Test de la Victrix Pro BFG Reloaded

Test de la Victrix Pro BFG Reloaded
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Modulaire, ambitieuse, bardée de réglages et désormais armée de sticks et gâchettes Hall Effect, la Victrix Pro BFG Reloaded vise le joueur qui veut tout régler, même ce qu’il ne savait pas devoir régler.
Avant même d’appuyer sur Start, la Reloaded nous met face à son délire principal : ici, la manette n’est pas un bloc monolithique, c’est un petit Lego sérieux. Trois modules interchangeables, onze composants à permuter, plusieurs formes de croix directionnelles, des portes pour limiter les axes des sticks et, surtout, la possibilité de choisir entre une disposition symétrique façon PlayStation et une disposition asymétrique à la Xbox en pivotant le module gauche. Le tout n’est pas un gimmick décoratif : en deux minutes, il est vraiment possible d’adapter la prise en main à un genre, puis à un autre.


Ce qui frappe aussi, c’est le soin accordé au transport et à la modularité. La manette arrive avec une mallette rigide qui évite l’effet premium jetable, avec la place pour les pièces, un tournevis, le câble et le dongle. Dit autrement, tout est fait pour encourager à l’emmener en tournoi, chez un ami, ou juste à l’autre bout du salon sans craindre de perdre une pièce sous le canapé. Ce détail a l’air anecdotique, mais quand un produit mise autant sur l’échange de modules, ne pas fournir de solution de rangement aurait été un contresens. En main, elle assume un gabarit plutôt large : environ 265 g, une présence marquée sans être fatigante, avec une forme qui épouse bien les paumes. Les grips texturés font le travail pour les longues sessions, et l’ensemble donne un sentiment de solidité qu’on n’obtient pas toujours sur des pads très modulaires. La philosophie paraît assez simple : il est possible de démonter, oui, mais sans jamais avoir l’impression de tenir un jouet. Sur les commandes “pro”, la Reloaded propose quatre boutons arrière programmables, facilement accessibles, et surtout suffisamment distincts pour éviter d’appuyer sur deux à la fois dans le feu de l’action. À cela s’ajoute un système de profils et de remappage pensé pour alterner rapidement entre les configurations, pratique quand le passage se fait d’un shooter nerveux à un jeu de baston plus méthodique.

Victrix Pro BFG Reloaded

Et puis il y a le module fightpad. Six boutons en façade, une disposition conçue pour les jeux de combat, avec des microswitches Kailh annoncés pour une activation nette et régulière. Sur le papier, c’est l’argument signature : une manette qui veut aussi être un mini stick de secours, sans obliger à acheter un périphérique supplémentaire. Dans la réalité, cela fonctionne étonnamment bien, à condition d’accepter le compromis évident : le confort d’un vrai stick arcade haut de gamme n’est pas atteint, mais le résultat reste très au-dessus d’un simple pad. Les diagonales sortent plus proprement, les enchaînements demandent moins d’approximation et il devient réellement possible de s’entraîner. La vraie mise à jour de cette version Reloaded, c’est l’arrivée du Hall Effect partout où cela compte. Les sticks, déjà, mais aussi les gâchettes, avec un système de “Clutch Triggers” à cinq positions et un mode hair-trigger pour raccourcir la course. En gros, il est possible de choisir entre une gâchette longue et progressive pour doser, ou une gâchette courte et tranchante pour tirer plus vite. Sur un FPS, c’est le genre de réglage qui fait une différence immédiate.

Victrix Pro BFG Reloaded

Le Hall Effect, au-delà du mot magique, apporte aussi une tranquillité d’esprit. Le fameux drift est devenu le fantôme qui hante toutes les manettes chères. Ici, l’idée est de réduire drastiquement le risque via une technologie de capteur magnétique, plus stable dans le temps que des solutions classiques. Ce n’est pas une promesse d’immortalité, mais c’est un vrai signal : cette manette est pensée pour durer, pas pour être remplacée au prochain symptôme. En jeu, les sticks ont une réponse précise, avec une sensation de contrôle. Le fait de pouvoir aussi jouer sur les portes de sticks (ces fameuses pièces qui limitent les directions) aide énormément selon le type de joueur : certains aiment un cercle bien rond, d’autres préfèrent sentir les axes, surtout sur des titres où les micro-ajustements sont constants. Et comme la disposition des sticks peut être réarrangée, il devient aussi possible d’adapter sa mémoire musculaire au lieu de la subir. Cela ne transforme pas en machine, mais cela laisse choisir la machine que l’on veut piloter.

