Test : Hellblade : Senua's Sacrifice

Hellblade : Senua's Sacrifice - PS4

Genre : Action

Date de sortie : 08 août 2017

Genre
Action
Date de sortie
08 août 2017 - France
Développé par
Ninja Theory
Edité par
Ninja Theory
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One
Modes de distribution
Boutique

Sorti en août 2017 sur les PC et PS4, Hellblade : Senua's Sacrifice aura attendu ce mois d'avril 2018 pour enfin s'offrir aux possesseurs de Xbox One. Une très longue attente qui, espérons-le pour ceux qui s'étaient intéressés à la bête, valait le coup. Et comme on est vachement sympas chez GameHope, on a décidé de vérifier ça pour vous.

Test effectué à partir d'une version Xbox One

Si vous avez un peu suivi l'actualité d'Hellblade : Senua's Sacrifice, vous savez que le bébé de Ninja Theory repose avant tout sur son histoire. Le joueur découvre donc dès le départ Senua, jeune guerrière voguant sur une rivière tout sauf accueillante. Et pour cause : elle se rend directement dans le Helheim, les enfers nordiques. Elle n'y va toutefois pas toute seule, puisqu'elle est accompagnée de tout un paquet de voix dans sa tête, certaines l'encourageant, d'autres la sommant de rebrousser chemin. Mais Senua n'en a cure, car elle est là pour une bonne raison, à savoir demander à la déesse des morts de lui rendre son cher Dillion. L'histoire vous dit quelque chose ? A juste titre, car le mythe d'Orphée narre peu ou prou la même chose. Espérons simplement que l'histoire de Senua se passe un peu mieux, Orphée ayant lamentablement échoué à ramener Eurydice. Malheureusement, c'est mal barré, le Helheim étant relativement bien gardé et décidé à ne pas laisser partir les âmes qui y sont enfermées.
 

Hela est là

Ce qui se matérialise sous forme d'ennemis à combattre à intervalles réguliers. Et, malheureusement, c'est là que commencent les soucis. Car si les développeurs de Ninja Theory ont réussi à proposer des combats nerveux dans un DmC, par exemple, ils sont tout sauf passionnants ici. Armée de sa longue épée, Senua dispose ainsi d'une palette de coups assez restreinte et les combos ne sont pas de la partie ici. Un coup lent mais puissant, un coup rapide mais faible, une esquive et un contre, voilà ce avec quoi il faudra compter durant les affrontements. Des affrontements qui ne peuvent même pas être évités, et ce même si aucune expérience est remportée à chaque victoire, car le tout se déroule dans des arènes fermées où apparaissent les uns après les autres des ennemis assez peu agressifs en règle générale. Comme dans un Assassin's Creed, par exemple, ils se contentent de s'approcher lentement et de tourner autour de Senua en attendant gentiment la mort. Évidemment, il y a des exceptions à la règle, avec certains monstres un peu plus agressifs, d'autres dotés de protections nécessitant de se concentrer un peu ou encore des boss, qui demandent une stratégie particulière.
 
Hellblade : Senua's Sacrifice

Malgré leur relative lenteur, les combats d'Hellblade risquent d'en stresser plus d'un, le titre mettant en place presque tout au début un principe de permadeath. Senua est ainsi contaminée par une sorte de pourriture noire sur sa main droite, et cette saleté grimpe petit à petit, à chaque mort. Une fois la tête atteinte... C'est la fin, pure et simple. Tout progression est perdue, comprenez par là que la sauvegarde est supprimée. C'est moche, hein ? De quoi avancer dans le titre avec une épée de Damoclès au dessus de la tête, dans la crainte et la parano. Enfin ça, c'est dans la théorie. Dans la pratique, difficile de savoir s'il s'agit d'un coup de bluff de la part des développeurs. Nous avons bien tenté d'éprouver la chose, et si la nécrose a effectivement grimpé, elle s'est arrêtée au niveau du coude au bout d'un moment. Et ce malgré plusieurs morts face à un boss. Mais peut-être que le compteur se stoppe si les morts surviennent toujours au même endroit ? Peut-être faut-il mourir sous la main de différents ennemis, en des lieux différents ? Impossible à savoir, mais en tout cas la parano sans doute voulue par Ninja Theory en prend un sacré coup lorsque l'on se rend compte que la pourriture ne monte plus... Dommage.
 
Hellblade : Senua's Sacrifice

A Thor et à raison

Entre ces (trop) nombreux combats, Senua doit également résoudre tout un tas d'énigmes afin de progresser. Malheureusement, comme pour les combats, les choses se montrent rapidement peu intéressantes et très répétitives. Il est ainsi la plupart du temps question de runes à trouver dans l'environnement de la demoiselle, histoire d'ouvrir les portes correspondant à ces runes. Certes, ça a l'air un peu abstrait comme ça, mais sur le papier on comprend rapidement ce qu'il faut faire. Si les deux-trois premières énigmes de la sorte se résolvent de manière plutôt agréable – l'attrait de la nouveauté, on tombe rapidement dans une certaine routine, d'autant plus que le nombre de runes nécessaire pour ouvrir les portes augmente petit à petit (et les allers-retours avec). Et lorsque l'on sait qu'Hellblade dure environ 7 heures et que les environnements sont en fait des couloirs plus ou moins larges, on comprend rapidement que le tout sera relativement lassant. Là encore, c'est dommage, car il aurait suffi d'une poignée d'idées différentes pour renouveler un peu le gameplay et éviter le joueur de tomber dans l'ennui. Au moins, ces phases permettent de découvrir des stèles éparpillées un peu partout dans les décors et relatant des histoires de la mythologie nordique. C'est toujours ça de pris pour les fans de la chose...
 
