Test : Le Seigneur des Anneaux Online : Les Cavaliers du Rohan

Le Seigneur des Anneaux Online : Les Cavaliers du Rohan - PC

Genre : MMO à la sauce Tolkien

Le Seigneur des Anneaux Online : Les Cavaliers du Rohan est la nouvelle extension du MMORPG sorti en avril 2007, s’appuyant sur la légendaire œuvre de Tolkien et devenu free-to-play entre temps. Après avoir visité de fond en comble les terres de l’Isengard ou encore les Mines de la Moria, les joueurs peuvent désormais cavaler, cheveux au vent, dans les grandes plaines du Rohan. Plein de promesses, cet add-on redonnera-t-il le coup de fouet que le jeu de Turbine cherche actuellement ?

Test effectué à partir d'une version PC

 
 
Entre les herbes à pipe des Hobbits et l’alcool coulant à flot chez les Rohirrim, les développeurs n’ont pourtant pas eu la moindre hésitation quant à nous filer des rênes entre les mains et nous laisser le contrôle de montures de guerre. Figure de proue de cette extension, les combats montés ont bénéficié d’une attention toute particulière, ce qui était attendu pour une aventure prenant place dans la mythique zone du Rohan. Mettant en second plan les combats au sol, déjà améliorés dans les extensions précédentes, ainsi que les raids de haut niveau, les combats montés sont l’attraction principale des Cavaliers du Rohan, permettant aux joueurs de participer à des joutes sur toutes sortes de bestioles véloces, apportant ainsi pas mal de nouveautés en termes de mécanismes de jeu. Les autres ajouts concernent également les « groupes de guerre » qui se déplacent librement dans le Rohan ainsi que la zone de quêtes publique d’Hytbold.
 

"Alors, après la rivière, tu passes les Uruk-Hai et tu continues tout droit..."

Exit l’Isengard et la tour phallique d’Orthanc. Si vous aviez aimé le cadre de l’extension précédente, nul doute que la puissance et la grandeur des environnements de celle-ci ne vous laisseront pas indifférent. Une fois l’Anduin franchi, l’atmosphère enivrante du Rohan vous prend aux tripes et dégage une ambiance mêlant chœurs virils, violons nordiques et immensités verdâtres. Les niveaux, ici deux fois plus grands que ceux parcourus dans la Moria, suintent le style Anglo-Saxon/Viking et fleurent bon l’hydromel : bienvenue en Rohan, le pays où le cheval est roi.
 
 
Pour commencer, Les Cavaliers du Rohan propose dix niveaux d’expérience supplémentaires, allant jusqu’à 85. Peu de nouveaux sorts sont réellement disponibles entre les niveaux 75 et 85, seulement, c’est après une série de quêtes assez courtes à la difficulté crescendo que vous pourrez mettre le pied à l’étrier de votre nouvelle monture de guerre. Après les quelques premières minutes de monte, vous vous rendrez compte que le combat sur destrier n’a jamais semblé si facile et fluide dans les jeux ayant déjà abordé ce mécanisme (Red Dead Redemption, peut-être). Les déplacements se font spontanément via la présence de quatre niveaux de vitesse, allant du petit trot, au galop rapide. Concernant les nouveaux ennemis, la plupart de ces derniers ont été conçus dans l’optique d’être combattus à monture. Alors que les engager à pied sera nettement plus délicat, les combats montés nécessiteront de prendre de la vitesse et d’avoir une certaine quantité d’espace libre afin de manœuvrer votre pouliche avec aise. Quand les plaines sont l’endroit idéal pour mener une petite joute tranquille, l’étroite et étouffante forêt de Fangorn demeure le terrain hostile par excellence pour ce genre d’escarmouche.
 

Pimp my Poney

Les rouages qui permettent une approche intuitive des combats montés sont nombreux et ont bénéficié d’une attention toute particulière. Votre monture peut en effet passer dix niveaux et se spécialiser dans trois branches différentes : léger, moyen ou lourd. C’est selon votre héros qu’il faudra choisir la branche qui vous sied le mieux. Par un exemple, un guerrier sujet à prendre des bonnes beignes dans la tronche préférera une monture lourde, tandis qu’un archer se dirigera davantage vers la pouliche légère et rapide. L’absence du développement des capacités de combats au sol s’explique par le fait que votre monture devient finalement l’arme maîtresse de votre personnage et s’adaptera à ses compétences intrinsèques. Petit bémol toutefois : il sera plus facile de combatte avec un archer, tournant autour de vos ennemis en les criblant de flèches, qu’un cambrioleur, réputé comme classe fragile, forcé à se battre au corps à corps, comme l’implique le combat monté, et prendre des coups qui seraient évitables à pieds.
 
