Test : Syphon Filter : Logan's Shadow

Syphon Filter : Logan's Shadow - PSP

Genre : Action

Date de sortie : 21 novembre 2007

Gabriel Logan, sous ses faux airs d'Ethan Hunt, ou du sauveur de l'humanité aux phrases toutes faites, demeure avant tout un Homme simple, pratiquant le bilboquet et aimant - entre autres - Philippe Katerine et la philosophie Hégélienne. Mais, lorsque par le plus sournois des hasards, on lui apprit que son équipière de toujours, qu'il a toujours voulu chevaucher, serait un agent double, toutes ses dispositions humanitaires vacillèrent en morceaux. Gaby en a désormais gros et il compte bien génocider toute une population pour laver l'affront.

 
 
A la fois irrésistible en solo et lors des joutes en Infrastructure, Syphon Filter Dark Mirror avait su ajuster avec brio un nouvel échelon qui n'aura finalement été égalé que par l'excellent Metal Gear Solid Portable Ops, dans la catégorie des jeux d'action/aventure/infiltration sur la Playstation Portable. Une performance inattendue à la vue de la condition critique de cette saga, pourtant culte à l'époque des 32 bits, où, encore une fois, elle s'établissait aux yeux des fans à un rang similaire à celui d'un certain titre Tactical Espionage Action de Konami Toutefois, si aujourd'hui la série menée par Gabriel Logan a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à un premier épisode sur portable jouissif, sa légitime suite sur le même support, elle, se contente "d'assurer", tout comme les deux suites de Syphon Filter premier du nom l'avaient expérimenté.
 

La parfaite symbiose entre Chuck Norris, Moundir de Koh-Lanta, et Nicolas Florentin

Quand on y prête attention, l'évolution du personnage de Gabriel Logan est vraiment troublante, voire même caricaturale sur certains aspects : lors de son entrée en matière sur Playstation, Gaby avait certes la trempe du héro hollywoodien, mais il était, comment dire, moins Steven Seagal au sourire Colgate, plus concerné sur sa mission que sur ses capacités à dézinguer à tout va. Il s'imposait en protagoniste plus "altruiste", essayait de raisonner ses ennemis (Anton Girdeux par exemple) et tout ceci contribuait forcément à l'attachement que les fans lui vouaient. Puis, au fil des épisodes, il s'est falsifié lui-même, abandonnant son côté noble pour devenir un partisan de l'ultra-violence, tout en multipliant les phrases toutes faites digne d'un Christophe Lambert. Alors oui, Gabriel a indéniablement perdu de sa prestance, son côté mystérieux des premiers épisodes n'est plus du tout sincère et même dépassé par les événements – et dans Logan's Shadow, il le sera plus d'une fois – il persiste en temps que prétentieux notoire, plus adepte que jamais du "j'te démonte ta gueule". De ce fait, toute l'aventure prend, sans grande maîtrise (on le sent), une toute autre interprétation et gâche un peu le plaisir d'un scénario pourtant palpitant.
 
 
Palpitant, en fait non. Agréable, mouais. Plaisant, voila. Dans tous les cas, déjà bien mieux que celui de Dark Mirror avec sa Red Section et son faux suspense sur la fille de Logan (oui, ceci est bien du spoil). Désormais, Gaby devra enquêter sur la seule personne qu'il pensait inattaquable : Lian Xing, qui, sous une excuse de vacances pour quitter temporairement l'Agence, s'est fait photographier contre son gré à des milliers de kilomètres de l'endroit où elle devait se trouver, et en présence d'un terroriste international menaçant justement de faire péter le monde entier. D'un coup, ça accroche donc, et on ne décroche plus. Malgré les archétypes (le méchant pas beau islamiste qui veut la peau des s'tazunis) et quelques lourdeurs comme les boss introduits à la va-vite et le technocrate Cordell qui a un peu tendance à prendre tout le monde pour des cons.
 

