Test : Project CARS

Project CARS - PS4

Genre : Course Automobile

Date de sortie : Mai 2015

Genre
Course Automobile
Date de sortie
Mai 2015 - France
Développé par
Slightly Mad Studios
Edité par
Bandai Namco Entertainment
Disponible sur
PC, PS3, PS4, Wii U, Xbox 360, Xbox One
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network

Après une levée de fonds réussie et plus de trois ans de développement, Slightly Mad Studios nous livre son fameux Project CARS. Fameux parce que, pendant ces trois années, les vidéos et autres screenshots du jeu, mettant en avant sa plastique de rêve, ont envahi Internet. Et la communauté qui s'est formée autour du jeu s'est attelée à le promouvoir. Mais pas seulement, étant donné qu'elle a été largement mise à contribution dans le développement du titre. Que cela soit pour du bêta-test, du brainstorming, mais aussi du design d'affiches et de livrées. Bref, le titre du studio britannique a beaucoup fait parler de lui ces trois dernières années. Et maintenant qu'il est dans les bacs, il est temps de voir ce que vaut réellement ce Community Assisted Racing Simulator.

Test effectué à partir d'une version PC

Départ

Commençons par faire un petit bilan sur le contenu du jeu. Celui-ci dispose de 80 voitures, allant du kart à la Formule 1, en passant par les routières, les supercars, les GT et les prototypes, proposant ainsi un éventail diablement varié de disciplines. Côté tracés, nous en avons environ 110 à disposition, en comptant toutes les variantes. C’est déjà pas mal, voire même très bien, quand on le compare à un Asseto Corsa ou un Forza 5, plombé par le nombre ridicule de circuits qu’il propose. Par rapport à un Gran Turismo 6 en revanche, c’est une autre histoire. Ceci étant dit, c’est largement suffisant pour s’amuser de longues heures. Et, qui plus est, tout est disponible immédiatement. C’est peut-être un détail pour vous, mais ça veut dire que les joueurs sont libres d’aborder le jeu comme ils le veulent. Vous pouvez très bien démarrer directement en F1 si cela vous chante. Ceci étant dit, cette ouverture immédiate du jeu a un effet pervers : l’effet “carotte”, qui pousse à jouer toujours plus, pour débloquer telle voiture ou telle discipline, est totalement absent du jeu. A vous de voir quel type de joueur vous êtes.

Course rétro

Made by racers, for racers.

L’autre point essentiel du jeu, qui a déjà été abordé dans notre preview, est la conduite. A ce niveau là, les anglais de Slightly Mad Studios ont fait un excellent boulot. Leur jeu offre des sensations de conduite inouïes. C’est bien simple, il n’y a qu’un seul jeu qui fait mieux à l’heure actuelle dans ce domaine : Asseto Corsa. Et encore, la différence entre la conduite des deux softs n’est pas énorme. C’est donc à une simulation pointue que nous avons affaire là. Il vous faudra jauger finement vos accélérations / freinages et gérer votre trajectoire au millimètre. Il est clair qu’avec un tel niveau de réalisme, jouer au volant confère un avantage indéniable. Mais soucieux de ne pas laisser trop de joueurs sur le bas côté, les développeurs ont intégré quantité d’aides au pilotage, permettant ainsi à chacun d’adapter la difficulté de la conduite à son niveau.

Savonnette

Inutile d’avoir fait polytechnique pour jouer à Project CARS. Mais c’est quand même conseillé.

Obtenir un tel niveau de réalisme implique de prendre en compte de nombreux paramètres, comme l’accroche de l’asphalte, les conditions météo, le dénivelé de la piste, etc… Pour vous donner un ordre d’idée du souci du détail dont ont fait preuve les développeurs, sachez que les pneus font l’objet non pas d'un, mais de trois moteurs physiques qui leurs sont consacrés. Ils gèrent leur déformation, leur température, leur abrasion ainsi que tout un tas d’autres choses. Même sans entrer dans le détail, cet exemple donne une bonne idée du travail qui a été accompli pour rester aussi proche de la réalité que possible.

Forcément, avec un tel réalisme, les modifications que vous ferez sur votre voiture auront une réelle influence sur son comportement, et donc, vos performances sur le circuit. Et question configuration de véhicule, le titre de Slightly Mad Studios est très complet. Amortisseurs, carrossage, boite de vitesse, appui aérodynamique, tout y passe. Et trouver la configuration idéale vous prendra un certain temps, mais cela en vaut largement le coup. Que cela soit pour rendre cette McLaren F1 plus docile, ou gagner quelques centièmes ici et là, les essais ne sont jamais une perte de temps.

