Test : Neo ATLAS 1469

Neo ATLAS 1469 - PC

Genre : Simulation de cartographe

Date de sortie : 14 février 2017

Genre
Simulation de cartographe
Date de sortie
14 février 2017 - France
Développé par
Artdink
Disponible sur
PC, Nintendo Switch
Modes de distribution
Steam

Dernier épisode d’une longue série, Neo ATLAS 1469 - déjà disponible sur PC depuis un bon bout de temps - s’apprête à sortir sur Nintendo Switch. S’inspirant des Anno et autres Civilization, le bébé du studio Artdink propose néanmoins son genre bien à lui puisqu’il se pose plus comme une simulation de cartographe que comme un véritable jeu de gestion. Explications.

Test effectué à partir d'une version Nintendo Switch

Nous sommes au Portugal, en 1469. Le vaste monde renferme encore bien des mystères et de nombreux marins hésitent à s’éloigner un peu trop des côtes qu’ils connaissent, croyant toujours dur comme fer que la Terre est plate et bordée par des cascades (et en 2019, certains le croient encore, mais c’est une autre histoire). Mais d’autres, comme l’explorateur Francisco Peres, veulent prouver le contraire et se lancent donc dans une grande opération de cartographie de cette chère planète bleue. C’est là que le joueur débarque : à la tête de la Compagnie portugaise des Indes, il va devoir recruter des amiraux (possédant tous des skills bien particuliers, comme une forte puissance de frappe, la possibilité d’explorer des épaves sous-marines ou encore une meilleure vision), organiser sa flotte, découvrir de nouveaux territoires et bien sûr commercer avec les différents lieux découverts s’il désire engranger de l’argent et aller toujours plus loin dans son exploration.

Trace ton chemin

Mais d’abord, il faudra supporter un long, trèèèèès long tutoriel organisé par Miguel, le conseiller du joueur. Si toutes ses explications sont certes indispensables pour bien comprendre toutes les facettes du gameplay de ce Neo ATLAS 1469, rendre tout ça un peu plus court et plus fluide aurait été agréable. D’autant plus que le titre de Artdink se perd bien souvent dans des dialogues sans fin et sans grand intérêt. En effet, si le scénario propose un objectif clair et précis – découvrir le territoire de Zipangu (le Japon) en 30 ans maximum, de nombreuses quêtes annexes viennent s’ajouter à tout ça et sont toujours synonymes d’un rythme de jeu haché par des dialogues entre différents personnages. Des quêtes annexes qui n’ont en plus que peu d’intérêt, si ce n’est engranger toujours plus d’argent, mais que l’on s’empresse malgré tout de terminer pour ne pas avoir des reminders à intervalles réguliers…

Neo ATLAS 1469

L’argent étant d’ailleurs le nerf de la guerre, le joueur s’empressera bien vite d’optimiser ses échanges (pas de crainte, il est quasi impossible de finir à sec). Ainsi, à chaque fois qu’un nouveau port est découvert, on découvre en même temps la matière première mise en avant sur place : café, sel, plomb, raisin, etc. Elles ont toutes plus ou moins de valeur et certaines peuvent même s’additionner pour créer de nouvelles choses, il s’agit donc de bien réfléchir avant d'établir une nouvelle route commerciale. Elles peuvent certes toujours être annulées par la suite, mais en échange d’argent. Le joueur doit également réfléchir à quel type de bateau correspond le mieux à la route qu’il va créer. Certains ont ainsi une force de frappe élevée pour faire face aux pirates, d’autres sont rapides mais ne peuvent effectuer que de courtes distances, d’autres encore peuvent emporter plus de marchandises mais sont lents, et ainsi de suite. Des bateaux qui se débloquent toutefois au fur et à mesure et, hélas, un peu trop lentement.

