Test : Valor Mortis - PC

Valor Mortis - PC

Valor Mortis - PC

Genre : FPS souls-like

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Après les deux Ghostrunner, le studio polonais One More Level change radicalement de registre avec Valor Mortis, un Souls-like à la première personne prenant place dans une Europe napoléonienne ravagée par une mystérieuse épidémie. Un mélange entre Dark Souls, Sekiro et BioShock qui, malgré quelques imperfections, parvient à se construire une véritable identité.

Test effectué à partir d'une version PC

Les guerres napoléoniennes ne constituent pas exactement le cadre le plus exploité dans le jeu vidéo, encore moins lorsqu'il est question de morts-vivants et de pouvoirs surnaturels. C'est pourtant le pari tenté par One More Level avec Valor Mortis. Nous sommes au XIXe siècle, dans une Europe dévastée par les campagnes militaires de Napoléon Bonaparte. Une mystérieuse substance, la Nephtoglobine, s'est répandue sur le continent, transformant soldats et civils en créatures particulièrement peu accueillantes. Au milieu de ce désastre, William, un soldat britannique ayant servi dans la Grande Armée, revient mystérieusement à la vie après avoir trouvé la mort sur un champ de bataille. Et autant dire que son réveil ne se déroule pas dans les meilleures conditions. Notre protagoniste découvre rapidement qu'il possède des capacités surnaturelles directement liées à cette étrange contamination. Il entend également la voix de Napoléon (doublé par Vincent Cassel et non pas, hélas, par Christian Clavier), qui semble particulièrement intéressé par son retour parmi les vivants. Entre les ordres de l'Empereur, les agissements d'une résistance menée par une mystérieuse figure appelée la Pie-grièche et les interrogations entourant sa propre résurrection, William va devoir traverser un pays complètement ravagé pour comprendre ce qui se passe réellement.


Le scénario possède immédiatement un avantage sur de nombreux représentants du genre. Son contexte historique, même largement revisité, permet de proposer autre chose que les habituels royaumes médiévaux en ruine. Les uniformes, les fortifications, les villages dévastés et les armes d'époque donnent une vraie personnalité aux environnements. Cette direction artistique fonctionne particulièrement bien lorsqu'elle mélange les vestiges de la guerre avec les conséquences de l'épidémie. Certains soldats conservent une apparence presque humaine, tandis que d'autres ont subi des mutations autrement plus inquiétantes. Le résultat est parfois franchement dérangeant, avec des créatures dont les corps semblent avoir fusionné de manière complètement anarchique. Cette ambiance profite également d'une bonne utilisation des éclairages et des décors. Les villages abandonnés, les installations militaires, les grottes ou encore les zones marécageuses présentent des identités visuelles assez distinctes. La violence des affrontements passés se retrouve partout, que ce soit à travers les cadavres, les bâtiments détruits ou les objets abandonnés. Valor Mortis n'est pas un jeu d'horreur à proprement parler, mais certaines séquences s'en rapprochent clairement. Les environnements fermés et les apparitions de créatures particulièrement grotesques entretiennent une tension bienvenue, sans que le titre cherche pour autant à multiplier les effets de surprise faciles.

Valor Mortis

L'autre bonne surprise concerne la construction du monde. Contrairement à Elden Ring, Valor Mortis ne propose pas un immense terrain de jeu ouvert. Sa progression s'organise autour de chapitres et de zones relativement délimitées, mais suffisamment complexes pour laisser une place importante à l'exploration. Les chemins se croisent, les passages secondaires débouchent sur des raccourcis et plusieurs endroits deviennent accessibles après l'obtention de nouvelles capacités. Cette structure rappelle davantage les premiers Dark Souls, avec cette satisfaction particulière de découvrir qu'un détour permet finalement de rejoindre un secteur déjà visité. Les lanternes servent de points de repos, de progression du personnage et de déplacement rapide entre les différentes zones. Comme souvent dans un Souls-like, s'y reposer permet de récupérer ses ressources, mais entraîne également la réapparition des ennemis ordinaires. Leur positionnement est globalement intelligent, notamment grâce aux nombreux raccourcis qui évitent de devoir retraverser systématiquement les mêmes couloirs. L'exploration est d'ailleurs régulièrement récompensée par des équipements, des matériaux d'amélioration ou des rencontres secondaires. Il existe aussi quelques petites énigmes environnementales qui exploitent les capacités surnaturelles de William. Rien de particulièrement compliqué, mais suffisamment pour renouveler les situations. 