 
On se retrouve ainsi très vite happé par l’excitation générée par la liberté d’action que nous offre notre destrier ainsi que la possibilité de trancher tout ce qui bouge et ce, sans se bouger spécialement le fion. D’ailleurs, une grande partie des évènements Joueur contre Environnement peut être faite en solo, même si les « groupes de guerre » pourront vous poser quelques difficultés. Ces groupes sont des mini-boss, entourés de serviteurs, qu’il vous faut tuer pour ramasser un butin de qualité supérieure et de remplir différents objectifs. La méthode la plus efficace pour venir à bout de ces packs est le combat monté, même si vous avez la possibilité de les attaquer directement au sol.
Alors que cette dimension montée voudrait isoler le joueur, l’importance du social dans Les Cavaliers du Rohan se fait rapidement sentir. Adoptant un système d’évènements dynamiques à la Guild Wars 2, les ennemis disposant d’un anneau au-dessus de leur tête, une fois engagé en combat, se transforment automatiquement en objectifs de quête. Une fois le monstre mis à bas, la quête est complétée et il ne vous reste plus qu’à la valider auprès d’un PNJ (Personnage non joueur) attitré. Ce système permet aux joueurs de se regrouper très rapidement afin de combattre ensemble et de se répartir butin et expérience acquis en tuant ces différents groupes de monstres. Disposant d’une communauté à la belle mentalité, il est fréquent de voir des joueurs former une bande et aller chasser ensemble, dans la bonne humeur. Il faut garder en mémoire qu’une fois le Rohan quitté, votre monture est toujours accessible mais les combats montés, eux, ne seront plus possible.
 

Vous allez tous crever comme des chevals... Quoi ? On dit des chevaux ?

Concernant le end-game de l’extension, les raids en instance ont été mis à l’écart au profit de la zone d’Hytbold, dont les quêtes se débloquent dès le niveau 84. Ces dernières sont répétables à souhait et se trouvent dans les zones aux alentours de la ville brûlée d’Hytbold. Les quêtes permettront de reconstruire petit à petit les différents bâtiments de la ville, chacun débloquant une pièce d’armure de haut niveau une fois remis en état. Afin de rallonger un peu la sauce, certains morceaux d’armure ne seront déblocables qu’après avoir monté votre réputation auprès d’une certaine faction sur le territoire Rohirrim. De plus, vous ne pourrez remplir que cinq quêtes par jour : autant vous dire que votre set d’armure ne sera pas complet avant un temps de jeu assez conséquent.
Même si l’idée de la reconstruction de ville afin de laisser une trace de notre passage en Terre du Millieu est originale, le fait de devoir recommencer les quêtes encore et toujours installe une certaine monotonie, une obligation à prendre goût au « grattage » d’équipement au quotidien qui finira par rebuter certains joueurs, notamment les hardcores gamers, accros aux raids. Ce mécanisme fait perdre la dimension « épique » que l’on pouvait côtoyer dans les extensions précédentes alors qu’il y aurait eu la possibilité d’inclure des parties de donjons uniquement faisable en monture : quitte à exploiter le mécanisme, autant le faire jusqu’au bout… Toutefois, on ne pourra pas reprocher à Turbine d’avoir mis l’accent sur l’aspect ludique du end-game, faisant habilement cohabiter quêtes journalières, exploration et phase en montures. D’ailleurs, les fans se plairont à parcourir les zones du niveau 75 à 85 où les clins d’œil à la trilogie du Seigneur des Anneaux sont légion puisque la trame scénaristique prend place à la mort de Boromir, lors de la séparation de la communauté de l’Anneau. On se plaira à parcourir certains environnements en compagnie des personnages clés de la saga, découvrir les visages solennels des Argonaths ou encore la belle Edoras, prouvant que les équipes de chez Turbine ont fait un réel effort pour proposer des graphismes léchés qui s’imposent comme les plus impressionnants que l’on ait pu voir depuis la sortie de ce MMORPG.
 