F1

Devenir une légende

Comme tout jeu de course qui se respecte, Project CARS dispose d’un mode carrière. Celui-ci, plutôt imposant, se présente sous la forme d’un calendrier sur lequel sont montrés les différentes manches des compétitions que propose le jeu. Pour participer à ces dernières, vous aurez besoin d’un contrat ou d’une invitation. Votre but est ici de gravir les échelons jusqu’à devenir champion de LMP1. Pour atteindre cet objectif, il n’y a pas 36 méthodes : il faut obtenir de bons résultats pour susciter l’intérêt des écuries des catégories supérieures. Bien entendu, rien ne vous empêche de démarrer directement en LMP1 si cela vous chante. Ceci étant dit, le mode carrière perd une grande partie de son intérêt en faisant de la sorte.

De plus, cette partie du jeu vous propose trois objectifs secondaires, qui ont chacun été atteint par un vrai pilote. Tout d’abord vous avez le “Zero to Hero”, qui vous demande de devenir champion de LMP1, ou F1, en moins de dix saisons, en débutant sur un championnat de kart. L’objectif “Défense de titre” consiste à remporter trois fois le même championnat sur trois saisons consécutives. Et enfin, pour remplir l’objectif “Triple couronne”, vous devrez remporter trois championnats dans trois disciplines différentes. Ces objectifs sont tous optionnels. Mais sachez que si vous complétez les trois, peu importe l’ordre, vous obtiendrez le statut de pilote de légende. Et c’est quand même grave la classe.

Au final, le mode carrière de Project CARS, s’il est intéressant de par sa structure, n’est pas non plus super palpitant. La faute sans doute au fait que tous les véhicules soient débloqués dès le départ. Cela enlève tout l’enjeu de ce mode. Ceci étant dit, il reste une très bonne introduction aux différentes catégories que propose le titre, et dispose d’une grosse variété d’épreuves. Ce qui lui permet de garder son intérêt sur la longueur.

La voiture de papa

Que dire de l’intelligence artificielle ?

Oui, que dire de l’IA des opposants, autre point crucial pour un jeu de voiture. Crucial, et pourtant très souvent complètement raté. Elle n’est pas parfaite ici, loin de là. Mais elle est déjà bien meilleure que dans beaucoup d’autres titres du genre. En fait, de mémoire, seul Codemasters a fait mieux dans le domaine, avec la série des Formula 1. Contrairement à un Gran Turismo, vos concurrents ne se suivent pas bien sagement en file indienne. Ils n’hésitent pas à s’agresser les uns les autres ici. Si bien que vous en verrez souvent un ou deux rouler à côté de la piste suite à une confrontation musclée dans un virage. Ceci étant dit, ils ne vous agressent pas non plus de manière répétée et irritante, comme c’est le cas dans Forza 5. Vos adversaires vous percuteront de temps à autres, un peu trop, il faut bien l’admettre. Mais cela n’a rien de systématique, et il leur arrivera même de vous dépasser avec classe (et ça fait mal de l’écrire). Quoiqu’il en soit, il faut aussi savoir que le niveau de cette dernière est paramétrable. Les pilotes confirmés la régleront d’ailleurs directement autour de 80%, vos adversaires étant vraiment très (trop ?) lents dans certains virages quand on descend en dessous de cette valeur.

Nuit

Un jeu à la carte

L’une des grandes forces de Project CARS réside dans le fait qu’il laisse le joueur façonner sa propre expérience. En plus de débloquer tout son contenu dès le départ, il laisse le joueur paramétrer absolument tout. Cela va du réalisme de l’expérience, avec l’activation, ou non, des différentes aides disponibles, à l’ATH, en passant par les conditions de course. Les aides au pilotage sont monnaie courante dans ce genre de jeu. Vous ne serez donc pas vraiment dépaysés si je vous parle d’aide à la stabilité, d’ABS, ou d’affichage de trajectoire. Vous aurez même la possibilité d’activer une aide au freinage. Pour ce qui est de l’ATH, vous pouvez en afficher ou masquer certaines parties, suivant vos besoins et vos envies. Mais ce n’est pas tout, vous pourrez aussi les déplacer si cela vous chante. Cette dernière option est courante sur PC, mais beaucoup plus rare sur consoles. Pour en revenir aux conditions de course, là encore, vous pouvez tout paramétrer comme il vous sied. Nombre de tours, de sessions, position sur la grille, vitesse de défilement du temps (cycle jour / nuit), vous pouvez tout paramétrer, même la météo. Vous avez la possibilité de paramétrer jusqu’à quatre conditions météo différentes sur une même course, le jeu passant ensuite de l’une à l’autre dans l’ordre de votre choix, de façon totalement transparente.