Valor Mortis

Les quêtes annexes méritent également qu'on leur consacre un peu de temps. Certaines permettent d'approfondir le quotidien des populations touchées par les conflits, tandis que d'autres présentent des personnages aux motivations moins évidentes qu'il n'y paraît. Plusieurs missions peuvent connaître différentes résolutions en fonction des décisions prises, même si leurs conséquences restent généralement limitées à leur propre intrigue. Elles participent surtout à rendre cet univers plus crédible et à montrer les conséquences humaines des ambitions de Napoléon. C'est un aspect appréciable, d'autant que le scénario principal ne développe pas toujours ses bonnes idées aussi loin qu'il le pourrait. Comptez environ vingt heures pour terminer l'aventure en prenant le temps de visiter les différents environnements et de réaliser une partie des activités secondaires. Une durée de vie plutôt bien calibrée, qui laisse suffisamment de place à la progression sans chercher artificiellement à prolonger l'expérience. Quelques passages plus classiques, notamment dans les souterrains, peuvent sembler moins inspirés, mais l'ensemble conserve un rythme convaincant. Avec un tarif de lancement fixé à 39,99 euros, le contenu proposé se montre particulièrement intéressant. 

Valor Mortis

La garde meurt, mais ne pare pas

Là où Valor Mortis devait véritablement faire ses preuves, c'était évidemment sur son système de combat. Réaliser un Souls-like à la première personne n'a rien d'évident. La formule repose habituellement sur une lecture précise des animations adverses, une gestion rigoureuse des distances et une bonne visibilité de l'environnement. En plaçant la caméra directement dans les yeux du protagoniste, One More Level prend donc un risque certain. Un choix néanmoins cohérent pour un studio qui maîtrise déjà parfaitement cette perspective grâce aux deux épisodes de Ghostrunner. La bonne nouvelle, c'est que les affrontements fonctionnent remarquablement bien. William dispose d'attaques légères et lourdes, d'une esquive et surtout d'un système de parade qui occupe une place centrale dans les combats. Bloquer au bon moment permet de déséquilibrer progressivement un adversaire, jusqu'à le rendre vulnérable à une exécution particulièrement brutale. Il faut apprendre à observer les mouvements, anticiper les attaques et trouver les ouvertures permettant de contre-attaquer. Les premières rencontres demandent un petit temps d'adaptation, principalement à cause de la caméra, mais les sensations deviennent rapidement très satisfaisantes. Le système ne repose cependant pas uniquement sur le bon timing des parades. Plusieurs armes de mêlée sont disponibles, chacune possédant ses propres avantages. Le sabre constitue une solution équilibrée, capable de s'adapter à la plupart des situations. La rapière privilégie la rapidité et les contre-attaques, mais demande davantage de précision puisqu'elle ne permet pas de bloquer traditionnellement. Enfin, la grande épée propose une approche plus lente et puissante. Ces différences ne sont pas anecdotiques. Elles encouragent à modifier sa manière de combattre et à choisir un équipement en fonction du type d'adversaire rencontré.

