Test : Antichamber

Antichamber - PC

Genre : Réflexion

Date de sortie : 31 janvier 2013

Genre
Réflexion
Date de sortie
31 janvier 2013 - France
Développé par
Demruth
Edité par
Demruth
Disponible sur
PC
Modes de distribution
Steam

Le jeu vidéo, c’est un peu comme chez soi : on s’y sent bien. Quelque soit le genre, on est en terrain connu et on parvient toujours au résultat escompté avec quelques efforts. En somme, on n’est jamais surpris, et ça rassure car, comme on dit, l’humain a peur de l’inconnu. Lorsqu’un jeu comme Antichamber (s’il existe) pénètre notre petite bulle de confort, c’est un peu la panique, surtout quand le jeu prend un malin plaisir à détruire toutes les règles que l’on pense être acquises.

Test effectué à partir d'une version PC

 
 
Dès le premier écran du jeu, on est mis dans le bain. On y voit marqués les contrôles et le nom du jeu, la possibilité de réinitialiser la sauvegarde, ainsi que les différents paramètres vidéo et audio, le tout sur un fond d’écran noir. Très sobre. On prend alors la souris pour cliquer afin de commencer la partie et on se rend compte que le jeu a déjà commencé et que cet écran que l’on croyait être l’écran titre est en fait un pan du mur de la salle dans laquelle nous sommes. Ça commence bien.
L’histoire est très simple. On ne sait pas qui on est, ni où on se situe. On ne sait pas pourquoi on est là, ni ce que l’on doit faire. En clair, on ne sait rien. Enfin, on devine que l’on doit atteindre cette porte avec marqué EXIT au dessus, oui cette même porte qui est derrière une vitre infranchissable. Quel masochisme ! Puis on remarque un chronomètre qui nous laisse 1h30 pour rejoindre la sortie. Facile ! Heureusement, sur le troisième mur on remarque une carte qui, on le devine, se remplira au fur et à mesure de notre avancée dans ce monde labyrinthique. En attendant, on suit l’instruction qui nous demande de cliquer sur une partie de la map.
 

Un jeu non euclidien

On se retrouve alors téléporté dans une salle où siège un texte qui nous demande de sauter dans un trou béant. La salle en question est toute blanche et vide. L’ensemble du jeu possède ce style graphique très épuré et très sobre qui pourrait nous faire penser à un certain Portal. Vu que de toute façon on ne peut pas faire grand-chose d’autre, on saute. Bizarrement, on ne meurt pas après cette chute de plusieurs mètres. C’est ce point qui est important, ce qui nous paraît normal dans un jeu classique n’arrivera pas dans Antichamber. Préparez-vous à être étonné !
Sans trop spoiler, on peut donner quelques exemples comme cette fenêtre dans laquelle on aperçoit un paysage et, lorsque l'on se retourne pour continuer notre chemin, on se rend compte que l’on est en fait dans ce même paysage. Et cela instantanément, sans chargement . Il y a aussi ces escaliers que l’on grimpe pour arriver dans la même salle. Alors on les reprend et on arrive encore dans la même salle. Physiquement impossible. Vous voyez ce tableau qui joue sur la représentation en 2D pour présenter une physique impossible avec des escaliers qui montent pour arriver au même étage qu’à l'origine? Et bien Antichamber, c’est ça.
Le jeu ne se résume pas à errer dans un univers non euclidien. Pour avancer, il vous faudra comprendre la logique de cet univers étrange et ainsi résoudre des énigmes. Très vite, vous allez récupérer un objet qui vous permettra de manipuler certaines matières du jeu afin de résoudre des énigmes plus complexes. Ces dernières sont bien faites et vous pousseront par moments à vraiment réfléchir. Il faut réellement se creuser la tête pour les résoudre, mais si on y arrive on ressent une grande satisfaction qui nous pousse à continuer le jeu. Petit bémol toutefois, il m’est arrivé de réussir à résoudre une énigme en la contournant. Il faut normalement s'en sortir avec deux cubes de matière présents sur les lieux, mais le game design est tel que j’ai pu revenir sur les lieux avec une grande quantité de ces cubes et passer l’énigme sans avoir besoin de réfléchir. Dommage, surtout qu'elle était intéressante.
 

Fistfuck playa club

Le jeu possède quelques airs de Metroid avec son arme qui évolue avec votre avancée et vous donne de nouvelles capacités afin de surmonter des problèmes impossibles à résoudre au préalable. Cet aspect évolutif est lui aussi déroutant car on ne sait jamais si l'on est bloqué parce que l'on ne sait pas résoudre l’énigme ou si c'est parce qu'on ne peut simplement pas le faire. Pour reprendre mon exemple des cubes, je n’ai pas réellement cherché à résoudre l’énigme car je me suis dit que je pourrais sûrement la résoudre plus tard.
Mais ce point est aussi ce qui fait le charme de Antichamber. On vous pousse à errer et à tâtonner, aucune indication ne vous est donnée. On ne sait même pas si le but est réellement de sortir, on l’a déduit en voyant la porte au début. Pourtant, plus on avance dans le jeu et plus on apprend à ne pas se fier à ce que l'on voit. Surtout que le jeu n’hésitera pas à vous prendre de haut, voire même à se moquer de vous à l'aide de messages disséminés un peu partout sur les murs, en général avant et après une énigme. De par son aspect déroutant, le jeu va prendre un malin plaisir à vous manipuler, vous tromper et vous trahir. Les développeurs sont au courant et en profitent pour bien se gausser de vous à l'aide de ces messages.
 

Article rédigé par Wildchoc , le

Antichamber est une petite révolution. Le jeu en lui-même reste classique dans sa structure, mais il utilise des mécaniques inédites qui déroutent complètement le joueur. Il est difficile de réellement décrire ce que l'on peut ressentir lors d'une partie car il faut expérimenter pour comprendre. Si vous êtes en quête d'une expérience originale et inoubliable, ou que vous êtes simplement un gros masochiste, ce jeu est fait pour vous ! Alors foncez !

Points positifs

  • Beau
  • Original
  • Se faire manipuler
  • Déroutant

Points négatifs

  • Messages parfois énervants
  • Se faire manipuler

A propos de l'auteur

Wildchoc

Wildchoc

Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

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