Test : Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection - PC

Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflection - PC
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Si l'on prend un peu de recul en observant ces dernières années, on constate que le monde du JRPG semble tourner un peu au ralenti. Certes, nous avons eu droit à quelques bons jeux comme Metaphor: ReFantazio ou même un hommage au JRPG avec Clair Obscur, mais on ne peut pas affirmer que le genre est prolifique actuellement. Monster Hunter Stories 3 arrive sur un timing parfait.

Test effectué à partir d'une version PC

C’est en 2016 que le premier spin-off de la série Monster Hunter est apparu sur 3DS. Il n’est plus question de jeu en temps réel dans lequel il faut lire les patterns de monstres iconiques afin de trouver le bon timing pour les bastonner, mais de combats au tour par tour dans le style JRPG avec une composante Pokémon nous demandant d’attraper des bébêtes pour les faire combattre. Si l'idée était intéressante et bien exécutée, le support 3DS ne permettait pas au jeu de s’illustrer techniquement, expliquant surement pourquoi beaucoup sont passés à côté malgré la qualité du titre. Heureusement ce troisième épisode s'émancipe de supports limités techniquement et permet à Capcom de proposer un jeu extrêmement séduisant avec son cel shading bien maîtrisé et un gameplay au poil procurant plaisir et dopamine une fois le pad en main.

Les écologistes

Dans les spin-off Stories, il n’est pas question de jouer un chasseur devant battre un monstre pour se faire des chaussettes, et optionnellement rétablir l'équilibre écologique du coin. Ici, on incarne un Rider dont le but est de voler les œufs de nos bon vieux dragons et autres Godzilla afin de les élever pour les relâcher plus tard dans la nature et éviter que leur espèce ne s'éteigne. Contre-intuitif, avouons-le, mais c’est un peu l’habitude de la série, spin-off ou non, de nous vendre de la castagne cryptozoologique de façon éthique.

Un mal ronge le territoire d'Azuria et certains monstres deviennent fous après avoir été infectés par une maladie qui fait pousser des cristaux sur certaines parties de leur corps. En parallèle la nation voisine menace de vous envahir car son territoire est devenu inapte à l'agriculture et risque de sombrer dans la famine. C'est dans ce contexte géopolitique que votre personnage, le ou la princesse du royaume, et toute sa bande de Monsties (les monstres apprivoisés) et de Riders, allez régler ce problème à coups d'épée dans le Rathian du coin pour sauver son espèce. C'est pour leur bien qu'on vous dit !


Pierre, papier, ciseaux ... puit, fontaine, contre-kem's, UNO !

Si les premiers épisodes reprennent le principe du papier, pierre, ciseaux pour insuffler un peu de stratégie dans les combats au tour par tour, ce troisième opus complexifie le système, peut-être à l'extrême. Même après des dizaines d’heures de jeu, il y a toujours des choses un peu floues, difficiles à comprendre. On commence par les classiques attaques Fortes, Techniques ou Rapides, qui font office de Shifumi. La force bat la technique qui bat la rapidité qui bat la force. Il faudra donc être attentif à bien identifier quel membre de votre équipe le monstre vise (on peut voir à chaque tour qui vise quoi) et faire le pari de choisir la bonne attaque. Dans le cas d’une victoire, celle du monstre est annulée et seule la votre fera mouche. En cas d'égalité, les deux aboutissent.

À ce système s'ajoutent les talents qui fonctionnent en consommant de l'énergie. Ce sont des compétences faisant plus de dégâts, visant plus d’ennemis ou permettant de buffer votre équipe ou débuffer les ennemis. Les techniques dépendent de l’un des trois types d'armes que vous pouvez porter. Il y a six archétypes d'armes, sur les quatorze que le Monster Hunter classique connaît. La grande épée et le katana de type tranchant, le marteau et le chasse-cornes de type contondant, l’arc et la lance-canon de type perçant. C’est important, car les monstres sont divisés en parties que l’on pourra briser pour récupérer les composants nécessaires pour le craft, et chaque partie est faible à un type particulier.

