Le principe de
Dupery est simple : il faut résoudre des affaires en prenant en compte les rôles en jeu pour progresser. Au bout d'un certain nombre d'affaires résolues, la juridiction s'étend et de plus en plus de rôles entrent en jeu, rendant bien sûr chaque cas plus délicat à résoudre. Il est possible d'arrêter plus ou moins tout le monde, mais se tromper et arrêter des innocents fait descendre la réputation du détective, qui représente aussi sa barre de vie. Si celle-ci tombe à zéro, il est viré et c'est Game Over.
Chaque rôle a donc ses spécificités, forçant le joueur à effectuer ses déductions en accord avec ces dernières. On se dit donc immédiatement qu'un personnage qui ment est forcément coupable. Par exemple, le fabricant d'horloges précise à quelle heure celle-ci va sonner : s'il dit la vérité, il est innocent ; dans le cas contraire, il est coupable. Simple, n'est-ce pas ? Hé bien pas vraiment, et c'est là toute la subtilité de Dupery : chaque personnage peut être corrompu et ainsi mentir sans être un coupable. De quoi mettre deux fois plus de bâtons dans les roues puisque l'on ne sait jamais totalement à qui se fier, et arrêter un personnage corrompu fait perdre de la vie.
Il y a un nouveau shérif en ville...
Rapidement, les rôles s'entassent et demandent une attention de tous les instants pour retenir leurs particularités, même s'il est heureusement possible de les retrouver simplement en cliquant sur leurs noms. Avec un tel principe, l'équilibre repose grandement sur les rôles en jeu, et malheureusement cet équilibre n'est pas forcément parfait ici. Il n'est pas rare sur les affaires avancées d'avoir plusieurs personnages ayant le même rôle et disant des vérités opposées. Il est possible de savoir s'ils mentent grâce aux aptitudes de certains autres rôles, mais là encore, si ces derniers sont corrompus, impossible de savoir s'ils disent la vérité.
Il faut donc prier les dieux du RNG pour ne pas tomber sur des rôles corrupteurs qui viendront s'additionner les uns aux autres et rendront les choses toujours plus délicates. Il est certes possible de bénéficier d'un petit coup de pouce des bonus se débloquant après chaque affaire résolue (tel rôle ne sera jamais en jeu, gagner davantage de réputation si l'affaire est résolue rapidement, etc), mais même lorsque l'on prend le temps de décortiquer correctement ces puzzles, il n'est pas rare de devoir y aller un peu au pif. Dommage.
Malgré cet équilibre loin d'être parfait, résoudre des affaires dans Dupery se montre toujours très gratifiant, surtout lorsque l'on vient de passer de très longues minutes à étudier toutes les possibilités. En progressant, on débloque de nouveaux scénarios types ainsi que de nouveaux rôles, permettant de renouveler chaque partie et de ne jamais tomber dans la routine. Bien sûr, roguelike oblige, on finira pas toujours choisir les affaires basées sur les rôles que l'on connaît le mieux et opter pour les modificateurs qui correspondent à notre manière de jouer.
Visuellement, Dupery opte pour un très joli noir et blanc teinté d'une petite poignée de couleurs, donnant à l'ensemble un côté très retro noir. La musique jazzy va dans ce sens, même si elle se montre hélas très vite répétitive. La bonne nouvelle, c'est que le tout est intégralement traduit en français. Il y a certes pas mal de coquilles, mais pas de quoi empêcher de comprendre les descriptions de chaque rôle. Bref, pas d'excuse en cas de raté à ce niveau...