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Test de la CHERRY XTRFY M68 Pro Wireless
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55 grammes, capteur Pixart 3395, polling rate jusqu’à 8 000 Hz, coque pleine et promesse d’un contrôle presque chirurgical, la CHERRY XTRFY M68 Pro Wireless nous aura sympathiquement accompagnée durant nos dernières sessions gaming.
La M68 Pro Wireless joue la carte de la sobriété, avec une silhouette assez simple, une coque fermée et une finition très propre, presque austère. C’est le genre de périphérique qui donne l’impression d’avoir été dessiné par quelqu’un qui avait autre chose à faire que de coller des bandes lumineuses partout. Ce minimalisme n’est pas qu’une affaire de style, il sert aussi une logique de performance et de poids contenu. Le plus marquant reste sa forme. CHERRY a mis en avant un développement nourri par les retours de joueurs professionnels, et cela se voit surtout sur l’avant très bas de la souris, nettement plus aplati que sur beaucoup de concurrentes symétriques. C’est la vraie singularité du modèle. Là où beaucoup de souris se contentent d’un gabarit consensuel, celle-ci cherche à rapprocher les doigts du tapis pour favoriser la sensation de contrôle. Sur le terrain, cet avant plongeant change réellement la prise en main. On sent davantage le clic, le lift off devient plus intuitif, et les micro-ajustements paraissent plus naturels, surtout dans les FPS.
La bonne nouvelle, c’est que cette forme spéciale se montre particulièrement convaincante en jeu, avec un contact plus direct et une meilleure sensation de liaison entre la main, le capteur et l’action à l’écran. La moins bonne, c’est qu’une forme spéciale reste une forme spéciale. Autrement dit, elle pourra séduire instantanément certains joueurs et laisser d’autres sur le bord de la route. Ceux qui aiment les souris très classiques, plus hautes ou plus rondes, risquent de mettre un peu plus de temps à s’y faire.
Côté fabrication, la copie est sérieuse. Malgré son poids plume, la coque inspire confiance. L’ensemble offre une bonne rigidité, une absence de craquements gênants et une finition globale très propre, sans impression de produit creux ou bricolé à la va vite. C’est un point important parce que le marché de l’ultraléger a longtemps été envahi de souris qui gagnaient des grammes en sacrifiant un peu trop la sensation de solidité. Ici, CHERRY évite cet écueil. La M68 Pro Wireless est légère, oui, mais elle ne donne pas l’impression de pouvoir se casser au premier appui un peu nerveux.
Les boutons principaux sont eux aussi globalement réussis. Le clic est net, réactif, bien placé. Les boutons latéraux tombent correctement sous le pouce et la molette fait le travail avec un crantage maîtrisé, ni trop mou, ni inutilement sec. En revanche, la souris n’est pas réellement ambidextre malgré sa forme symétrique. Les boutons supplémentaires sont uniquement à gauche. Les gauchers peuvent certes l’utiliser, mais ils n’en tireront pas tout le confort promis par cette architecture supposée neutre. Ce n’est pas rédhibitoire, simplement un petit rappel que la symétrie extérieure n’implique pas toujours une équité totale.
Évidemment, l’argument vedette de cette version Pro, c’est le 8 000 Hz. Oui, la M68 Pro Wireless est une souris rapide. Très rapide, même. Le capteur Pixart 3395 fait ce qu’on attend de lui, à savoir un suivi propre, stable, sans fantaisie inutile. Les glides PTFE participent à cette impression de mouvement fluide et la transmission sans fil en 2,4 GHz ne semble jamais à la traîne dans un usage compétitif sérieux. En jeu, la souris répond avec une immédiateté qui la place clairement dans le haut du panier des modèles taillés pour l’esport. Sur ce point, il n’y a pas grand-chose à contester. Là où le sujet devient intéressant, c’est quand on s’interroge sur l’utilité réelle du 8K pour un usage normal, ou simplement humain. On pourra rappeler que l’écart concret avec du 1 000 Hz bien maîtrisé n’a rien d’une révolution perceptible pour la majorité des joueurs, y compris très impliqués. Mieux encore, certains titres mal optimisés peuvent réagir de façon moins élégante à ces taux de polling extrêmes, avec une charge CPU plus élevée ou des gains qui relèvent surtout du domaine de la fiche technique. En clair, le 8K existe, il fonctionne, il peut intéresser les profils les plus sensibles à la latence, mais il ne transforme pas magiquement vos performances.
L’autonomie, elle, s’en sort plutôt bien. CHERRY annonce jusqu’à 90 heures dans certains modes, avec des variations logiques selon le réglage utilisé. Les essais sont globalement d’accord pour dire que la souris tient bien la distance tant qu’on ne lui demande pas d’être en permanence dans son mode le plus agressif. Dès qu’on pousse le Pro Gaming, la réserve fond plus vite, ce qui n’a rien de surprenant. En revanche, la gestion pratique de cette batterie est moins convaincante. La LED est discrète, parfois trop, et la consultation de l’état de la batterie ou de certains réglages impose des manipulations peu intuitives. C’est l’un des revers de la philosophie sans logiciel défendue par CHERRY. L’idée est louable sur le papier : pas de suite propriétaire envahissante, pas de programme lancé au démarrage, pas de couche logicielle pesante. Dit autrement, on branche et on joue. Sauf que le prix à payer, ici, c’est une ergonomie de configuration moins confortable.
Et ce point compte davantage qu’il n’y paraît. Régler une souris uniquement via des combinaisons de boutons directement sur le matériel peut sembler élégant pour les puristes, mais dans la réalité, cela oblige souvent à garder le manuel à portée de main et à mémoriser des codes lumineux pour savoir où l’on en est. Pire, certaines manipulations enregistrent encore des clics ou des entrées normales pendant qu’on essaye de modifier les paramètres, ce qui n’est pas exactement l’idée qu’on se fait d’une expérience propre et bien pensée. On comprend l’intention, mais le résultat reste plus raide que véritablement pratique.
Autre concession un peu étrange, le port de charge placé sur le côté droit. Là encore, la logique de design est compréhensible. Libérer l’avant permet de conserver cette fameuse face basse qui fait l’identité du modèle. Sauf que jouer en filaire pendant la recharge devient alors assez peu agréable, avec un câble qui arrive d’un angle inhabituel et qui perturbe davantage qu’il n’aide. Sur la durée, un autre détail plus terre à terre peut agacer : la finition plastique, surtout en noir, a tendance à marquer assez vite les traces de doigts, le gras et la transpiration notamment.
La M68 Pro Wireless réussit très bien l’essentiel avec une vraie personnalité. Elle ne se contente pas d’empiler des specs, elle propose une sensation de jeu distincte, rapide et précise, qui parlera surtout aux amateurs de FPS et de périphériques légers. En revanche, elle demande quelques concessions en confort d’usage au quotidien.