Test : NEO : The World Ends with You - PC

NEO : The World Ends with You - PC
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Dans le petit monde du jeu vidéo, il est relativement rare que des suites arrivent bien des années après. Ça arrive, bien sûr, mais d'habitude les sorties sont plutôt rapprochées. Ce qui n'est absolument pas le cas de NEO : The World Ends With You, qui arrive 13 ans après son prédécesseur, sorti chez nous en 2008 sur DS. Cette fois-ci, les équipes de Square Enix ont choisi la PS4 et la Nintendo Switch (mais aussi le PC, plus tard). Prêts pour un retour à Shibuya ?

Test effectué à partir d'une version PS5

Rindo et Fret sont deux adolescents plutôt classiques... en tout cas jusqu'à ce qu'ils tombent sur de drôles de badges dans le quartier de Shibuya. Une fois en leur possession, ils se rendent compte qu'ils peuvent voir des choses étranges, comme par exemple des personnages combattant des monstres. Ils sont en fait passés dans une sorte de réalité alternative où ils devront jouer au jeu des Reaper. S'ils se trouvent toujours bel et bien dans les rues de ce quartier de Tokyo, plus personne ne peut les voir, si ce n'est les fameux Reaper, ainsi que les autres joueurs. Ils apprennent bien vite qu'ils vont devoir effectuer de petites missions quotidiennes pour gagner des points et espérer être les premiers à la fin de la semaine.

Let's go to the mall today

C'est ainsi que démarre l'aventure pour le joueur, propulsé dans Shibuya et avec une première mission de survie à réaliser. Un postulat qui ne surprendra pas les fans de japoniaiseries tant il a été vu et revu ces dernières années, que ce soit au niveau des jeux vidéo, des mangas ou encore des séries. Néanmoins, NEO : TWEWY (titre raccourci pour des raisons évidentes de flemme) parvient à nous maintenir en haleine de bout en bout grâce à un récit maîtrisé, rempli de rebondissements et de personnages attachants, avec en plus une localisation française particulièrement réussie et reprenant les codes (sans jamais abuser) des conversations adolescentes actuelles. Attention toutefois, le tout est étalé sur de très nombreux dialogues, avec parfois de longues minutes sans avoir à toucher la manette, et parfois même sans doublages.

NEO : The World Ends With You

Un souci accentué par la mise en scène assez minime du titre de Square Enix. En effet, les cinématiques sont extrêmement rares et, la plupart du temps, l'histoire progresse via de petites cases, à la manière d'une bande dessinée. Alors, certes, cela permet de profiter comme il se doit des visuels très travaillés du jeu, mais ça donne malgré tout un petit côté cheap pas forcément engageant. Et si l'on comprend très bien ce genre de mise en scène sur une petite DS, ça devient plus difficile à accepter sur une console de salon... Heureusement, comme dit précédemment, le scénario plutôt rythmé parvient à faire passer la pilule et à profiter du tout sans trop tiquer.

NEO : The World Ends With You

The edge of the world

NEO : TWEWY, c'est aussi toute une ambiance, que l'on retrouvait déjà dans le jeu de l'époque et qui donnerait presque l'impression de réellement se balader à Shibuya, un peu comme dans un Persona 5. Au fur et à mesure de la progression, on débloque de nouveaux quartiers, qui sont autant de nouvelles zones de jeu, on déambule au milieu des passants en écoutant leurs pensées, on se BAGARRE (mais nous y reviendrons plus tard), on entre dans un fast food ou un magasin de vêtements... Bref, on vit notre meilleure vie en oubliant que dans sept jours, si on n'est pas premiers, on risque de s'en mordre les doigts. Bref, une ambiance très soignée et aidée par une direction artistique qui n'est pas sans rappeler Jet Set Radio, ainsi qu'une bande-son réussie et plutôt variée, même si certaines musiques reviennent bien trop souvent à notre goût.