Valor Mortis

La véritable particularité de Valor Mortis se trouve néanmoins dans la possibilité de combiner les armes de mêlée avec des armes à feu et des pouvoirs surnaturels. Tandis que la main droite manipule généralement une épée, la gauche peut accueillir un pistolet, une arme à dispersion ou différentes capacités obtenues au cours de l'aventure. Les armes à feu permettent notamment de toucher les points faibles de certaines créatures ou de déclencher des réactions avec les éléments du décor. Les pouvoirs de transmutation offrent d'autres possibilités, comme enflammer les ennemis ou les immobiliser temporairement. Difficile de ne pas penser à BioShock, dont l'influence se ressent autant dans certaines capacités que dans leur utilisation pendant les affrontements. Cette complémentarité donne une vraie profondeur au système de combat. Il devient possible d'immobiliser un ennemi particulièrement dangereux avant de lui infliger plusieurs attaques, d'exploiter un élément explosif placé à proximité ou encore d'utiliser une arme à feu pour interrompre une menace éloignée. La gestion de l'endurance impose néanmoins de faire attention à ses actions. Impossible d'enchaîner indéfiniment les attaques et les esquives sans risquer de se retrouver complètement exposé. Les affrontements demandent donc un minimum de préparation et récompensent les joueurs capables d'utiliser intelligemment l'ensemble des outils disponibles.

Valor Mortis

La progression du personnage reprend également plusieurs mécanismes bien connus du genre. Les catalyseurs récupérés en éliminant les ennemis permettent d'améliorer les caractéristiques de William, notamment sa santé et son endurance. Les armes, les pouvoirs et les équipements peuvent aussi évoluer grâce aux ressources découvertes pendant l'exploration. À cela s'ajoute un système d'Ambres qui offre différents bonus passifs ou actifs. Certaines améliorations favorisent la récupération de santé, tandis que d'autres renforcent les attaques ou ajoutent des effets particuliers. Il est même possible de redistribuer ses points moyennant une dépense de catalyseurs, ce qui évite de rester bloqué avec une configuration devenue peu adaptée. Mais One More Level n'a pas complètement abandonné ce qui faisait la force de Ghostrunner. Valor Mortis intègre plusieurs séquences de déplacement parkour qui viennent régulièrement casser le rythme des affrontements. Courses sur les murs, sauts précis, grappin et passages de plates-formes permettent de traverser les environnements avec une mobilité relativement importante. Certaines capacités servent également pendant les combats, notamment pour rejoindre rapidement une position avantageuse ou attaquer un adversaire depuis les airs. Ces séquences restent assez encadrées, mais elles constituent une excellente manière de varier les situations. On aurait même apprécié qu'elles soient davantage exploitées dans certaines zones. 

Valor Mortis

Les affrontements contre les boss représentent évidemment des moments importants de l'aventure. Ils reposent généralement sur l'apprentissage des attaques adverses et demandent de maîtriser les différentes possibilités offertes par l'équipement. Plusieurs rencontres proposent des adversaires aux comportements assez originaux, parfois accompagnés de mécaniques environnementales intéressantes. Certaines confrontations sont particulièrement exigeantes, notamment lorsque les ennemis enchaînent rapidement plusieurs attaques. La victoire procure alors cette satisfaction bien connue des amateurs de Sekiro, lorsqu'un combat initialement difficile devient progressivement maîtrisable. Tout n'est malheureusement pas parfait. Plusieurs boss disposent d'une seconde phase qui intervient après avoir vidé leur première barre de vie. Une mécanique parfaitement acceptable en soi, mais tellement répétée qu'elle finit par perdre son effet de surprise. L'équilibrage de certaines rencontres peut également provoquer quelques frustrations. Quelques attaques infligent des dégâts particulièrement importants, alors que leur animation n'est pas toujours suffisamment lisible. Le problème se ressent surtout pendant les premières heures, lorsque William dispose encore d'un équipement relativement limité et que les réflexes ne sont pas complètement acquis. 

