Test : Ni No Kuni II : Revenant Kingdom

Ni No Kuni II : Revenant Kingdom - PS4

Genre : RPG

Date de sortie : 23 mars 2018

Après nous avoir enchantés en 2013 sur PS3, et ce malgré quelques petits défauts, la série Ni no Kuni est de retour pour un second épisode. Disponible cette fois-ci sur PlayStation 4, Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume parvient-il à se montrer à la hauteur de son illustre aîné ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Sale journée pour Roland, président de ce qui semble être les États-Unis. Tout d'abord, parce qu'il se ramasse un missile nucléaire alors qu'il se rendait en voyage dans une ville. On a déjà vu mieux. Heureusement, il est téléporté on ne sait trop comment dans un monde alternatif, où il débarque en face d'un jeune homme à moitié chat (ou plus exactement, à moitié Mistigris). Et là, second coup de massue : le petit se nomme Evan, il est censé être couronné roi de Carabas dans la journée, mais il doit faire face à un coup d'état. Roland va donc devoir protéger le prince et sortir du palais, le tout en maniant l'épée pour se débarrasser des ennemis – les Ratocrates – qui se dresseront sur son chemin. Bonne ambiance. Mais le roi en devenir ne va pas se laisser abattre et va se faire une promesse : fonder un tout nouveau royaume, où il n'y aura pas de guerre et où les habitants seront heureux. Il va même décider de le nommer Espérance, au cas où son but ne serait pas assez clair. Oh et puis, bien entendu, il va aussi être question de sauver le monde, histoire de. Après tout, il aurait été dommage de passer à côté de ce cliché...
 

Casse à Carabas


Comme le premier épisode, ce Ni no Kuni II se concentre donc sur l'histoire d'un jeune homme. Evan n'a toutefois pas grand-chose à voir avec Oliver, puisqu'il est ici plutôt question d'une quête initiatique, celle qui le fera passer de jeune homme un peu timide et sans expérience à roi aimé et respecté de tous. Un grand classique donc, mais qui est raconté avec tellement de fraîcheur et de naïveté que l'on se laisse finalement happer par ce scénario archi convenu, bourré de clichés et de mièvrerie. Et les clichés ne s'arrêtent pas là, puisqu'ils se retrouvent aussi dans les personnages qui accompagnent Evan. Roland mis à part (que l'on croirait d'ailleurs tout droit sorti des Enquêtes de Kindaichi, s'en est troublant), les joueurs retrouveront donc la jeune fille fougueuse mais généreuse, le pirate au grand cœur ou encore le vieux sage. Bref, on a déjà connu plus original, mais pourtant tout ce petit monde fonctionne parfaitement bien ensemble et, une fois encore, la manière de raconter le tout, un peu dans le style des contes pour enfants, fait oublier ce petit souci. A condition bien entendu d'accepter le côté Bisounours de la chose.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

Mais Ni no Kuni II, ce n'est pas qu'une histoire, c'est aussi un gameplay. Ou plus exactement, trois styles de gameplays différents, cette suite se diversifiant quelque peu par rapport à son aînés. En plus du côté RPG, les joueurs retrouveront ainsi un aspect gestion ainsi que des phases de stratégie. Ces dernières étant finalement les moins intéressantes, expédions-les en premier. Durant certaines phases dites de ''Bataille'', Evan (en version SD, tout mignon) se retrouve sur une map plus ou moins vaste accompagné de jusqu'à quatre bataillons. Le but ? Venir à bout des ennemis, par exemple pour défendre la base d'une invasion. Le joueur dispose d'attaques spéciales propres à chaque chef de bataillon (bouclier, pluie de bombes, etc), qu'il s'agit d'utiliser avec parcimonie, et il peut aussi encourager les troupes pour les faire attaquer avec plus d'ardeur (les soldats agissent d'eux-même, sinon). Enfin, un système à la pierre-papier-ciseau, comme pour un Fire Emblem, est aussi de la partie. Certaines armes sont donc plus ou moins fortes par rapport à d'autres, et l'on peut via les gâchettes de la manette faire tourner les escadrons afin de placer ceux ayant le dessus sur le devant. Bref, un système intéressant et qui a déjà fait ses preuves dans d'autres titres.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

Evan te faire voir ailleurs !


Mais dans les faits, on se retrouve surtout face à un champ de bataille totalement bourrin, où il suffit la plupart du temps de foncer dans le tas sans faire attention pour s'en sortir. Pire, récupérer une tourelle ou un canon ennemi permet de s'assurer encore une puissance d'attaque supplémentaire... Autant dire que l'on ne fait pas vraiment attention au niveau recommandé avant de se lancer dans la bagarre et que la stratégie n'est pas vraiment de la partie. D'autant plus que les ''gros'' ennemis lâchent bien souvent des items permettant de renforcer la puissance militaire d'Evan, qu'il peut utiliser pour faire revenir des soldats ou pour lancer toujours plus d'attaques spéciales. Finalement, le seul véritable intérêt de ces phases (certaines obligatoires, d'autres optionnelles) est de récolter un maximum d'argent à dépenser par la suite dans le royaume. Ce qui nous amène donc à la seconde phase, bien plus intéressante : la gestion. Au bout de quelques heures, Evan et ses amis établissent Espérance. Mais, forcément, le ''royaume'' ressemble plus au départ à un campement de bouseux qu'à une véritable ville. Un château assez sommaire, deux ou trois maisons et basta. Au joueur de développer tout ça en utilisant des Pièces d'Or, monnaie secondaire de ce Ni no Kuni II (la première étant les florins et étant à utiliser dans les boutiques), avec des changements visibles en temps réel.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

