Test : Red Faction : Armageddon

Red Faction : Armageddon - Xbox 360

Genre : Action-Aventure

Date de sortie : 10 juin 2011

Genre
Action-Aventure
Date de sortie
10 juin 2011 - France
Développé par
Volition Inc
Edité par
THQ
Disponible sur
PC, PS3, Xbox 360
Site officiel
Site officiel

Pour son passage à la HD, la licence Red Faction a connu des changements radicaux. En effet, Red Faction : Guerrilla abandonnait le FPS et ses couloirs pour passer à une vue à la troisième personne, troquant les couloirs pour un monde ouvert. Voilà qui a de quoi décontenancer les fans de la première heure. Cependant, ce GTA-like martien avait de sérieux atouts dans sa manche, à commencer par un moteur physique très performant permettant une destruction totale du décor. Les bâtiments autour du joueur volant en éclats, chaque gunfight prenait alors des airs d'apocalypse. Pourtant, le jeu manquait de punch, et ce qui aurait pu être un hit incontournable, ne fut au final qu'énième TPS. Un bon TPS, certes, mais pas suffisamment pour être inoubliable. Son successeur va-t-il redresser la barre ?

 
 
Vous incarnez ici Darius Mason, un membre de la Red Faction, une force armée chargée de protéger les humains sur Mars. Le jeu débute alors que les Séides, des humanoïdes qui ont tendance à foutre le bordel sur la planète, attaquent le terraformeur. Pour les gros branleurs qui n'ont pas fait un master en ingénierie nucléaire, un terraformeur est une usine gigantesque qui à pour vocation de réguler le climat tout en modifiant la composition de l'air ambiant de manière à ce que la planète soit habitable par l'homme. Vous êtes donc envoyé sur place avec vos potes pour botter le cul à ces vilains garçons. Ce n'est pas un spoil de dire que la mission sera un échec et que les humains devront se résigner à vivre sous terre, et que c'est ce moment que les martiens choisissent pour se réveiller et massacrer tout le monde.
 

Dumb and dumber

Bon, le scénario n'est pas un modèle de finesse et d'originalité, mais il parvient tout de même à susciter l'intérêt, voire à surprendre. Quoi qu'il en soit, on a envie de voir comment l'histoire va se terminer. Ajoutez à cela une bonne dose d'humour, et vous obtenez un scénario tout à fait honorable. Ce qui posera problème, ou fera hurler de rire selon les sensibilités, c'est le héros. Darius Mason est… Comment dire ça gentiment ? Il est con. Mais alors vraiment très con. On atteint là un degré de connerie rarement égalé. C'est à dire que pour un soldat surentraîné, il fait beaucoup de conneries, et pas des petites en plus. Mais on va pas épiloguer une éternité là-dessus. Si ça ne vous dérange pas de contrôler un gros boulet, bienvenue dans Red Faction : Armageddon, quant aux autres, vous pouvez passer votre chemin. Mais vous ne savez pas ce que vous loupez.
Mais Darius n'est pas le seul crétin du jeu, les ennemis sont pas mal non plus. Il ne sera pas rare de les voir tirer sur un baril d'explosif alors qu'ils sont juste à côté et voler en éclats avec le dit baril. D'une manière générale, la faiblesse de l'I.A. est compensée par la profusion d'ennemis, et donc pas franchement gênante.
 

Back to the future

La première chose que remarqueront ceux qui ont mené la rébellion contre l'EDF dans Red Faction : Guerrilla est le retour en arrière effectué par les développeurs. Fini le grand bac à sable du précédent opus, ici on va là où on nous dit d'aller. Les niveaux restent ouverts, comprenez par là qu'ils sont vastes, pour la plupart, mais il n'est plus possible de se balader librement dans l'univers du jeu. Ensuite, si ce volet de la licence reste un TPS, la vue se resserre nettement, se concentrant davantage sur le personnage un peu à la manière d'un Ghost Recon : Advanced Warfighter 2. Et cela se ressent dans le gameplay : Armageddon se joue comme un FPS ou presque. Enfin, le titre reprend pour décor les grottes martiennes, théâtres de prédilection des deux premiers opus, même si ces derniers en sortaient allègrement. Il semblerait donc que Volition ait tenu compte des remarques faites sur le précédent opus.
 

