Test : Microsoft Flight Simulator - PC

Microsoft Flight Simulator - PC
Partager
14 ans. C’est le temps qu’il a fallu attendre pour voir arriver un nouvel épisode du célèbre simulateur de vol de Microsoft. Si cette absence prolongée a ouvert la voie à des challengers sérieux, comme Xplane et DCS, l’absence de la série de Microsoft, présente dans le paysage vidéoludique depuis 1982, se faisait sérieusement sentir chez les pilotes virtuels. Heureusement, Microsoft s’est enfin décidé à combler ce vide, faisant appel à Asobo Studio pour développer la simulation de vol ultime. Le studio bordelais s’est-il montré à la hauteur de la tâche qui lui a été confiée ?

Test effectué à partir d'une version PC


Microsoft Flight Simulator

Les trailers dévoilés par Microsoft ne mentaient pas. Cette édition 2020 de Flight Simulator est somptueuse et nous en met plein les yeux. Ceci étant dit, faire tourner le titre avec un tel niveau de détail n’est pas donné à tout le monde, le titre étant très gourmand en ressources. C’est monnaie courante dans le genre, mais même avec les paramètres graphiques sur “faible” le titre reste flatteur pour la rétine. Notez que, même avec l’assistance de l’intelligence artificielle Blackshark et de la quantité astronomique de données disponibles sur notre belle planète bleue, des inégalités subsistent entre les différentes régions du globe. Ainsi, certaines villes comme New York bénéficient d’un rendu photogrammétrique, bien plus précis, alors que d’autres pâtissent de données approximatives, comme en témoigne la maison de 212 étages aux environs de Melbourne.

Encore une fois, c’est courant dans le genre. De nombreuses approximations seront corrigées au fil des mises à jour, et des upgrades de maps sont déjà disponibles dans la boutique ingame. Il en est de même pour les aéroports, au nombre de 38.000, dont 40 ont été entièrement refaits “à la main” pour l’édition Premium Deluxe. En l’état, le simulateur de Microsoft est magnifique, soutenu par des effets météo et des éclairages somptueux. Il offre une sensation de dépaysement et de liberté sans commune mesure. A tel point qu’il aurait fait énormément de bien à beaucoup de monde pendant le confinement de ce début d’année. Au moins, nous l’aurons pour celui de la rentrée…
 

I believe I can fly...

Pour ce qui est des avions, ils ont été modélisés avec un sens du détail saisissant. Malheureusement, vous n’en aurez qu’entre 20 et 30, suivant l’édition acquise. Ceci étant dit, la sélection est variée, allant du petit Cesna au Boeing 747. En bon français, nous regrettons la sous-représentation d’Airbus, seul l’A320neo étant disponible au lancement. De même, nous ne pouvons que regretter l’absence des hélicoptères. En terme de physique, il est difficile pour nous de vous dire si le jeu est réaliste, et à quel point. Mais il prend en compte de nombreux éléments, comme le vent, le poids embarqué ainsi que sa répartition dans l’appareil, la résistance de la structure de l’appareil, etc. Au final, l’ensemble est très cohérent, donnant l’impression aux néophites (entendez par là : des personnes n’ayant jamais piloté un avion irl) d'avoir des sensations très “réalistes”, et surtout grisantes. D’autant plus que vous gérez tout dans l’appareil, qu’il s’agisse des gaz, de la direction, des volets, du pilote automatique ou des appareils de bord, tous entièrement fonctionnels. Le travail effectué sur les avions, leur cockpit et les commandes est remarquable.

L’immersion est encore renforcée par le contrôle aérien permettant, entre autres, le suivi de vol IFR. Bien gérées, les communications radio ne se font malheureusement qu’en anglais. Ceci étant dit, une traduction écrite est disponible via une interface dédiée pour les anglophobes. Et c’est via cette dernière que nous transmettons nos réponses. Au final, cela fait énormément de choses à gérer durant les vols, ce qui rend le titre assez complexe à aborder. Les débutants s’en sortiront avec les petits appareils de type Cessna 152, mais avec les jets et autres avions de ligne c’est une toute autre histoire.
 
Microsoft Flight Simulator

... I believe I can touch myself

D’autant plus que, contrairement à ses aînées, cette édition 2020 est avare en ressources et tutoriaux. Là où, dans le passé, nous avions des heures de leçons allant des bases de la physique d’un avion aux rudiments du pilotage d’un avion de ligne et de l’utilisation de ses instruments, nous n’avons ici que huit vols d’une dizaine de minutes à bord du Cessna 152. Si vous souhaitez piloter un jet ou un avion de ligne, c’est à vous de trouver comment procéder. Et croyez-nous, les systèmes de ces avions sont bien plus complexes. Le titre intègre un système de check-list vous aidant à préparer l’appareil au décollage, ainsi que des notifications pour indiquer certaines actions et corrections à effectuer. Mais cela ne remplace pas un bon tutorial et une bonne documentation, sans parler du fait que cela nuit à l’immersion. Pour le reste, l’interface du jeu est au point et très ergonomique. Etablir un plan de vol n’a jamais été aussi simple, l’opération se faisant directement sur la carte du monde. Un simple clic sur le globe vous permet de définir vos points de départ et d’arrivée. Cet écran donne aussi accès aux autres paramètres du vol, comme la météo et le trafic aérien, qui peuvent être synchronisés avec leur pendant réel si vous le désirez.

En terme de performance, vous pouvez dire adieu au 4K/60FPS. La quantité de données gérée est telle que même les PC gamer hauts de gamme peinent à passer la barre des 40FPS (dans des zones peu chargées en éléments de décor, avec des avions “simples”). Cela étant dit, le titre ne descend pas en dessous des 20FPS. Encore une fois, vu la quantité de données à gérer, c’est tout à fait honorable. D’autant plus que dans un titre de ce genre tourner autour des 30FPS n’est pas du tout gênant. Ce qui l’est plus, c’est la durée astronomique des temps de chargement, dépassant allègrement la minute, même pour certains menus. Mais le pire reste le lancement du simulateur lui-même, vous laissant le temps de siroter votre café tranquillement...

Microsoft Flight Simulator

14 ans, ça fait long. Mais quand on voit le résultat obtenu ici, on ne peut que se dire que l’attente en valait la peine. Il est impossible de rester de marbre devant un tel niveau de détail. C’est juste impressionnant. Mais tout n’est pas parfait non plus : le peu d’avions disponibles, l’absence des hélicoptères et le manque de ressources pour apprendre à maîtriser les aéronefs disponibles en rebuteront certains. Mais il ne fait aucun doute que nous sommes là en présence de la nouvelle référence du genre. Et, les mises à jour aidant, il est fort probable que Flight Simulator reste au sommet pendant de nombreuses années.
31 août 2020 à 11h48

Par

Points positifs

  • C'est magnifique
  • Le "réalisme" du pilotage
  • Le monde entier accessible depuis son salon
  • La sensation de liberté qui se dégage du titre

Points négatifs

  • Peu d'avions disponibles au final
  • Un cruel manque de ressources pour apprendre à piloter les avions les plus complexes
  • Très gourmand
  • On aurait aimé l'avoir pendant le confinement

Gribouillé par...

pattoune

pattoune

Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.
Revenir en haut