Test : Sea of Solitude

Sea of Solitude - PC

Genre : Aventure narrative

Date de sortie : 05 juillet 2019

Genre
Aventure narrative
Date de sortie
05 juillet 2019 - France
Développé par
Jo-Mei Games
Edité par
Electronic Arts
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One

Dévoilé en grande pompe durant la conférence Electronic Arts de l’E3 2018, l’intriguant Sea of Solitude est désormais disponible. Grandement inspiré par la vie de Cornelia Geppert, la réalisatrice et conceptrice du titre, ce jeu traitant des démons intérieurs vaut-il le coup d’œil ?

Test effectué à partir d'une version Xbox One

Sea of Solitude, ou SOS de son petit nom affectueux, nous propose de suivre les pérégrinations de Kay, jeune femme transformée en monstre se réveillant sur un petit bateau dérivant dans une ville submergée. Très vite, une petite fille lui propose de la suivre avant de disparaître, apparemment dévorée par une créature. Se sentant intérieurement très seule, et ce même si elle est entourée par sa famille et ses amis, Kay va donc partir à la rescousse de la fillette que, pourtant, elle ne connaît pas. Une aventure qui va la pousser à affronter ses démons intérieurs et à soulager sa peine émotionnelle, afin de peut-être enfin parvenir à sortir de cette solitude et cette dépression qui pèsent sur ses frêles épaules, et qui sont d’ailleurs la raison pour laquelle elle a été transformée en monstre.

Lost in translation

Il est difficile de décrire précisément ce qu’est Sea of Solitude. Ni réel platformer, ni vraie simulation de balade, le bébé de Jo-Mei est en fait un peu un mix des deux : le joueur alterne ainsi entre des cinématiques et autres dialogues, et des phases de plate-formes très dirigistes même s’il est possible d’explorer un tout petit peu pour ramasser les collectibles présents dans le titre. Ces derniers sont de deux sortes : les bouteilles à la mer renfermant un petit message et les goélands qu’il faut faire fuir… parce que pourquoi pas, puisqu’il n’y a pas vraiment d’intérêt là dedans (sauf peut-être l’attribution d’un trophée / succès). Et s’il y a des monstres, il n’y a toutefois aucune phase de combat, Kay ne pouvant en règle générale se défendre et pouvant même mourir sans préavis lorsqu’elle a le malheur de se trouver dans l’eau en même temps que le gros poisson monstrueux qui semble la suivre partout.

Sea of Solitude

Car Kay ne peut pas tout le temps se trouver sur son bateau. Parfois, il lui faudra l’abandonner et sauter de toit en toit, en évitant donc le plus possible de rester dans l’eau. Des phases relativement stressantes puisque le monstre n’est jamais très loin et qu’il ne fait qu’une bouchée de la pauvre jeune femme. Heureusement, les checkpoints sont très nombreux et l’on reprend quasi immédiatement la partie, mourir n’est donc pas tellement une pénalité ici. Et encore heureux, car la gestion des sauts approximative conduira souvent le joueur à se retrouver dans l’eau et à se faire boulotter. Il n’est pas non plus rare, en plus des problèmes de visée, que Kay ‘’glisse’’ à l’atterrissage, la faisant aussi basculer dans l’eau. Malheureusement, tous ces soucis ne sont pas relevés par la qualité de ces phases : à aucun moment on ne se retrouve en face d’un élément un peu inspiré, ces passages étant clairement à encéphalogramme plat.

