Test : The Elder Scrolls : Online

The Elder Scrolls : Online - PC

Genre : MMORPG heroïc fantasy

Date de sortie : 04 avril 2014

Genre
MMORPG heroïc fantasy
Date de sortie
04 avril 2014 - France
Développé par
ZeniMax Online Studios
Edité par
Bethesda Softworks
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Boutique
Steam
Site officiel
Site officiel

Revenons un peu dans le passé, en novembre 2011 pour être précis. C'est à cette époque qu'est sorti un petit jeu de rien du tout. Du moins en apparence, puisqu'il s'agissait de Skyrim. Cinquième volet de la série des Elder Scrolls, la chasse au dragon made in Bethesda rencontra un succès pour le moins inattendu, bien qu'amplement mérité. Des milions de joueurs se sont laissés transporter dans la traque d'Alduin, abandonnant tout espoir de vie sociale. A ce niveau-là, ce fût un véritable carnage, un génocide. Alors quand Bathesda et Zenimax nous annoncent la sortie prochaine d'un épisode massivement multijoueur, notre petit coeur se serre, et on profite de nos derniers instants avec nos amis, notre famille, avant de disparaître en Tamriel pour loooooongtemps.

Test effectué à partir d'une version PC

 
 
Pour ce qui est du contexte du jeu, celui-ci se déroule 1000 ans avant les évènements narrés dans Skyrim. Alors que l'Alliance de Daguefilante, le Pacte de Coeurébène et le Domaine Aldméri se foutent sur la gueule pour savoir qui dirigera Tamriel, Molag Bal, prince Deadra de son état, tente lui aussi d'étendre son influence sur le royaume tant convoité. Comme d'habitude, vous commencez en tant que prisonnier, à Havreglace, le royaume du prince sus-nommé cette fois-ci. Vous vous êtes retrouvés ici suite à un rituel lors duquel une dague s'est malencontreusement retrouvée plantée dans votre cœur. Ce qui, pour rester vivant, n'est pas très pratique. Ceci étant dit, cela n'est pas très gênant tant que vous restez dans le plan d'Oblivion de Molag Bal. Là-bas, vous rencontrez un vieil aveugle qui se fait appeler le prophète. Celui-ci vous dit qu'une grande destinée vous attend, et, suite a une pirouette scénaristique vous permettant de rejoindre le monde des vivants sans vous transformer en bout de viande inerte, vous prenez la poudre d'escampette avec votre nouveau pote.
 
 
Voilà pour la base de l'histoire. Le reste dépendra en grande partie du personnage que vous avez créé, car sa race détermine la faction pour laquelle vous combattrez, ainsi que l'endroit où vous atterrirez sur Tamriel. En effet, chaque faction a sa propre campagne PvE, avec une quête principale à base d'intrigues politiques et de tentatives d'assassinats sur les rois en fonction, et ce qu'il faut de quêtes secondaires pour pousser à l'exploration. Notez que l'intégralité des missions sont scénarisées, et que les dialogues sont tous doublés. Mais surtout, notez que c'est l'équivalent de trois Skyrim qui s'offrent à vous d'un seul coup. Enfin presque, puisque les quêtes de guildes sont communes aux trois factions, et qu'en plus, la Confrérie Noire et la Guilde des Voleurs manquent à l'appel, remplacées par les Indomptables. Et en plus de cela, l'arc scénaristique du prophète est lui aussi commun aux différentes factions du jeu. Mais même en tenant compte de cela, le contenu du jeu a de quoi donner le vertige.
 

Montée en puissance

Tout commence par la création de votre avatar. Vous aurez le choix entre neuf races que les habitués de la série connaissent bien. Et comme dit plus haut, ce choix déterminera votre faction. Sauf pour les connards qui se sont payés l'édition impériale du titre. Ceux-là pourront choisir de jouer un impérial et choisir dans quelle faction jouer. Il faudra ensuite choisir votre archétype de personnage, ce qui vous octroiera des arbres de compétences spécifiques. Après ces deux choix importants, vous aurez tous les outils et tout le temps que vous désirez pour vous façonner un avatar stylé. L'éditeur de personnages est complet et bien foutu, faisant partie de la moyenne haute de ce qu'il existe dans le domaine. Il est aisé de se faire un héros beau gosse, et ça fait plaisir.
 
 
En jeu, votre avatar va gagner de l'expérience jusqu'à obtenir des level-up. Quoi de plus normal dans un RPG ? Mais vous savez sans doute déjà que cela ne se passe pas exactement comme cela dans un Elder Scrolls habituellement. La montée en niveaux vous permettra donc de distribuer un point d'attribut à votre magie, santé ou vigueur, et un point de compétence dans les différents arbres à votre disposition. Mais encore faut-il avoir le niveau requis dans les domaines en question. Comme dans un Elder Scrolls classique, pour développer une compétence donnée et la faire évoluer, il faut l'utiliser. Le dicton "c'est en forgeant qu'on devient forgeron" s'applique parfaitement ici. En gros, si vous vous êtes plantés dans votre création de personnage, n'espérez pas pouvoir réaffecter massivement vos point de compétence dans une branche que vous avez négligée jusque là.
 