 
Tellement impressionnants que les anciens environnements font carrément tâche à côté de ce que propose Les Cavaliers du Rohan à l’heure actuelle. Les effets de lumières, d’eau, d’ombres, de reliefs et de textures ont été améliorés, faisant tenir le tout dans des environnements très grands dépourvus de tout chargement. Il pourra être difficile pour les nouveaux joueurs, obligés de se farcir 75 niveaux, de profiter de cette extension en parcourant des paysages vieux de cinq ans comme le Pays de Bree ou l’Ered Luin. L’interaction avec d’anciens PNJ vous semblera bien fade comparé à la modélisation et l’animation des montures et pourront rebuter les joueurs moins motivés par le challenge du levelling. Le jeu étant free-to-play, vous aurez l’occasion de monter votre personnage tranquillement, avec la possibilité de passer par la boutique du jeu afin de faire des achats de bonus in-game.
 
 
Concernant nos petites oreilles, les gars de chez Turbine n’ont pas eu à chercher bien loin pour les satisfaire puisqu’ils ont renouvelé le contrat du compositeur Chance Thomas, ayant déjà produit les musiques des extensions Les Ombres d’Angmar et Les Mines de la Moria. Chaque zone du Rohan bénéficie de son thème musical propre faisant résonner bassons et orgues en harmonie. Alors qu’une ambiance viking mêlée à la puissance des tambours nous accompagne pendant les séquences d’action, les musiques transportent et nous racontent l’histoire des Rohirrims, peuple sur le déclin vivant de leur glorieux passé. Une idée d’ancienne splendeur, d’ampleur, de force et puissance que véhiculent les différentes pistes. Les autres sons et bruitages claquent et accompagnent principalement les phases en montures, pièce centrale de cette extension.
 

Article rédigé par Lorris , le

Au final, l’extension Les Cavaliers du Rohan est le témoignage fort d’un MMORPG d’ancienne génération, capable de fournir une expérience unique et enrichissante après plusieurs années de mise en route. Apportant un vent de fraîcheur et d’optimisme après L’Essor d’Isengard plutôt décevant, le lissage esthétique est rapidement assimilé et on assiste ici aux meilleurs combats montés que l’on ait pu voir dans un MMORPG. Les équipes de chez Turbine semblent enfin avoir mis l’accent sur l'exploration et l'aventure, notions restées en retrait dans les opus précédents. Toutefois, le end-game ne pourra satisfaire les joueurs habitués au cadre « hardcore » des autres productions, à savoir les raids de haut niveau dans les donjons. Les quêtes d’Hytbold, bien qu’assez originales, se rapprochent davantage de la corvée que de la progression et auront un effet de tue l’amour sur un certain profil de joueur. Pour les autres qui cherchent à se perdre dans une aventure finement réalisée, doté d’un gameplay rafraîchissant et unique, vous trouverez ici l'une des meilleures alternatives disponibles actuellement sur le marché.

Points positifs

  • Les combats montés
  • L'ambiance du Rohan parfaitement retranscrite
  • La facilité de jouer en solo ET en groupe
  • Les musiques
  • Un effort sur les graphismes
  • Des mécaniques de jeu que vous ne trouverez nulle part ailleurs

Points négatifs

  • L'absence de réel contenu haut niveau
  • Les graphismes et animations dépassés des anciennes zones
  • Assez chère pour une extension
  • Les joueurs qui ne seront pas fan du combat monté s'ennuieront
  • Monotone et répétitif par moment

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Nonobstant les ouï-dires et les non-dits de ceux qui pensent que non et de ceux qui estiment que oui, Lorris demeure un génie incompris. Utilisant constamment un langage profane qui sied à sa caste de jeune kikoo-gamer-du-web, ce candide éphèbe qui newse, teste, et previewte n'est finalement qu'un esprit brillant parmi les autres cucurbitacées qu'il tient pour collègues. Sinon, Lorris est une âme modeste, offrant son corps pour partager avec délectation et frivolité sa passion qui l'anime dans le manoeuvrage du joystick et non pas du droit de cuissage comme certains butors le feraient entendre.

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