Tetra, alias vous-savez-qui (non, pas Voldemort, Zelda…), vient d’être sauvée par votre personne (souvenez-vous, Ganondorf, le bouclier miroir, toussa) et puis hop, elle se refait capturer par un vaisseau pirate, comme une grosse conne oui, et vous rappelle à l’aide. Vous trouvez une épée, vous trouvez une fée, vous trouvez un bateau, et tous les éléments sont là pour poser le nouveau gameplay de ouf de Phantom Hourglass.

Quand je vous disais que pour trucider les monstres il fallait les pointer au stylet, je ne mentais pas bien sûr, mais je donnais l’air de mépriser le concept. C’est vrai, c’est déroutant, tout comme le fait de se déplacer en pointant la direction souhaitée, plus ou moins près des bords de l’écran suivant la vitesse que l’ont veut donner au perso. Mais ce n’est finalement qu’un coup de main à prendre, un coup de main qu’on prend très vite, et auquel on s’accommode avec confort. Il aurait pu être judicieux de chier sur ce concept à vouloir absolument utiliser l’écran tactile de la console au mépris de la jouabilité, mais ici, ce n’est clairement pas le cas : le confort est tel que tous les autres boutons de la console ne servent à rien, tout est accessible, et facilement, au stylet. Oui il est fun de décrire les coups d’épée au stylet, oui tous les mouvements qu’on avait l’habitude de faire sur une manette est réalisable tactilement (roulade, lancé de boomerang, tir à l’arc, attaque circulaire, etc.) et oui Nintendo vous emmerde sur vos à priori sur le cel-shading : sur DS, c’est définitivement sublime.
 

Coup de maître

Le confort de la jouabilité ne mériterait pas tant de louanges s’il ne permettait pas en plus de réaliser des trucs incroyables. C’est évidemment le cas. On s’emmerderait royalement si nos ennemis ressemblaient tous à ces larves ridicules qui n’ont aucune résistance (en plus de n’avoir aucun style) et qui ne sont là que pour nous échauffer le stylet. Mais il y a ceux qui demandent du tact, de la classe, comme ces gros chevaliers qu’il faut toucher dans le dos, leur devant étant protégé d’un gros bouclier. On sortira alors le boomerang, dessinant sa trajectoire au stylet, la faisant contourner la silhouette du gros bonhomme, avant de le lancer dans son dos. Classique dans le fond, mais surtout très bien mis à profit dans la forme ! Autre exemple tout aussi génial : des monstres aux grandes oreilles très habiles au combat sont en tous points invulnérables sauf… si on leur cri dans les oreilles. Vous avez bien entendu, vous pouvez pousser un orgasme dans le micro de votre DS pour abaisser leur défense et les achevez à l’épée. Vous pouvez également crier au génie, ça marche aussi. Et je ne vous parle pas des boss qui nous font manipuler des mécaniques de gameplay incroyables pour en venir à bout. Le problème, c’est qu’ils restent encore bien trop simples à vaincre, c’est dommage. Mais là encore, les fonctionnalités de la console s’en donnent à cœur joie. C’est notamment du second écran que Nintendo se sert pour donner une dimension plus épique à l’affrontement. Parfois ce sera la continuité du niveau quand le boss sera capable de s’envoler, parfois ce sera la vue subjective du monstre qui, invisible, sera notre seul atout pour deviner sa position et le toucher. Grand moment ça, lorsqu’on se balade en stress sur la map en voyant sur l’écran du haut la vision de la bête qui se rapproche de nous à grande vitesse !
 

