Test : Far Cry 3

Far Cry 3 - PC

Genre : FPS

Date de sortie : 29 novembre 2012

Affichant un contraste fort entre les paysages paradisiaques et la folie malsaine qui règne sur l’archipel de Rook Island, Far Cry 3 relocalise la série pour investir une fois encore les environnements ayant participé au succès du premier opus. Une île, belle et terrible à la fois, sera votre terrain de jeu dans ce monde ouvert made in Ubisoft. Supposé redresser un peu la barre suite à la déception concernant la précédente itération, les différents hands-on sur Far Cry 3 ne laissaient présager que le meilleur. Bon et psychotique comme un petit trip aux champis, voici le cocktail de nos impressions

Test effectué à partir d'une version PC

 
 
La version PC : (Configuration i5 750, 8 go ram, carte graphique Geforce Nvidia GTX 660 Ti)

Typiquement le genre de jeu qui fait prendre de l'âge à notre console de jeu, Far Cry 3 est bien évidemment infiniment plus beau sur PC pour peu que vous soyez en possession d'une carte graphique suffisamment puissante. Avec notre configuration, Far Cry 3 tournait sous Directx 9 à 80 FPS de moyenne, avec toutes options en ultra. Il faut savoir que le jeu est déjà vraiment très très beau sous DX9. Equipé des derniers drivers Nvidia et d'un patch 1.01 lancé le day one du jeu, nous avons pu comparer avec DirectX 11. Beaucoup plus gourmand, le jeu gagne encore en beauté bien évidemment. En tous cas, avec des détails oscillant entre ultra et très élevé, le jeu tournait toujours en 40 FPS, en désactivant toutefois l'anti-crénelage MSAA, très gourmand pour une différence plutôt minime. Avec ce titre, force est de constater que le fossé, déjà pas mal labourré entre consoles et PC ne cesse de se creuser. Un titre que l'on conseille définitivement sur PC pour peu que votre config' tienne suffisamment la route.
 

"Connais-tu bien la définition de la folie, mon ami ?"

Jason Brody est l’archétype du jeune amérloque fêtard californien de surcroît : parents blindés jusqu’aux yeux, scotché à ses potes et toujours prêt à partir dans le premier trip venu. Cette fois, il décide, à l’unisson avec ses frangins, sa copine et d’autres lurons, de se payer un petit voyage dans le Pacifique. Entre visites de lagons et sorties en teufs, le seul fait d’arme de l’ami Jason était une bagarre en boîte de nuit, pas vraiment de quoi préparer ce qui l’attendait après ce fameux saut en parachute au-dessus de l’archipel de l’île de Rook. C’est après la séquence introduisant Vaas Montenegro, chef de la bande de pirates sévissant sur l’île, qu’on comprend pourquoi Ubisoft a bâti la campagne promotionnelle de Far Cry 3 autour de ce drôle d’oiseau. Dès les premières répliques qu’il adresse aux héros et son frère après les avoir fait captifs, on se retrouve complètement absorbé par le charisme et la psychose d’un taré à l’iroquoise, qui crie, qui bave, qui menace, et nous fait comprendre que lui, son truc, c’est les esclaves, la drogue et le fric. Quelques détails scénaristiques plus loin, Jason se libère et se retrouve rapidement livré à lui-même sur l’île. Après une évasion plutôt mouvementée, notre héros termine chez les Rakyat, peuple indigène de l’île qui livre bataille aux hommes de Vaas afin de récupérer le contrôle de l’archipel. C’est ainsi que débute votre périple : une étendue immense faite de plages, jungles et autres mangroves qui vous attend, vous épie, et fera tout pour entraver votre croisade contre les armées pirates et la recherche de vos amis toujours aux mains de notre sociopathe préféré.
 
