Test : Gran Turismo 4 Prologue

Gran Turismo 4 Prologue - PS2

Genre : Début de Gran Turismo 4 uniquement dispo au Japon

Date de sortie : Décembre 2003

Genre
Début de Gran Turismo 4 uniquement dispo au Japon
Date de sortie
Décembre 2003 - France
Développé par
Polyphony Digital
Edité par
Sony Computer Entertainment Europe
Disponible sur
PS2

Annoncé puis annulé et ré-annoncé en France, Gran Turismo a su se faire réclamer. Stop, je mets directement les choses au point : le jeu n’est pas à l’état définitif, mais au contraire, il est au stade de « bêta » version, de quoi nous faire sagement patienter en attendant le monument. Seulement voilà, à trop vouloir faire découvrir son jeu coûte que coûte au grand public pour le faire baver, Polyphony n’a pas pensé qu’un titre à 75 pour cents de sa finalité peut posséder des défauts irritables : on avait hâte de tâter la progéniture de Kazunori Yamauchi, mais, bien en deçà de nos attentes, un réel sentiment de négligé ressort trop rapidement de ce pseudo-jeu.

 
 
GT Prologue a eu, à l’instar de GT4, de nombreuses dates d’annonces. Souvenez-vous, ce-denier devait sortir durant la faste période de Noël, puis en mars, et enfin en juin. Sachant que ce mois-ci s’approche, il ne fait aucun doute que GT4 a encore été repoussé. Cultivant ainsi magistralement l’attente phénoménale que suscite ce titre, Sony voulait satisfaire les fans et ne pas les prendre au dépourvu. Dans un empressement digne de celui d’un restaurant estival en plein cagnard de juillet, l’éditeur japonais nous convie dans cette version avancée, tel un avant-goût du chef d’œuvre. Pourtant, malgré cette demi-surprise, Sony aurait mieux fait de prolonger l’attente puisque, comme l’a fait GT Concept en son temps, l’engouement caractéristique de la série ne se produit malheureusement pas.
 

Une réalisation magistrale

La technique du titre a toujours constitué l’un des (très) nombreux points positifs de la série. Cette année poursuit magnifiquement sur sa lancée. Tout est très beau. Les voitures montrent un niveau de détail sans précédent. Les moindres pièces des machines sont précises. Les pots d’échappement font émaner les gaz (visibles lors des ralentis), les disques deviennent rouges lors d’un freinage poussif, les suspensions se compressent et s’allongent en fonction de la structure du circuit et les châssis sont conformes à la réalité. Le lissage des voitures est absolument réussi, tandis que les interstices et autre fentes délimitant par exemple le coffre de la carcasse sont parfaitement visibles. Quant aux animations, celles-ci rendent un vibrant honneur aux capacités de la machine. Tout défile à une allure folle. Les voitures ont une inclinaison qui varie par rapport à la topologie, et cette différence d’altitude se fait ressentir lors de la conduite.

En plus de la magie des voitures, les périphéries des courses sont diablement soignées. Les cinq circuits (j’y reviendrai après) présentent des lieux différents, et on s’en rend vite compte. Cette variété est rendue possible grâce à l’origine et au relief des tracés qui permettent donc non seulement de concourir dans des environnements diversifiés, mais aussi de piloter dans des endroits inédits, constituant une harmonie qui n’a d’égal que la performance à dompter le terrain. Inutile de dire qu’on évolue dans des pistes soigneusement reproduites et très charmantes, voire envoûtantes. La bande-son même habilement les musiques fidèles aux anciens épisodes et les bruitages des voitures. Ils changent selon l’accélération, la capacité du moteur, comme ce qu’offre la réalité. Lors des courses de rallyes, le bruit des graviers se fait entendre sous le poids des pneus et les clameurs des foules ne cessent de monter en puissance. Pour ce qui touche l’intelligence artificielle, celle-ci continue à nous donner du fil à retordre. Au plus haut niveau de difficulté, tout se corse vraiment, notamment parce que les adversaires ne commettent quasiment aucune faute. Cela paraît évidemment surréaliste, mais cette absence de fautes possibles met en exergue toute la difficulté à virer en tête pour conserver sa position et remporter la victoire.
 