Neo ATLAS 1469

Mystérieuses cités

C’est d’ailleurs l’écueil principal que l’on pourrait faire à Neo ATLAS 1469 : sa lenteur globale. Alors, certes, une Terre c’est long à parcourir. Mais difficile de ne pas être agacé par tous ces éléments qui se débloquent bien lentement, ou encore lorsqu’un explorateur revient illico à la maison parce qu’il aura découvert un nouveau port 500m plus loin alors qu’on venait de l’envoyer à 500km… Heureusement, le plaisir de la découverte surpasse ce souci, d’autant plus que la Terre du titre n’a rien à voir avec celle que l’on connaît. Générée aléatoirement, la map est en plus différente en fonction des choix du joueur. Ainsi, lorsqu’un amiral revient d’exploration, il va rédiger un rapport sur ses découvertes. Si le joueur valide, la map se modèle comme l’amiral l’a décrite. En revanche, si le joueur refuse, il faudra retourner en exploration, avec donc l’écriture d’un nouveau rapport différent (des rapports un peu longuets mais il est heureusement possible de les accélérer). Cela permet non seulement de façonner le monde comme on le souhaite, avec la possibilité de créer par exemple un seul et énorme continent ou encore plein de petites îles, mais aussi de faire des découvertes telles que le Kraken ou l’Atlantide.

Neo ATLAS 1469

Alors, forcément, l’envie d’aller toujours plus loin est bien vite là et Neo ATLAS 1469 se montre bien vite hypnotique à sa façon… et donc chronophage. On passe des heures à envoyer nos amiraux explorer le vaste monde, à optimiser nos routes commerciales ou encore à explorer plus en détail les découvertes faites en chemin. Si la Nintendo Switch se prête particulièrement bien aux courtes parties nomades, ce n’est pas vraiment le cas du titre de Artdink, et on préférera donc y jouer pépouze au fond de son lit ou de son canapé, sans stress. D’autant plus que, comme dit plus haut, l’argent ne manque jamais vraiment dans ce titre et donc la difficulté est quasiment inexistante. Certes, créer de nouvelles routes commerciales devient de plus en plus onéreux, tout comme payer les amiraux à la fin de l’année (ils prennent un certain pourcentage sur les bénéfices), mais le joueur a régulièrement droit à des dons de la part du roi du Portugal et chaque découverte rapporte des sous.

Neo ATLAS 1469

Cheveux au vent

En revanche, là où Neo ATLAS 1469 ne convainc pas, c’est sur sa réalisation globale. On ne va pas se mentir, ce n’est pas un titre vraiment beau (il est même carrément hideux sur certains aspects, notamment les chérubins qui vous feront faire des cauchemars). Souffrant déjà d’une direction artistique totalement plate – à l’exception des portraits des personnages, plutôt jolis, ce soft propose en plus des environnements vides et des textures assez vilaines. Le constat est un peu mieux côté bande-son puisque le joueur a la possibilité de débloquer différents types de sonorités (africaine, asiatique, etc) en fonction des pays découverts, ce qui permet de ne pas tomber dans la répétitivité et la routine. Gros mauvais point en revanche, la non-traduction en français. Déjà que ce jeu est réservé à un public de niche, il faudra en plus que ce public de niche parle anglais. Dommage.

Article rédigé par Shauni Chan , le

Neo Atlas 1469 est étrange, c’est un petit OVNI vidéoludique mais qui fonctionne finalement plutôt bien. On apprécie de découvrir le monde et de le façonner à notre façon, d’établir des routes commerciales ou encore d’aller explorer toutes les découvertes étranges de nos amiraux, et on peut clairement y passer des heures sans s’en rendre compte. Pourquoi seulement 6/10, alors ? Parce que déjà ce titre n’est pas exempt de défauts, avec notamment des dialogues venant hacher le rythme et une globale lenteur (surtout dans les éléments à débloquer), mais aussi car il est clairement réservé à un public de niche. Et si l’on serait tenté de le comparer à un Anno ou un Civilization, il n’a finalement pas grand-chose à voir puisque proposant uniquement de l’exploration. Vous voilà prévenus.

Points positifs

  • Créer le monde comme on le souhaite
  • Organiser sa flotte
  • Le frisson de la découverte !
  • Totalement chronophage
  • Très bonne durée de vie

Points négatifs

  • Des éléments longs à débloquer
  • Des dialogues sans fin
  • Visuellement pas terrible
  • English only
  • Réservé à un public de niche

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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