Test : Sonic Mania

Sonic Mania - PC

Genre : Plates-formes nostalgiques

Date de sortie : 29 août 2017

Genre
Plates-formes nostalgiques
Date de sortie
29 août 2017 - France
Edité par
Sega
Disponible sur
PC, PS4, Nintendo Switch, Xbox One
Modes de distribution
Steam

Prenez n'importe quel fan de Sonic et posez lui la question : quel a été le dernier vrai bon opus de la série ? Certains vous répondront sûrement les Sonic Adventure, épisodes en 3D sortis sur Dreamcast à l'époque, d'autres encore vous parleront des opus 2D de la MegaDrive, ce qui nous rajeunit encore moins. Mais une chose est sûre, aucun (ou alors ils seraient de mauvaise foi) nommeront ceux sortis depuis. Mais ça, c'était avant Sonic Mania.

Test effectué à partir d'une version Xbox One

Sonic Mania, c'est avant tout un projet de fan : un certain Christian Whitehead, développeur australien amoureux de la licence depuis à priori toujours, qui a décidé de se faire son titre. Grand bien lui en a pris, puisqu'il a été aidé et soutenu par Sega, qui avait de toute évidence flairé le bon filon. Et la firme a eu du nez, car il est clair que cet épisode est le meilleur depuis bien des années (même si c'est triste de se dire qu'il ne provient pas de la Sonic Team...). Aux oubliettes les épisodes dans lesquels le hérisson bleu avait du plomb dans les chaussures, au cachot ceux où le level-design sans inspiration ne proposait quasiment que des niveaux sans chemins alternatifs. Ici, c'est un retour aux sources qui a été opéré, quitte à prendre le risque d'être vu comme un opus purement fan service. Les joueurs retrouvent donc des niveaux en 2D ''à l'ancienne'' avec moult gros pixels et l'inertie et la vitesse propres à celles des jeux de la bonne époque. Dans le mode principal, trois personnages sont jouables, à savoir Sonic, Tails capable de voler un court instant ainsi que Knuckles ayant le pouvoir de grimper et planer, apportant ainsi une autre dynamique au gameplay. Il est par ailleurs, comme à l'époque, possible de jouer à deux en coopération, l'un contrôlant Sonic et l'autre Tails. Bref, si vous avez retourné Sonic 3, notamment, vous vous retrouverez clairement en terrain conquis ici.

Coupant comme une lame...

Un fait qui est également vrai du côté des niveaux, même s'il y a forcément ici du nouveau (ouf). Si les fans retrouveront pas mal de level iconiques, comme Green Hill, Oil Ocean ou encore Chemical Plant, ces derniers ne seront jamais dans leur version de base. Le développeur les a ainsi remaniés en grande partie, faisant perdre une bonne partie de leurs repères à ceux qui les connaissaient déjà. Certains ennemis ne sont ainsi plus au même endroit, des chemins alternatifs ont été rajoutés alors que d'autres ont été supprimés, et les bonus ne se trouvent plus forcément dans les mêmes cachettes. De quoi redécouvrir ces niveaux, qui se montrent par ailleurs plus longs qu'à l'époque – parfois même un peu trop. Quoi qu'il en soit, chaque zone est divisée en deux parties, avec un mini-boss entre les deux et un véritable au bout. De ce côté-là, le constat est un peu plus mitigé. Si l'on retrouve certains boss emblématiques, là encore remaniés, certains sont clairement peu inspirés et souffrent même d'un game design carrément agaçant. Dommage, car d'autres se montrent vraiment sympas, notamment celui de Chemical Zone avec son gros clin d’œil appuyé aux fans des jeux Sega, même si l'on préfère ne rien spoiler. Évidemment, de nouveaux environnements viennent également se mêler à la fête et se montrent pour la plupart très réussis. On pense notamment à Studiopolis, largement mis en avant durant la promotion du soft. Certains, tout comme les boss, se montrent en revanche bien moins réussis et laissent un petit arrière-goût amer en bouche, surtout le dernier. Dommage.
 