Papa bricole

Une autre part importante de l'évolution de votre personnage est son équipement. En effet, vous aurez beau avoir un personnage de niveau 50, si votre équipement ne suit pas, vous allez en chier dans les combats. Il vous faudra donc le mettre à jour de façon régulière, de manière à pouvoir arpenter Tamriel sereinement. Seulement voilà, une armure climatisée et une épée chromée, ça coûte cher. Et vous êtes fauchés. Dans ce cas là, il n'y a pas trente-six solutions : il va falloir mettre la main à la pâte et apprivoiser le système de crafting. Celui-ci se divise en différents domaines : le forgeage, le travail du bois, la couture, l'enchantement, l'alchimie et le provisionnement. Les deux derniers vous permettent de confectionner des consommables boostant provisoirement une ou plusieurs de vos statistiques, tandis que les quatre autres vous permettront de vous créer vos sets d'armures ainsi que vos armes.
 
 
Mais pour cela, il vous faudra d'abord collecter les ressources nécessaires. Pour ce faire, deux possibilités s'offrent à vous. Soit vous arpentez la map à la recherche desdits matériaux, soit vous démontez des objets en votre possession. Il est également possible de faire des recherches sur certains d'entre eux (ceux qui confèrent un bonus), pour avoir la possibilité de donner à l'une de vos création son "trait". Pour s'adonner à ces diverses pratiques, il vous faudra un atelier spécifique. Heureusement, vous en trouverez dans toutes les villes. Et si vous cherchez bien, vous en trouverez de spéciaux, qui conféreront des bonus spéciaux et uniques aux équipements que vous confectionnerez avec eux. Pour résumer, le crafting propose à lui seul des heures et des heures de jeu.
 

Promenons-nous dans les bois

Comme vu dans la dernière preview, ce versant online de la série ne trahit son héritage, en conservant ce qui a fait la renommée de ses aînés : la liberté. Le jeu vous incite d'ailleurs constamment à explorer les différentes zones de fond en comble, que ce soit pour trouver des matières premières, des trésors, ou des quêtes secondaires. Ce qui vous amènera à vous frotter à la faune locale, celle-ci étant pour le moins variée. Encore une fois, les bases du combat de cet Elder Scrolls Online ne bousculent pas les habitudes de la série. Vous utiliserez donc la souris pour lancer les attaques de base avec votre arme, ainsi que pour parer. En appuyant sur les deux boutons de la souris simultanément, vous pourrez bloquer les attaques puissantes et stopper les incantations de sorts, tout en étourdissant les ennemis concernés. Si employer cette technique est bien pratique pour remplir ces adversaires tranquillement, elle est en revanche un peu trop évidente. Et les ennemis utilisant beaucoup ces attaques là, vous vous retrouverez souvent à répéter ce schéma d'attaque.
 
 
Certains changements interviennent tout de même dans les combats, au niveau de la visée notamment. Un système de lock fait ici son apparition. Franchement permissif, il en déstabilisera certains au départ. Mais on s'y fait relativement vite, d'autant plus qu'il fait sens dans un jeu de ce genre, permettant de réduire les écarts de niveaux liés au skill brut, pour laisser davantage de place à la tactique. Pour ce qui est des compétences, votre personnage ne pourra en équiper que six simultanément : cinq basiques et une dite "ultime". Ce nombre doublera une fois le niveau quinze atteint, le jeu autorisant le joueur à switcher entre deux sets d'armes et de compétences à partir de ce moment là. Mais même avec cette deuxième configuration, il faudra faire des choix. Et certains sont loin d'être évidents. Certains ont pu critiquer l'interface de jeu, jugeant cette dernière trop légère. Mais le fait est qu'elle nous donne toutes les informations dont on a besoin, sans se montrer envahissante. Mieux, en dehors des combats, elle s'efface rapidement pour nous laisser pleinement apprécier les décors.
 

Gang bang dans donjons SM

Le titre propose aussi des donjons dédiés aux groupes, l'occasion de s'essayer à la coopération. A ce niveau-là, The Elder Scrolls Online fonctionne sur les mêmes bases que les autres MMO du marché. Il vous faudra donc compter au moins un tank, un soigneur et un DPS dans votre équipe pour vous en sortir sans trop de problèmes. Si ce mode de fonctionnement n'est pas très original, voire complètement éculé, il a fait ses preuves. Par dessus cette première couche, les développeurs ont ajouté le système de synergie. En gros, quand l'un de vos alliés utilise une technique particulière, vous avez la possibilité, en appuyant sur la touche X au bon moment, de renforcer cette dernière. Avec ce système, une bonne coordination sera nécessaire pour exploiter pleinement le potentiel de son équipe. Là où habituellement, pour caricaturer la concurrence, chacun tient son rôle de son côté, sachant ce qu'il a à faire. Sans être une révolution, loin de là, la synergie apporte un plus franchement sympa aux combats en groupes.
 
