Test : Cyberpunk 2077 - PC

Cyberpunk 2077 - PC

Cyberpunk 2077 - PC

Genre : RPG futuriste

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Avec la saga The Witcher, le studio CD Projekt RED s’est forgé une solide réputation. A tel point qu’un simple teaser, sorti en 2012 et sans aucun complément d’information, a suffi à faire naître la hype autour de Cyberpunk 2077. Et cette dernière ne fera que monter durant les huit années d’attente qui ont suivi. Le tout pour aboutir au lancement catastrophique qui fut le sien. Treize jours, 60 heures de jeu et quelques patchs plus tard, il est temps pour nous de vous livrer notre avis sur le titre.

Précisons que ce test aurait tout d'abord dû être réalisé sur PS5 (via la version PS4). Malheureusement, de trop nombreux crashs et scripts ne se lançant pas nous ont poussé à passer sur la version Stadia. Après plusieurs mises à jour, ces problèmes critiques sont bien moindres sur consoles.

Test effectué à partir d'une version Google Stadia



Mais reprenons depuis le début. Contrairement à ce que la campagne promotionnelle du titre peut laisser penser, Cyberpunk 2077 n’est pas un GTA-like mais un vrai jeu de rôles, mettant l’emphase sur son scénario. Si les longues scènes de dialogues vous hérissent le poil, vous risquez de passer de mauvais moment en compagnie de V, le (ou la) protagoniste du titre. En bon jeu de rôles, Cyberpunk 2077 propose une quête principale bien fournie, à laquelle viennent se greffer des missions secondaires qui, pour certaines, bénéficient d’autant de soin que la principale, offrant des arcs narratifs et des cheminements intéressants à leurs protagonistes. Les scénaristes de CD Projekt démontrent une nouvelle fois l’étendue de leur talent, soutenu par un casting et une mise en scène, intégralement à la première personne, proches de la perfection.

Sans trop spoiler, l’histoire du titre prend place alors que, après une série d’événements malencontreux, V se retrouve avec la personnalité de Johnny Silverhand (incarné par le breathtaking Keanu Reeves) dans sa tête. Et comme si cela ne suffisait pas, l’élu efface peu à peu votre personnalité pour prendre possession de votre corps. Le scénario de Cyberpunk 2077, s’il ne brille pas toujours par son originalité et son rythme, vous tiendra en haleine et se paiera même le luxe de vous surprendre par moments. A côté de cela, le titre aborde bon nombre de sujets, comme l'identité, ce qui la constitue, ou notre rapport au corps. Ceci étant dit, ces questions ne sont que survolées, le jeu ne poussant jamais réellement à la réflexion, contrairement à ce que Deus Ex a fait avec le transhumanisme.
 

A (not so) breathtaking game

Si vous incarnez V, le vrai protagoniste du dernier né de CD Projekt reste incontestablement Night City. Son architecture toute en verticalité, largement inspirée de Blade Runner, et l’ambiance qui y règne nous ont vite submergés. Et si vous avez un PC haut de gamme, vous serez régulièrement ébahi par la beauté du titre et le foisonnement de la population. Mais encore faut-il avoir un PC capable d’encaisser le choc. Sur les machines plus modestes, le rendu ira de l’excellent au franchement moyen. Sur consoles, c’est une catastrophe. Nous n’allons pas refaire l’état des lieux ici, mais sachez simplement qu'à l'heure où sont rédigées ces quelques lignes nous vous conseillons vivement de patienter avant d’y jouer sur consoles, surtout si vous avez un modèle de 2013. Les versions boostées (PS4 Pro et Xbox One X) se débrouillent un peu mieux, mais ce n’est pas encore ça. Et si vous êtes sur PS5 ou Xbox Series, là encore, nous vous invitons à patienter jusqu'à la sortie des patchs next-gen. Sur Stadia, version testée ici, le jeu tourne plutôt bien. Même si, comme sur les versions consoles, cela se fait au prix d’une ville bien moins peuplée, le nombre d’habitants ayant largement été revu à la baisse.

Suite à la polémique ayant suivi la sortie du jeu, il est évident que le titre nécessite un PC haut de gamme pour pleinement être apprécié. Et c’est franchement dommage, car au point où nous en sommes actuellement, 80% des joueurs auront droit à une expérience amoindrie. Maintenant que ce sujet est évacué, la version optimale du jeu n’est pas parfaite non plus. Car si, à la surface, le studio polonais a fait preuve d’une attention au détail remarquable, on ne peut s’empêcher de noter des manques en y regardant de plus près. Par exemple, vous verrez des pneus rester intacts lorsqu’on leur tire dessus. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. Ces petits détails sont nombreux, et ça fait tâche. 
 

