Test : Half-Life 2

Half-Life 2 - PC

Genre : Doom-like

Date de sortie : Novembre 2004

Genre
Doom-like
Date de sortie
Novembre 2004 - France
Développé par
Valve Software
Edité par
Vivendi Games
Disponible sur
PC, Xbox
Parfois appelé
hl²
Site officiel
Site officiel

Annoncé officiellement en grandes pompes en avril 2003 avec une date de sortie prévue pour septembre (2003 hein...), on ne pourra pas dire que Half-Life 2 n'aura pas fait parler de lui... Après multiples reports, des milliers de rumeurs et un lancement raté, IL est là, pour le plus grand bonheur de tous les possesseurs de PC. Alors ? Verdict ? Eh bien je dirai que DJZZZZZZZZZ CRACK BOUM TUUUUUUUUUUT. Erf, on a été coupé je crois.

 
 
Half-Life, c'est un peu un mythe. Déjà abonné au retard à l'époque, Valve a su malgré tout surprendre tous les joueurs et imposer son doom-like en novembre 1998, tant et si bien que son mod le plus connu, Counter-Strike reste le jeu d'action le plus joué de la planète et reste malgré tout une référence pour nombre de joueurs. Il était donc évident que de nombreux espoirs étaient placés en Half-Life 2, surtout après la déception de Doom 3. Gordon Freeman va-t-il enfin pouvoir pisser dans les chiottes ? C'est ce que vous saurez après avoir lu ce papier virtuel.
 

Vivendi, le piratage et Steam

Le lancement de Half-Life 2 s'est fait sur les chapeaux des roues. En effet, pour de sombres raisons marketing, Vivendi avait annoncé une date comprise entre novembre 2004 et mars 2005. Et puis le 16 novembre est tombé. Comme ça. Boum. Mais comme on pouvait s'y attendre, le jeu fut relativement difficile à dégotter le jour de la sortie, et de nombreux joueurs ont dû patienter jusqu'au lendemain pour pouvoir mettre la main dessus. Bien sûr, c'est rageant, surtout que les autres éditeurs n'ont que très rarement des problèmes de distribution : Doom 3, GTA San Andreas et Halo 2, pour ne citer qu'eux, n'ont pas du tout été victimes de cette non-disponibilité...
De plus, il faut savoir que Valve a mis tous les moyens qu'il avait à sa disposition pour protéger le jeu contre les hackers. Cela veut dire que vous devrez activer la bête sur Internet avant de pouvoir y jouer et que vous devrez installer Steam, le logiciel de service en ligne de Valve. Que les newbies se rassurent : cela se fait avec l'installation du jeu pour ceux qui ne l'ont pas. Cela implique une inscription sur ce service et a priori, un compte Steam = un numéro de série Half-Life 2. C'est-à-dire qu'apparemment, il ne faudra pas trop compter le prêter aux potes, à moins de vouloir donner également les infos de son compte Steam. Au final, le joueur honnête, qui achète son jeu gentiment, sans pirater, est la principale victime du système, car l'activation est longue, et parfois le serveur tombe en panne, comme cela s'est fait par exemple le jour de la sortie du jeu, privant ainsi de nombreux joueurs d'une petite partie. Et rien ne nous dit que l'on pourra réinstaller Half-Life 2 dans 5 ans par exemple, après un peu de nostalgie.
Dans tous les cas, entre cette activation et la difficulté de le trouver chez certaines enseignes, on se croirait en présence d'un système d'exploitation ou d'une nouvelle console ! Hého les gars, il faut revenir sur Terre : Half-Life 2 n'est qu'un jeu vidéo...
 

Version gold, version boîte, version collector... Help me je suis perdu !

