Test : Metro 2033

Metro 2033 - Xbox 360

Genre : FPS

Date de sortie : 19 mars 2010

Genre
FPS
Date de sortie
19 mars 2010 - France
Développé par
4a-games
Edité par
THQ
Disponible sur
PC, Xbox 360
Parfois appelé
Metro 2033 : The Last Refuge
Site officiel
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Metro 2033 est un peu un jeu OVNI. Pas dans le sens où l’on ne saurait le qualifier ni lui mettre une étiquette au niveau du genre, car pour le coup le genre est très classique, mais plutôt dans l’attente que le jeu a suscitée. A l’annonce du jeu, on n’était pas plus enthousiaste que cela. Un jeu de l’est, des anciens développeurs de STALKER, encore un énième FPS. La claque est plus importante lorsqu’on ne s’y attend pas, forcément. Et Metro 2033 a su nous en mettre une grosse, de tarte.

 
 
Comment combattre l’ennui quand on a vingt ans et qu’on a toujours vécu dans un bunker ? Comment peut-on essayer de vivre après avoir connu l’holocauste nucléaire qui a mené l’humanité à sa perte ? Non ce ne sont pas les questions que Metro 2033 soulève, mais ce sont des questions que l’on pourrait se poser, nous. Parce que 2033 n’est pas tellement loin, et 2012 approche à grands pas. Toujours est-il que pour Artyom, le rêve de voir les panoramas de ses cartes postales a disparu à jamais. Il ne verra ni Tour Eiffel, ni Statue de la Liberté, tout ça a disparu car l’homme a été trop con de s’envoyer en l’air avec du nucléaire. Et voilà qu’une nouvelle espèce de mutants appelée Novalis représente aujourd’hui la nouvelle menace des habitants des stations de métro de Moscou. Ils ont réussi à franchir les barrières que l’homme a tenté non sans mal de mettre en place. La situation n’est plus sous contrôle. Artyom et tous les siens sont en danger de mort. Cette fois, impossible d’y échapper. A moins d’essayer de demander de l’aide des autres stations. Des fois que les gens n’auraient pas perdu leur sens de la solidarité et d’espoir. Artyom, que vous incarnez avec vos petites mains, va devoir se sacrifier pour sauver les autres. Même s’il n’a aucune chance et qu’il ne sait pas du tout comment faire pour sauver son peuple. Son métro. Sa station.
 

Grâce à l'armement nucléaire, puisque nous sommes nés par erreur, peut-être mourrons-nous par erreur.

Vous voyez le discours super inspiré que j’ai tenu là ? Sur l’apocalypse, le dernier espoir, le sauveur et tout ça. C’est grâce au jeu. Mais oui ! Le jeu est réaliste, et tout est réaliste, même le mutant que l’on n'a jamais vu et que l’on verra probablement jamais. Tout est réaliste, tout est plausible, tout est crédible. Et tout est parti de l’œuvre de Dmitry Glukhovsky du même nom, un best-seller russe mais qui ici n’a pas (encore) connu le même succès. A la manière de The Witcher, on retrouve ici une adaptation d’un livre assez fidèle et qui est riche en contenu. Le jeu lui, est très linéaire et c'est tant mieux. Pour le coup, j’aurais vraiment détesté qu’on me laisse libre comme dans un Fallout. Passez donc votre chemin si vous n’aimez pas les scripts à gogo et les actions spectaculaires. Car le jeu est programmé de telle sorte qu’il vous fait peur là où ils l’ont décidé. Une ombre qui passe, un cri étouffé, des rats qui font tomber des objets, vous allez vite faire caca-culotte pour peu que vous soyez une gonzesse. L’ambiance est prenante et tout est bien coordonné pour que cela reste crédible. Au niveau graphique d’une part, avec des level-design hyper soignés et hyper riches. Mais aussi et surtout un excellent jeu de lumière, et une bande-son mortelle. Je ne sais pas ce qu’il vous faut de plus. Le scénario vous l’avez. Le héros aussi. Ah oui, peut-être un peu de gameplay, aussi.
 