NEO : The World Ends With You

Les magasins et restaurants représentent un vrai point central du jeu puisqu'ils viennent s'occuper de deux éléments essentiels dans tout bon RPG : l'équipement et les statistiques. En mangeant, on améliore ainsi nos points de vie ou encore notre attaque, et en achetant les dernières fringues à la mode on profite de boosts intéressant, à condition tout de même d'avoir le niveau de style nécessaire. On peut aussi s'offrir des badges, qui sont en fait des attaques, sachant que ces derniers sont aussi assez souvent lâchés par les ennemis. En dehors de flâner, le petit groupe de héros doit tout de même réaliser ses missions, qui prennent notamment la forme de petites énigmes jamais bien méchantes à résoudre, en utilisant parfois des pouvoirs spécifiques à chacun, par exemple remonter dans le temps ou encore rappeler un souvenir enfoui à quelqu'un. Ces pouvoirs se débloquent petit à petit, donnant tout le temps un peu quelque chose de neuf à grignoter, ce qui est plutôt bienvenu pour ne pas être vite lassé.

NEO : The World Ends With You

This is the end, my friend

Le gros point noir de NEO : TWEWY provient en fait de son système de combat. Et c'est moche, parce que des combats, vous allez en faire dans les rues de Shibuya ! Comme dit juste au-dessus, les attaques se présentent en fait sous forme de badges que l'on équipe à nos personnages. Une fois dans l'arène, il ne reste plus qu'à en profiter en alternant entre les uns et les autres, sachant que le tout se déroule en temps réel. Exécuter correctement des attaques permet de faire grimper une jauge de groove, jauge qui débloque une super attaquer une fois que l'on atteint les 100%. Sauf que voilà, si ces affrontements se montrent certes nerveux et agréables à prendre en main... on se rend compte en fait bien vite que l'on en a pour des heures de simplement s'acharner sur les boutons de la manette. Il n'y a rien de très tactique là-dedans, l'I.A. étant relativement stupide et la difficulté basse. On prend donc bien vite l'habitude d'alterner entre rond, triangle, R1, puis rond de nouveau, par exemple.

NEO : The World Ends With You

Et c'est dommage, car on aurait vraiment apprécié un peu plus de diversité. D'autant plus que les badges sont hyper nombreux, qu'ils gagnent des niveaux et peuvent même évoluer pour débloquer de nouvelles attaques... mais les boutons sont associés aux personnages, pas aux badges, il n'y a donc jamais vraiment de variation dans le gameplay. De plus, les attaques étant chargées en effets visuels, on se retrouve bien vite à ne plus rien y voir tant les éléments se bousculent à l'écran. Il est aussi frustrant de constater que chaque entrée et sortie dans un combat s'accompagne d'un temps de chargement, ce qui est aussi vrai lorsque l'on enchaîne les bastons en additionnant les vagues d'ennemis. Et croyez-nous, vous ne vous risquerez pas à deux fois à tenter une suite de cinq vagues d'ennemis et leurs cinq temps de chargement !
 
 
 
 
 
 
 
 
En dehors de ses temps de chargement trop nombreux et de sa mise en scène minime, NEO : The World Ends With You pèche essentiellement sur un élément : ses combats. Brouillons, trop faciles et très peu intéressants, ils ne donnent clairement pas envie de les enchaîner malgré leur côté très nerveux. Heureusement, tout le reste de l'aventure se montre bien plus à la hauteur, avec un scénario plein de rebondissements, un casting très attachant, une ambiance prenante, une traduction française vraiment réussie ou encore une direction artistique au top.
29 juillet 2021 à 11h29

Par

Points positifs

  • La balade au cœur de Shibuya
  • Une ambiance prenante
  • Jolie direction artistique
  • Scénario et personnages réussis
  • La localisation française au top
  • Des combats nerveux...

Points négatifs

  • ... Mais sans vrai intérêt
  • Mise en scène un peu cheap
  • Les temps de chargement
  • Parfois de longs moments de dialogues (et pas forcément toujours doublés)

Gribouillé par...

Shauni

Shauni

Celle qu'on ne voit pas

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

Twitter : Shauni_Chan

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