Hellblade : Senua's Sacrifice

L'exploration, d'ailleurs, représente le dernier pilier du gameplay d'Hellblade : Senua's Sacrifice, et permet au joueur de visiter les enfers nordiques, alternant entre des endroits assez fermés (comme une forêt) et des environnements un peu plus vastes, histoire de profiter d'une réalisation de haute volée. Si quelques bugs et autres soucis sont certes de temps à autres de la partie (comme des dialogues qui se lancent parfois en doublon), il faut bien reconnaître que le bébé de Ninja Theory est magnifique. Les environnements sont sublimes, profitant d'un jeu d'ombre et de lumière très réussi, et la modélisation de Senua est juste bluffante, tout comme l'animation de son visage. La direction artistique joue évidemment pour beaucoup, le côté glauque des enfers étant presque toujours omniprésent, avec ici des cadavres carbonisés, là des corps empalés, ici encore des monstres de cauchemar... L'ambiance sonore est elle aussi très poussée, et il est conseillé de jouer avec un casque pour profiter des nombreuses voix hantant Senua, mais venant aussi l'aider durant les combats (en la prévenant par exemple quand un ennemi arrive par derrière, ce qui n'est pas du luxe au vu de la caméra souvent traître), ainsi que de la musique. Bref, une vraie réussite à ce niveau-là aussi, ce qui plonge immédiatement le joueur dans l'ambiance.
 
Hellblade : Senua's Sacrifice

Loki dort

L'ambiance. Le cœur même du jeu, ce sur quoi Ninja Theory a sans doute bossé le plus. Plus tôt, nous évoquions le fait qu'Hellblade : Senua's Sacrifice reposait avant tout sur son histoire, il est donc grand temps pour nous d'en parler. Car c'est cette dernière qui vous fera soit supporter les défauts cités plus haut, soit au contraire finira de vous achever. Senua souffre de problèmes psychologiques, comme vous devez désormais vous en douter puisqu'elle entend des voix dans sa tête. Et tout le jeu tourne en fait autour de cette pathologie, l'héroïne descendant en enfer au fur et à mesure de la progression du joueur, au propre comme au figuré. En plus de ces voix, des flashbacks traumatisants sont aussi de la partie, tout comme des hallucinations et autres joyeusetés du genre. Le tout est narré par l'une des voix un peu plus posée de Senua, dévoilant petit à petit au joueur des bribes de son passé, expliquant le pourquoi du comment. Les développeurs ayant bossé avec des experts de ce genre de maladie (psychologues...), les angoisses de l'héroïne semblent très réalistes, et surviennent assez souvent et de manière parfois extrême. C'est là que deux camps se formeront au sein des joueurs : ceux qui trouveront que l'écriture et la mise en scène en font des tonnes, à base de ''hé regardez elle est folle, regardez comme elle est folle, vous avez vu à quel point elle est folle ?'', et ceux qui verront là une manière réaliste et brutale de parler de la maladie. Quoi qu'il en soit, il est sûr que cette histoire ne laissera personne indifférent.

Article rédigé par Shauni Chan , le

En fait, il est assez délicat de donner une note à Hellblade : Senua's Sacrifice. Si l'on peut se mettre d'accord sur le fait que la réalisation est réussie, autant dans son aspect visuel que dans son aspect sonore, et que les différentes mécaniques de gameplay se montrent répétitives, poussives et rapidement lassantes (les combats mous, ''l'exploration'' très limitée et les énigmes runiques peu intéressantes), il est déjà plus délicat de parler de l'histoire. Ninja Theory ayant choisi d'explorer le monde des soucis psychologiques en s'entourant de spécialistes à ce sujet, certains salueront le côté réaliste et perturbant de la chose, là où d'autres trouveront que le titre en fait trop. De notre côté, nous avons souvent alterné entre ces deux phases, et vous conseillons donc d'essayer ce titre – qui ne vous laissera clairement pas indifférent – mais à un moindre coût.

Points positifs

  • La direction artistique réussie
  • L'ambiance sonore, mettant direct dans le bain
  • Sacrée performance de la part de l'actrice jouant Senua
  • Une véritable plongée dans une pathologie trop peu représentée

Points négatifs

  • Des phases de gameplay répétitives (combats, énigmes, exploration)
  • L'écriture et la mise en scène peuvent en faire trop
  • Une caméra ingérable durant les combats
  • Des affrontements qui s'étirent parfois trop en longueur

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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