Test : Chili Con Carnage

Chili Con Carnage - PSP

Genre : Action à la 3e personne

Date de sortie : 23 février 2007

Genre
Action à la 3e personne
Date de sortie
23 février 2007 - France
Développé par
Deadline Games
Edité par
Eidos Studios
Disponible sur
PSP

Reine des portages, la PSP n'a vraiment jamais su imposer sa propre identité vidéoludique, contrairement à la DS par exemple, telle l'envie des développeurs de voir leurs plus gros hits adaptés sur la portable demeurait des plus fort, au détriment du plaisir des joueurs, blasés de cet acharnement. Aujourd'hui, Chili Con Carnage… s'enfonce lui aussi dans cette spirale de l'enfer, véritable illustration du manque d'imagination des éditeurs. Du coup, comment ne pas le blâmer ?

 
 
En effet, vous l'avez maintenant compris, ce Chili Con Carnage n'est en fait qu'un remake très épuré de Total Overdose, le jeu d'action épicé se basant sur un astucieux mélange entre un GTA et un Max Payne. Ainsi, la recette pour Eidos était assez simple à suivre ; séquence imagination :"cassez dans un bol deux œufs de portage, saupoudrez de nombreux mois de glande, prenez soin d'ôter à votre mixture toute liberté d'action à la GTA, et laissez cuire le tout au micro-onde pour que la qualité graphique en pâtisse". Et les développeurs ont appliqué la formule culinaire avec grand soin. Le résultat ? Il est là, et il n'est pas vraiment rayonnant.
 

i Viva la sodomisación !

Prônant une ambiance toujours plus loufoque et démesurée, Chili Con Carnage se devait de posséder une scénario du même acabit, orienté vers l'absurde, prouvant ainsi que les développeurs du jeu ont bien imprégné l'atmosphère cinglant du Mexique, en consommant par la même occasion tous les produits régionaux du pays, ces fameuses poudres blanches qui se vendent jusqu'à nos cités. Le résultat ne s'est pas fait attendre : vous êtes Ramiro Cruz dit Ram, un vrai surdoué du barillet et amateur de sauts de cabri, et par malchance, votre Père, fervent policier affecté à la DEA, est un jour assassiné sous vos yeux par… une moissoneuse-batteuse, qui faisant fi de toute discrétion, a simplement accompli sa besogne en fonçant littéralement sur le bureau de votre paternel, le soumettant à un déchiquetage sanglant industriel. Alors furieux comme un Steven Seagal qui aurait froissé son costume, Ram entreprend la vengeance de son père en désanussant tout ce qui se présentera à lui, tout en enquêtant sur leur réel meurtrier, et les commanditaires de l'assassinat. Loufoque, oui, c'est le mot. Et encore, de péripéties en péripéties, l'aventure de Ramiro le mènera à tous les chefs de gangs, dirigeants l'univers de la drogue, et tous aussi ridicules les uns que les autres. Chili Con Carnage est donc à prendre au millième degré, et c'est vraiment un bon point.
 

i Viva la revolución !

Tout comme son grand frère Total Overdose, Chili Con Carnage repose sur des bases très simples et donc un gameplay relativement simple à prendre en mains. On pourrait le définir comme un Max Payne-like épuré, un jeu jouable à la troisième personne, orienté vers l'action et spécifiquement l'utilisation du Bullet Time. Car une fois Ramiro placé sous votre tutelle, rien de devra arrêter votre frénésie meurtrière, les ennemis ne cessent jamais d'arriver, et le lock est devenu automatique pour plus de facilité et une jouabilité moins galère, bien qu'il est possible de viser spécifiquement la tête grâce à la gâchette droite. Mais le bouton le plus utilisé est sans conteste la touche X, génératrice des sauts frontaux, ou sur le cotés, qui engendrent le Bullet Time et ainsi les gunfights. On révèlera par la même occasion que Ramiro n'est pas conditionné aux mêmes cabrioles : en pressant X devant un mur, Ram prendra appui sur celui-ci pour se projeter, ou alors, en appuyant deux fois sur cette même touche, il se retournera en un éclair pour se jeter sur le sol. Mais généralement, tous les affrontements se déroulent de la même manière, en sautant partout sans réfléchir, ce qui éloigne finalement un peu le soft de Max Payne, ce dernier utilisant beaucoup mieux l'effet de ralenti. Surtout que dans Chili Con Carnage, la camera, gérée automatiquement, est loin d'être un modèle de perfection, si bien qu'il n'est pas rare de rouspéter toute les cinq minutes si celle-ci ne suit pas.
 
