Bravely Second est la suite directe de
Bravely Default, se déroulant une poignée d'années plus tard, et un récapitulatif de ce qu'il s'est déroulé est forcément de mise. Ce nouvel opus met donc le joueur directement dans le bain en spoilant allègrement tout ce qu'il s'est passé, de la rencontre des personnages principaux jusqu'à la toute fin, avec tout ce que ça comporte de retournements de situations. Si vous n'avez pas encore fini le premier titre vous voilà donc prévenus : vous lancer dans sa suite est à vos risques et périls. Cet épisode met donc en scène un nouveau héros, Yew Généolgia, ainsi que ses deux compères Janne Angard et Nikolaï Nikolanikov, tous trois étant au service de la prêtresse Agnès Oblige. Malheureusement, tout bascule un beau jour lorsque le Kaiser Oblivion kidnappe cette dernière et l'embarque sans autre forme de procès sur sa Forteresse volante. Se retrouvant bien vite seul après cet événement, Yew va rapidement rencontrer Magnolia, jeune habitante de la lune écrasée sur terre ayant ses propres préoccupations – en l’occurrence exterminer les démons Ba'al, ainsi que deux autres compères déjà vus dans
Bravely Default, à savoir Tiz et Edea. Et malheureusement, ces deux personnages ne sont pas les seules choses recyclées de l'opus précédent.
Petite suite deviendra grande (peut-être)
Bravely Default avait déjà été copieusement critiqué par sa faculté à faire parcourir encore et encore les mêmes villes et les mêmes donjons. A peu de choses près,
Bravely Second propose aussi de se rendre dans les mêmes endroits et même d'affronter de nouveau des boss déjà vus lors des quêtes annexes. Même si des nouveautés sont tout de même de la partie (et encore heureux), elles sont minoritaires, tant et si bien que l'on a en permanence la désagréable impression de ne jouer qu'à un gros DLC et non pas à un nouvel épisode. Dommage, mais au moins l'aspect visuel de tout ce beau monde reste vraiment charmant. Les personnages chibi sont toujours aussi mignons avec leurs petites têtes rondouillardes, les environnements dessinés à la main sont très jolis, tout comme les couleurs pastels et surtout les effets de profondeur qui rappellent que oui, la 3D de la 3DS sait se montrer utile. Les musiques sont également globalement de bonne facture, même si les nouvelles pistes sont tout de même légèrement inférieures aux anciennes, et les doublages – anglais ou japonais, au choix, avec des sous-titres français – sont réussis. Ce qui n'est pas plus mal tant le scénario, agréable à suivre sans être exceptionnel non plus, se montre bavard avec des dialogues qui n'en finissent parfois plus. Bref,
Square Enix a encore soigné l'enrobage de son bébé, et ça se voit. Même si, comme dit précédemment, la sensation de déjà vu est omniprésente.
Bravely Second n'innove pas non plus tellement du côté de son gameplay, mais celui-ci est tellement solide que ce n'est finalement pas bien gênant. Les joueurs retrouvent donc un système de combat au tour par tour terriblement efficace où de nombreuses choses sont paramétrables. Les principes de Brave et de Default sont donc de retour et permettent, rappelons-le, de ''s'avancer'' sur les tours en effectuant jusqu'à quatre actions à la fois. Ce qui est bien entendu à double tranchant puisque si cela permet d'infliger de lourds dégâts en une seule fois, il suffit que l'ennemi d'en face ne succombe pas pour que l'équipe se retrouve à sa merci. Un problème qui peut devenir carrément dangereux lorsque ce même ennemi décide lui aussi de piocher dans sa réserve de Brave, et donc de se venger... Il s'agit donc de doser avec parcimonie afin de ne pas se retrouver constamment en difficulté, d'autant plus que la difficulté se révèle quasiment du même niveau que dans
Bravely Default, à savoir assez relevée. Mais si jamais un combat déraille, notamment contre un boss un peu coriace, il est toujours possible d'aller piocher dans la jauge de SP, qui a la faculté de stopper temporairement le temps et d'augmenter les dégâts infligés. Là encore, le joueur doit utiliser ce système avec parcimonie, mais pas pour les mêmes raisons : la jauge de SP met un certain temps à se remplir et, si la patience n'est pas là, il est possible de la remplir en échange d'argent. Du vrai, pas celui du jeu. Des micro-transactions, en gros.
