Test : Cuphead

Cuphead - Xbox One

Genre : Très rétro

Date de sortie : 29 septembre 2017

Genre
Très rétro
Date de sortie
29 septembre 2017 - France
Développé par
Studio MDHR
Disponible sur
PC, Xbox One
Modes de distribution
Xbox Live Arcade

C'est début 2014 que Cuphead a montré pour la toute première fois sa jolie frimousse cartoonesque. Un titre assez mystérieux à l'époque, développé par le studio MDHR et qui prenait la forme d'un run and gun à l'ancienne, avec tout ce que ça comporte de difficulté à s'arracher les cheveux. Après des années d'attente et finalement assez peu d'informations diffusées au fil du temps, ça y est, il est enfin là, en exclusivité sur Xbox One et PC (Windows 10). Et il va vous rendre fou.

Test effectué à partir d'une version Xbox One

La première chose qui frappe dans Cuphead, c'est forcément son aspect graphique. Avec son côté cartoon des années 30, rappelant irrémédiablement des dessins animés tels que Mickey Mouse ou Popeye, il est clairement beau comme un dieu grec. La direction artistique fait tout de suite mouche, avec des personnages décalés, que ce soit au niveau du héros – une tasse sur pattes – ou des ennemis, des animations fines et des couleurs délavées. Attention, pas dans le mauvais sens du terme, les développeurs ayant voulu retranscrire les cartoons de l'époque. Résultat, on retrouve même les petits défauts auxquels les bobines de l'époque, voire les cassettes VHS, avaient droit, à savoir des bandes noires plus ou moins irrégulières apparaissant ça et là sur tout l'écran. Bref, de ce côté là, il n'y a pas grand-chose à dire, le contrat est largement rempli, et vous pouvez presque vous attendre à ce que votre grand-mère s'arrête derrière vous et vous sorte un ''Hé mais je connais ça, je crois que je regardais quand j'étais petite...'' Et le titre de MDHR ne propose pas seulement de la 2D à défilement horizontal, puisqu'une jolie petite map est aussi de la partie. Le titre est divisé en une poignée de mondes dans lesquels le héros évolue : c'est là qu'il rentre dans les niveaux ou les magasins. Là encore, c'est très joli, et chaque monde dispose en plus d'un thème bien particulier. On ne va pas en dire trop afin de ne pas salement vous spoiler, mais ils baignent tous à fond dans leur univers spécifique. Un délice.
 

Voyage au bout de la folie

Et donc, Cuphead, c'est quoi exactement ? Si l'on peut s'imaginer dans les différents trailers un run and gun avec de la plate-forme, les niveaux de ce style sont en fait relativement peu nombreux. Il s'agit plus, comme Fury, d'un jeu proposant d'enchaîner les boss les uns après les autres, parce que scénario (in english). Chaque boss tué débloque un passage sur la map, permettant au héros de progresser un peu plus loin et affronter un nouvel adversaire retors. Car oui, Cuphead est dur, oh mon dieu qu'il est dur. Qu'on se le dise : les moins patients peuvent passer leur chemin, ils ne trouveront que l'enfer ici. Il est certes possible d'effectuer les niveaux en mode Facile mais, comme dans certains jeux de l'époque, cela a pour conséquence de ne pas débloquer les mondes suivants. Dur. Il est heureusement possible d'acheter des améliorations en boutique, histoire de se faciliter (très légèrement) la vie. Néanmoins, chaque achat coûte une coquette somme et certains slots ne peuvent accueillir qu'un seul bonus à la fois. Par exemple, si vous équipez le fait de devenir invincible pendant un dash, vous ne pourrez pas équiper en même temps la possibilité de se faire toucher une fois de plus avant de mourir. Sachant que notre petite tasse de thé ne possède que trois cœurs de vie, et après fini... Sans checkpoint d'aucune sorte hein, c'est pour les fragiles. En revanche, différentes armes sont équipables en même temps, le joueur pouvant ainsi switcher de l'une à l'autre via une simple pression sur un bouton dans un niveau.
 
Cuphead

De ce côté-là, le choix se portera en fonction de la manière de chacun de jouer. Si le tir de base fait son boulot, il peut ainsi être modifié de différentes sortes. Vous préférez faire plus de dégâts ? Comme on vous comprend, mais ce changement s'accompagne d'un malus, essentiellement la portée des tirs. Là encore, on ne va pas vous spoiler, mais sachez qu'il est par exemple possible d'acquérir un tir prenant la forme d'une sorte de boomerang : il ne va pas bien loin, mais il rebondit partout, idéal pour nettoyer un endroit un peu trop chargé d'ennemis. Des ennemis qui, puisqu'on parle d'eux, repopent bien souvent à l'infini, tant qu'à faire. On a cependant un petit regret concernant les magasins, à savoir qu'il n'y en a qu'un seul par monde et qu'il faut forcément faire des allers-retours afin d'aller acheter quelque chose lorsque l'on réussit à obtenir quelques pièces d'or. Un fait qui ne serait pas très grave en soi, si seulement Cuphead était plus rapide. Les maps ne sont certes pas bien grandes, mais le héros est affreusement lent, rendant les déplacements un peu laborieux. Du chipotage, certes, mais tout de même un peu agaçant. Sachez également que des améliorations sont aussi récupérables dans des endroits bien spécifiques, et cette fois-ci pas en échange d'argent mais en échange de... Hé bien, de réussir le niveau, quoi d'autre enfin ?! Des passages qui semblent par ailleurs être de gros clins d’œil à Medievil, même si l'on ne mettrait pas notre main au feu sur ce coup-là (ce qui rendrait en plus le jeu encore plus dur, alors bon).
 
