Lunne, c'est l'héroïne de
The Witch's Bakery : une jeune sorcière quittant sa ville natale pour ouvrir sa boulangerie à Paris. Elle n'est heureusement pas seule dans cette aventure puisqu'elle peut compter sur l'aide de son compagnon magique Orio. Une fois sur place, tous deux vont entrer dans une petite routine qui consiste à s'occuper de la boulangerie chaque jour (sauf le dimanche) puis trouver de quoi s'occuper en fin de journée (resto, achats, cinéma, etc). Une dernière activité est possible le soir, comme lire ou améliorer les recettes, et enfin des relations avec divers PNJ sont aussi à nouer.
Bref, dit comme ça, ça peut sembler intimidant, mais rappelons que The Witch's Bakery est avant tout un jeu cosy. Chacun peut passer son temps libre comme il le souhaite, sans se stresser. À condition bien entendu d'avoir suffisamment d'argent, les premiers revenus de la boulangerie étant assez maigres par rapport aux prix des repas et autres objets de décoration. Heureusement, améliorer les recettes permet de faire grimper le prix des pains et autres viennoiseries, tout en réduisant leur temps de confection.
Car la boulangerie se gère à la minute : il n'y a pas de réels stocks – seulement trois exemplaires de chaque produit - et il faut faire en fonction des demandes des clients et en gérant leur temps d'attente. Durant la période de vente, Lunne gère la confection des pâtes et Orio se charge ensuite de la création et de la cuisson des produits. Il ne reste ensuite plus qu'à attribuer les bons produits aux clients, sachant que certains s'impatientent plus vite que d'autres, que certains changent de commande en cours de route ou encore que d'autres veulent toute leur commande en une seule fois. Rien de bien méchant toutefois, le timing étant assez généreux.
Two Point Bakery
Malheureusement pour les amateurs de jeux de gestion, il s'agit là de l'essentiel concernant la gestion de la boutique. Il est bien possible de modifier le menu le matin une fois que l'on a débloqué assez de recettes, mais c'est hélas à peu près tout. Comme dit précédemment, The Witch's Bakery met surtout en avant sa narration, et c'est ce qui représente d'ailleurs sa force. Car Lunne n'est pas une sorcière basique : c'est une sorcière du cœur, elle est donc capable de réparer les petits et gros bobos faits à l'âme.
Ce qui passe la plupart du temps via les produits de sa boutique. Parfois, un client accompagné d'un Regret – prenant la forme d'un petit fantôme – se présente. Une fois sa commande livrée, il faut passer par un petit casse-tête pas bien méchant pour lui permettre de se débarrasser de ce Regret. Ces puzzles/labyrinthes sont toutefois très peu variés et pas bien intéressants à résoudre : il s'agit en général de trouver une clé dans le noir ou encore d'éviter de petites zones qui deviennent dangereuses à intervalles réguliers.
Mais parfois, les regrets sont plus importants, et Lunne doit alors plonger plus profondément dans le cœur des gens. Ces phases là sont narratives et divisées en plusieurs plongeons, la sorcière devant en apprendre plus dans le monde réel pour pouvoir progresser dans ces sortes de donjons. Là aussi, la structure est la même d'un cœur à l'autre : il faut avancer en résolvant de petites énigmes et en évitant des ennemis pour raccompagner une créature à son nid. Un peu plus de variété aurait été appréciable concernant tous ces aspects, même s'il faut évidemment garder à l'esprit que l'équipe de Sunny Lab est restreinte.
Sand Witch
Malgré tout, certains choix semblent étranges et même contre-productifs, comme par exemple l'amélioration des recettes. Comme dit précédemment, Lunne peut retravailler le soir ses recettes pour en augmenter le prix de vente et réduire le temps de confection. Le hic, c'est qu'il faut à chaque fois repasser par la recette toute entière : peser les ingrédients, utiliser Orio pour faire lever la pâte ou la cuire, façonner, éventuellement faire une crème pâtissière et ainsi de suite. Autant de petites étapes qui se montrent bien vite laborieuses et, une fois de plus, répétitives. D'autant plus qu'il n'y a aucune fonction tactile sur la version Switch, ce qui aurait pourtant rendu la chose plus fluide.
Heureusement, The Witch's Bakery ne déçoit pas concernant sa narration. Le duo complice Lunne et Orio se montre adorable et tous les personnages ont un petit quelque chose qui pousse à en savoir plus. C'est ce qui donne réellement envie de voir le générique de fin, et ce malgré les aspects répétitifs du gameplay ou encore le rythme globalement assez lent de l'aventure. L'ambiance globale cosy joue également pour beaucoup : il est question d'écouter son cœur et de laisser de côté les lourds bagages émotionnels pour enfin aller de l'avant. Des thèmes qui résonneront forcément chez tout le monde et qui ont le bon goût d'être abordés avec tact et douceur.
Une autre bon point repose sur la direction artistique du bébé de Sunny Lab. À ce sujet, il n'y a rien à redire : tout est magnifique. Que ce soit les environnements, le chara design ou encore les animations, on sent qu'un soin tout particulier a été appliqué ici. Ça donnerait presque envie d'aller vivre à Paris, c'est dire ! Côté ambiance sonore, le jeu n'est presque pas doublé, mais notons que les textes sont en français et particulièrement réussis, avec pléthore d'expressions modernes que seuls des natifs pourraient connaître. Les musiques, elles, sont dans la lignée du scénario, à savoir douces et relaxantes.