Du boulot en pagaille
Comme dans tout bon RPG qui se respecte, les affrontements sont nombreux et s’enchaînent sans cesse. Ce qui peut poser deux soucis majeurs : passer un temps fou à progresser et utiliser ad nauseam les mêmes attaques sur les mêmes ennemis de base. Heureusement,
Bravely Second corrige les deux soucis en améliorant ou rajoutant des aspects destinés à faciliter la chose. Le joueur a ainsi la possibilité de paramétrer le taux de rencontres, histoire de les faire augmenter ou réduire en fonction des besoins du moment (gagner beaucoup d'expérience ou survivre jusqu'à la sortie du donjon), et peut se créer des raccourcis, rendant les combats automatiques. Il est ainsi possible d'enregistrer plusieurs enchaînements différents et les membres de l'équipe les exécuteront comme de bon petits soldats tant que le joueur ne décide pas d'y mettre un terme. Un bon moyen de rapidement boucler les petits combats inintéressants, sachant qu'en plus le tout peut être accéléré (sauf les attaques spéciales qui ont droit à une animation particulière). Bref, autant d'éléments qui apportent un certain confort de jeu, les RPG pouvant rapidement devenir lassant en raison de combats fréquents et rapidement répétitifs. Précisons par ailleurs que ce second opus rajoute une petite nouveauté – non obligatoire - qui ravira ceux qui courent après l'argent et / ou l'expérience : la possibilité d'enchaîner les combats. Il est en effet parfois proposé après un affrontement d'enchaîner direct sur un autre (voire plusieurs autres), un peu plus difficile(s), sachant que les PV et PM ne se régénèrent pas, pas plus que les tours utilisés. Un coup de poker payant puisque chaque nouveau combat permet de faire grimper le multiplicateur d'argent et d'expérience.

En dehors de sa réalisation et de son système de combat,
Bravely Default avait aussi un autre point très intéressant : son principe de ''jobs''. Après avoir récupéré l'Astérisque correspondante, le joueur pouvait modifier la manière de se battre de ses héros. Évidemment, ce système est de retour et se montre toujours aussi agréable à prendre en mains, avec une grande partie des jobs déjà disponibles dans le premier opus et quelques rajouts inédits, même si l'utilité de certains est discutable (mais ils sont tout de même marrants). On retrouve donc les grands classiques, comme le Mage Noir et ses sortilèges offensifs, l’Évêque et ses sorts de soin, ou encore l'Aurige et sa maîtrise des armes. Sachant que chacun peut apprendre certaines compétences d'un autre job (même s'ils les maîtrisent moins bien que celles qui sont liées à leur job de base), il y a de quoi se faire plaisir en se créant des combattants touche à tout, comme par exemple un bretteur qui saura lancer des sorts de soin si besoin est. De quoi passer un temps fou dans les menus à tenter toutes sortes de combinaisons plus ou moins convaincantes avant de se faire l'équipe parfaite, sachant tout de même que les jobs prennent, tout comme les personnages, des niveaux. Attention donc à la mauvaise surprise si, sur un coup de tête, on décide de changer un Mage Noir niveau 15 en Aurige niveau 1... Même si le ''choc'' est moins violent que dans
Bravely Default, un réajustement ayant été effectué.
Poupée vaudou
Enfin, terminons sur deux à-côtés de ce
Bravely Second, qui se placent aux côtés du scénario principal et des quêtes annexes. Le premier est la reconstruction d'un village, tout comme dans
Bravely Default, la différence étant qu'ici la bourgade à retaper se trouve sur la lune. En échange d'heures réelles pouvant aller de 30 minutes à 99 heures (d'où l'utilité de laisser souvent la console en veille), des ouvriers pourront déblayer des chemins et redonner vie à des endroits précieux, notamment des labos qui enverront à intervalles réguliers des objets au joueur. Évidemment, plus d'ouvriers se trouvent sur un chantier et plus la durée sera réduite : possédant au départ une seule personne, le joueur peut en recruter via l'utilisation de StreetPass lorsqu'il rencontre d'autres possesseurs de 3DS. L'autre passe-temps est la création de poupées qui seront ensuite vendues, sachant que plus les héros ont des objets de qualité ainsi que de la nourriture et plus ils fabriqueront vite. Contrairement à la reconstruction de la ville, ce système se fait en jeu lorsque le joueur en a marre de se balader et de se battre, et son intérêt est moindre (voire carrément inutile).