 
Et tant qu'on y est, parlons un peu du PvP maintenant. Celui-ci n'est accessible qu'à partir du niveau 10, dans une seule et unique zone. Celle-ci est d'ailleurs bien connue des fans de la série, puisqu'il s'agit de Cyrodil, la région de Tamriel dans laquelle prend place Oblivion. Ce mode met en scène la guerre pour le trône de Tamriel, celle-ci ayant pour but ultime la prise de la Cité Impériale. Pour ce faire, il faudra d'abord étendre l'influence de sa faction sur la région en prenant le contrôle de divers forts. Et pour prendre le contrôle d'un fort, rien de mieux qu'une attaque massive à base de trébuchets, catapultes et autres engins de siège, ces derniers servant principalement à créer une brèche dans les murs de la forteresse. Ceci fait, il faudra profiter de cette dernière pour investir en masse les lieux et tenir le drapeau de la salle principale le temps que le fort change de camp.
 
 
Mais avant d'attaquer le fort, vous avez la possibilité de préparer le terrain, en vous attaquant à des installations de moindres envergures, comme des fermes ou des scieries, qui alimentent votre cible en ressources. Prendre ces cibles secondaires vous facilitera grandement la tâche pour la bataille principale. Des "voies de téléportation" reliant les forts entre eux, leur contrôle est un enjeu stratégique crucial, étant donné que cela permet aux joueurs de votre faction de se déplacer rapidement sur de très longues distances, et ainsi d'être beaucoup plus réactifs. Mais prendre le contrôle des forts n'est pas tout. Chaque faction possède des parchemins ancestraux, les fameux Elder Scrolls, et voler ceux des ennemis fait partie intégrante de la course au pouvoir. Mais ces derniers sont franchement bien protégés, rendant la tâche ardue.
 
 
Pour conclure, sur le PvP, si celui-ci donne le lieu à des batailles aux proportions épiques, ces dernières sont malheureusement un peu fouillis une fois qu'on est dans la mêlée. De même, il peut parfois se passer un long moment avant de trouver un peu d'action, la faute à un manque d'indications relatives aux batailles en cours. L'air de rien ces deux défauts font d'un mode potentiellement excellent, un petit bonus sympathique sans plus. On regrette aussi que les quêtes solo de Cyrodil soient si plates et peu engageantes, la faute à l'absence d'arcs narratifs forts. Bref, si vous n'êtes pas un fan hardcore d'Oblivion, il y a peu de chances que vous appréciez pleinement vos pérégrinations aux abords de la Cité Impériale.
 

Orgasme oculaire, ou presque...

D'un point de vue purement technique, le bilan est plutôt positif. D'un côté, il ne nous explose pas les rétines, loin de là. La modélisation des personnages et des décors est honnête, même si on note un clipping récurrent sur certains éléments, comme l'herbe par exemple (notons tout de même qu'au contraire, les effets de lumière sont très réussis). Ceci étant dit, il s'en sort franchement bien sur la finition. Le code réseau est stable, et nous n'avons constaté que très peu de lag. Et encore, c'est parce que nous l'avons cherché. Et qui plus est, la direction artistique tue. Alors oui, c'est vrai que les couleurs sont ternes par rapport à d'autres titres du genre. Mais s'arrêter à cela serait oublier que l'univers du titre est quand même bien sombre à la base. Et surtout, ce serait passer à côté de la richesse et de la variété des environnements proposés. Chaque zone du jeu est unique, proposant ses propres végétations, bestiaires, architectures et populations. L'univers d'Elder Scrolls étale ici toute sa richesse, là où dans le passé, nous n'avions pu que l'effleurer, la deviner.

Et juste pour le plaisir, voici un Bonus Stage.
 

Article rédigé par pattoune , le

Que penser au final de The Elder Scrolls Online ? Et bien en fait, tout dépend du type de joueur que vous êtes. Soit vous êtes un fan de la série de Bethesda, et vous apprécierez le PvE soigné, tout en regrettant de croiser d'autres joueurs faire la même chose que vous en décalé, ce qui peut nuire à l'immersion. Soit vous faites partie des joueurs de MMO hardcores, auquel cas vous risquez d'être déstabilisés par certains éléments du gameplay. En bien ou en mal, c'est à vous de voir. Dans tous les cas, il est inutile de nier que The Elder Scrolls Online possède d'immenses qualités. Que cela soit à cause de ses longues campagnes à la scénarisation poussée, de la richesse de son gameplay, ou de l'immersion qu'il procure, vous allez passer énormément de temps dessus.

Points positifs

  • La direction artistique
  • Le contenu massif
  • Le système de craft
  • La scénarisation travaillée du PvE
  • Des batailles épiques en PvP
  • Techniquement propre

Points négatifs

  • Des combats un peu mous et répétitifs
  • Où sont passées la Guilde des Voleurs et la Confrérie Noire ?
  • La présence des autres joueurs nuit à l'immersion en PvE
  • Les quêtes de Cyrodil franchement ennuyeuses
  • Les grandes batailles parfois confuses en PvP

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

34 ans | Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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