Test : UFC Undisputed 3

UFC Undisputed 3 - Xbox 360

Genre : Simulation d'Ultimate Fighting

Date de sortie : 17 février 2012

Genre
Simulation d'Ultimate Fighting
Date de sortie
17 février 2012 - France
Développé par
Yuke's Media Creation
Edité par
THQ
Disponible sur
PS3, Xbox 360

Après un UFC 2010 un peu en demie-teinte car relativement avare en nouveautés, la licence d'Ultimate Fighting revient pour une nouvelle version de son titre en 2012. Sommes-nous encore en présence d'une suite convenue ou Yuke's Media Creation a-t-il consciencieusement écouté les requêtes des fans ?

 
 
S'il est un sport de combat qui a le vent en poupe en ce moment, c'est bien l'Ultimate Fighting. Le public en général, en particulier la législation française qui a interdit la diffusion et la pratique professionnelle de ce sport dans l'hexagone, garde souvent en tête l'image des débuts de la compétition. Pour rappel, il n'y avait quasiment aucune règle à l'UFC à sa création. Pas de catégorie de poids, les coups derrière le crâne étaient autorisés, et puis les tournois se déroulaient en une seule soirée. Les combattants enchaînaient donc les combats les uns après les autres dans leur cage, où aucun round n'était jamais sonné pour les laisser souffler. Autant vous dire que de nombreux combattants ne terminaient pas les tournois, même s'ils gagnaient. Un sumo pouvait se retrouver contre un kick-boxer poids plume et les visages terminaient souvent en travaux... Mais les pressions des politiciens et évidemment des chaînes de tv qui ne pouvaient pas vraiment retranscrire les tournois en l'état ont eu raison de la violence exacerbée des tournois. Aujourd'hui, il y a des catégories de poids, des rounds, des coups dangereux interdits (prière de ne pas viser le bulbe rachidien), et l'UFC est maintenant présentable au monde. Pas encore à la France qui n'a pas encore assouplit sa législation, mais dont Wanderlei Silva, ancien champion du monde Pride et combattant actuel à l'UFC, ne perd pas espoir. De passage en France récemment pour la sortie du jeu, il a évoqué à quel point il était dommage que le pays de Victor Hugo et de la tectonik ne soit pas plus ouvert à ce propos. Il ne perd pas l'espoir de voir changer la legislation en 2012 bien sûr, et rappelle à qui veut bien l'entendre que sur 143 éditions de l'UFC, avec les millions de spectateurs qui se sont bousculés dans les salles, absolument aucun incident violent n'a été déploré dans les tribunes. Une autre preuve de l'aspect moderne du sport, au-delà du cliché des jeux du cirque que l'on aime bien décrire.
 

Et avec mes couilles sur ton nez tu fais le dindon : 3

UFC 3 a attendu un petit peu avant de revenir. Vous remarquerez d'ailleurs qu'il ne se nomme pas UFC 2012, signe qu'il ne sortira éventuellement pas tous les ans comme on pouvait le supposer au début avec UFC 2009 et UFC 2010. Et pour cause, la seconde version du titre était pauvre en changements, tant et si bien que si elle restait excellente, son avarice en nouveautés avait quelque peu provoqué la colère des fans. Pour cette nouvelle édition d'UFC sur consoles, THQ a misé particulièrement sur deux choses : le gameplay et le contenu. Ce dernier est absolument colossal, même s'il est relativement convenu. Tout d'abord, l'UFC a acheté le Pride en 2007, et il est aujourd'hui intégré dans le jeu. Pour les béotiens, apprenez que le Pride fut une fédération d'origine japonaise de Mixed Martial Art. La différence entre les deux fédérations se situait plutôt au niveau des règles de combat. Les combats de Pride sont sur un ring, ce qui offre moins de technique qu'en UFC lorsque l'on est acculé contre la cage que l'on peut utiliser à loisir. Les deux premiers rounds duraient 10 minutes, une éternité, quand l'UFC n'en demande que 5. Mais surtout, le Pride autorise les "penalty kicks", les écrasements de visage au sol à coups de talons et autres je prends ton corps pour un paillasson puisque tu es allongé, pratiques parfaitement interdites en Ultimate Fighting. En fait, il est interdit d'utiliser ses jambes sur la tête d'un adversaire qui a les deux mains au sol. En revanche en Pride, vous ne pouvez pas utiliser les coudes sur un adversaire au sol, coups parfaitement légaux en UFC. Le Pride offre mine de rien une vraie diversité dans les combats, et puis amène son contenu et ses athlètes, comme l'énormissime Bob Sapp.
 