 
Autrement, Ram pourra mettre la main, lors de son épique épopée, sur un impressionnant arsenal d'armes constitué de 14 calibres dévastateurs qui lui permettront de faire exploser son score en points. Ce compteur a d'ailleurs une place prédominante dans le soft, chaque figure que vous effectuerez a un nom, et un prix en points, qui diminue au fur et à mesure que vous l'utilisez, afin de forcer le joueur à varier ses tactiques pour obtenir le plus gros score possible, et remplir une jauge de folie qui rendra Ram surpuissant. Néanmoins, si votre style est s'établit plutôt vers la réflexion que la baston, il y aura toujours un moyen de faire sauter la banque, grâce à tous les objets explosifs situés dans sur la map, qui rapportent énormément si vous les faites sauter en même temps que quelques filous ; et sans parler des bonus Loco, ces petits items qui une fois récupérés peuvent être utilisés, créant une petite animation de pur débilité ou Ram sera en transe totale, et bousillera du guérillero avec les moyens du bord. D'autant plus qu'il est aussi possible de remonter le temps à la manière d'un certain Prince de Perse, et aussi de conduire des véhicules lorsque vous en croiserez, et de combatre des Boss tous aussi ridicules qu'incultes… Bref, le gameplay de Chili Con Carnage reste à l'image de l'ambiance du jeu : loufoque, mais brouillon.
 

i Viva la climatisación !

Le challenge que propose Chili Con Carnage n'est vraiment pas insurmontable, les missions s'enchaînent assez vite, avec beaucoup de lassitude pour les non-aficionados de shoot purement répétitif se basant sur un système de points, pendant que les fans seront quant à eux aux anges. Le mode défi n'est là que pour faire joli, étant donné que seuls les malades avides de perfection y trouveront un intérêt, tout comme le fait de recommencer les niveaux pour perfectionner son score, et gagner des médailles. Pour les défis, revenons-en, ils s'inscrivent dans le classique, demandant au joueur de dessouder tant d'ennemis, de faire telle figure un certain nombre de fois, de maintenir la jauge de combo à un certain point… Rien de vraiment marrant, bien qu'en lâcher un ou deux en attendant votre bus/train peut s'avérer comme un bon moyen de faire passer le temps. La durée de vie du titre d'Eidos est donc assez moyenne pour les joueurs occasionnels ne souhaitant aller que jusqu'au générique final, et ce n'est pas les deux pseudo-modes multi qui vont inverser la balance. Le premier, simple Pendu, confronte plusieurs joueurs au tour par tour, à effectuer divers petits défis, alors que le deuxième mode, Fiesta, est un peu le sosie du Pendu, sauf que tout le monde joue en même temps, sans qu'il n'y ait affrontement direct entre les joueurs. Rien de bien passionnant, donc.
 

i Viva la Tomatisación !

Coté graphismes, Chili Con Carnage vote blanc, certaines textures sont pauvres, bien que colorées, et l'aliasing qui caractérise la PSP est autant insoutenable que la vue de la verge de Rocco Siffredi en gros plan. Seulement, les divers effets de lumière, et spécialement du soleil, n'ont rien à envier en qualité à ceux qui ornent nos jeux 128 bits, et les nombreuses explosions qui retentissent procurent la même satisfaction. Les personnages, paraissent quant à eux très cubiques et simplifiés de tous leurs détails, si bien qu'ils reflètent tous comme de gros tas de pixels à exterminer. En gros, le soft développé par Deadlines Games alterne entre le très bon, et le moyennement médiocre, sans pour autant rebuter le joueur pointilleux. On retiendra par exemple les cinématiques, assez jolies, ou l'optimisation du jeu, en mettant en valeur les temps de chargement, bien moins longs qu'une bonne majorité des jeux PSP.
 
 
Pour le son, les dialogues sont intégralement en Français (bon, en même temps, c'est un portage d'un jeu mutli-plateformes, ne l'oublions pas…) et restent dans le ton général du soft, c'est-à-dire décalé à l'extrême, parfois ridicule, et toujours dans une caricature exacerbée, du bon donc. Autre coup de cœur, la musique, celle du menu principal est vraiment excellente, dans un style de rap mexicain d'un très bon goût, pendant que les mélodies qui résonnent lors des combos ont tendance à rappeler la période d'or de Rage Against The Machine, ce qui sied parfaitement à l'univers du jeu, d'autant plus que les musiques sont interactives avec vos performances : plus vous tuez en effectuant des sauts stylés dans tous les sens, et plus l'ambiance sonore se fera présente. Ce qui implique donc que lorsqu'il n'y a personne sur qui tirer, il n'y a quasiment aucun son de perceptible.
 

Article rédigé par Dudy , le

Au final, Chili Con Carnage est un jeu tantôt défoulant, tantôt ennuyeux à s'écarteler soi-même. Un peu comme un Miami Vice, certains apprécieront l'action non-stop, au détriment d'une liberté d'action disparue, et seules ces personnes trouveront de l'intérêt à un jeu qui n'est foncièrement pas mauvais, mais beaucoup trop limité pour plaire à la masse. Apres, que ceci soit une qualité ou un défaut, je vous laisse le soin de choisir.

Points positifs

  • Vraiment cinglant, et fou
  • On s'amuse, un peu
  • Réalisation correcte

Points négatifs

  • Pas passionnant
  • Portage de Total Overdose
  • Répétitif

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