Toile mouillée

C’est pas l’homme qui prend la route, c’est la route qui prend l’homme

Pour en revenir à la météo dynamique justement, celle-ci est l’une des plus convaincantes que l’on ait pu voir dans un jeu du genre. Du soleil de plomb, avec les brumes de chaleur qui vont avec, aux pluies torrentielles, en passant par l’orage, le brouillard et tout le reste, vous avez de quoi varier les plaisirs de ce côté là aussi. C’est bien simple, il ne manque que la neige.
Sur le plan technique, l’ensemble a franchement de la gueule. La pluie en elle-même est déjà bien rendue, mais ce sont surtout les effets à côté qui rendent l’ensemble impressionnant. Les flaques d’eau sur la piste, les nuages d’eau soulevés par les voitures, tous ces éléments contribuent à l’immersion du joueur, et impactent le gameplay de manière significative, que cela soit au niveau de la visibilité ou de la tenue de route.
Et il en est de même pour le cycle jour / nuit. En effet, suivant l’heure à laquelle vous courez, vous pourrez être aveuglés à certains endroits de la piste. Qui plus est, cet état de fait peut changer durant la course, au fur et à mesure que le soleil monte (ou descend). D’ailleurs, les courses de nuit sont particulièrement éprouvantes, de part leur visibilité très réduite sur certains tracés. Lors de ces courses, une connaissance parfaite du circuit, ainsi qu’une concentration à toute épreuve sont nécessaires pour simplement rester sur la piste. Le seul point noir à évoquer sur tout ceci est l’eau qui ne ruisselle pas sur le pare-brise avec la vitesse. C’est un petit détail, mais il fera tiquer les plus exigeants.

Mitsubishi

We are the 5%.

Pour le reste, le jeu reste visuellement bluffant. Jamais les voitures n’ont été aussi bien modélisées. Et il va sans dire que les tracés ont bénéficié du même soin, le jeu s'attelant à en restituer les moindres aspérités. Les effets de lumière sont éblouissants, de même que les reflets sur la carrosserie. Ces derniers sont tellement poussés qu’on peut voir le paysage défiler sur les phares chromés de la Catheram ! Les intérieurs des voitures sont également fort réussis. Les développeurs ont même poussé le vice jusqu’à nous permettre de changer l’affichage de l’écran LCD du tableau de bord des modèles qui le proposent dans la réalité. Ce qui permet d’apprécier encore davantage les vues cockpit et casque, qui sont parfaitement jouables qui plus est. Les autres vues vous permettront d’apprécier les belles carrosseries ainsi que leurs déformations. Ces dernières ne seront, la plupart du temps, pas très importantes. Mais elles pourront avoir un effet néfaste sur le comportement de votre voiture. D’ailleurs, sur les collisions les plus violentes, les dégâts pourront être spectaculaires, impliquant la pertes de pièces diverses, comme un pare-chocs ou une roue.

Mais un tel rendu graphique a un prix. Et il faudra aux joueurs PC une véritable machine de guerre pour faire tourner le jeu en ultra. Et encore, avec une résolution de 1920x1080, n’espérez pas garder un framerate à 60 fps car, à l’heure actuelle, aucune carte graphique grand public n’est capable d’accomplir cet exploit, pas même une GeForce GTX Titan X. Même avec ce monstre de puissance dans votre PC, le framerate tombera à une valeur oscillant entre 41 et 48 fps avec la pluie. Le jeu reste fluide, c’est déjà bien. Mais un tel ralentissement se ressent. Vous trouverez plus de détails concernant les performances des principales cartes graphiques du marché sur Kotaku. De notre côté, avec un PC équipé d’un core i7 2600k, de 4Go de RAM et d’une carte graphique AMD Radeon 6970 (2 Go), nous avons pu jouer en ultra avec une résolution de 1280x720, mais avec un framerate irrégulier. Ceci étant dit, le jeu reste parfaitement jouable dans ces conditions. Il faut noter aussi que le jeu semble plus performant avec des cartes graphiques Nvidia, les équipes d’AMD n’ayant visiblement pas suivi le jeu plus que ça. Mais ce problème risque fort d’être résolu, ou fortement atténué, dans un futur proche, avec l’arrivée de nouveaux pilotes AMD et d’un patch.

