Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur

Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur

Dans Films et séries, par pattoune le 01 juin 2017

Cela fait maintenant bien longtemps que nous n'avons pas vu de bons films de fantasy. En fait, le dernier à nous avoir transporté dans un univers imaginaire n'est autre que Peter Jackson, avec sa trilogie du Seigneur des Anneaux, il y a 15 ans. Alors quand Guy Ritchie s'attelle à une nouvelle adaptation de la légende du roi Arthur, on l'attend de pied ferme.



Le réalisateur de Snatch n'est pas forcément connu pour sa finesse ou la profondeur de ses films. Alors inutile d'attendre autre chose de cette relecture qu'un divertissement misant avant tout sur le fun. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'homme est passé maître en la matière. Nous retrouvons donc ici un Arthur chef de gang, ayant monté son petit business tout en prenant soin des prostituées qui l'ont élevé. Ce qui donne lieu à une de ces séquences au montage alterné dont Guy Ritchie a le secret. Ces séquences, mêlant passé, présent et parfois futur, profitent d'un sens du rythme aiguisé et d'un timing impeccable. Le film dispose de deux séquences de ce type. La première, au début, est un véritable régal de dynamisme et d'humour. La seconde vient plus tard. Et si elle est aussi punchy que la précédente, elle fonctionne moins bien. Pour une raison simple : les enjeux sont, dans ce cas-là, bien plus élevés, nécessitant un approfondissement qui ne leur est pas accordé ici.

Arthur

Pourtant, le film prend aussi le temps de développer des scènes dramatiques, comme en atteste la première confrontation entre Arthur et Vortigern, qui installe sa tension sur la durée, et cela pour le reste du film. Notons au passage les prestations des deux acteurs principaux, Charlie Hunnam et Jude Law. Le premier, en plus d'avoir le physique massif approprié pour le rôle, assume la tête d'affiche avec les honneurs. Jude Law, quant à lui, ne tombe pas dans le cliché de l'antagoniste purement démoniaque. Certes, l'ambition de Vortigern lui fait faire des choses horribles, mais cela lui coûte. Et l'interprétation de Jude Law retranscrit bien cela.

Le reste du casting n'est pas en reste. Nous noterons, entre autres choses, le travail d'Astrid Bergès-Frisbey dans le rôle de Guenièvre.
 
Arthur

Malgré l'univers heroic fantasy très marqué, la réalisation est, la plupart du temps, avare en images de synthèse, donnant un aspect plus rugueux, palpable et réaliste au film. Néanmoins, sa dernière partie en use à foison. Si les effets spéciaux numériques sont techniquement réussis, leur usage est plus critiquable par moments, comme lors de la confrontation finale entre Arthur et Vortigern. Pour ce dernier combat, le réalisateur a cru bon de remplacer Jude Law par une apparition mystique. Alors que montrer les deux personnages combattre directement, face à face, aurait donné une scène bien plus forte d'un point de vue dramatique. C'est d'ailleurs représentatif du principal problème du film : la difficulté qu'il a à créer une tension à la hauteur des enjeux.

Pour finir sur une bonne note, soulignons tout de même le travail qui a été fait sur la musique. A base de percussions, elle rythme efficacement le film, soutenant à merveille le montage et les scènes d’action. De plus, elle est ponctuée de “respirations” insistant sur le côté physique de ce qui nous est montré à l’écran.

Arthur

Si elle échoue dans sa mission de nous livrer une aventure épique, la légende arthurienne vue par Guy Ritchie reste un film efficace. Certes, ce long-métrage n’arrive jamais à faire monter la pression, à nous faire ressentir les enjeux, mais il est bien rythmé. Cette dernière qualité, combinée à l’humour dont il fait preuve suffit à en faire un film fun. Et c’est déjà bien.

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