Ce n'est pas tout ! Il y a aussi la jauge d'amitié avec son Monstie, que l'on peut d'ailleurs changer à volonté parmi une équipe de 6, qui se remplit au cours du combat et qui permet de passer en mode monture en le chevauchant pour faire une attaque dévastatrice une fois pleine. Ah ! J'oubliais ! Je n’ai pas parlé de la jauge de posture des monstres ennemis qui doit être vidée pour mettre à terre un monstre afin de faire une attaque groupée à la Persona. Oui, comme vous pouvez le constater, c’est touffu mais tout cela retranscrit vraiment bien les sensations de combat du jeu de base, ce qui est un exploit pour du tour par tour.


Des chaussettes en Rathalos

Tous ces combats vont permettre de récolter des composants afin de créer des armures et des armes, comme un Monster Hunter canonique. Chaque monstre permet de débloquer de nouveaux équipements avec leurs forces et faiblesses élémentaires, ainsi que les talents qui leur sont rattachés. Rapidement les combats deviennent exigeants et avoir l’armure avec les bonnes défenses sera indispensable. Il faudra constamment jongler, comme dans le jeu d’origine, pour être au top selon la cible. Capcom a aussi compris que les joueurs adorent la mode et permet ainsi d'équiper n’importe quelle armure déjà craftée en conservant le look de celle que l’on préfère.

Le craft passe aussi par la collecte de ressources lors des déplacements. À vous la cueillette des champignons, le minage de roches, la récolte d'ossements et j’en passe. Il sera également possible de visiter des tanières de monstres afin de voler leurs œufs, comme nous l'avons mentionné précédemment. Chaque tentative augmente les chances de réveiller ou de faire revenir le parent, débouchant généralement sur un combat plus difficile que la moyenne. Mais c’est le seul moyen d’obtenir de nouveaux membres pour votre équipe et de restaurer l'équilibre écologique de la région.

Vous aurez forcément des doublons d'espèce au fil des nombreuses éclosions effectuées. Relâcher les doublons dans la nature permet d’augmenter la qualité de cette catégorie. Il ne suffit pas d’augmenter le niveau de vos Monsties en gagnant de l'expérience pour être fort, il vous faudra capturer des œufs de meilleure qualité afin de maximiser leurs statistiques initiales. Rester sur un rang D d'écosystème vous mènera à votre perte sur le long terme alors qu’un rang S vous permettra d'élever un Monstie prometteur !
Monster Hunter Stories 3 est une belle surprise qui comblera les fans de JRPG. Il faut cependant noter que ceux qui cherchent un scenario complexe et dense seront peut-être déçus. Il est ici plus question de mécaniques de combats et de gestion d'équipe complexe qui demandent du temps pour être maitrisées. La narration est plus anecdotique, même s'il faut saluer l'effort de Capcom qui l'a rendue plus adulte et intéressante que sur les opus précédents.
06 avril 2026 à 09h45

Par

Points positifs

  • Les graphismes
  • Les Monsties
  • Le système de combat qui offre beaucoup de possibilités
  • Le craft
  • Les Palicos

Points négatifs

  • On aurait aimé une histoire plus présente
  • Le foisonnement de systèmes peut être rebutant
  • Les Palicos

Gribouillé par...

Wildchoc

Wildchoc

Tanuki lubrique

Le wildchoc sauvage est un petit animal farouche au poil soyeux. Passionné de jeux vidéo il ne sort que très peu souvent pour subvenir à ses besoins naturels tels que se nourrir et se reproduire. Il est cependant facile d'en capturer un en faisant résonner à l'extérieur de sa tanière une douce musique Chip tune. Pourquoi en attraper un ? Ils font en général de très bon coussins.

Twitter : @wildchoc01

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