Plusieurs packages sont proposés à la vente : ceux de Vivendi, en version magasin, et ceux de Valve, qui se téléchargent en ligne. Du côté de Vivendi, il y a donc la version de base, 60 € (mais on peut le trouver pour beaucoup moins cher sur certains sites marchands), contenant le jeu sur DVD et Counter-Strike Source. Ah oui j'allais oublier : elle ne contient pas de bouquin. La seconde version, quant à elle Collector, sortira le 10 décembre prochain et proposera en plus Half-Life Source, un guide et un T-shirt.
Valve a également voulu se détacher de Vivendi en proposant en téléchargement via Steam trois versions, dont les tarifs sont censés épargner les frais de distribution et surtout permettent de boycotter Vivendi tout en jouant légalement à Half-Life 2. Le hic c'est que vous devez vous taper quelques Go de téléchargement. L'avantage est bien sûr le prix, puisque vous trouverez la version de base pour 38 € seulement, intitulée Bronze. La version Silver, quant à elle, se négocie au prix de 46 € et offre en plus Half-Life Source et Day of Defeat Source. Enfin, la version Gold offre en plus de tout cela un guide, une casquette, trois posters, une carte postale, des autocollants et le CD de la bande originale du jeu. Tout cela pour 69 €. Ouch. Fort heureusement, le dollar a un cours avantageux en ce moment, donc c'est le moment ou jamais d'y réfléchir...
 

Un homme à la mallette, un moteur graphique et des textures floues

On est tout de suite plongé dans le bain puisque l'aventure débute dans un train, sans arme et devant l'homme à la mallette. Une fois le voyage terminé, vous aurez tout un petit voyage à faire et gambader un peu n'importe où avant de commencer réellement le périple. Je ne vous en dis pas plus pour préserver l'effet de surprise. (...) Bon ok, comme je vous vois tous avec vos gros yeux ronds interrogateurs, je pense que ce ne serait pas mal de parler du graphisme et du moteur physique. Rah ces jeunes, ils ne pensent qu'à ça !! Moi de mon temps, on disait que "les graphismes ne font pas le jeu".

Eh bien contrairement à de nombreux joueurs, je reste assez déçu face à ce qu'offre Half-Life 2 au niveau graphique. Non non, ce n'est pas moche, loin de là même ! Mais un petit sentiment d'amertume s'installe, car il y a quand même pas mal de polygones visibles (notamment dans les paysages extérieurs) et les textures sont de qualité très très inégales. En fait, on oscille constamment entre le laid et le magnifique. Les trois gros points forts du Source Engine, moteur propriétaire développé par Valve, sont les effets spéciaux (effets sur certaines vitres, reflets, bump mapping à gogo, une eau très réussie), la modélisation des personnages et la fluidité de l'ensemble, quasiment sans faille sur ma machine (P4 2.4 GHz, 512 Mo de RAM, Radeon 9800 Pro). Au niveau des défauts, on retiendra surtout les textures qui restent relativement floues et la pauvreté des effets d'ombre et de lumière par rapport à Doom 3. Globalement, le niveau graphique reste parmi les meilleurs et les environnements sont souvent vastes et riches. Pour vous situer, le Source Engine semble moins puissant que le moteur de Doom 3, mais semble du niveau de Far Cry, en plus fluide.
Concernant les animations, on a droit à du très bon boulot, surtout au niveau des animations faciales, qui permettent de voir les émotions des personnages de manière fort convaincante.
 

De l'eau, des matelas et Max Payne 2

Du côté du moteur physique, idem : je reste de marbre. Alors ok tous les objets ont une physique, peuvent être déplacés ou détruits, mais Half-Life 2 n'est pas du tout le premier jeu à faire cela, puisqu'il réutilise la technologie Havok, qui s'est déjà illustrée dans des jeux tels que Max Payne 2, Deus Ex 2, Painkiller et Halo 2, pour ne citer qu'eux. Sachant que Max Payne 2 est sorti en octobre 2003, je ne vois pas en quoi la technologie de Half-Life 2 devrait être considérée comme inédite. Alors bien sûr, Valve a quelque peu amélioré le procédé (comportement des objets plus réaliste dans l'eau, "surfaces molles" telles qu'un matelas, etc.), mais grosso modo, ça ne change pas grand chose. Le problème, c'est que Valve a aussi pensé à ajouter quelques bugs de collision du niveau de Tomb Raider 1 1, avec des cadavres qui rentrent dans les murs... Sympa pour un jeu révolutionnaire.
En voyant le bon côté des choses, on pourra toujours dire que ceux qui ne jouent pas à toutes les nouveautés pourront découvrir ici les joies de la physique telle qu'on la voit dans les jeux vidéo modernes, mais je trouve cela dommage qu'ils n'aient pas pu en profiter plus tôt. En tout cas, pitié : arrêtez de me dire que le moteur physique de Half-Life 2 est une révolution !!
 