Victrix Pro BFG Reloaded

La Reloaded marque aussi des points sur les basiques qu’on oublie parfois de mentionner : connectivité et autonomie. Sans-fil via dongle 2,4 GHz, Bluetooth, filaire USB-C, avec une autonomie annoncée autour de vingt heures, cohérente avec une utilisation réelle. Le câble fourni est long, solide, et cela compte quand l’alternance se fait entre canapé, bureau et session branchée pour éviter toute latence superflue. Et pour la version PlayStation, une prise jack 3,5 mm et une compatibilité audio annoncée avec le rendu 3D de Sony évitent de jongler entre deux périphériques.

Victrix Pro BFG Reloaded

Là où elle impressionne le plus, c’est dans sa polyvalence concrète. Sur un shooter, les gâchettes réglables et les boutons arrière permettent de garder les pouces sur les sticks. Sur un action-RPG, l’intérêt se situe surtout dans la prise en main et la précision tranquille, sans chercher à tout optimiser. Sur un jeu de combat, le module fightpad remet une logique plus arcade sous les doigts sans changer de périphérique. C’est ce côté ambivalent et flexible qui justifie une partie du prix, parce qu’elle peut remplacer plusieurs achats, ou au moins réduire l’envie de multiplier les contrôleurs.

Victrix Pro BFG Reloaded

Évidemment, la manette n’est pas parfaite et des accrocs subsistent. Déjà, la Reloaded ne coche pas toutes les cases modernes côté capteurs : pas de gyroscope, donc pas de visée gyroscopique ou de tilt controls pour ceux qui aiment ça. C’est un choix qui ne gênera pas tout le monde, mais sur PS5 l’absence se remarque quand la comparaison se fait avec l’écosystème DualSense, même si l’objectif ici est clairement compétitif et modulaire plutôt que destiné à la console uniquement. Ensuite, la question qui fâche les joueurs PC les plus tatillons : le polling rate. Certaines mesures pointent un polling rate standard autour de 125 Hz sur certaines versions, loin de ce que proposent des pads “pro” orientés PC, et même loin d’une déclinaison “PC Edition” annoncée plus rapide. Soyons clairs : beaucoup de joueurs ne verront pas la différence à l’usage, surtout sur console. Mais si l’achat d’une manette premium s’accompagne de l’idée d’avoir un objet avec une réactivité professionnelle, c’est une ligne à lire attentivement avant de sortir la carte bleue. Le bon côté, c’est qu’au quotidien la manette reste très agréable et cohérente, et que son intérêt ne se limite pas à un chiffre : sa modularité et ses réglages de gâchettes, eux, se sentent immédiatement. Autre point plus terre à terre : la croix directionnelle ne fera pas forcément l’unanimité en sortie de boîte. Le fait d’avoir plusieurs options aide, mais la sensation peut paraître un peu étrange selon les habitudes, et certains préféreront passer quelques minutes à tester les différentes croix pour trouver chaussure à leur pied.

Victrix Pro BFG Reloaded

La Victrix Pro BFG Reloaded réussit là où beaucoup de manettes premium se contentent de cocher des cases : elle propose une vraie personnalité. Son Hall Effect généralisé, ses gâchettes réglables, ses quatre boutons arrière et surtout sa modularité intelligente en font un excellent outil pour passer d’un genre à l’autre sans changer de pad. Quelques grincements de dents restent possibles sur l’absence de gyro et certains choix techniques discutables sur PC, mais l’ensemble demeure impressionnant, cohérent et franchement jouissif. Sachez seulement que vous devrez débourser 200€ pour vous fournir la bête.
31 décembre 2025 à 10h46

Par Lorris

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