Test : Bear With Me

Bear With Me - PC

Genre : Point'n'click noir

Date de sortie : 08 août 2016

Genre
Point'n'click noir
Date de sortie
08 août 2016 - France
Développé par
Exordium Games
Disponible sur
PC
Modes de distribution
Steam

L’imagination ! N’est-ce pas une chose fabuleuse ? Vous pouvez être coincé dans une vie banale suivant la routine quotidienne du métro-boulot-dodo, mais, grâce à votre imagination, vous pouvez voyager n’importe où, être n’importe qui et bien sûr être le héros de votre propre histoire. Personnellement, j’aime me rêver en pirate voguant sur les eaux troubles du net à la recherche de trésors. Aujourd’hui, mon compas m’a dirigé vers Bear With Me. Mais une question reste après cette découverte : a-t-on vraiment affaire à un trésor ou plutôt à un leurre ?

Test effectué à partir d'une version PC

Bear With Me est un point'n'click indépendant développé et édité par le studio croate Exordium Games et disponible sur Steam pour (à peine) 9.99€ en version collector. L’histoire commence avec notre personnage principal, Amber, qui par une nuit sombre et pluvieuse se réveille d’un cauchemar. Elle voit ensuite sa vieille ami Millie, une girafe aveugle qui semblait veiller sur elle durant son sommeil. Millie lui apprend que des choses étranges se produisent à Paper City : un homme vêtu de rouge semble vouloir littéralement mettre le feu à la ville toute entière et il est aperçu partout demandant des renseignements sur la jeune Amber. Mais ce n’est pas tout, puisque Flint - le frère de notre héroïne - semble avoir disparu et tout semble indiquer qu’il est à Paper City. Amber décide donc de mener l’enquête mais, pour cela, elle sait qu’elle aura besoin d’aide. L’aide de son plus vieux collaborateur avec qui elle forme le meilleur duo de détectives de toute la ville, le célèbre Ted E. Bear. Vous l’aurez compris, nous sommes dans un monde où une petite fille part enquêter avec l’aide de son ours en peluche. Un monde où les jouets prennent vie et, sans spoiler, on est bien dans l’imagination d’un enfant partant à l’aventure. Et pourtant, le tout prend des allures de film noir avec des passages très sombres, surtout lorsque l’on s’approche de l’épisode 3. 

Bearly legal ?

Car oui, comme cela semble maintenant être la norme pour les point'n'click, Bear With Me est au format épisodique. Il se compose de trois épisodes tous déjà disponibles. Au niveau du gameplay, nous sommes devant quelque chose de très classique. On se déplace à l’aide de la souris et on clique sur des éléments afin de les ramasser, examiner, interagir avec ou encore les combiner. Les objets ramassés sont stockés dans un inventaire que l’on peut afficher avec un simple clic sur l’icône dédiée. C’est aussi à l’aide de la souris que vous pourrez parler aux différents PNJ haut en couleurs et sélectionner les questions à poser, ou simplement faire un choix dans vos réponses. Si le gameplay est très classique et n’a rien d’exceptionnel, c’est bien avec tout le reste que Bear With Me est exceptionnel. Tout d’abord, son aspect graphique : nous avons droit à un jeu magnifique tout en noir et blanc avec parfois quelques touches de rouge. Les personnages et les décors sont magnifiquement dessinés, sans pour autant crouler sous trop de détails. En parlant des décors, les yeux les plus attentifs apprécieront les différents clins d’œil disséminés, comme par exemple le Nimbus Suprême. La bande-son est pour sa part juste excellente, les voix (seulement en anglais mais sous-titrées en français) vont à merveille avec les personnages grâce à un très bon travail d’acteur et les musiques accompagnent parfaitement le jeu, nous immergeant encore plus dans l’ambiance à la fois sombre et drôle. 

Bear With Me

Et que dire de l’écriture ? Simplement qu’avec Bear With Me elle atteint une qualité très rare. Tout d’abord, il y a l’histoire, une très bonne intrigue policière très plaisante à suivre mêlant meurtres, corruption et même vaudou. La progression se fait sans mal : si on cherche réellement un point noir, c’est d’ailleurs ici qu’il faudra se tourner. Le jeu n’est pas dur, toutes les énigmes se résolvent de manière logique. On est très loin d’un Monkey Island ou d'un Discworld. Ici, si on est bloqué, c’est à cause d’un objet oublié ou tout simplement d’une combinaison à laquelle on n’a pas pensé. Si cela peut être vu comme un défaut, le fait de ne pas buter évitera toute frustration de ne pas connaître la suite, surtout dans une telle intrigue. L’histoire vécue ne serait rien sans les personnages et il faut dire qu’ici aussi nous avons droit à de la haute qualité. Le duo principal nous offre une petite fille naïve et gentille et un ours en peluche alcoolique et renfrogné. Un duo original et attachant, comme tous les personnages que vous rencontrerez. La relation entre ces deux personnages marche à merveille, montrant sans cesse l’opposition entre la noirceur et le dépit de Ted et les pensées enfantines d’Amber. Les relations entre tous les personnages marchent d’ailleurs parfaitement et tous les dialogues font mouche. Les échanges sauront être drôles, sérieux voire dramatiques quand il le faudra, et même saupoudrés de références littéraires ou cinématographiques, et c’est avec plaisir que l’on suivra l’aventure ponctuée par les monologues nihilistes de Ted, le tout à la manière d’un vrai film noir. 

Article rédigé par Mystère Mask , le

Est-il vraiment nécessaire de conclure ? Oui, Bear With Me est un trésor, une perle rare au propos bien plus complexe qu’il n’y parait. Un point'n'click à l’histoire réussie, aux personnages attachants, aux dialogues ravageurs et à la direction artistique très inspirée. Ce mix entre film noir (bien mieux réussie que beaucoup s’étant essayé au style) et monde enfantin marche à merveille, et c’est avec plaisir que l’on suivra Ted et Amber à la recherche de Flint et faisant toute la lumière sur ce mystérieux homme en rouge.

Points positifs

  • La direction artistique
  • Les doublages
  • L'histoire
  • Les personnages
  • La bande-son
  • Univers très original

Points négatifs

  • Un peu court (entre 5 et 6 heures)
  • Pas très compliqué

A propos de l'auteur

Mystère Mask

Mystère Mask

Inventeur du claquement de porte

Né en 1823 mais immortel grâce à un pacte passé avec Nicolas Cage, ce gus a eu l'idée de génie de faire breveter le claquement de porte, ainsi il empoche des royalties à chaque fois que dans le monde une porte se ferme un peu trop brutalement. C'est pour ça qu'après six titres de champion du monde poids lourd de Mahjong acrobatique il a décidé de se cloîtrer dans son chateau de Bavière dans lequel il peut passer ses journées à jouer à tout ce qu'il trouve et partager son avis... Même si personne n'en veut.

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