Test : Shaun White Skateboarding

Shaun White Skateboarding - PS3

Genre : Skateboarding

Date de sortie : 28 octobre 2010

Après un Shaun White Snowboarding moyen, voilà que notre rouquin amateur de sensations fortes revient avec un jeu uniquement dédié au skate, sa deuxième passion. Le jeu a-t-il de quoi détrôner la licence Skate, reine toutes consoles confondues de la planche à roulettes ? Réponse ci-dessous !

 
 
Le skate-board, c'est tout un art. Rider, sauter, faire des figures... Le sport est même tellement hard qu'il arrive parfois de manger le béton sans beaucoup de grâce. Alors forcément, adapter un tel machin sur console, ce n'est pas forcément évident. Tony Hawk l'a fait et s'est imposé sur consoles Old Gen. Ensuite arriva Skate, qui prit la place du king. Et aujourd'hui, c'est Shaun White Skateboarding qui tente de se faire calife à la place du calife... Le sportif roux a déjà commencé à tâter le terrain du jeu vidéo avec son Shaun White Snowboarding très perfectible, mais maintenant, il semble vraiment décidé à tout exploser !
 
 
Ce n'est pas facile d'exploser un jeu avec un tel potentiel que Skate. Alors, SWS a choisi d'innover un peu, d'apporter un peu de fraicheur dans ce monde de slide. Ici, l'innovation se fait aussi dans le scénario : le Ministère est un gouvernement qui contrôle la mégalopole de New Harmony de façon très naziste. Il contrôle tout, oblige les gens à devenir simplets, rend la vie ultra monotone afin d'avoir le contrôle de la ville tout entière et de sa population. Dans le jeu, la cité est "grise", au sens propre du terme : la tristesse et la vie barbante des habitants sont retranscrites par une ambiance très sombre, sans couleur, étouffante, bref, pas cool du tout. Et surtout, le Ministère interdit formellement le skate, considéré comme un sport nuisible à l'état d'esprit et apportant trop de créativité. Shaun White vient d'ailleurs de se faire arrêter, et votre rôle sera de le délivrer de sa prison et de libérer New Harmony de l'emprise du Ministère. Original, pour un jeu de skate-board !
 

Les couleurs vaincront

Vous commencez le jeu en créant votre personnage via un éditeur vraiment bof. Disposant de déjà-vu et d'imprécision, là n'est pas le point fort du jeu. Bref, une fois votre skateur créé, vous prenez conscience du monde qui vous entoure : c'est laaaid ! Et sérieux, ce n'est pas parce qu'il n'y a que du gris que les textures doivent être baveuses et carrées ! Et surtout, on se demande comment on va jouer des heures dans un environnement tel que celui-ci. Après ce léger traumatisme, on tâte un peu le gameplay. On avance très simplement en poussant le stick gauche, on saute avec X/A et on ne fait des tricks que grâce aux gâchettes, enfin pour le moment. Et là : miracle ! Lorsque le skate retombe, une onde jaune se déplace tout autour de vous et transforme votre paysage. Des couleurs vives apparaissent, les plantes poussent, des tags colorés et stylés s'imprègnent sur les murs et le sol, les gens jusqu'alors antipathiques se transforment en gravures de mode admiratives...
On commence enfin à piger le truc et à dédramatiser. Par la suite, on apprend que pour modifier certains éléments du décor, par exemple pour transformer un mur en rampe géante ou un bout de route en tremplin, il faudra remplir sa jauge de flow. Il s'agit en fait de remplir une barre à différents niveaux en accumulant les points que donnent les différents tricks effectués. Plus le flow sera grand, plus vous pourrez transformer d'éléments urbains en objets artistiques et étendre votre champ de coloration du paysage. Rien à dire, si le reste est pas super super, ça, c'est vraiment très classe.
 

Roux, et fier de l'être

En plus de ce système sympathique s'ajoutent des fonctionnalités qui font que Shaun White Skateboarding se démarque des autres, je parle bien sûr des grinds et des rampes virtuelles. En fait, comme leur nom l'indique, il s'agit de grinder sur des rails vert fluo qui n'existent pas vraiment, enfin suffisamment pour qu'ils soient matériels, mais pas assez pour qu'ils soient considérés comme des objets à proprement parler. Je sais, ce n'est pas très clair, mais on s'en fout. Votre skateur peut donc façonner à son image des grinds gigantesques, s'élevant à des hauteurs démesurées et amenant sur des terrasses de bâtiments, ou bien élever ou abaisser le sol pour atteindre un point précis. On peut même créer des chemins virtuels afin d'atterrir sur des endroits bien spécifiques. Il y a vraiment une part de magie dans ce jeu, c'est même un peu loufoque, parfois.
 
