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Avec Chained Beasts, le studio australien Featherweight Games propose un roguelike coopératif qui repose sur une idée assez simple. Jusqu'à quatre gladiateurs doivent survivre dans des arènes, avec une particularité de taille : ils sont physiquement enchaînés les uns aux autres. Un concept original qui donne naissance à des situations aussi amusantes que frustrantes.
Test effectué à partir d'une version PC
Dans Chained Beasts, les joueurs incarnent des créatures anthropomorphes contraintes de combattre pour divertir les foules de l'Empire romain. L'objectif consiste à enchaîner les victoires pour progresser jusqu'à Rome et, au bout du compte, retrouver sa liberté. Le parcours se divise en trois actes, de Carthage à la Germanie avant de rejoindre la capitale impériale. Neuf combats précèdent un affrontement final, avec une structure roguelike qui impose de recommencer après chaque échec. La narration reste anecdotique, mais ce n'est clairement pas elle qui constitue l'intérêt du titre.
L'union fait la force, la chaîne fait le reste
La véritable originalité de Chained Beasts réside dans sa mécanique de chaînes. En coopération, les déplacements de chaque participant influencent directement ceux de ses partenaires. Un joueur qui décide de reculer peut ainsi interrompre l'attaque d'un autre, tandis qu'une mauvaise coordination suffit à immobiliser tout le groupe autour d'un obstacle. Heureusement, ces chaînes peuvent également être utilisées offensivement. En synchronisant leurs mouvements, les gladiateurs parviennent à faire trébucher leurs adversaires, voire à les projeter dans les pièges de l'arène. Le système physique fonctionne particulièrement bien et donne une véritable personnalité aux affrontements.
Les combats reposent sur des mécaniques relativement accessibles. Attaques classiques, coups chargés, parades et esquives constituent les principales possibilités, auxquelles s'ajoute une gestion de l'endurance. Plusieurs catégories d'armes sont disponibles, notamment des épées, des lances, des masses ou encore des arcs. Il est également possible de projeter son équipement sur un adversaire, quitte à devoir ensuite récupérer une autre arme. Les environnements participent activement aux affrontements, avec des urnes à lancer, des murs hérissés de pointes et des fosses particulièrement dangereuses. Les possibilités sont suffisamment nombreuses pour rendre les premières heures très divertissantes.
La présence du public apporte une dimension supplémentaire. Les spectateurs apprécient les combats spectaculaires et récompensent les gladiateurs capables de varier leurs techniques. Les pièces obtenues permettent ensuite d'acheter de l'équipement et d'améliorer ses chances de survie. Le jeu prend toutefois une dimension bien différente selon le nombre de participants. En solitaire, les chaînes peuvent être reliées à des poids ou à des éléments du décor. Le système conserve son intérêt tactique, mais perd une grande partie de son imprévisibilité. Chained Beasts reste avant tout une expérience pensée pour être partagée, aussi bien en coopération locale qu'en ligne.
Des blessures qui finissent par peser
L'autre mécanique intéressante concerne la gestion des blessures. Les affrontements peuvent laisser de véritables séquelles aux personnages, qui doivent parfois continuer leur progression avec une jambe endommagée, une vision réduite ou des hallucinations. Les potions permettent de récupérer de la santé, mais s'accompagnent régulièrement d'effets secondaires. Il faut donc choisir entre conserver ses blessures ou prendre le risque d'en subir de nouvelles. Même l'entraînement peut provoquer des problèmes lorsqu'un gladiateur pousse ses efforts trop loin. Ces différentes contraintes apportent une profondeur bienvenue à la progression et imposent de s'adapter aux handicaps accumulés.
Le jeu propose également plusieurs personnages à débloquer, de nombreuses compétences et différents objets permettant d'orienter son style de combat. Certaines capacités fonctionnent particulièrement bien avec des afflictions spécifiques, ce qui encourage à expérimenter. Malheureusement, cette richesse apparente ne suffit pas toujours à renouveler les parties. Les environnements restent peu nombreux, les adversaires finissent par se répéter et les possibilités de construction des personnages ne transforment pas fondamentalement les affrontements. Les dix niveaux de difficulté prolongent l'expérience, mais la progression manque parfois de récompenses suffisamment motivantes.
La difficulté constitue d'ailleurs un autre point discutable. Certains combats, notamment face aux boss les plus avancés, peuvent devenir particulièrement exigeants. L'accumulation des blessures, associée aux contraintes de déplacement, provoque parfois des situations difficiles à maîtriser. Les affrontements les plus chargés souffrent également d'un manque de lisibilité, particulièrement lorsque quatre gladiateurs évoluent au milieu de nombreux ennemis. Visuellement, Chained Beasts adopte une direction artistique caricaturale plutôt réussie, avec des créatures expressives et des arènes distinctes. La réalisation demeure modeste, mais elle convient parfaitement à cette production indépendante. Le principal regret concerne finalement le renouvellement limité des situations, qui réduit progressivement l'intérêt des nouvelles tentatives.
Chained Beasts repose sur une excellente idée, particulièrement bien exploitée dans sa dimension coopérative. Les chaînes transforment les affrontements en véritables exercices de coordination, tandis que les blessures et les différentes compétences apportent une profondeur appréciable. Malheureusement, le manque de variété, une difficulté parfois mal équilibrée et un mode solo moins convaincant empêchent le titre de maintenir durablement son intérêt. Une expérience originale et divertissante, à privilégier avec quelques amis.