Test : Phoenix Wright : Ace Attorney Dual Destinies

Phoenix Wright : Ace Attorney Dual Destinies - 3DS

Genre : Jeu de justicier

Date de sortie : 24 octobre 2013

Qui l’eut cru : les simulations d’avocat, c’est cool. En tout cas dans le cas des Ace Attorney, qui ont réussi à conquérir les cœurs de pierre des petits occidentaux que nous sommes. Malheureusement, et même si Phoenix Wright & co comptent de nombreux fans, Capcom ne semble plus vouloir pousser son bébé pourtant si prometteur. Ainsi, son spin-off (Miles Edgeworth) n’ayant pas été traduit en français, les ventes n’ont pas suivi et sa suite n’est jamais parvenue jusqu’à nous. Si aujourd’hui Dual Destinies a réussi à se faire un chemin jusqu’en France, Capcom a récidivé : pas de traduction en français et une sortie uniquement dématérialisée par-dessus le marché !

Test effectué à partir d'une version 3DS

 
 
Bref, autant dire que c’est plutôt mal barré pour ce Ace Attorney qui de toute évidence ne risque pas de s’ouvrir à un plus large public. Alors autant dire que les fans ont intérêt à savourer cet épisode qui pourrait bien être le dernier à débarquer chez nous. Dual Destinies débute sur une salle d’audience en ruines. Que s’est-il passé ? Une bombe a explosé, tuant un détective privé au passage, et une amie de la nouvelle assistante de Phoenix Wright est accusée. Ce dernier n’hésite donc pas une seconde et se lance dans cette affaire. Pour le seconder, il est accompagné de sa nouvelle recrue donc, Athena Cykes. Comme les autres personnages principaux, cette dernière n’est pas ordinaire puisqu’elle possède un pouvoir : elle a en effet un don de psychologie analytique. En clair, elle peut déterminer les émotions exactes d’une personne rien qu’en écoutant les intonations de sa voix.
 

Zéro objection

Elle est pour cela aidée de Widget, un appareil faisant vibrer divers smileys (joie, peur, confusion, etc) lorsqu’un témoin parle. Un système réellement intéressant puisqu’il met rapidement en évidence des contradictions dans les témoignages, mais malheureusement trop peu exploité dans le titre. Dommage, d’autant plus qu’il se complexifie au fur et à mesure, un peu comme le principe des verrous psychés qui deviennent de plus en plus nombreux. Ainsi, il peut arriver qu’une personne ressente deux émotions contradictoires à la fois, par exemple la joie et la tristesse, ce qui nécessite une analyse plus poussée. Il arrive également que l’on soit obligé de comparer l’évolution des émotions tout au long d’un discours, histoire de voir si ce dernier est crédible de bout en bout.
 
 
En dehors d’Athena et de Phoenix Wright – dont le don de voir les verrous psychés est toujours de la partie grâce au magatama que lui a confié Maya, Dual Destinies met également en scène Apollo Justice. Ce dernier a d’ailleurs beaucoup gagné en maturité dans cet épisode. En effet, c’est un Apollo plus mystérieux et déterminé que nous retrouvons, avec son manteau sur les épaules et couvert de bandages, dont un sur un œil, car il a été victime de l’explosion se déroulant en début d’aventure. Justice a donc lui aussi des affaires à résoudre et a lui aussi son « pouvoir », à savoir son bracelet. Cet item lui permet de sentir les tensions trahissant les mensonges lors d’un témoignage et de renforcer sa concentration, lui permettant de pouvoir observer chaque centimètre carré du témoin se trouvant en face de lui et repérer par exemple un tic nerveux.
 

Témoignage de qualité ?

Certains autres personnages bien connus sont également de retour, comme le Juge ou Trucy, fille adoptive de Wright. Des visages plus ou moins bien connus donc, mais tous remarquablement animés. C’est bien simple : le passage de la DS à la 3DS change tout. Les animations sont plus fluides, plus détaillées et sont un véritable régal pour les yeux, notamment lors des phases de pétages de plomb des témoins en fin d’affaire. Les décors sont pour leur part comme toujours très colorés et plutôt bien détaillés. L’ambiance sonore est également très plaisante, avec les musiques bien connues de la série et toujours aussi efficaces ainsi que des doublages de qualité.
 
 
D’autres changements ont été opérés par Capcom pour cet opus. Ainsi, les phases de fouilles ont été repensées et sont désormais disponibles sous plusieurs angles de vue grâce à la caméra qui peut être tournée. Les éléments déjà vus sont mis en évidence et ceux pouvant faire l’objet d’une examination sont également indiqués, évitant ainsi de perdre du temps à tapoter un peu partout. En outre, l’ergonomie a été repensée car il a été rajouté à l’interface un onglet Notes ainsi qu’un historique des conversations, ce qui permet de retrouver très rapidement une phrase spécifique pouvant par exemple prouver une contradiction. Et croyez-moi, vous risquez d’en avoir très souvent besoin car le titre est intégralement en anglais. De l’anglais plutôt basique, certes, mais de l’anglais quand même – les cinématiques ne sont d’ailleurs même pas sous-titrées. Heureusement, si le joueur se trompe un peu trop souvent lors d’une affaire (par erreur de compréhension par exemple), sa barre de vie en prend un coup mais le Game Over n’est pas fatal car le jeu reprend exactement au même endroit. Dommage, cela provoque une certaine casualisation d’une licence reconnue pour ne pas forcément faire de cadeau aux joueurs. Précisons enfin que le titre compte 5 affaires, toutes reliées les unes aux autres, et qu’une 6ème sort en DLC.
 

Article rédigé par Shauni Chan , le

Pas de doute, ce Ace Attorney est un grand cru. Déjà fort de bases plus que solides, il s’offre en plus le luxe d’une certaine refonte bienvenue de l’ergonomie ainsi que de l’interface. A cela s’ajoute une réalisation soignée, avec notamment des animations réussies et une ambiance sonore au top. Dommage cependant que le titre ne soit qu’en anglais, qu’il ne soit disponible qu’en version dématérialisée sur l’eShop et que la 6ème affaire ait été retirée du jeu pour sortir en DLC. Pas de souci cela dit concernant la durée de vie du titre, qui s’étale bien sur une trentaine d’heures.

Points positifs

  • Réalisation impeccable
  • Animations vraiment réussies
  • Ergonomie revue
  • Refonte de l’interface
  • Le pouvoir d’Athena…

Points négatifs

  • …Cependant trop peu exploité
  • Seulement en anglais
  • Seulement en dématérialisé
  • Une affaire en DLC

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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