Valor Mortis

Heureusement, le jeu adopte aussi plusieurs bonnes idées pour limiter la frustration. Les lanternes sont généralement placées à proximité des affrontements importants, évitant les longs trajets nécessaires pour rejoindre un boss après une défaite. Les catalyseurs perdus peuvent être récupérés, et certaines rencontres permettent même d'obtenir des ressources malgré un échec. La possibilité de mettre le jeu en pause constitue également une petite amélioration appréciable par rapport aux habitudes du genre. Valor Mortis reste difficile, mais il évite une partie des contraintes parfois inutilement pénibles de ses concurrents. Quelques faiblesses subsistent néanmoins dans les affrontements ordinaires. Si le bestiaire dispose de créatures visuellement intéressantes, leur variété s'essouffle un peu au fil de l'aventure. Plusieurs adversaires reviennent avec de légères modifications, sans renouveler fondamentalement leur manière de combattre. Certains comportements peuvent aussi manquer de cohérence, notamment chez les ennemis capables de détecter William à distance et de continuer à attaquer malgré la présence d'obstacles. Les combats contre plusieurs adversaires souffrent parfois de la visibilité réduite imposée par la caméra subjective. Il suffit alors d'une attaque provenant d'un angle mort pour transformer une rencontre pourtant bien engagée en défaite assez frustrante.

Valor Mortis

La géométrie des décors peut également poser quelques problèmes. Dans les espaces étroits, une esquive peut être interrompue par un élément du décor, tandis que certains obstacles ne peuvent pas être franchis malgré leur apparence. Cela reste relativement ponctuel, mais ces situations sont davantage pénalisantes dans un jeu où chaque erreur peut coûter une bonne partie de la barre de vie. L'interface de sélection des armes manque aussi parfois de souplesse lorsque les affrontements deviennent particulièrement nerveux. Rien de rédhibitoire, mais ces détails rappellent que la formule mériterait encore quelques ajustements. Du côté de la réalisation, Valor Mortis profite de l'Unreal Engine 5 pour proposer des environnements détaillés, des éclairages travaillés et des créatures souvent impressionnantes. La direction artistique constitue clairement sa principale réussite visuelle. Les effets surnaturels, les animations de mise à mort et la violence des combats participent à l'ambiance générale. En revanche, certaines textures manquent de netteté et quelques éléments du décor présentent une finition moins convaincante. Sur PC, des baisses de fluidité et des micro-saccades peuvent également apparaître, particulièrement dans certaines zones avancées. 

Valor Mortis

L'ambiance sonore accompagne efficacement cette atmosphère. Les impacts des armes, les coups de feu et les manifestations surnaturelles possèdent une présence appréciable. Le doublage anglais profite également d'une distribution solide, avec notamment Vincent Cassel dans le rôle de Napoléon, Jennifer English pour la Pie-grièche et James Alexander dans celui de William. Les interprétations donnent du caractère aux personnages, même si le rythme de certains dialogues manque parfois de naturel. Quelques problèmes ponctuels de mixage ou d'effets sonores viennent également ternir le tableau. Enfin, la bande-son remplit correctement son rôle, sans forcément proposer de compositions particulièrement mémorables.

Valor Mortis

Valor Mortis constitue une excellente surprise. Avec son univers napoléonien revisité, ses combats particulièrement réussis et son exploration intelligente, One More Level parvient à proposer une expérience qui possède suffisamment de personnalité pour se démarquer de la concurrence. Quelques soucis d'équilibrage, une caméra parfois capricieuse et une réalisation technique perfectible empêchent le jeu d'atteindre l'excellence absolue. Mais les amateurs de Souls-like auraient tort de passer à côté de cette aventure aussi exigeante qu'originale.
12 octobre 2026 à 16h34

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Points positifs

  • Un univers napoléonien original et particulièrement réussi
  • Des combats à la première personne nerveux et exigeants
  • L'excellente complémentarité entre armes et pouvoirs
  • Une exploration intelligente avec de nombreux secrets
  • Des boss marquants et une durée de vie généreuse

Points négatifs

  • Quelques affrontements parfois mal équilibrés
  • Une caméra qui peut compliquer les combats rapprochés
  • Un bestiaire qui manque de renouvellement sur la durée
  • Des ralentissements et quelques imperfections techniques
  • Une narration qui ne va pas toujours au bout de ses idées

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Lorris

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Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.
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