Sea of Solitude

Les Dents de la mer

Et encore, il s’agit là du meilleur des cas. Car dans le pire des cas, SOS inclut aussi des phases de gameplay relativement inutiles, comme un certain passage dans le noir complet ou presque, forçant le joueur à tirer constamment des fusées pour y voir un peu clair – fusées qui permettent aussi de savoir où se rendre si l’on se retrouve bloqué, ce qui n’arrive jamais tant le tout est dirigiste. S’il dispose de plusieurs phases de gameplay distinctes, Sea of Solitude n’a hélas pas la bonne idée de les mélanger entre elles : une fois une mécanique rajoutée, le joueur devra la répéter encore et encore pendant les minutes qui suivront, pour en règle générale ne plus la revoir par la suite ! Une fois de plus, c’est dommage, car cela donne l’impression d’un jeu haché au lieu d’en faire un ‘’tout’’ complet et cohérent. Seuls quelques petits éléments reviennent régulièrement, comme le fait de récupérer de la corruption, mais cela ne suffit malheureusement pas.

Sea of Solitude

Mais avant toute chose, Sea of Solitude propose une histoire à suivre, disposant de nombreuses phases de cinématiques et d’une poignée de personnages à rencontrer. Là-dessus, les promesses du studio Jo-Mei sont tenues, avec des thèmes forts abordés, comme le harcèlement ou la dépression, ainsi que des éléments très symboliques. Mais. Car évidemment, qu’il y a un mais ! Mais le souci, c’est que les scénaristes ont voulu trop en faire. A aucun moment le tout n’est fin et on tombe rapidement dans le pathos voulant tirer la larmichette au joueur, à plus forte raison s’il est touché par les thématiques abordées. Sans parler de Kay qui passe son temps à s’auto-dénigrer et à rappeler au joueur que ‘’Ouhlala, ce que je suis malheureuse. Tu vois comme je suis malheureuse ? Je sers à rien. J’ai dit que j’étais malheureuse ? Et je rends les autres malheureux.’’ Si on comprend la démarche et que l’on imagine que c’est ce que ressentait la créatrice à un moment de sa vie, un peu de finesse aurait été agréable.

Sea of Solitude

Seul(e) au monde

Cerise sur le gâteau, le doublage de Kay n’aide clairement pas. Et ceux d’à peu près tous les personnages d’ailleurs, mais celui de l’héroïne était vraiment celui à ne pas louper. Manque de bol, l’actrice a bien du mal et, forcément, le joueur n’arrive pas à éprouver une réelle empathie pour ce personnage qui sonne faux. Seule vraie consolation, la réalisation globale de ce Sea of Solitude. La bande-son est plutôt réussie et si le chara-design ne plaira pas à tous, les environnements sont vraiment plaisants, tout comme la modélisation des monstres, le mouvement de l’eau ou encore l’alternance entre les passages colorés et ceux plus sombres auxquels la jeune femme tente de redonner un peu de vie. Ce qui ne prendra pas beaucoup de temps, SOS étant extrêmement court. A titre d’exemple, nous avons fini le tout en 3 heures à peine, en se baladant un chouïa puisque nous avons ramassé la moitié des bouteilles et chassé la moitié des goélands (les pauvres). A chacun de voir s’il vaudra le coup pour son tarif (20 euros), sachant qu’il n’y a évidemment aucune rejouabilité.

Article rédigé par Shauni Chan , le

On se doute bien que Sea of Solitude était un projet important pour sa créatrice, mais malheureusement les efforts qu’il fournit ne suffisent pas pour en faire un bon jeu. Les différentes phases de gameplay n’ont que peu d’intérêt (sans parler du fait que les sauts sont approximatifs) et ne forment pas un tout cohérent, et l’histoire – bien que proposant des thèmes forts – en fait beaucoup trop et aurait mérité un peu plus de finesse. Hélas, la direction artistique ne remonte pas le niveau d’un titre qui se montre en plus extrêmement court. Bref, un vrai gâchis.

Points positifs

  • Jolie direction artistique
  • Des thèmes forts abordés
  • Pas mal de symboliques
  • Les monstres

Points négatifs

  • Une écriture qui en fait des caisses
  • Des phases de gameplay sans grand intérêt
  • Des sauts approximatifs
  • Très court
  • Quel est l’intérêt des goélands ?

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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