Cuphead

Die & retry (encore)

Parce que oui, on va encore se répéter, mais bon sang que Cuphead est difficile ! Il fait partie de ces jeux qui nécessitent soit de connaître l'emplacement de tous les ennemis par cœur lors des niveaux ''normaux'', soit d'apprendre les patterns des boss là encore par cœur. Et encore, ils sont fourbes les salauds, il leur arrive sans crier gare de changer leur manière de faire, histoire de bien troller le joueur. Quoi qu'il en soit, chaque boss à tuer dispose de ses propres mouvements, plus ou moins salauds, ainsi que de plusieurs étapes, et c'est réellement un plaisir de les découvrir pour la première fois tant ils sont tous très différents les uns des autres. Mais bien entendu, on ne va pas tout lâcher et on préfère vous laisser le plaisir de découvrir tout ça par vous-même... Le tout s'accompagne par ailleurs d'ennemis secondaires et plus petits poppant à intervalles régulier, histoire de compliquer encore un peu le tout. Certains niveaux de boss se déroulent même dans les airs, Cuphead et ses mignonnes petites lunettes d'aviateur disposant alors d'une palette de coups légèrement modifiée. Évidemment, il est impossible (ou alors on est très nuls) de tuer un boss à la première rencontre, et plusieurs morts seront souvent nécessaires à en voir le bout. Avec, là encore, un peu de trollage de la part des développeurs : sur l'écran de mort, on voit le héros avancer sur une petite frise se terminant par un drapeau, le drapeau représentant la victoire. Et croyez-nous, mourir alors que Cuphead était presque sur le drapeau, c'est assez frustrant (pour rester polie). Sachez par ailleurs qu'un ami peut vous accompagner en coop durant tout le titre. De notre côté, personne n'a voulu essayer, on se demande bien pourquoi...
 
Cuphead

Mais le sentiment de fierté n'en est que plus intense lorsque, ENFIN, on en voit le bout. Pour retomber dans le désespoir le plus total lorsque l'on se rend compte qu'un autre boss suivra de toute façon deux minutes plus tard. Une fois les patterns appris, en revanche, la mort est bien souvent la faute d'un joueur un peu trop confiant ou trop pressé. Sous ses airs de jeu BDSM, Cuphead propose en effet bel et bien une courbe de progression, même si elle ne semble pas forcément évidente lorsque l'on passe d'un monde à l'autre, la difficulté grimpant alors assez drastiquement. Sans oublier une maniabilité répondant au doigt et à l’œil, alors pas de mauvaises excuses (même si l'on aurait aimé une visée plus souple). Les plus masos et / ou skillés peuvent même toujours retenter chaque niveau afin d'obtenir un meilleur score parce que, forcément, le scoring représente une part importante du titre. Et il vous faudra une bonne dose de patiente pour obtenir une meilleur note qu'un sale C-. De quoi d'ailleurs encore augmenter la durée de vie de ce Cuphead qui, en dehors de ce système ainsi que de sa difficulté, ne propose finalement que peu de contenu. Pas de quoi fouetter un chat, c'est de toute façon le lot de la plupart des jeux de ce genre... En revanche, si l'on a bien un gros souci à pointer du doigt, si l'on met de côté les touffes de cheveux arrachées par désespoir de mourir encore et encore, ce sont les temps de chargement. Rentrer et sortir d'un monde ou d'un niveau s'accompagne à chaque fois de longues, très longues secondes d'attente. On n'est certes pas au niveau d'un ReCore à sa sortie, mais il serait tout de même plutôt sympa de la part des développeurs de fournir un patch rapidement. Mais franchement, au vu de la globalité du titre, on doute fort que les développeurs aient envie d'être sympas avec leurs joueurs...

Article rédigé par Shauni Chan , le

Cuphead n'est clairement pas à mettre entre toutes les mains, sous peine de voir des manettes voler à travers la pièce et s'encastrer dans la TV. Mais si vous aimez vous faire du mal et que vous avez envie de vous sentir vraiment fier après avoir terminé un niveau, le titre du studio MDHR devrait vous combler. En plus d'être beau comme un dieu grec sous ses airs de cartoon des années 30, il propose une maniabilité au top, toute une flopée de boss variés et un challenge clairement relevé, en plus de toute une partie scoring venant relever une durée de vie qui serait sinon un peu trop faiblarde pour les plus skillés. Ne restent plus que ces temps de chargement de l'enfer et quelques crises de nerfs pour parvenir jusqu'au bout...

Points positifs

  • Beau, beau, beau
  • Maniabilité au top
  • Le challenge est vraiment là
  • Des boss variés, aux patterns très différents
  • Le sentiment de fierté quand on parvient au bout d'un niveau...

Points négatifs

  • Assez peu de mondes
  • Les temps de chargement de l'enfer
  • Le challenge est vraiment là

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

27 ans | Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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