#Cyberbug 2077

A chaque titre en monde ouvert son lot de bogues. Tel est l’adage que nous avons appris cette dernière décennie, avec l’explosion qu’a connu ce type de jeu. Il fallait donc nous attendre à ce que Cyberpunk 2077 en comporte quelques uns. Mais c’est à un véritable festival que CD Projekt nous a conviés. A Night City, les bogues sont légion : il y en a partout. Certains sont amusants, comme l’invasion de godemichets ou les PNJ qui continuent à se balader après avoir été décapités. Mais il y en a aussi qui sont pénibles, voire bloquants. A titre d’exemple, durant la semaine de lancement, il nous a été impossible d’utiliser des armes automatiques, notre avatar tirant frénétiquement dès qu’on en équipait une. Dans un autre genre, des joueurs PS5 ont été victimes de crashs périodiques, toutes les heures de jeu environ. Avec la sortie des patchs, nombreux sont les problèmes à avoir été réglés. Mais il en reste encore beaucoup ! Si bien qu’en y jouant, une question nous trottait dans la tête : pourquoi avoir sorti le jeu en 2020 ? Il faut se rendre à l’évidence, Cyberpunk 2077 est sorti cassé, peu importe la plateforme. Et il est impensable que le studio n’ait pas été au courant. A l’heure actuelle, le titre nécessite encore plusieurs mois de développement pour être parfaitement jouable sur toutes les plateformes.
 

On n’amène pas un couteau à un gunfight

En plus d'être à tomber (à condition de jouer sur la bonne plateforme), Night City est riche et dense en activités. Outre les quêtes secondaires citées plus haut, vous aurez une quantité énorme de contrats de fixers à remplir et de missions de maintien de l'ordre pour le NCPD. La carte est littéralement saturée d'activités... à tel point que cela en devient intimidant. Toutes ne sont pas intéressantes, mais elles ont le mérite de nous occuper tout en nous permettant d'essayer nos nouveaux jouets. C'est bien simple : à Night City, vous avez toujours une activité à proximité. Comme évoqué ci-dessus, le crime se porte très bien dans cette ville, et la violence rôde à tous les coins de rues. Pour votre survie, il faudra donc vous équiper. Les archétypes d’armes à feu sont classiques : le titre propose des armes de poing, des fusils à pompe, d’assaut, de sniper, des mitraillettes et des mitrailleuses légères. Rien de bien foufou à priori mais, jeu de rôles futuriste oblige, ces armes ont des propriétés exotiques, pouvant empoisonner ou enflammer votre cible, par exemple.

Notez aussi que des “classes” viennent compléter ces archétypes. En effet, une arme à feu peut être cinétique, technique ou intelligente. Entendez par là que leurs projectiles peuvent ricocher, passer à travers certaines surfaces ou suivre votre cible. Cette dernière est très pratique pour les gros bigleux pas foutus d’aligner trois balles dans leur cible, comme l’auteur de ces lignes… Enfin, si vous désirez apporter une touche plus intime à votre carnage, sachez que vous disposez aussi de couteaux, katanas et autres armes contondantes. Malheureusement, le combat au corps-à-corps étant brouillon, vous laisserez rapidement cette option de côté.
 

Smartcity 2077

Cyberpunk 2077 dépeint un futur où tout est connecté. Dans un tel contexte, le piratage est une arme redoutable. Au point que certains ennemis, les netrunners, en feront leur arme de prédilection. La bonne nouvelle, c’est que vous avez cette possibilité également. Différentes possibilités de piratages s’offrent à vous : il est possible de désactiver les caméras de surveillance à distance, d’ouvrir certaines portes ou d'aveugler temporairement les ennemis. Mais les joueurs furtifs utiliseront principalement le ping, permettant de localiser tous les ennemis de la zone, et la diversion qui détraque l’appareil visé afin d’attirer un ennemi. Les interactions avec les ennemis sont légion et intéressantes, même si certaines nous facilitent un peu trop la tâche, comme la surchauffe. Cette dernière permet de neutraliser un ennemi à distance, en restant bien à l’abri. Pour ce qui est des interactions hors du cadre des missions ou des combats, elles restent limitées, voire inexistantes. Et après trois épisodes de Watch Dogs, cela fait franchement bizarre. La tentation est là, mais il est impossible de l’assouvir... Et c’est dommage.

