Test : HOT PIXEL

HOT PIXEL - PSP

Genre : Mini Jeux/ Arcade

Date de sortie : 22 juin 2007

Genre
Mini Jeux/ Arcade
Date de sortie
22 juin 2007 - France
Développé par
zSlide
Edité par
Atari (Infogrames)
Disponible sur
PSP
Parfois appelé
HOT PXL
Site officiel
Site officiel

Comme tout le monde le sait, loin des tranchées des next-gen, se déroule un affrontement beaucoup mois équilibré, ou le vainqueur est déjà connu, bien que les batailles perdurent pourtant. La Nintendo DS fait face à la PSP de Sony, entrechoquant les concepts, les tactiques commerciales tandis que les jeux disponibles sur les deux supports ne font que confirmer l'avantage indéniable de la portable à double écran. Ultime recours avant le drapeau blanc, le pompage des succès du concurrent est aujourd'hui d'actualité sur PSP, avec ce Hot Pixel, plagiat admirable d'un certain Wario Ware.

 
 
Il est vrai que l'on peut sérieusement se poser des questions sur les intentions de Sony de sortir un tel jeu, sur une PSP plus aujourd'hui plus achetée pour sa facilité de piratage que pour son catalogue bien pauvre. L'objectif étant peut-être d'offrir à des farouches fanboys le genre de jeux qu'ils ne pensaient jamais découvrir sur la Playstation Portable, ou, ce qui semble être l'idée la plus plausible, les marketeux ont pensé que le succès du jeu DS pompé (ici Wario Ware) n'avait aucune raison de ne pas se reproduire sur leur machine. Seulement, et c'est sans aucun doute le fait le plus drôle de l'affaire, ces cadres au salaire de dealer ont omis le principal, l'inexcusable, l'évidence. Wario Ware sur GBA véhiculait un concept novateur, Wario Ware Touched! faisait évoluer ce même concept grâce aux fonctionnalités tactiles de la DS, Hot Pixel, lui, n'apporte strictement rien.
 

Ce jeu est sponsorisé par le phallus de Bernard Lavilliers

Pour revenir un temps sur le concept, on pourrait définir Hot Pixel, ce Wario Ware-like, comme un divertissement mettant à rude épreuve vos méninges. L'expérience de jeu se résume d'ailleurs ainsi : un écran se découvre, et vous n'avez qu'une poignée de secondes pour comprendre comment se joue le mini-jeu qui vient d'apparaître, tout en étant logiquement aidé par une indication écrite (comme par exemple "Jump" (notez que le jeu est intégralement en anglais), "Keep playing", "Choose", "Clean up"…) mais aucune assistance sur les touches à saisir, qui heureusement, se limitent souvent au bouton X et au joystick/pad directionnel. Bien sur, face à son rival sorti sur DS, le titre édité par Atari fait pâle figure, tout simplement car il ne peut proposer en gros que la même chose, la PSP n'étant vraisemblablement pas destinée à ce genre de softs. Oubliez donc les délires causés par l'utilisation d'un stylet, la gestion du double écran ou du micro, dans Hot Pixel, vous n'aurez toujours qu'à presser des touches sans âmes. De plus, l'ergonomie de la portable de Sony étant ce qu'elle est, attendez vous aussi à de sérieuses ampoules si vous décidez de jouer au titre plus de 10 minutes sans pauses, de quoi agréablement gâcher un plaisir déjà bien limité. Dès lors, avant même d'avoir sondé le jeu plus profondément dans ses entrailles, on ne peut que déjà annoncer Hot Pixel comme perdant d'une confrontation déjà jouée…
 
 
Car non seulement le titre possédait dès le départ un fort handicap faute au manque d'originalité de son support, mais en plus, rien n'a été fait dans son gameplay pour faire oublier ce terrible manque. C'est ainsi que l'on découvre avec une certaine stupeur que les 200 jeux du titre sont à peu de choses près les mêmes, et que du coup, prendre son pied avec le jeu pourrait paraître impossible même pour Ethan Hunt. Les jeux sont assez bien pensés dans l'ensemble, intuitifs, on devine facilement ce qui nous est demandé, mais tout est trop classique, ça manque de pêche, alors que paradoxalement le rythme d'enchaînement des mini-jeux est au beau fixe. Et que dire des jeux eux-mêmes ? Plus précisément leur jouabilité ? Jouer avec les croix directionnelles s'avère trop rigide, le joystick trop aléatoire, ça la fait mal, déjà. Les boutons sont quant à eux mal exploités, et leur rapprochement gène énormément lors des jeux ou l'on doit effectuer un enchaînement de touches le plus vite possible. Apres quelques minutes de jeu, c'est donc la frustration qui prend l'ascendant sur l'ennui, même si parfois, le joueur peut se sentir particulièrement impliquer pour stresser un minimum, mais ce sentiment est trop rare pour relever le niveau du jeu. Pourtant, les solutions sont là. Les développeurs auraient pu penser à l'utilisation de la console à la verticale, comme l'avait expérimenté fort justement Fifa 06. Jongler entre une tenu de la portable horizontalement ou verticalement aurait carrément donné un peu de punch à l'expérience de jeu.
 

