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Test du Turtle Beach Vulcan II TKL
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Le Vulcan II TKL n’a pas de coque qui cache tout, pas de sobriété feinte. Les switches sont à nu, le RGB est en liberté surveillée et le format sans pavé numérique vient surtout libérer de la place sur le bureau. L’idée est simple, presque honnête. Du confort, de la précision et une vraie personnalité.
Au premier contact, le design open plan de la gamme Vulcan fait le même effet qu’une vitrine de modding. On voit tout, on comprend tout et ça capte l’œil même quand l’écran est éteint. Les keycaps en forme de T laissent volontairement passer la lumière sur les côtés, avec un rendu très propre en éclairage touche par touche. Ça plaît ou ça agace, mais au moins, Turtle Beach assume. La plaque supérieure en aluminium brossé apporte ce petit sérieux instantané. C’est froid au toucher, ça fait produit fini et ça évite l’effet jouet. Le reste du châssis est en plastique, mais ça ne ruine pas l’impression générale. On est sur un clavier plutôt fin, avec un profil bas, et pourtant l’ensemble tient bien en main. Pas de craquements, pas de torsion inquiétante, et une stabilité correcte une fois posé, aidée par de larges patins et deux jeux de pieds pour ajuster l’inclinaison.
Le format TKL fait exactement ce qu’on lui demande : il vire le pavé numérique pour libérer de la place à droite. Dans les FPS et les jeux nerveux, ça se traduit bêtement par plus d’amplitude pour la souris et moins de position tordue des épaules. Le revers de ce design ultra aéré, c’est qu’il met aussi en avant ce qu’on touche vraiment, les keycaps. Ici, on est sur de l’ABS, fin, très lisse et clairement orienté lumière d’abord. Sur les premières heures, ça glisse agréablement, presque comme si tout était déjà rodé. Sur plusieurs jours, l’ABS fait ce que l’ABS fait toujours. Il prend les traces, il se lustre et il devient encore plus glissant. Pas dramatique, mais ça rappelle vite que vous n’êtes pas sur un clavier custom à keycaps PBT épaisses. La bonne nouvelle, c’est que la compatibilité avec des keycaps tiers est là. La mauvaise, c’est que si vous remplacez les keycaps en T par des modèles plus classiques, vous perdez une partie du spectacle. La lumière n’a plus cet espace pour respirer, et le Vulcan devient plus sage visuellement. Certains y verront une amélioration. Autre conséquence de l’architecture ouverte, l’apprentissage. Les espaces autour des touches et la hauteur des keycaps donnent une sensation différente d’un clavier plus compact visuellement. On s’y fait, mais les premiers jours, il peut arriver de viser un peu de travers, surtout en tapant vite ou en enchaînant des raccourcis. Côté contrôles, la molette de volume est un vrai point fort. Elle est cliquable pour mute, bien placée et suffisamment texturée pour qu’on l’utilise sans regarder. C’est typiquement le genre de détail qui, une fois adopté, rend pénible le retour à une rangée de touches multimédia minuscules. Dommage qu’on reste sur une approche assez classique. Ça fait le job, sans fantaisie particulière de remappage pour en faire un outil plus polyvalent.
Le vrai sujet, c’est la frappe. Turtle Beach équipe ce Vulcan II TKL de switches TITAN HS linéaires, pré-lubrifiés, hot-swappables, avec un point d’activation annoncé à 1,8 mm pour 45 g de force. Sur le papier, c’est une recette gaming assez classique. En pratique, c’est plus particulier que prévu. La sensation générale est douce, lisse, très régulière. On n’a pas cette aspérité ou ce frottement que certains linéaires d’entrée de gamme traînent comme un vieux grincement de porte. Là, ça glisse bien, et le clavier donne une impression d’amortissement. Le son généré est assez feutré, presque mou à l’oreille, tout en restant net sous les doigts. En clair, ça ne claque pas agressivement, ça ne ping pas, et ça se rapproche d’un clavier qui a déjà reçu un peu d’attention côté insonorisation.
Ce côté amorti, justement, divise. Pour jouer, il y a un côté confortable. On enchaîne les pressions sans sensation de choc, et sur des sessions longues, ça fatigue moins qu’un clavier très sec. Pour taper du texte, c’est un peu plus ambigu. Les keycaps lisses et la frappe rapide peuvent donner une sensation de vitesse, mais aussi demander un petit recalibrage. Le clavier ne pardonne pas forcément les doigts posés à moitié sur une touche. Si vous avez une frappe lourde ou un repos de main un peu nonchalant, il faudra être un poil plus attentif. Un point intéressant, les grandes touches comme la barre d’espace, Entrée et Maj donnent une impression très assourdie, presque trop silencieuse, comme si elles étaient davantage amorties que le reste. Ça rend le clavier agréable en appartement ou en stream, mais ça peut aussi surprendre, parce que l’équilibre sonore n’est pas totalement uniforme. Le hot-swap est une excellente idée sur le papier. Compatibilité 3 pins et 5 pins, changement sans soudure, donc clavier qui peut évoluer. Sauf qu’en pratique, tout dépend de votre patience. En effet, les switches peuvent être assez durs à retirer. Ce n’est pas rédhibitoire, mais il faut le savoir. C’est hot-swappable, oui, mais pas forcément faisable rapidement et à la volée.
En gaming pur, le Vulcan II TKL est dans son élément. Le TKL libère l’espace, les switches sont rapides et le polling rate reste à 1 000 Hz, ce qui est la norme solide et suffisante pour la grande majorité des usages compétitifs. Le clavier ne donne jamais l’impression d’être en retard, et une fois qu’on a pris le pli de la frappe, la sensation est immédiatement efficace. L’autre fonction qui mérite un arrêt sur image, c’est ReacTap, la gestion SOCD maison qui privilégie la dernière entrée directionnelle quand deux directions opposées sont pressées. Dans l’usage, ça vise surtout à rendre les changements de direction plus propres, en évitant des micro-hésitations. Le clavier s’en sort aussi bien pour un usage quotidien. Le profil bas et la frappe amortie permettent d’écrire longtemps sans avoir l’impression de frapper une enclume. En revanche, l’absence de repose-poignets se ressent si vous êtes du genre à poser les mains basses, surtout sur une table un peu haute. Ce n’est pas un clavier inconfortable, mais il ne vous prend pas par la main non plus.
Pour la personnalisation, tout passe par Swarm II. C’est là qu’on gère le RGB, les profils, les macros, le remappage et les fonctions type Easy-Shift pour ajouter une couche de commandes. Bonne nouvelle, l’ensemble reste plutôt lisible. Moins bonne nouvelle, si vous attendez un festival de fonctionnalités avancées, c’est assez sage. Le point qui fait vraiment plaisir, en revanche, c’est l’existence de profils enregistrables dans la mémoire du clavier. Une fois configuré, le Vulcan II TKL peut garder vos réglages sans dépendre en permanence du logiciel, ce qui évite les drames quand vous changez de PC ou que vous jouez sur une autre machine.
Le Turtle Beach Vulcan II TKL est un clavier qui assume son style et son toucher. Son design ouvert fait du RGB un spectacle permanent, sa plaque aluminium donne une vraie tenue et ses switches TITAN HS linéaires offrent une frappe douce, amortie et très agréable en jeu. Mais tout n’est pas parfait : keycaps ABS vite marqués, hot-swap parfois coriace et pas de repose-poignets. Mais pour qui cherche un TKL réactif, confortable et différent des rectangles noirs habituels, il a de solides arguments.