Sonic Mania

Mais c'est franchement pour chipoter car, en dehors de ces quelques soucis, la quasi-intégralité de ce Sonic Mania est un pur plaisir à parcourir, et le tout avec une fluidité exemplaire s'il vous plait. La sensation de vitesse est vraiment là, tout comme les nombreux chemins alternatifs permettant de refaire plusieurs fois le même niveau sans se lasser, et les nombreuses nouvelles interactions sont vraiment plaisantes. Les bonus sont évidemment présents, sous la forme des bulles d'eau, de feu et d'électricité, tout comme les niveaux permettant de récupérer les émeraudes du chaos – même si ces derniers se montrent de plus en plus retors, bon courage pour tout récupérer. Les niveaux bonus de Sonic 3 avec leurs damiers ont également été rajoutés par le développeur et servent à débloquer des médailles spécifiques. Bon, en revanche, qui dit hommage à cette époque dit, malheureusement, quelques éléments perturbateurs. Voulus ou non, là est la question. Les hitbox des ennemis ne sont pas toujours claires, la précision n'est pas parfaite et il n'est pas rare de terminer une longue course sur des piques, faute d'avoir pu s'arrêter à temps sauf si l'on connaît déjà le tracé sur le bout des doigts. Certains passages souffrent également d'un effet ''flippeur'' qui donne plus l'impression de se laisser porter plutôt que d'être maître des mouvements du héros. Certes, il n'y a pas non plus de quoi gâcher le plaisir, mais voir ces soucis dans un titre aussi peaufiné est parfois un peu rageant.
 
Sonic Mania

...Rapide comme l'éclair !

Mais Sonic Mania, c'est également tout un enrobage qui a eu droit à autant de boulot que le fond. Les graphismes, tout d'abord, sont un véritable régal pour les yeux avec des gros pixels lissés et colorés ainsi que des animations vraiment très mignonnes et des interactions sympas, comme la machine à pop-corn. Les expressions faciales sont un délice, et le développeur est vraiment allé dans les détails jusqu'à, par exemple, placer des gouttes de sueur sur le front de Tails lorsqu'il vole en portant Sonic. Les fans de la licence, mais également des jeux Sega en général, remarqueront par ailleurs de très nombreux easter eggs, comme par exemple l'emblème détourné du Pine Pot de Street of Rage ou encore celui du Club Sega. Le délire va même jusqu'à faire découvrir certaines choses peu connues du hérisson bleu, comme la machine à pop-corn évoquée plus haut, qui existait bel et bien au Japon. C'est dire à quel point le mec est fan. La bande-son est également de haute volée, allant jusqu'à (presque) faire oublier celles des opus MegaDrive. Côté fan service oblige, comme tout le reste du titre d'ailleurs, les adeptes retrouveront ainsi des thèmes chers à leur petit cœur remixés aux côtés de nouvelles pistes tout aussi convaincantes. Enfin, un petit mot sur le contenu. Une fois la douzaine de niveaux passée, en solo ou en coop, les joueurs pourront toujours se tourner vers un mode compétitif, même si l'intérêt de ce dernier reste relativement minime, ou bien vers le Contre-la-Montre. Les plus pointilleux regretteront sans doute l'absence de mode en ligne, ce à quoi nous rétorquerons : sérieusement, du online sur Sonic ?

Article rédigé par Shauni Chan , le

Que vous soyez un fan de Sonic ou un adepte des jeux de plates-formes en général, n'hésitez pas une seconde : ce Sonic Mania vaut clairement l'investissement, d'autant plus qu'il ne coûte qu'une petite vingtaine d'euros. Loin d'être uniquement du fan service ni qu'un hommage parmi tant d'autres, ce nouvel épisode est le digne successeur des épisodes 2D de l'époque, réussi aussi bien sur sa forme que sur son fond et qui sait jouer sur la nostalgie tout en rajoutant des touches de modernité. Certes, quelques petits soucis viennent s'ajouter à la fête ça et là, mais ce ne sont que des grains de poussière face à tout le reste.

Points positifs

  • ENFIN un vrai bon Sonic
  • Bande-son incroyable
  • Vraiment très joli
  • De nombreux easter eggs
  • Un mix de niveaux inédits et d'anciens remaniés
  • Autant pour les nostalgiques que les nouveaux venus

Points négatifs

  • Certains boss peu inspirés
  • Quelques petits soucis de précision
  • Des passages un peu trop ''flippeurs''

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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