 
Perdu dans ce bac à sable géant, vos pérégrinations vous mèneront de quêtes en quêtes à travers tout l’archipel dans l’unique but de libérer vos amis et prendre votre revanche sur Vaas. Car, j’ai une exclu pour vous : vous avez l’âme d’un guerrier. Le petit californien surfeur, c’était avant. Après votre passage chez les Rakyat, Dennis, l'un des membres importants de la tribu vous tatoue et explique que le changement, c’est maintenant : il est temps de se rebeller. Dix minutes plus tard, vous criblerez de balles et éviscérerez vos premières proies. D’ailleurs, Far Cry 3 est un jeu avant tout bourrin mais vous permettra d’aborder vos objectifs en douceur à l’aide d’armes et de moves de ninja. Libre à vous de cramer un camp au lance-flamme ou de supprimer vos ennemis un à un à l’aide d’un arc, Rambo style. La pléthore d’armes dispo dans le jeu est aussi jouissive. Armes de poing, fusils mitrailleurs, à pompe, snipers, lance-grenades… Tout y passe pour vous faire prendre un pied d’enfer quand il convient de choisir de quelle manière vous terminerez vos missions. Vos pétoires sont évidemment toutes customisables, allant de la visée laser à l’augmentation de munitions et même jusqu’aux motifs et couleurs.
 

Sea, Sex and Champis

Outre la quête principale, Far Cry 3 ne déroge pas à la règle et vous propose tout un tas d’activités annexes histoire de garder le canon de votre gun bien au chaud. D’ailleurs, les qualifier de missions « annexes » reste trompeur, quand certaines de ces dernières demeures indispensables pour progresser dans l’aventure. Des tours radios, contrôlées par les pirates, sont dispersées un peu partout sur l’île. Votre job sera d’aller les remettre en route afin que la communication entre les camps indigènes puisse être rétablie. L’activation de ces tours, à la manière des points de vue dans la série des Assassin’s Creed, dévoile toute une zone de la carte, mettant en exergue les principaux lieux aux alentours et débloquera des armes à acheter dans les différents points de vente de l’île. Plutôt important donc, surtout quand des camps ennemis se trouvent à proximité. C’est d’ailleurs sur ce point que l’on peut remercier Ubisoft d’avoir pris en considération toutes les remarques qui avaient été faites concernant les réapparitions très pénibles des camps d’ennemis dans Far Cry 2, y compris l’obstination de ces derniers quand il s’agissait de vous poursuivre sur 45 km pour vous abattre. Maintenant, une fois que vous avez vidé l'une de ces zones pirate, elle est investie et gardée par les Rakyat. Il aurait été peut-être intéressant d’assister à des tentatives de reprises de ces camps par les pirates, avec des notifications de « zones de conflits » sur la carte, mais non. Lorsque que le camp est nettoyé, il l’est pour de bon.
 
 
Dans ces camps une fois en votre possession, en plus de débloquer boutiques et points de déplacement rapide, de petites missions de différentes natures sont progressivement disponibles : entre les quêtes de ravitaillement (ramener des ressources à l’aide d’un véhicule à un point spécifique et en un temps donné), d’assassinat, d’aventure ou de chasse, vous aurez de quoi vous occuper et renflouer votre portefeuille, ou d’en fabriquer un nouveau. Car oui, l’artisanat est un aspect majeur de ce Far Cry 3. S’adonner à la chasse ou à la cueillette fait désormais parti de votre quotidien : les précieuses peaux ou herbes de couleurs vous permettent de confectionner objets et seringues améliorant grandement votre confort de jeu. Si vous pensiez que les pirates n’étaient que le seul danger de l’île, attendez de traverser une mangrove pleine de crocos, de vous faire chopper le mollet par des requins ou surprendre par un tigre en traversant la jungle. La faune active qui peuple l’île n’hésitera pas à défendre son bout de territoire en attaquant tout ce qui bouge, y compris vos ennemis. Qu’ils soient agressifs comme les ours, léopards, requins, dingos, dragons de komodo ou tranquilles comme des chèvres, vous tirerez profit à transformer ces bestiaux en holster, sac à butin ou encore cartouchière. C’est très bien pensé et savamment dosé pour ne pas tomber dans la répétition lourde et monotone : tous les objets créés avec les peaux peuvent être améliorés à l’aide de peaux encore plus rares, sur des animaux autrement plus difficile à dépecer. Ainsi, certaines peaux ne pourront être récupérées que via des défis de chasse sur des bêtes telles que le tigre doré, le komodo de sang, le requin mangeur d’Homme ou encore le buffle à une corne et permettront d’obtenir les objets de haut niveau. Dans un registre nettement plus hippie, la préparation de seringues s’avère tout aussi importante. A l’aide d’herbes de couleurs différentes, vous mixerez et préparerez des concoctions qui auront des effets différents selon les plantes utilisées : de la potion de vie standard à la perception accrue des bêtes jusqu’à l’augmentation virtuelle de votre santé, de quoi être prêt dans les moments importants.
 