Demolition Man

Mais tout n'était pas à jeter dans Guerrilla, loin de là même. On retrouve donc le moteur physique qui faisait la force de cet épisode. Pour le plus grand bonheur des fans du précédent Red Faction, on pourra continuer à tout démolir sur notre passage. Mais là où, dans le passé, ce qui était démoli l'était irrémédiablement, à quelques exceptions près, on a ici la possibilité de tout réparer, pour tout redémolir ensuite. Cela est possible grâce à la nanoforge, un genre de bracelet qui génère un champ d'énergie réparant les infrastructures à proximité. A un stade avancé de l'aventure, on obtiendra même la possibilité de balancer ce champ pour remettre en état des objets éloignés. Cette mécanique de destruction/restauration est prépondérante dans le gameplay. Ainsi, on sera régulièrement amener à détruire un pont à coup de lance-roquettes pour tuer tous les ennemis qui se trouvent dessus avant de le reconstruire pour passer et avancer dans le niveau.
 
 
Mais on émettra tout de même une petite réserve sur ce moteur physique : s'il permet au joueur de tout démolir sur son passage, il se montre en revanche assez peu réaliste sur certains aspects, le plus marquant étant la gestion de la gravité des infrastructures de moyen et grand gabarit. Prenons pour exemple une mission au début du jeu nous demandant de détruire des générateurs perchés au sommet de tours à armature métallique constituées d'un pilier central entouré de quatre renforts. Vaillant comme vous êtes, vous ne ménagez pas votre index et entamez l'édifice à coup de marteau. Eh bien si vous détruisez le pilier central et trois des renforts, vous verrez que la tour reste debout. Voilà ici un petit écueil qui n'a pas été corrigé depuis Guerrilla. Dommage mais pas franchement gênant.
 

Rambo

Pourquoi Rambo ? Je n'en sais rien. Et puis vous faites chier avec vos questions pourries ! Bon, revenons-en au jeu qui nous intéresse ici et parlons un peu de l'arsenal qui est mis à notre disposition. Pour bien travailler, tout bon artisan qui se respecte se doit d'avoir en sa possession l'outillage adéquat. Ainsi, un bon bûcheron se doit d'avoir une bonne tronçonneuse, de même que Leatherface. Eh bien il en va de même pour notre cher Darius Mason, car si le bonhomme n'est pas franchement aidé, cérébralement parlant, ce petit diable est foutrement bien équipé. On retrouve bien sûr les grands classiques tels que les pistolets, fusil à pompe et fusil mitrailleur, mais on a également droit à quelques classiques de la série comme le railgun, un fusil de sniper équipé de lunettes thermiques qui balance un rayon laser qui désintègre tout sur son passage. On a aussi accès à un fusil magnétique qui marche en deux temps. Tout d'abord, on tire sur sa cible et ensuite on tire sur une paroi ou autre chose pour que notre cible soit attirée dans cette direction. On retrouve également un lance -renades, un canon et un rayon plasma ainsi qu'un fusil à trou noir.
 
 
Mais tout cet arsenal est totalement supplanté par deux armes plus exotiques qui sont de très loin bien plus fun à utiliser. On a déjà parlé de la première, il s'agit du marteau. Défoncer ses ennemis à coup de masse a quelque chose de jouissif, surtout dans les différents bâtiments qu'on traverse au fil de l'aventure qui se désagrègent au fur et à mesure qu'on les nettoie de leurs aliens. Il en naît un joyeux foutoir qu'on a pas l'habitude de voir dans les jeux-vidéo, et cela donne une certaine fraicheur à Armageddon.
Si on peut qualifier le marteau d'exotique, l'arme suivante est totalement surréaliste et délirante, et surtout disponible qu'une fois le jeu terminé : il s'agit de Mr Toots. Alors qui est Mr Toots ? Décrit dans votre inventaire comme venant d'un monde magique et merveilleux, il a très probablement été inspiré par ceci :