Le German Souplex de Guile et d'Onizuka, mais en vrai

Outre l'intégration du Pride, qui plaira aux nostalgiques de ce sport, UFC propose un contenu absolument gargantuesque. Le mode carrière gigantesque ne laisse rien au hasard, puisqu'à partir d'un personnage créé de toutes pièces ou d'un actuel combattant du roster, vous pourrez partir de zéro pour être champion. Sponsoring, création de logo que vous pourrez apposer directement sur vos fesses, entrainements ciblés en vue d'un combat, intégration d'une team, programmes d'entrainements... Tout y est, y compris l'arrivée d'une sorte de monnaie, le CRED. Vous en gagnez lorsque vous êtes bon, par exemple en suivant les plans que vous vous êtes donné à l'entrainement pour combattre un adversaire. Ces creds permettent de s'offrir des camps d'entrainement et toutes sortes d'options pour faire grandir votre combattant aussi vite que possible. Notez qu'il est maintenant possible de personnaliser son entrée sur le ring. De nombreux petits autres ajouts sont très appréciables, comme le fait de pouvoir participer à la pesée avant le main event, et de choisir si l'on veut prendre une pause de combat ou rester impassible devant les provocations de son adversaire. Le mode "Jouer le Titre" est ce qu'aurait pu être le mode Arcade d'un jeu de baston traditionnel. Vous partez du bas de l'affiche et, à mesure que vous disputez des matchs, tentez de vous hisser en haut de l'affiche. Si vous perdez plus de 3 fois, c'est foutu. Mais une fois champion, vous débloquez le mode "Défendre le Titre", où vous tenterez, avec la personne que vous avez hissé au sommet, de conserver votre ceinture de champion. Le mode "Combat Ultimate" vous propose de revivre les grands moments des différents combats qui ont marqué le Pride. Lors d'un grand combat, vous choisissez la personne que vous voulez incarnez et tentez de reproduire le combat aussi fidèlement à la réalité que possible. C'est une question de technique, mais aussi de timing. On vous indiquera qu'il y a par exemple eu une kimura, clé de bras, à 2mn30 dans le 1er round et vous aurez entre 20 et 30 secondes pour la reproduire à ce moment t. Le mode est très exigeant, et permet de débloquer des tas d'autres combats à mesure que vous progressez, le Best of Pride, les soumissions ultimes, les rivaux ultimes, ou encore les colères ultimes. Mais tous les efforts que vous fournirez, quelque soit la catégorie, seront toujours récompensés par pléthore de vidéos de matchs et autres contenus qui vous permettront de customiser toujours plus votre combattant.
 

Et si par exemple je prenais ton front pour un paillasson ?...

Cet épisode propose, on s'en doute bien, un casting de combattants de rêve (ou de cauchemar au choix). Chaque combattant a été décortiqué, étudié, pour donner un rendu aussi réaliste que possible. Leur allonge, leur poids, l'impact de leurs coups, leurs différentes qualités et défauts, tout a été pensé de manière minutieuse, jusqu'à leurs attitudes avant et après le combat, leurs mimiques, etc. Le souci de respecter les vraies compétences de chacun, c'est qu'au final on se retrouve avec des combattants n'ayant parfois pas vraiment l'ombre d'une chance face à d'autres. THQ y a pensé, et a installé un mode "stats pondérées" permettant de réduire les différences entre les combattants. Cela donne par exemple à Sukoudjou la chance de pouvoir éventuellement prendre l'avantage sur un Jon "Bones" Jones...
Au delà de son contenu colossal, UFC 3 a peaufiné son gameplay pour le rendre beaucoup plus appréciable qu'il ne le fut précédemment. La plupart des commandes restent similaires, avec l'utilisation des boutons pour les coups, les gachettes pour les diriger et se protéger, et les sticks pour tout ce qui concerne les prises, transitions, jeux au sol ou même clés de bras. Mais contrairement aux précédentes éditions, il n'est plus demandé de s'acharner sur les sticks ou de presser comme un taré sur les boutons de la manette. Il existe un mode de combat simplifié, permettant de faire des transitions au sol en appuyant simplement sur haut et bas, mais le mode normal demande simplement de faire un quart de cercle.
 

Soumets-moi grand fou

Le système de jeu est plus intuitif, et le jeu au sol devient un vrai moment stratégique avec ses contres, ses contres de transition, ou ses soumissions. Celles-ci se déroulent maintenant de manière fortement ludique. Lorsque vous enclenchez une soumission, un octogone apparaît devant vos combattants, avec 2 points rouges et bleus. Vous êtes l'un d'eux et votre adversaire est l'autre. Celui qui essaie de soumettre devra en quelque sorte attraper l'autre et le tenir le plus longtemps possible alors qu'il essayait de fuir désespérément. Plus votre adversaire est fatigué, plus il aura de mal à se mouvoir sur cet octogone et vous le soumettrez facilement. En revanche, si vous enclenchez la soumission alors que vous êtes presque sûr de la foirer, il se peut qu'à la fin, votre adversaire prenne une position avantageuse alors qu'il était soumis à la base. Lorsque vous êtes contre la cage, les transitions et positions des adversaires sont aussi beaucoup plus réalistes qu'elles ne le furent. Cet UFC propose ainsi un gameplay plus technique, mais aussi simplifié si vous êtes totalement néophytes à la pratique et que vous ne tenez qu'à vous coller dessus. On regrettera simplement que techniquement, le moteur soit un peu vieillot, ce qui le limite quelque peu graphiquement et dans la fluidité des mouvements.
 

Article rédigé par Julien Bouaziz , le

UFC est une excellente suite, et son gameplay est devenu tellement pointu et poussé qu'il pourrait potentiellement vraiment devenir une référence même dans le monde des jeux de baston, qui boudent d'habitude les simulations à proprement parler. Véritable mine d'or pour les fans, son gameplay simplifié pourrait aussi conquérir des joueurs n'étant pas spécialement clients à la base. Retirez peut-être un point à la note finale si vous n'êtes pas fan d'UFC, ce que je suis au cas où cela vous aurait échappé.

Points positifs

  • Gameplay à la fois poussé et accessible
  • Roster hallucinant
  • Contenu gargantuesque
  • L'ajout du Pride
  • Les stats pondérées

Points négatifs

  • Le moteur un peu vieillissant

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