Une jouabilité fidèle à la série

Jamais le slogan de GT n’aura pris une telle dimension. GT Prologue fait perdurer la saga dans sa lancée de « réelle simulation de conduite ». Bien entendu, le soft propose toujours une conduite toujours plus penchée vers la simulation. En totale opposition d’un Ridge Racer, la conduite inclut le relief, la puissance du moteur, l’accélération, le freinage, le type de pneus, le climat (si la route est mouillée, il faut donc faire attention). Les paramètres à gérer sont nombreux, presque autant qu’en vrai. Si l’on pousse les options vers la pure simulation, l’usure des pneus influe sur l’adhérence et la conduite. Les dérapages sont quasi-impossibles à faire (sauf dans le rallye bien sûr), et pour gagner, il faut se servir intelligemment des vibreurs. À propos du rallye, même si le pilotage de relève pas d’un Colin McRae, une bonne marge de progression a été faite, et on manie avec une relative aisance son monstre de la route. Pour parvenir à le maîtriser, un agréable entraînement est fortement conseillé, surtout pour les débutants. Ce qui est d’autant mieux, c’est que la difficulté des épreuves ne s’accroît pas de manière brutale, mais elle est relativement lente, pour convertir en douceur les néo-amateurs de GT. Il est donc normale de souligner que le gameplay a conservé son esprit : simulation poussée, mais qui n’atteint pas allègrement son paroxysme.
 

Une durée de vie.. indigne

Ce qui faisait une des forces des précédents épisodes a été ici absolument bafoué. L’excuse du genre « le jeu est en développement et nous ne sommes pas très avancés » ne colle pas ici. S’ils étaient vraiment en retard, ils ne nous prendraient pas pour des cruches. Les circuits sont au nombre apeurant de cinq : celui très immersif de la Citta di Aria, qui inclut des rues oppressantes, entourées de bâtiments vétustes issus du Moyen-Âge. Il y a deux circuits japonais, le Fuji Speedway et le très étonnant Tsukuba Circuit. Ce-dernier, malgré son statut de circuit, ressemble plus à Monaco car il est difficile de dépasser, et l’étroitesse des courbes se fait bien remarquer. En outre, Tsukuba est éprouvant pour les suspensions ainsi que les pneumatiques et son revêtement est assez bosselé ; il n’est par conséquent pas étonnant que son aspect rappelle fortement celui du tracé hongrois de la F1. Finalement, il y a les circuits du Grand Canyon (rallye) où la profondeur des environnements est fantastique et de New-York, un autre circuit urbain surprenant par son cadre. Les voitures, au nombre peu exhaustif de cinquante, couvent des marques américaines, japonaises bien sûr, et européennes. Quand on sait que GT4 va offrir plus de cinq cents voitures et une centaine de circuits, ce Prologue peut avoir honte. Les modes subissent le même problème puisque seul le mode arcade se greffe à l’entraînement. Pas de mode simulation qui est censée être la pièce charnière de la série. On ne pilote pas pour gagner des voitures, construire et fortifier un garage : on le fait pour attendre la réelle version de Gran Turismo. La durée de vie, amputée de son moteur, est donc pire qu’un point faible, elle est fortement décevante.
 

Article rédigé par n0nam , le

Cette version Prologue promettait de nous faire patienter tout en s’essayant à la magie de GT. Elle n’a pas lieu ici. Pourtant, les graphismes sont extraordinaires et la maniabilité correspond à l’esprit de la saga. Mais la durée de vie est tellement infime et infâme qu’elle constitue un obstacle certain pour acquérir ce soft en bonne conscience. Il ravira peut-être les réels fondus de la série qui se suicideraient plutôt que d’attendre le VRAI GT4, mais, je vous confie qu’en tant que grand fan, je ne prendrai pas ce « jeu ». Ce n’est que mon humble et modeste avis, mais je pense qu’il peut représenter celui de nombreux joueurs.

Points positifs

  • Graphismes
  • Maniabilité et sensations
  • Nouveaux circuits

Points négatifs

  • Beaucoup trop court
  • 1 joueur uniquement
  • 40 € : un peu cher pour si peu

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