 
Le mode chasse, pêche, nature et découverte mis de côté, il faudra vite revenir au zigouillage de soldats ennemis pour avancer dans la campagne solo. Et d’un coup, frappés d’une très bonne inspiration, les gentils développeurs ont décidé d’implémenter un système de gain d’expérience rendant l’approche des combats beaucoup plus addictive et intéressante. En effet, la manière dont vous aborderez et tuerez un ennemi vous vaudra plus ou moins de points d’expérience. Par exemple, exécuter silencieusement deux méchants à la suite à l’aide de la machette sera plus profitable que d’utiliser sauvagement la mitrailleuse. Vous gagnerez aussi cette expérience en terminant quêtes, défis et en ramassant divers objets éparpillés sur toute la carte : des reliques, lettres des disparus mais aussi cartes mémoires à collecter, qui renferment des morceaux de l'histoire de l'île et servent à nous immerger un peu plus dans l'atmosphère de cet endroit. Cette progression dans les niveaux est basée sur tout un système de points de compétences représentés par trois arbres d’orientations différentes : celui du héron, axé sur l’élimination à distance et la mobilité, le requin qui concerne plus les éliminations d’assaut et les compétences de soin, ainsi que l’araignée, pour les adeptes de l’élimination furtive et la survie. On ne va pas vous cacher qu’à la fin du jeu, toutes seront plus ou moins débloquées, ce qui vous garantira des séquences très fun à base d’exécutions vachement bien amenées. La progression dans vos talents évolue aussi visuellement avec un tatouage qui se dessinera le long de votre bras au fur et à mesure des compétences débloquées. La classe à Dallas on vous dit.
 
 
Pour vous déplacer sur cette maudite île, quoi de mieux qu’un quad tout terrain, un deltaplane ou un jet-ski ? Plus d’une trentaine de véhicules sont directement accessibles et offrent de belles sensations de conduite. On regrettera simplement la caméra un peu trop nerveuse sur ces derniers, ce qui vous obligera de temps en temps à avancer à l’aveugle sans vraiment situer les dangers qui vous entourent. Car oui, si l’approche de vos missions est primordiale, c’est l’utilisation de votre appareil photo qui relèvera de l’indispensable. Il permet en effet de cibler et suivre les ennemis avec un petit symbole au-dessus de leur tête. Une fois leurs mouvements analysés, il sera beaucoup plus simple d’appréhender une rixe en connaissant la position de chacun de vos opposants.
 

Make dem bun mouthaphok !

L’arc, nouvel arrivant dans la série, est le symbole des possibilités qui vous sont offertes concernant l’approche des combats sur Far Cry 3. En mission d’infiltration, décochant des flèches silencieuses dans les crânes pirates ou faisant pleuvoir le feu à l’aide de flèches explosives et incendiaires, vous serez toujours garanti d’obtenir une bonne dose de fun, peu importe la manière. Élément fortement mis en avant dans l’opus précédent, la propagation du feu est toujours présente et plus utile que jamais. On ne se lasse pas de balancer les cocktails molotov et de faire cracher le lance-flammes pour encercler les méchants pirates dans les flammes et pouvoir rire grassement de leur sort. La météo, bien que dynamique et très plaisante a voir évoluer, ne jouera pas un rôle majeur sur les différents mécanismes de jeu. Par exemple, même si la pluie s’abat assez souvent sur l’archipel de Rook, cela n’aura pas d’impact spécifique sur les flammes. De même que, alors qu’on s’amusait à patienter la nuit pour assaillir des camps sur Far Cry 2, le cycle jour/nuit n’aura maintenant plus vraiment d’importance. L'Intelligence Artificielle des ennemis a cependant été revue à la hausse malgré quelques couacs : disposant d’un éventail plus complet de mouvements en tout genre, ils pourront par moments faire preuve de sournoiserie mais aussi foncer tête baissée sur votre shotgun la minute d’après.
 