 
Le gameplay est tout de même très loin de la sensation d'un Skate. À mi-chemin entre ce dernier et un Tony Hawk, le bougre a quand même du mal à prendre une position. Du coup, ça donne un peu n'importe quoi et ce n'est pas super confortable. On peut se servir du stick droit pour sauter et faire des tricks, comme dans Skate, mais aussi des gâchettes et de la touche saut pour en faire d'autres. Une fois en l'air, le joystick droit sert aux grabs et le gauche à tourner sur soi-même. Mais il n'y a pas à tortiller du cul, le tout se révèle véritablement arcade et une fois la jouabilité un peu maitrisée, il n'est pas rare de faire des sauts de 10 mètres et des grinds de 50 mètres de long en toute facilité. Seulement voilà, on ne peut pas faire plusieurs tricks en un saut, et en plus d'être presque tous ressemblants (à part certains vraiment sympathiques et assez osés), ils se veulent très simples à effectuer. De plus, les gamelles sont quasi-inexistantes, et quand elles arrivent, votre personnage se désintègre en petites boules (vraiment spécial, on se croirait dans une version pré-alpha). Il y a donc un manque cruel de difficulté dans Shaun White Skateboarding...
 

Ministère Must Die

Les missions quant à elles sont contrastées : il faudra par moment recolorer un quartier, transformer un bâtiment, ou même détruire les caméras, drones, hauts-parleurs ou barrières du Ministère... Certains défis sortent de l'ordinaire, comme celui où il faut abattre les zeppelins des méchants, dégager des pigeons d'un parc d'attraction, et même pirater des systèmes informatiques via un mini-jeu (WTF ?!)... Si bien que parfois, on se perd un peu et on se demande si on joue bien à un jeu de skate. Malgré tout, la difficulté globale est assez simple et le jeu, ou plutôt la quête principale, se termine en une dizaine d'heures. Du classique, quoi. Cependant, une tonne de défis secondaires est disponible, ainsi qu'un mode multijoueur à deux en écran splitté plutôt sympatoche. En gros, il y a pire.
 
 
Côté technique, il faut bien avouer que ça reste quand même faiblard ! Si les graphismes sont plutôt moches, malgré l'explosion de couleurs qui ne laisse pas de marbre, les animations sont rigides, et que dire des cinématiques carrément ratées, à base de doublages moisis et de dialogues inintéressants ! D'ailleurs, la bande-son n'est pas variée pour deux sous, ce qui n'est pas forcément un défaut en soi : orientée rock américain, elle ravira les amateurs de guitare électrique. Pour les autres, ben, allez vous faire... euh, des planches de skate ?
 

Article rédigé par Naxi , le

Histoire de tirer son épingle des jeux de skate, Shaun White Skateboarding propose des originalités intéressantes : explosions de couleurs, level-design inventif, histoire peu commune pour un jeu du genre... Seulement voilà, la réalisation technique est à la ramasse, le gameplay manque de personnalité et certaines épreuves sont en total désaccord avec le skate-board. Le jeu dispose tout de même de bonnes idées, mais le contenu global est trop perfectible pour que l'on puisse dépenser le prix fort pour l'acquérir. À n'obtenir qu'en occasion, contrairement à son concurrent Skate 3 !

Points positifs

  • Tout colorer et transformer est un vrai régal !
  • Les rails, rampes et sols virtuels sont originaux
  • Scénario peu captivant mais sortant de l'ordinaire pour un jeu-vidéo de skate-board
  • Durée de vie correcte
  • Mode deux joueurs offline !

Points négatifs

  • Réalisation graphique old-gen
  • Cinématiques et doublages affreux
  • Certaines épreuves manquent d'intérêt
  • Gameplay amorphe

A propos de l'auteur

Naxi

Naxi

22 ans | Chasseur de cool

Guinness, Bacardi et 9mm : âgé de 20 ans, Naxi est le testeur le plus jeune de l'équipe. Embauché dès l'âge de quinze piges dans la rédaction, il se débrouille pour écrire sur sa passion entre deux soirées alcoolisées où se mêlent Tekken buveur, basses acidulées et lancers de nains roux. Une vie étudiante ponctuée par son addiction à Devil May Cry et son goût des bonnes femmes qu'il tente désespérément d'approcher par sa "voix d'acteur porno". Drôle d'énergumène.

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