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Test du Corsair Novablade Pro Wireless
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Le Corsair Novablade Pro est un pad leverless premium, pensé pour la compétition, et qui assume de viser haut, très haut.
Un leverless, pour résumer sans traumatiser les fans de sticks, c’est un contrôleur de jeu de combat sans joystick, où les directions et les actions passent par des boutons. L’intérêt est connu : des entrées plus rapides, plus propres, moins d’ambiguïtés sur les diagonales, et souvent une ergonomie qui fatigue moins à la longue. Le Novablade Pro arrive dans un marché déjà bien occupé, et tente un angle très Corsair : transformer la surface de jeu en terrain de réglages fins, presque façon clavier de compétition.
La pièce maîtresse, ce sont ses switchs magnétiques à effet Hall. Pas de contact mécanique classique : la mesure se fait via champ magnétique, ce qui permet d’ajuster le point d’activation avec une précision chirurgicale. On parle d’une plage d’actuation allant de 0,1 mm à 4,0 mm, par pas de 0,1 mm. En clair : il est possible de configurer un bouton de saut très sensible, et garder un autre plus profond pour éviter les déclenchements accidentels. Il faut le savoir, quand on commence à jouer sérieusement, ce genre de détail cesse d’être uniquement du luxe. À côté, Corsair ajoute sa couche de technologie orientée exécution : Rapid Trigger. Le principe est simple à expliquer, mais très agréable à ressentir : le bouton se réarme très vite dès que tu relèves le doigt, ce qui facilite les doubles taps, les micro dashs, les séquences où tu veux une répétition nette sans attendre le retour complet du switch. Le contrôleur pousse des valeurs très agressives possibles sur le relâchement. Dans les jeux où une fenêtre se joue à un battement de cils, c’est exactement ce qu’il faut à un joueur qui cherche la précision. Le layout, lui, est à la fois classique et suffisamment spacieux. On retrouve 15 boutons au total, dont une partie dédiée à la navigation et aux fonctions, et surtout la possibilité d’intégrer des touches programmables supplémentaires façon macros ou raccourcis de profils. Ce n’est pas le genre de feature que tout le monde assumera en tournoi, mais pour l’entraînement, pour des configs spécifiques, ou pour des usages PC, c’est un confort réel.
Et puis il y a le sujet qui revient toujours avec ce type de périphérique : l’accessibilité. La philosophie leverless est souvent citée pour sa capacité à réduire certaines contraintes physiques et à rendre des mouvements plus facilement répétables. Ici, l’approche du tout-bouton et la stabilité des entrées vont dans ce sens, avec un contrôleur qui se prête aussi à des façons de jouer moins orthodoxes. Ce n’est pas un gadget, c’est une conséquence logique du design. La sensation en main est celle d’un produit premium sans complexe. Plaque supérieure qui respire le sérieux, châssis stable, dessous antidérapant, et une impression générale de robustesse. Le Novablade Pro a cette présence un peu lourde qui colle bien à l’idée d’un contrôleur destiné à encaisser des heures de training. Là où ça devient franchement intéressant, c’est que cette solidité ne sert pas juste à faire joli sur un bureau. Elle participe à la régularité. Un leverless, ça se joue au millimètre, et si le contrôleur bouge, si les appuis ne sont pas constants, l’expérience peut être dégradée. Ici, le combo poids, stabilité et surface fait qu’il est possible d’enchaîner des sessions longues sans réajuster l’installation souvent. Côté boutons, les switchs magnétiques donnent une frappe très différente d’une sensation arcade traditionnelle. Certains adorent, d’autres regrettent le côté plus mécanique, plus sec. Le Novablade Pro mise sur la fluidité et la précision, pas sur le charme rétro. Et c’est là que les réglages entrent en jeu : à faible actuation, on obtient une réactivité immédiate, presque nerveuse. Sur des mouvements rapides, c’est grisant. Sur des phases plus calmes, ça peut aussi provoquer des erreurs si vous êtes du genre à reposer les doigts lourdement.
Les possibilités de personnalisation vont d’ailleurs plus loin que le simple point d’actuation. Le contrôleur gère des profils, des remaps, des réglages internes, et s’adresse clairement aux joueurs qui aiment peaufiner leur outil. Si vous voulez faire du plug & play sans jamais toucher un menu, ça fonctionne, mais vous paierez pour des options que vous n’exploiterez pas. Sur la partie technique pure, on retrouve un polling rate annoncé très élevé dans les modes compétitifs, avec 1 000 Hz en filaire, et aussi en 2,4 GHz dans certains cas. Et c’est là qu’on apprécie le côté tri-mode : USB-C, 2,4 GHz via dongle, et Bluetooth. Le Bluetooth est plus là pour le confort que pour le tryhard, et l’implémentation le confirme : tous les modes ne se valent pas en latence, donc le contrôleur vous laisse choisir. La batterie suit cette logique. Avec l’éclairage activé, on est sur une autonomie confortable pour plusieurs grosses soirées. Niveau RGB, la lumière peut servir à repérer des profils, à distinguer des touches, à donner un feedback visuel rapide. C’est bête, mais en tournoi ou en session partagée, savoir immédiatement quel profil est actif évite des erreurs absurdes.
Impossible de parler leverless sans évoquer le SOCD cleaning. C’est ce traitement des directions opposées (gauche + droite, haut + bas) qui doit éviter les entrées impossibles ou injustes. Le Novablade Pro l’intègre, et c’est évidemment indispensable à ce niveau de gamme. Là où ça se corse, c’est que chaque scène compétitive a ses règles, ses tolérances, et parfois ses débats. Certains tournois sont stricts, d’autres plus permissifs. Corsair a prévu un mode « compétition » accessible rapidement, censé aligner le périphérique sur un usage plus carré et éviter les mauvaises surprises. Dans la pratique, ça participe à cette impression que le produit ne vise pas le joueur du dimanche.
Le Novablade Pro est proposé à un tarif premium (180€), calé sur le haut du panier des leverless modernes, avec un positionnement clair face aux références déjà installées. La question devient donc : est-ce que la différence se ressent ? La réponse est oui, surtout si les réglages Hall Effect et Rapid Trigger sont bien exploités. Ce qui prime, c’est le côté cohérent. Les switchs magnétiques ne sont pas juste de la poudre aux yeux : ils modifient réellement la façon dont tu joues, parce qu’ils te laissent choisir ton degré d’engagement sur chaque touche. Le sans fil 2,4 GHz n’est pas un bonus gadget : il est pensé pour être utilisable dans un contexte sérieux, avec un polling rate annoncé en conséquence. Et l’autonomie ne force pas à faire des compromis pénibles.
Le Corsair Novablade Pro n’est pas un leverless qui essaye de plaire à tout le monde. Il vise les joueurs qui veulent optimiser, régler, affiner, et gagner en propreté d’exécution. Ses switchs Hall Effect, son Rapid Trigger et son approche tri-mode en font un outil sérieux, stable, et franchement plaisant quand on commence à jouer « propre ». Cher, forcément, et pas universel côté sensations, mais terriblement cohérent. Pour qui veut un leverless premium moderne, c’est une très bonne alternative.