Véritable phénomène outre-Atlantique, ce dessin animé est le responsable de l'invasion de poneys que connaît le net. On vous conseille vivement de vous préparer psychologiquement à leur arrivée en France. Cette parenthèse refermée, vous aurez compris que Mr Toots n'est pas humain, non, Mr Toots est une licorne. Alors comment faire d'une licorne issue du monde merveilleux de "My Little Pony" une arme de destruction massive ? La réponse ici :



Sachez que le poney de la vidéo est celui du jeu, Volition leur ayant fourni le modèle. Donc, une fois Red Faction : Armageddon terminé, vous pourrez refaire le jeu en vous baladant avec un poney qui chie des arcs-en-ciel dans les bras. C'est à peine exagéré de dire que ce poney justifie à lui seul l'achat du titre.
Mais vous aurez également l'occasion de prendre le contrôle de divers véhicules : un mécha, récurrent dans ce genre de production, un pod à huit pattes qui ressemble à une araignée géante et un vaisseau de combat. Les passages aux commandes de ces véhicules font office de récréation, leur maniement étant des plus agréables.
 

Le cercle des poètes disparus

Comme c'est la coutume dans la plupart des productions actuelles, Armageddon intègre un aspect jeu de rôle, non pas par l'acquisition de niveaux, mais par l'amélioration des caractéristiques de Darius. Réparties en quatre cercles con, wait for it, centriques. Cela va de l'amélioration de la santé à l'augmentation des dégâts causés par notre arsenal en passant par l'acquisition de nouvelles capacités. Il y en a trois à débloquer et elles s'utilisent toutes via la nanoforge. La première permet à Darius de générer un bouclier le protégeant des projectiles ennemis, bien pratique pour se mettre à l'abri le temps que sa barre de santé remonte. Le bouclier a tout de même deux défauts non négligeables : il a une durée limitée et les ennemis peuvent le pénétrer, au prix tout de même d'une baisse de leur santé. Le bouclier est sans conteste la capacité que vous utiliserez le plus. Ensuite, on a une onde de choc qui propulse les ennemis à portée en l'air et les maintient en apesanteur un bref instant. Enfin, il y a la furie qui vous permet d'augmenter la vitesse et la force de frappe de votre soldat pendant un bref instant. Ces capacités et améliorations s'obtiennent à des stations dédiées moyennant des unités de métal qu'on trouve un peu partout dans les niveaux.
 

Article rédigé par pattoune , le

Red Faction : Armageddon est typiquement le genre de jeu qu'il est compliqué de noter. Vous aurez compris à la lecture de ce test que le titre de Volition est bourré de qualités. Seulement il manque un petit quelque chose, et difficile de dire quoi. Cela vient probablement du fait qu'à aucun moment le jeu met la pression au joueur. Non pas qu'il soit trop facile, la difficulté est bien dosée, mais jamais on ne ressent la peur de perdre. Le titre tente pourtant d'instaurer une certaine peur en intégrant quelques scéances d'exploration dans le noir, un peu à la manière d'un Dead Space 2. Mais la sauce ne prend pas, la faute à un gameplay fondamentalement bourrin. La raison tient peut être aussi au scénario et à la direction artistique du titre. En effet, on s'attache peu aux personnages et la réalisation typée cartoon, certes de très belle facture, y contribue probablement. Néanmoins, Red Faction : Armageddon est un très bon tire à côté du quel il serait triste de passer. Triste, mais pas impardonnable. Dommage.

Points positifs

  • L'humour
  • Mr Toots
  • La réalisation
  • Le niveau en vaisseau spatial

Points négatifs

  • Il manque ce petit quelque chose qui fait d'un bon jeu, un hit
  • Essaye de faire peur sans y arriver

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

33 ans | Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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