Après l’Italie sous la Renaissance, c’est aux Etats-Unis pendant la Guerre d’Indépendance que ce nouvel opus prend place. Pendant huit ans, de 1775 à 1783, les colons d’Amérique du Nord (ou Patriotes) et les Anglais (ou Loyalistes) se sont affrontés afin d’obtenir l’autonomie des Etats-Unis. Et au milieu de tout ce beau monde, il y a Connor. Jeune amérindien, il assiste à la mort de sa mère, brûlée vive, ainsi qu’au massacre de son village quand il n’est encore qu’un enfant. On lui conseille alors de fuir afin d’aller trouver un certain Achilles. Il s’avère que le vieil homme est en fait un ancien Assassin qui va le prendre sous son aile pour l’entrainer, mais également pour tout lui apprendre des affrontements incessants que se livrent sa confrérie et celle des Templiers. Car ces derniers sont bel et bien là, à combattre aux côtés des Anglais afin de mettre un terme à la rébellion des colons américains. En tant qu’Assassin, Connor va devoir se battre aux côtés des Patriotes pour qu’ils puissent enfin se libérer du joug anglais. Et s’il devra assassiner quelques têtes pensantes, il se verra également dans l’obligation de descendre sur les champs de bataille afin de protéger les américains à grands coups de canons dans la tronche des rosbifs, ou encore lors d’affrontements épiques à bord de bateaux. Bref, il a du pain sur la planche.
Un Creed’joie
C’est donc une toute nouvelle aire de jeu que les développeurs offrent aux joueurs. Cette dernière prend surtout place dans la forêt, mais permet également de découvrir les joies de la vie citadine avec notamment Boston. Pour mener à bien ses missions, Connor devra fréquemment passer d’un endroit à un autre, et il est d’ailleurs fort conseillé de se déplacer à cheval, sous peine de crapahuter pendant trois plombes avant d’arriver à destination (ce qui est encore pire en hiver puisque la neige ralenti les mouvements de l’Assassin). Car la map est grande, voire même carrément immense. En plus de ça, il y a des tonnes de choses à faire en chemin : trouver des points d’observation, chasser (à condition de correctement observer les indices laissés par les animaux afin de pouvoir les retrouver), aider des gens dans le besoin (par exemple empêcher une exécution), liquider ces salopards de collecteurs d’impôts, courir après les pages de l’almanach de Benjamin Franklin, trouver des plumes… Bref, autant dire qu’il faut vraiment avoir très envie de faire le jeu en ligne droite pour passer à côté de tout ça. Ce qui serait vraiment dommage tant cet
Assassin’s Creed III se montre généreux en terme de contenu.
Certaines missions ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les anciens opus de la série, mais en version améliorée. Par exemple, le domaine Davenport, où réside Connor, se trouve en bien mauvais état au début de l’aventure. Mais le joueur peut au fur et à mesure améliorer l’endroit, un peu comme avec la villa Monteriggioni qu’Ezio devait rénover dans le second opus. L’opération se déroule cette fois-ci en plusieurs étapes : il faut d’abord accomplir les missions adéquates afin de convaincre des artisans de s’installer, puis il s’agit de les faire vivre en leur permettant de vendre ce qu’ils fabriquent. Il est possible de faire de même avec l’Aquila, le bateau que le capitaine des lieux offre généreusement à l’Assassin, histoire d’être suffisamment armé avant de partir s’aventurer en mer et, pourquoi pas, aller à la chasse au trésor. Et même lorsque l’on n’a rien de précis à faire, on apprécie de trainer en ville juste pour écouter les conversations des gens, les regarder vivre leur vie ou encore caresser des chiens. Ce qui fonctionne également en forêt puisqu’il est par exemple possible de tomber au détour d’un bosquet sur deux cerfs en plein combat.
Un indien dans la ville
Evidemment, un gros travail a également été fourni concernant Connor. Le système de combat a ainsi été revu et corrigé afin d’offrir des affrontements toujours plus fluides et tactiques. Les développeurs ont par exemple inclus plusieurs formes de contres que le joueur doit adapter en fonction de son ennemi. S’il est possible de renvoyer immédiatement un coup sur un soldat normal, il faudra d’abord briser la défense des officiers supérieurs avant de pouvoir les atteindre. Des armes inédites font également leur apparition : le désormais célèbre tomahawk, des mines ou autres cordes à pointes permettant de pendre les ennemis. Quant aux plus discrets, ils pourront toujours compter sur la lame secrète ou les fléchettes empoisonnées qui répondent présentes. On regrette en revanche l’I.A. encore bien décevante des soldats, qui se contentent encore et toujours de tourner autour de l’Assassin en attendant leur tour d’attaquer. Même ceux qui restent à distance afin de tirer avec leurs armes mettent un temps infini à mettre Connor en joue et à faire feu (sans parler du temps qu’il leur faut pour recharger leurs fusils…)
La difficulté a été certes un poil rehaussée, puisque les ennemis attaquent un peu plus souvent que par le passé, mais il est bien rare de succomber sous les mousquets des anglais. Et si jamais Connor est touché, il n’a de toute façon plus besoin de filer chez le médecin pour se soigner puisque sa barre de vie remonte automatiquement après chaque combat. Un autre point décevant provient des affrontements contre les animaux sauvages : afin de sortir vainqueur d’un combat contre un ours ou un loup, il suffit d’effectuer correctement un QTE, ce qui est dommage tant le héros dispose d’un arsenal fourni qui aurait permis des exécutions bien plus intéressantes. Heureusement, il est rare de tomber sur ces animaux, ce qui empêche donc le joueur de tomber dans une certaine lassitude qu’il pourrait ressentir dans d’autres jeux usants et abusant des QTE. Enfin, en dehors des combats, cet Assassin se montre encore plus agile et rapide que ses ancêtres, et les déplacements se font de manière bien plus intuitive que dans les épisodes précédents. La grimpette dans les arbres est d’ailleurs un véritable bonheur, tant le personnage répond au doigt et à l’œil et avance rapidement. Ce qui est également vrai quand il se déplace en ville.
« Sarah Connor ? » « Non, c’est à côté »
L’aspect technique du jeu a également fait un gros pas en avant. Premièrement, les graphismes sont juste magnifiques. Les visages des personnages sont bien plus expressifs et les décors fourmillent de détails. Mais évidemment, les bugs ne sont jamais très loin et sont d’ailleurs légion dans cet opus. Il peut par exemple arriver de tuer un ennemi et de constater que son mousquet flotte dans les airs (!), ou encore voir des personnages se faire traverser par des chevaux lors des cinématiques. Pas de quoi entacher l’expérience de jeu donc, ce qui est tout de même déjà ça. L’ambiance sonore permet de s’immerger encore un peu plus dans le titre, avec des bruitages convaincants, des musiques collant parfaitement à l’ambiance (avec une mention spéciale pour les sonorités indiennes) ou encore des doublages de qualité. Bref, un quasi sans fautes, même si pour chipoter on pourrait toujours regretter une synchronisation labiale encore un peu perfectible. La durée de vie est variable en fonction des joueurs, mais on peut dire qu’elle tourne grosso-merdo aux alentours des 12 heures en ligne droite. Si vous ajoutez à cela toutes les quêtes annexes proposées ainsi que le mode multijoueurs (que vous pouvez retrouver en détails dans les deux derniers paragraphes de
cette preview), vous tenez là de nombreuses heures de bonheur à l’état pur. Rien de moins.