 
Là encore, on n’est pas déçu. On sent une touche STALKER dans le réalisme et l’originalité des armes par exemple (je cherche toujours le jeu qui va détrôner la série de GSC à ce sujet) mais la ressemblance avec STALKER s’arrête là. Allez, je veux bien accorder aussi l’ambiance post-apo parce que ça serait de la mauvaise foi d’affirmer le contraire mais je ne donne rien de plus. Pour tout le reste, il est unique au monde. Le HUD n’existe pas, ou presque pas. Pour voir ce qui vous reste comme munition dans votre arme, il faut regarder l’arme elle-même. Que ce soit un fusil automatique ou un fusil à pompe, vous pouvez aisément voir ce que vous avez en regardant l’arme. Et c’est tout simplement bluffant. Passé les 2-3h de jeu, on prend le réflexe de ne recharger rien qu’au coup d’œil et c’est juste énervant de réalisme. Et tout est comme ça. La puissance de votre lampe torche baisse au fur et à mesure que vous l’utilisez, mais vous pouvez la recharger à l’aide d’une dynamo. Imaginez un peu la pression lorsque vous êtes dans le noir obscur et que vous devez switcher votre arme pour faire bon usage de la dynamo… Et encore, les développeurs de 4A Games n’ont pas été totalement sadiques puisque la lampe ne s’éteint jamais. Elle baisse juste d’intensité et c’est peut-être le seul élément de gameplay regrettable. Mais le jeu de lumière ne s’arrête pas là, bande de jeunes loutres naïves que vous êtes. A plusieurs reprises dans le jeu, vous avez la possibilité de vous faufiler à la sauce Sam Fisher du bon vieux temps, en vous cachant dans les endroits sombres pour ne pas vous faire repérer. Et quand bien même il subsiste de la lumière due en grande partie aux lampes à huile, un coup de silencieux (ou si vous êtes bien trop habile, vous pouvez les éteindre à la main) et le tour est joué. Personne ne vous voit, vous pouvez passer vos ennemis sans sacrifier une seule balle. Car des balles, vous allez en avoir besoin. D’autant qu’elles sont rares, et de surcroit chères. C’est d’ailleurs la balle la plus chère qui vous sert de monnaie d’échange. Elle va vous servir pour acheter de la picole, des armes et de la bouffe, pour survivre à ce monde dangereux et livré aux plus profiteurs. Mais je ne me fais pas de souci pour vous, vous allez très bien vous en sortir. Il se peut qu’on vous tende un traquenard pour vous choper quelques piécettes et le peu de choses de valeur qu’il y a dans votre besace, mais vous ne vous ferez pas avoir deux fois.
 

La fin du monde n'est pas encore pour demain

Artyom allume son briquet dans le noir et brandit sa liste de défauts que comporte sa mission. Dans ce tunnel interminable, il règne un silence bien plus atroce que le bruit d’une bombe nucléaire. Balayé par le vent que son porteur provoque en marchant, le briquet tente tant bien que mal d’éclairer cette liste maudite. On parle dans cette liste de phases de gameplay ratées, comme ces confrontations avec les mutants bien trop hasardeuses pour être tout à fait réalistes. A vrai dire, Artyom ne pourrait que vous dessiner la silhouette des monstres qu’il affronte, mais jamais les détails. Le motion blur que les développeurs ont tenu absolument à mettre en place et qui donne un merveilleux rendu sur les humains, se voit complétement raté sur les monstres. Ceux-ci bougent bien trop vite dans toutes les directions et on a du mal à savoir s’il s’agit réellement de monstres ou de nuages sombres qui vous courent après. Artyom n’ose d’ailleurs plus regarder le ciel sombre post-nucléaire, de peur d’y voir un monstre qui se dresserait devant lui, comme il a eu l’occasion de les croiser tant de fois dans ces tunnels maudits. Et puis, à quoi bon proposer un arsenal de folie quand on n’a jamais la possibilité de tout s’acheter ? L’histoire d’Artyom se boucle en une dizaine d’heures, pas plus. Et avec toutes les découvertes que l’on peut faire, on peut très difficilement utiliser toutes les armes que l’on nous propose. Bien trop chères, et l’argent ne court pas les tunnels. Enfin, pourquoi nous proposer deux fins différentes quand les choix à faire sont très minimes ? Dans les deux cas, Artyom doit rayer la menace qui plane au-dessus de sa tête. Surtout quand on sait qu’un Metro 2034 se profile derrière, sans doute une suite logique à l’histoire qu’a été celle d’Artyom et de ce métro moscovite.
 

Article rédigé par Florentin Jakupi , le

Metro 2033 est un jeu frais. Il a beau être un FPS, il propose un univers original, une ambiance prenante et un gameplay riche. Vous auriez tort de vous en priver, surtout que son prix a chuté depuis son lancement. Dans l’optique de soutenir des jeunes développeurs talentueux tels que 4A Games, je vous demande d’acheter le jeu. Non, mieux, je vous l’ordonne.

Points positifs

  • L'ambiance
  • La palette graphique et le level-design
  • Le gameplay rafraichissant
  • La bande-son
  • La transcription de l'univers post-apo

Points négatifs

  • Le bestiaire
  • L'arsenal abondant mais inaccessible

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