Dumb people 2077

Parlons maintenant d’un (autre) sujet qui fâche : l’intelligence artificielle. Plus artificielle qu’intelligente, celle-ci pose de nombreux problèmes de gameplay de par son inconstance. Surtout si vous jouez en infiltration. Car pour offrir une expérience d’infiltration satisfaisante, un jeu doit se doter, entre autres choses, d’une IA prévisible jusqu’à un certain degré. Hors, ce n’est pas le cas ici. Quasiment aveugle en infiltration et omnisciente en combat, la seule constance dans l’IA des ennemis est la stupidité. Ils trébuchent sur des éléments du décor, attendent patiemment que vous contourniez leur couverture pour se faire descendre ou restent plantés de longues secondes devant un appareil défectueux. Ces imbéciles ne réveillent même pas leurs alliés inconscients. Dans un autre genre, si jamais vous êtes recherché par la police, les agents du NCPD apparaîtront tout autour de vous, comme par magie. Quant aux passants, ils ne réagiront pas à vos actions, à moins que vous commenciez à tuer votre prochain. Bref, CD Projekt a encore énormément de travail sur ce segment du jeu.

Highway to hell

Si Cyberpunk 2077 est moins vaste que The Witcher 3, Night City reste une grande ville, surtout si on prend les Badlands en compte. Trouver un moyen de locomotion devient alors une obligation. Outre vos pieds, vous pouvez utiliser des terminaux, disséminés dans toute la ville, pour vous rendre instantanément à destination. Mais cela enlève une grande partie du charme du jeu, qui est de se balader dans la ville. Nous avons alors opté pour les déplacements véhiculés. Comme dans tout bon GTA-like, il est possible de voler la voiture de votre prochain, mais sachez que le titre met plutôt l’emphase sur l’achat de voitures. Une fois acquise, vous pourrez l’appeler à tout moment, un peu comme Ablète.

Mais parlons un peu de la conduite. Si chaque véhicule a une conduite propre, leur maniement laisse globalement à désirer. Trop mou en règle générale, le pilotage des voitures de Night City ne vous procurera que peu de sensations. Certains véhicules s’en sortent mieux que les autres, mais ce n’est jamais réellement satisfaisant. Qui plus est, ils ont tous un énorme problème de freins, ces derniers ayant une efficacité toute relative. Enfin, pour finir sur une note positive, CD Projekt a pris le temps de modéliser des cockpits détaillés et fonctionnels pour chacun des véhicules du jeu. Voilà une attention qui fait plaisir.
 

Une interface à revoir

S’il y a un élément auquel les joueurs ne prêtent que rarement attention, c’est l’interface utilisateur. Lorsqu’elle est réussie, c’est à peine si elle est visible. Mais ce n’est pas le cas ici. Pour l’essentiel, elle est efficace, mais elle est pétrie de petits défauts qui pourrissent la vie du joueur, à commencer par cette mini-map, beaucoup trop resserrée. Et les trajets s’affichant sur celle-ci, il devient quasiment impossible de prendre les intersections indiquées par les GPS. Nous ne comptons plus les demi-tours effectués à cause de cela... Etait-il si compliqué d’élargir la mini-map lorsqu’on est en voiture, ou d’afficher le trajet en surimpression ? D’autres jeux l’ont fait avant ! Dans un autre style, les arbres de compétences sont un bordel sans nom. Trouver la compétence désirée, pour savoir comment la débloquer, demande de la patience. Et le système de progression, comportant de multiples couches, est inutilement compliqué.


Cyberpunk 2077 est un cas d’école en terme de lancement raté, c’est indéniable. Sorti trop tôt, bogué jusqu’à la moëlle et ne tenant pas toutes ses promesses, le dernier né de CD Projekt a fait couler beaucoup d’encre. Nous attendions énormément du titre, et nombreux sont ceux à s’être sentis floués. Mais que reste-t-il une fois la déception et le ressentiment mis de côté ? Une proposition diablement alléchante. Car malgré tous les défauts cités dans ces quelques lignes, nous avons pris beaucoup de plaisir à parcourir les rues de Night City. Nous avons eu notre lot de frustration également, mais le plaisir était toujours dominant. Pour ce qui est de l’achat du jeu, nous vous conseillons de patienter. En deux semaines, CD Projekt a déjà considérablement amélioré la situation, et il ne fait aucun doute que, d’ici quelques mois, Cyberpunk 2077 aura un autre visage, bien plus accueillant. Par contre, si vous ne possédez qu’une PS4 ou Xbox One Fat, nous vous invitons à investir dans une nouvelle plateforme. Car il est clair que les aventures de V et Johnny Silverhand sont faites pour s’épanouir sur des PC hauts de gamme. Et les consoles de 2013 ne sont pas de taille.
28 décembre 2020 à 10h58

Par

Points positifs

  • Night City
  • La qualité d'écriture
  • Des personnages charismatiques
  • Un casting de qualité
  • Pléthore de quêtes annexes
  • Liberté dans l'approche des missions

Points négatifs

  • Une floppée de bogues
  • Des versions PS4 et Xbox One honteuses
  • Nécessite une grosse config pour jouer dans de bonnes conditions
  • Une conduite moyenne

Gribouillé par...

pattoune

pattoune

Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.
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