Peter & Gabriel

Premier artisant du succes mérité de Dark Mirror, le gameplay de Logan's Shadow ne prend logiquement aucun risque et s'établit comme identique à celui de son petite frère. La visée par les touches ne pose plus aucun problème (et, dans le cas contraire, il est toujours possible d'inverser entre les boutons et le stick gauche pour les déplacements ou la visée, ou bien de régler tout un tas de sensibilités), et les habitués ne souffriront aucunement lors de leurs premières parties. A part ça, rien ne change vraiment et seules quatre nouveautés de jouabilité sont perceptible dans ce deuxième épisode portable : la nage, la "prise d'otage" et le tir à couvert, ainsi que les actions contextuelles. Pour la première, "innovation" oblige, elle sera balancée autant de fois que possible dans presque toutes les missions. Et il faut avouer que se bastonner sous l'eau, c'est juste complètement chiant, à en mourir. Tout est aléatoire, mou, fade… De quoi vite passer aux deux autres surprises que sont la prise d'otage donc, qui autorise le fait de choper un garde par derrière et de s'en servir en bouclier humain, puis le tir à l'aveugle, qui, à l'origine, devait permettre de se dégager lorsque les ennemis sont trop nombreux, mais qui sera utilisé sans honte pour tuer, tant sa précision n'a rien d'arbitraire. Et de plus, l'IA ne fait rien pour arranger les choses, tant les assaillants sont terriblement cons, restant sans broncher à découvert, se plaçant à côté des trucs qui explosent, ou attendant juste leur mort certaine. Le jeu en devient donc plus facile, les morts sont rare et pour bien combler le tout, les développeurs ont opté pour le système juste à chier qui envahit tous les jeux d'actions : dorénavant, il suffit de se reposer pour guérir automatiquement, les trousses de soin disparaissant. Quelle bêtise. M'enfin, pour se calmer, on conclura le chapitre du gameplay avec la mention de l'arrivée d'actes typées Quick Time Actions (à la Shenmue ou Resident Evil 4) pendant les cinématiques ou certains mouvements (tuer un garde, ou plus simplement ouvrir une porte) qui consistent à presser le(s) bouton(s) qui s'affiche(nt) à l'écran dans un temps donné pour voir s'effectuer l'action contextuelle. Ici, son utilisation fait malheureusement plus office de gadget que de véritable plus à l'immersion. Dommage.
 

Renault Logan's Shadow

Techniquement parlant, à l'heure où tous blablatent de l'utilisation du moteur Havok, ou encore d'autres termes techniques dont tout le monde se fout, Syphon Filter Logan's Shadow "assure" sa progression, sans se révolutionner. Alors oui, forcément, le jeu est – un peu – plus beau, plus détaillé que son prédécesseur, qui déjà, et même aujourd'hui, subsiste comme impressionnant sur une console portable. Certaines textures ont gagné en détails, l'eau est assez bien rendue et les cinématiques se sont encore affinées (et Gaby Logan a encore changé de tronche…), et, dans son ensemble, le soft est de la trempe d'un – encore lui – MGS Portable Ops. On appréciera aussi la diversité des missions qui ne se limitent pas à mettre en avant de tristes intérieurs citadins, mais laissent transparaître une vraie évolution, au point que la trame se découle naturellement sans interruption trop conséquente qui casserait l'ambiance. On passera donc du cargo en pleine mer à la station sous-marine tout en se frayant un chemin dans une sapinière enneigée ou encore une ville en pleine guérilla entre deux camps. Mais, au final, sur cet intermède purement technique, Syphon Filter Logan's Shadow évolue certes tout doucement, on croirait d'ailleurs avoir affaire à un add-on, mais sa réalisation étant de haute volée (et donc, il semble assez difficile de faire mieux), il serait quand même sacrément salaud que de critiquer le soft de Sony sur cette facette, qui néanmoins, constitue un des points forts du jeu.
 
 
Autre point positif, et là encore une fois, ce n'est plus une surprise : la bande sonore, beaucoup plus "chantée", plus philarmonique. Y compris lors des combats, ce qui apporte copieusement à la tension qu'on y ressent. Tout fait un peu "Hans Zimmerien" et se savoure, encore et encore, tant que les balles fusent et que le danger est omniprésent. Toujours dans la qualité, on enchaînera par les voix, toujours aussi sincères et justes, mais aussi la durée de vie du jeu, un peu plus courte que Dark Mirror (5 missions découpées en plusieurs actes, mais qui se traversent bien plus vite que dans le précédent opus) bien que toujours rallongée par la masse impressionnante de bonus à débloquer par des faits divers (documents cachés à trouver, galons à débloquer en agissant d'une certaine façon dans les missions, niveaux à découvrir…). Quant à ceux qui ne prient que pour le Online, qu'ils se rassurent, Logan's Shadow est une bombe, tout a été réorganisé pour que les débutants aient leur chance, et le confort de jeu est à son paroxysme grâce à, par exemple, la gestion du micro. De plus, pour ceux qui en veulent plus, l'UMD comporte une version d'essai de Syphon Filter Combat OPS, le titre uniquement online permettant de créer ses propres cartes et missions pour y affronter les joueurs du monde entier.
 

Article rédigé par Dudy , le

Ne voulant pour rien au monde râter le coche d'un succès en prenant trop de risques, les développeurs de Syphon Filter Logan's Shadow ont – un peu trop – misé sur la continuité, n'apportant que de minimes changements à l'épisode Dark Mirror… Mais ce dernier étant si jouissif, on ne peut condamner le choix établi, surtout qu'il est soutenu par une trame intéressante, une réalisation impressionnante et un mode online captivant. Ce qui fait qu'au final, tous seront conquis, à la fois les adulateurs de Dark Mirror et les joueurs découvrant la série sur PSP. Là est bien l'essentiel.

Points positifs

  • Prennant, toujours aussi jouissif
  • Impeccable techniquement
  • Enfin des révélations via un scénario jouissif

Points négatifs

  • IA foireuse
  • Système de soin automatique
  • Peu d'évolutions dans le gameplay

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