Les couloirs virtuels, les scripts et l'IA

Concernant le déroulement du jeu, vous ne serez vraiment pas surpris, parce que cela se passe exactement comme dans le premier épisode. C'est-à-dire que vous avez dans une espèce de couloir virtuel, plus ou moins large, mais au final, il s'agit d'aller d'un point A à un point B, en dégommant tout ce qui se trouve entre les deux. Bien sûr, de temps en temps, vous croiserez quelques PNJ qui vous raconteront quelques trucs et vous dévoileront quelques parcelles du scénario. On remarque à ce propos qu'il suffit toujours d'appuyer sur Action pour faire parler un PNJ, que Gordon est toujours muet et que de nombreuses interrogations posées par le scénario restent sans réponse. Il est regrettable que les développeurs n'aient pas pensé à faire un système plus sophistiqué, tel qu'avoir le choix entre une attitude Agressive / Amicale comme on a pu le voir dans Kingpin il y a quelques années par exemple (oh là, je me demande si quelqu'un se rappelle de ce jeu...), ou bien tout simplement entendre ce que peut bien dire Gordon.
Donc pour résumer, tout est incroyablement linéaire, incroyablement scripté. Et ce n'est pas l'IA qui va rattraper la chose puisque cette dernière s'avère décevante malgré tous les espoirs que l'on avait placés en elle. Un conseil à ce propos : jouez en mode difficile, car c'est uniquement dans ce mode de jeu que vous pourrez réellement exploiter les possibilités mises en avant par Valve et c'est une manière de rallonger la durée de vie relativement courte de Half-Life 2 (comptez entre 15 et 20 heures pour en venir à bout). Donc pour revenir à l'IA, celle-ci se contente de vous lancer quelques objets à la figure et d'avancer vers vous, voire se cacher ou prendre la fuite, dans quelques moments de gros bourrinage. C'est pas mal, mais c'est peu pour un jeu qui se devait d'être révolutionnaire.
Les armes restent grosso modo celles du premier Half-Life : pistolet, mitraillette, fusil à pompe, revolver, sans oublier le mythique pied de biche. La plus intéressante innovation est le fusil anti-gravité permettant de déplacer les objets les plus lourds afin de les jeter sur les ennemis. D'ailleurs en parlant de déplacement, notre ami Gordon peut prendre dans ses mains la plupart des petits objets et les lancer. Cela aurait pû être intéressant si les mains étaient modélisée, ce qui est n'est pas le cas. Du coup, on voit l'objet flotter devant l'écran. Et ça fait tache.
 

L'ambiance, les environnements et les hydroglisseurs

L'ambiance est très bien retranscrite même si personnellement je préférais les frissons et l'immersion de Doom 3. Les bruitages sont excellents, bien que de nombre d'entre eux proviennent du premier Half-Life. La musique n'est jouée que ponctuellement et cette dernière correspond plutôt bien à l'ambiance. D'ailleurs vous devriez être surpris car Valve a opté pour de la techno principalement.
Les environnements que vous franchirez sont beaucoup plus urbains que dans le premier Half-Life, avec une ville futuriste et son grand chef qui fait son bourrage de crâne toute la journée à la télé et à la radio. Vous visiterez aussi d'autres contrées comme une espèce de village fantôme, un passage assez excellent en hydroglisseur et bien d'autres trucs que je n'énoncerai pas pour préserver la surprise. D'ailleurs, vous pourrez donc conduire des véhicules dans Half-Life 2, mais côté maniabilité c'est assez spécial. Je vous rassure : c'est loin d'être injouable, mais on est aussi loin des vrais jeux de course. Rah là là, toujours en train de chercher la petite bête, moi...
 