L'épreuve : tenir 5 ans sans devenir dingue (voire plus)

Coté modes de jeux, Hot Pixel se positionne dans le classique mais efficace, avec 10 épisodes contenant chacun plusieurs mini-jeux, et un Boss à affronter pour ce qui est du mode central. On notera qu'il est possible de sélectionner un niveau de difficulté, variant le temps des jeux, mais aussi votre nombre de vies pour arriver à la fin du niveau. La mauvaise nouvelle réside dans la durée de vie du challenge, facilement fixable à une heure et demie voire deux heures pour venir à bout de tous les épisodes, et donc du jeu. Dès lors, il vous sera possible de vous entraîner via le mode Training, de jouer des Playslists customisables (nombre et type de jeux, difficulté, temps…), pratiquer l'Instant Play pour se détendre, et d'accéder à quelques bonus comme le visionnage de vidéos ou l'écoute de musique. Un point fort néanmoins, la possibilité de télécharger de nombreux mini-jeux assez régulièrement via le site Hotpxl.com, soit par l'intermédiaire d'un ordinateur, et en transférant les fichiers, ou tout simplement par la PSP et ses fonctionnalités Wifi. Ces mêmes spécificités permettent de jouer à deux joueurs en Ad Hoc pour lancer des défis de rapidité à ses potes. Malheureusement, et on était pourtant en droit de l'attendre vu le type de jeu, aucune possibilité de partage de jeu n'est d'actualité, ce qui oblige les deux joueurs à posséder le jeu original.
 

Un peu comme le roquet n'est-ce pas

A vrai dire, et pour être franc, le gros point fort de Hot Pixel ne se joue pas : il s'admire et s'écoute. L'ambiance bien sur. Le style graphique, composé principalement de gros pixels a un coté vintage très rétro, et vraiment sympa, de plus, une grande majorité des mini-jeux mettent en scène des dessins au style assez rock urbain, dans un ton trash très prononcé. Entre le jeu qui consiste à faire rentrer une cervelle bouillie dans un crâne, une main à nettoyer qui pourrit en cas d'échec, dézipper les vêtements d'une femme, et de nombreux exemples du même type, le soft est vraiment à des années de l'atmosphère bon enfant d'un Wario Ware, et c'est affreusement plaisant. Le public visé est donc indubitablement axé vers les 18 et plus, possédant de cette rebelle-attitude, attirés par la culture stress. Les diverses vidéos qui entrecoupent les épisodes le confirment d'ailleurs, même si le peloy qui y tient la tête d'affiche possède un don plus que prononcé pour le ridicule. De quoi facilement s'abandonner aux rythmes musicaux du titre, vraiment dans le ton à la fois du coté trash urbain, mais aussi des pixels en folie grâce à des compositions épurés de complications, reposants sur des beat nerveux mais pourtant simples, du grand art. Dommage du coup que l'originalité ne se trouve que dans l'esthétique de ce Hot Pixel, qui finalement, aurait bien pu convaincre.
 

Article rédigé par Dudy , le

Hum. Comment qualifier ce Hot Pixel au final ? Simplement, en prenant en compte deux catégories de joueurs : premièrement, ceux ayant goûté aux joies d'un Wario Ware Touched!, qui logiquement, ne trouveront aucun intérêt au soft de ZSlide faute à son manque évident de fun ; mais, les joueurs ne possédant qu'une PSP et désirant se détendre entre deux stations de métro sans se prendre la tête ni passer pour un con en soufflant sur une console, pourraient bien découvrir via Hot Pixel l'ultime remède à leur ennui des transports en commun, surtout que le soft est vendu au prix honnête de 30€. Bref, faites votre choix, votez, et éliminez le maillon faible.

Points positifs

  • Ambiance géniale et travaillée
  • Peut détendre (parfois)
  • Pas trop cher

Points négatifs

  • Trop court
  • Intérêt limité
  • Gameplay banal
  • Pompage agressif

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