 
Outre quelques incohérences et autres raccourcis boueux empruntés un peu trop facilement, on découvre avec plaisir le scénar’ de Far Cry 3 qui se voit surtout renforcer par des personnages hauts en couleurs qui font preuve d’un panache certain. Encore une fois, même s’ils sont bons, la plupart sont éclipsés par Vaas, sociopathe charismatique à souhait dont la perfidie et le sadisme nous délecte tout le long du titre : un savant mix entre le Joker et Alex DeLarge d’Orange Mécanique. Un seul regret : celui de ne pas le voir à l’écran plus souvent. Sans vous en révéler davantage, les protagonistes entrant en scène jouent chacun un rôle particulier, le premier étant de nous faire rire la plupart du temps (mention spéciale au docteur accro aux champis et autres substances florales un peu chelou). Gros bon point pour Ubisoft qui a rendu, sur ce point, un travail quasi exemplaire.
 
 
Concernant l’aspect technique du titre cette fois, Ubisoft s’est décarcassé pour nous fournir un résultat proche de ce que les meilleurs moteurs graphiques du marché peuvent faire à l’heure actuelle. Les environnements tropicaux ressortent très bien et on prendra beaucoup de plaisir à vagabonder dans les jungles denses, plages et autres cavernes afin de se délecter de la finesse de certains paysages. Toutefois, le titre n’est pas exempt de quelques textures vraiment dégueulasses que l’on peut rencontrer sur les chemins et autres bugs de collision. Fort heureusement, ceux-ci seront vite éclipsés par les magnifiques effets de feu et d’explosion que l’on peut déclencher à tout moment. La bande-son reste elle aussi respectable, même si la musique électronique est utilisée à outrance, on ne pourra que sourire pendant la séquence dans les champs de cannabis avec son lance-flammes sur la zic de Damian Marley et Skrillex « Make It Bun Dem ». Sinon, les doublages français sont bons dans l’ensemble, même si l’interprétation de Vaas ressortira avec encore plus de punch dans la version originale.
 
 
Question multi, on ne va pas se mentir, c’est du très classique. A part quelques modes de jeu (dont un qui nous permet d’enflammer les ressources ennemies) et autres mécaniques sympathiques (personnalisation de l’équipement, de certaines compétences, le gaz qui fait halluciner tout le monde…) cela sort du même moule utilisé par les grosses productions à l’heure actuelle. Le mode coopération vous permettra d’effectuer quelques missions avec vos potes, dans des niveaux couloirs, avec la possibilité de choisir votre classe et vos compétences spécifiques. Ce n’est pas bien original, mais ça a le mérite de rajouter de la durée de vie à un titre dont la campagne solo se bouclera entre 15h et 20h pour un rush et jusqu’à 40h en faisant toutes les quêtes annexes supplémentaires.
 

Article rédigé par Lorris , le

Au final, que retenir de cette expérience psychotique sous les tropiques ? Ben, Far Cry 3, ça tue sa mère. Doté d’environnements riches, d’une histoire plaisante, de personnages plus tarés les uns que les autres et d’une très bonne durée de vie, on ne peut que féliciter Ubisoft d’avoir su être à l’écoute des critiques des joueurs qui peuvent, désormais, crier leur joie à l’ombre des cocotiers. Malgré une présence de Vaas allégée et du délire hallucinatoire un peu trop en retrait par rapport à ce qu’on attendait, Far Cry 3 propose du matos de très bonne qualité et se hisse sans trop de mal dans la catégorie des meilleurs FPS de l’année.

Points positifs

  • Vaste et complet
  • Vraiment très beau sur PC
  • Vaas, parfait méchant
  • Plus de trente véhicules
  • L'artisanat vraiment sympa
  • Les quêtes annexes et occupations
  • La durée de vie
  • Plein de flingues
  • On y va infiltration ou bourrin, tu choisis !

Points négatifs

  • La caméra sur les véhicules
  • Le multi pas vraiment original
  • Le délire psychotique / Vaas pas assez mis en avant

A propos de l'auteur

Lorris

Lorris

29 ans | Fin limier du mot

Nonobstant les ouï-dires et les non-dits de ceux qui pensent que non et de ceux qui estiment que oui, Lorris demeure un génie incompris. Utilisant constamment un langage profane qui sied à sa caste de jeune kikoo-gamer-du-web, ce candide éphèbe qui newse, teste, et previewte n'est finalement qu'un esprit brillant parmi les autres cucurbitacées qu'il tient pour collègues. Sinon, Lorris est une âme modeste, offrant son corps pour partager avec délectation et frivolité sa passion qui l'anime dans le manoeuvrage du joystick et non pas du droit de cuissage comme certains butors le feraient entendre.

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