Counter-Strike, Deathmatch et Half-Life Source

Comme je le disais tout à l'heure, la campagne solo est courte et plutôt facile, même dans le niveau de difficulté le plus élevé. On pensait alors pouvoir se rabattre sur le mode multijoueur, mais que nenni, puisque seul Counter-Strike Source est proposé. Alors c'est sûr, pour les fans de CS, c'est une véritable aubaine en attendant CS 2, puisqu'il s'agit de la version 1.6 relookée avec le Source Engine, bien que la qualité graphique soit infiniment inférieure à celle de Half-Life 2 (allez donc jeter un oeil dans notre galerie CS Source pour comprendre). Ceux qui n'aiment pas Counter-Strike ou qui en sont lassés devront attendre qu'une équipe de moddeurs crée un mode multi digne de ce nom avec du deathmatch, du CTF, etc. En tout cas, il est vraiment regrettable qu'un jeu acheté 60 € en magasin n'offre pas plus de possibilités sur ce plan. En plus, Counter-Strike Source s'installe comme jeu à part entière. C'est-à-dire que vous devrez quitter Half-Life 2 pour en profiter, ce qui fait de dernier un jeu 100% solo, carrément.
Enfin, pour aborder le point délicat du Half-Life Source, sachez qu'il s'agit exactement du premier Half-Life, avec quelques nouveaux effets (l'eau et quelques éclairages). Tout le reste est rigoureusement identique : moteur physique, modèles de monstres, textures... Cela en fait un remake très décevant et peut-être même en-dessous de celui qui avait déjà été fait à l'occasion de la sortie sur Dreamcast / PlayStation 2, et qui avait fait son apparition dans l'extension Blue Shift, sur PC.
Et pour la petite note finale, eh bien non, Gordon ne peut toujours pas pisser dans les toilettes...
 

Article rédigé par Monsieur Tomate , le

Half-Life 2 n'est pas la révolution espérée, mais reste néanmoins un très bon jeu. Si vous n'espérez pas atteindre le rendu graphique d'un 3DMark 05 (un benchmark doté d'un moteur graphique absolument hallucinant) et que vous préférez miser sur un jeu fun, simple et un peu à l'ancienne, foncez. Si vous vouliez un jeu aux allures plutôt RPG, tel un Deus Ex, avec pas mal de subtilités, un monde riche et un véritable scénario, vous serez déçu. Après, la déception vient surtout du fait que Vivendi et Valve ont voulu annoncer trop de choses qui n'ont pas été implantées dans le jeu, que Half-Life 2 aurait dû à la base sortir en 2003 et qu'il était très difficile de surprendre autant que le premier Half-Life en son temps.

Points positifs

  • Il n'est pas sorti en mars 2005
  • Campagne rythmée et entraînante
  • Environnements variés
  • Graphisme et moteur physique réussis
  • Bruitages
  • Fluide

Points négatifs

  • Système anti-piratage vraiment lourd
  • Pas de bouquin avec les versions de base
  • Durée de vie réduite
  • Pas de vrai mode multijoueur
  • Textures de qualité inégale

A propos de l'auteur

Monsieur Tomate

Monsieur Tomate

31 ans | Grand gourou

Depuis la fondation de GameHope en septembre 1999 sous le nom de HardGamers, le taulier du coin n'a cessé d'abuser de son fouet pour faire régner la terreur parmi son équipe. Ingénieur en informatique le jour, tyran impitoyable sur GameHope la nuit, on ne l'arrête jamais et gare à vos fesses si vous vous trouvez au travers de sa route lorsqu'il a en tête un énième plan diabolique, vous risqueriez de boîter le lendemain...

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