Sur consoles, le rendu graphique est, il faut bien l’admettre, moins impressionnant. Cependant, il reste franchement beau pour les supports concernés, malgré l’aliasing. Ceci étant dit, nous n’avons pas suffisamment touché à ces versions pour nous étendre sur le sujet. Nous rajouterons simplement que d’après ce qu’on peu lire ici et là, la version Xbox One serait visuellement légèrement inférieure à la version PS4.

Au niveau du son en revanche, tout le monde est logé à la même enseigne. Et celle-ci est franchement classe. Le design sonore est proche de la perfection. Les bruits des moteurs font plus vrai que nature, et les musiques donnent un côté épique plus que bienvenu à l'ensemble. Bref, on s’y croirait.

Nordschleife

L’équipé du Canonball

Concernant le mode multijoueurs, vous y retrouverez toutes les options et paramètres disponibles en solo avec, en prime, la possibilité de créer un salon privé ou public. Les parties peuvent accueillir jusqu’à 16 joueurs, auxquels peuvent se joindre des pilotes IA. Une fois en jeu, le code réseau nous a paru stable, et de bonne qualité. Nous n’avons pas constaté de lag et n’avons pas subi de déconnections intempestives. Il reste que la connexion aux parties est assez longue, et que la qualité de ces dernières dépend fortement des autres joueurs. En effet, vous n’êtes pas à l’abri de tomber sur des kevins qui se croient dans Destruction Derby. Et malheureusement, les équipes de Slightly Mad Studios ne peuvent rien y faire.

Article rédigé par pattoune , le

Que retenir de ce Project CARS au final ? Au-delà de sa plastique de rêve et de sa physique très réaliste, le titre de Slightly Mad Studios ne propose rien de révolutionnaire. Mais ce qu’il fait, il le fait bien, très bien même. Et cela suffit largement pour en faire un grand jeu de course. En fait, à l’heure actuelle, c’est le meilleur jeu du genre sur consoles, Forza et Gran Turismo étant à la traîne à tous les niveaux. Espérons que cette leçon de la part du studio britannique réveille les équipes de Turn 10 et Polyphony Digital, et qu’ils se sortent les doigts de vous savez où pour reprendre leur place avec les prochaines itérations de leurs séries. Sur PC, c’est une autre histoire. Car si Asseto Corsa pêche par son contenu et son mode carrière, il reste légèrement meilleur en terme de sensations de conduite. Quoiqu’il en soit, Project CARS est une grosse tuerie, un must-have pour tous les fans de simulation.

Points positifs

  • Des sensations de conduite exceptionnelles
  • Un nombre impressionnant de tracés
  • Un design sonore au poil
  • Une grande diversité de disciplines
  • Entièrement paramétrable
  • Visuellement sublime
  • Les conditions météo au top
  • Un multi de qualité

Points négatifs

  • Gourmand sur PC (en ultra et 1920x1080)
  • Un peu moins beau sur consoles (surtout sur Xbox One apparemment)
  • Quelques bugs résiduels ici et là (mais rien de méchant)
  • Mode carrière sans véritable enjeu

A propos de l'auteur

pattoune

pattoune

Ours savant

Davantage ours que savant, ce con n'a pas compris que l'hibernation c'est en hiver. Résultat, il reste cloitré dans sa grotte à longueur d'année. Ce qui arrange bien du monde. Mais ce n'est pas un mauvais bougre. Il est même plutôt drôle à l'occasion. C'est souvent à ses dépens mais chut, il faut pas le dire. Ayant été récemment rattrapé par l'eau courante et l'électricité, il est désormais en mesure, après avoir difficilement assimilé les bases de l'hygiène corporelle, de nous livrer tests, news et autres contenus enchanteurs. Il nous reste plus qu'a espérer qu'il ne lui vienne pas l'idée de faire prendre un bain à son PC... Trop tard.

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