Chasse au trésor

Phantom Hourglass, c’est aussi la reprise du concept « navigation au cœur de la mer » tant décrié sur The Wind Waker pour ses interminables voyages, longs et chiants, surtout quand le vent ne soufflait jamais du bon côté… Mais là encore, Nintendo nous pisse à la raie, persiste et signe. « On n’a qu’à leur filer un bateau à vapeur » se sont-ils dit. Ah ouais, pas con, surtout que désormais, la trajectoire se dessine elle aussi au stylet et qu’après ça, le bateau avance tout seul nous laissant nous occuper du canon pour trucider les poissons (ça évite de sombrer dans l’ennui). Et de toute façon, on pourra à nouveau se déplacer avec les tornades si vraiment les trajets un peu longs vous insupportent. Adieu la baguette du vent, bonjour l’ardoise magique, nouvel artefact prétexte à écrire sur votre écran comme vous pouvez le deviner. Il ne vous reste plus qu’à parcourir les océans à la recherche de trésors enfouis sous l’eau ou sous terre. Certains trésors se trouvent de manière fort classique, avec une croix sur votre carte maritime marquant son emplacement (mini jeu inside pour aller repêcher le trésor au fond de l’eau). D’autres se trouvent par résolution d’énigmes et sont sans aucun doute les plus intéressants à dénicher. Vous aurez besoin de votre…stylet pour en venir à bout (je savais que ça vous surprendrait). Le principe là encore est tout bonnement génial : il s’agit de trifouiller sur votre carte des lignes et des points avec pour origine des emplacements précis où vous vous serez déplacer sous l’ordre d’une énigme. C’est à chaque fois toute une investigation à faire, comme on a pu tant en faire sur d’autres jeux, sauf qu’elles apparaissent plus concrètes que dans n’importe quel autre soft, comme on peut s’en douter, sous vos coups de crayons annotés sur vos cartes tactiles. C’est sûrement l’un des plus grands plaisirs que procure le jeu : rechercher un trésor en suivant des indications métaphoriques qu’il serait parfaitement impossible d’interpréter sans annotations. La géographie de la carte, ses reliefs, sa flore, peuvent évidemment être complices de l’énigme. Je pense notamment à cette île que vous êtes le premier à découvrir et qui n’a donc naturellement pas de carte. A vous de retracer ses contours et découvrir son secret…
 
 
Evidemment, ce genre de procédé va se retrouver au sein même des donjons. Pourtant, on ne pourra que déplorer la facilité et la faible durée dont nous font part ces derniers. Certains concepts comme le fait de devoir désormais porter à mains nues la grosse clé du Boss (et donc de ne plus les avoir libre pour frapper les monstres) se révèlent amusants à leur découverte avant de ne devenir qu’un prétexte à rallonger la durée de vie du soft de manière trop lourde pour être pleinement appréciée. Il en va de même pour un donjon récurrent (positionné sur notre île initiale) que l’on doit effectuer en un temps limite, lequel on vit à fond de par son intégrité dans le scénario, mais qui devient pourtant pesant sur le long terme : se retaper 15 fois les mêmes lieux, même si on a un bon prétexte, c’est quand même trop répétitif. Mais trêve de bouderies, Zelda Phantom Hourglass est le premier Zelda portable à faire égal avec ses illustres sosies de salon qui, somme toutes, bénéficie des mêmes (petits) défauts qu’on a toujours su surmonter pour apprécier les véritables qualités des titres : des expériences de gameplay uniques défiant toujours ce que l’on connaissait déjà. Dommage que les développeurs ne dépensent pas autant d’énergie à faire de nouveaux personnages et scénarios un peu plus osés que ce classique « Link devant sauver sa princesse ». D’autant qu’il ne se la tape jamais au final, ça m’a toujours frustré.
 

Article rédigé par Tatane , le

Ca y est, tout est dit. Sans vous avoir surpris, j’ai pu vous confirmer que ce nouveau Zelda portable est un hit indubitable, qui apporte de vraies nouveautés de gameplay vraiment incroyables, une réalisation graphique et technique clairement bluffante, le tout pour un plaisir de jeu toujours un maximum agréable. Dommage, quand même, qu’il n’y ait quasiment aucun challenge, aucune difficulté. Dommage que l’on n’arrive pas à être éprouvé de toutes ces grandes choses qu’on ait pu effectuer au cours de l'aventure. Et dommage que finalement, tout ça, c’est pour toujours la même conclusion : on a encore sauvé la princesse, y’a juste le chemin qui a été fait qui est différent. Un jour, peut être, on finira quand même par la niquer. Elle nous doit bien ça.

Points positifs

  • Gameplay rodé
  • Graphiquement impeccable
  • Le stylet, c'est le Bien
  • Tomate, rend moi ma DS !

Points négatifs

  • Donjons trop faciles
  • Boss trop faciles
  • Jeu trop facile
  • C'est trop simple bon sang !

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