On commence donc par créer des bâtiments de base, comme l'armurerie, la forge ou encore la guilde des explorateurs – les emplacements sont prédéfinis, on ne peut donc pas construire n'importe quoi n'importe où. On y place nos recrues et, en échange de P.O., on peut lancer des recherches venant aider le joueur dans sa quête : baisse du prix des équipements, accélération de la vitesse de déplacement sur la map (et croyez-nous, c'est pas du luxe !) ou encore déblocage de davantage de sorts à apprendre, parmi évidemment des dizaines et des dizaines d'améliorations. Autant dire que le tout s'avère très rapidement chronophage et que l'on prend un vrai plaisir à assigner de nouvelles recrues à de nouveaux bâtiments (en favorisant ceux étant spécialisés, bien entendu), à dépenser de l'argent dans les recherches (argent qui revient petit à petit, si jamais les Batailles ne vous intéressent pas) ou dans les améliorations des bâtiments. Et l'on y revient régulièrement, que ce soit pour voir où en sont les améliorations – qui prennent un peu de temps ingame – ou tout simplement pour venir récolter l'or ou les matériaux récupérés dans les mines, les potagers ou les scieries. Bref, un aspect vraiment réussi.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

They see me Roland...


Enfin, le dernier aspect de ce Ni no Kuni II est finalement le plus classique, à savoir le côté RPG. Evan et son petit groupe se rendent d'une ville à l'autre (même si elles sont malheureusement assez peu nombreuses), parcourent des donjons, effectuent des quêtes et combattent des ennemis. Le système de combat est d'ailleurs plus pêchu que celui du premier opus, ce qui devrait faire plaisir à ceux qui avaient laissé tomber l'aventure à l'époque à cause de ça. Le joueur contrôle ainsi un personnage au choix (chacun ayant un style et des armes différents) et affronte en temps réel des groupes d'ennemis parfois nombreux. En plus d'une esquive et d'une garde, le combattant dispose d'une attaque forte et d'une faible, d'une à distance et enfin de jusqu'à quatre spéciales. On se retrouve finalement avec quelque chose d'assez similaire à un Tales of avec ses Artes, en un peu moins nerveux puisqu'il n'y a pas vraiment de combos. Le joueur est également accompagné de jusqu'à quatre équipes de Mousses, de petits esprits disposant de pouvoirs offensifs ou défensifs à déclencher lorsqu'ils sont prêts : canons tirant sur les ennemis, cercles de soin et autres barrières protectrices sont de la partie, au joueur de choisir judicieusement les Mousses l'accompagnant dans l'aventure. Enfin, il est parfois possible, lorsqu'une boule jaune apparaît sur le terrain, d'absorber ces Mousses et de pouvoir lancer les attaques spéciales sans utiliser de PM. De quoi faire basculer les situations compliquées.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

Malheureusement, les situations compliquées sont très peu nombreuses, ce second épisode proposant une difficulté frôlant bien souvent le zéro absolu. Et si l'on ne demande certes pas une difficulté à la Dark Souls, voire même les phases de grinding qui étaient parfois nécessaires dans le premier Ni no Kuni, il est franchement dommage de voir le potentiel de ce système de combat réduit à néant à cause de cette trop grande facilité. En dehors de la dernière partie du titre et des ennemis spéciaux (entourés d'une aura violette), on se balade donc d'un monstre à l'autre sans trop se forcer, sans utiliser les Mousses ou même les attaques spéciales. On peut même rester les bras ballants, les coéquipiers (l'équipe compte trois personnages actifs) faisant le boulot plus que correctement. Même les boss, pourtant impressionnants au premier abord, peuvent se terminer en quelques secondes à peine... Bref, autant dire qu'il n'est nul besoin de traînasser entre deux villes pour tuer le plus de monstres possible et donc gagner de l'expérience. Et encore, on ne vous a pas parlé de l’Égaliseur. Kézako ? Un système de jauge permettant de varier les résistances à tel ou tel élément, à rendre l'attaque à longue portée plus puissante ou encore à ramasser du loot plus ou moins précieux. Un système totalement pété que l'on n'utilise de toute façon pas vraiment, encore en raison de ce fameux manque de difficulté.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

Royaume des sourires

En lorsque l'on ne veut ni avancer dans l'histoire, ni gérer son royaume, on peut toujours s'adonner aux centaines de quêtes annexes disponibles. Attention tout de même, la plupart se ressemblent et se montrent assez peu intéressantes : ramasser tel matériau, tuer tel ennemi, se rendre dans tel donjon spécifique, on est ici sur du grand classique du RPG. Mais avec tout ce qu'il y a à faire, les complétistes seront aux anges, d'autant plus que de nombreux points de téléportation sont judicieusement placés aux quatre coins du monde, histoire de ne pas tout se taper à pieds vu tous les allers-retours que l'on a à faire (dans la quête principale aussi, d'ailleurs). Et les moins complétistes y passeront sans doute aussi pas mal de temps, puisque ces quêtes permettent aussi de recruter de nouveaux habitants pour le royaume, et donc de nouveaux spécialistes à placer dans les bâtiments adéquats. De quoi faire augmenter quelque peu la durée de vie pour ceux qui veulent récupérer un maximum de recrues, même si Ni no Kuni II frôle déjà presque la trentaine d'heures. Enfin, dernier petit élément sympathique même si assez inutile, le Mécabook. Sorte de plagiat de Facebook assez amusant, il affiche à intervalles réguliers de nouvelles photos accompagnées de commentaires que l'on croirait tout droit sortis de la vraie vie de la vérité véritable : ''First'', ''#PrayForCarabas'' et autres ''MAIS COMMENT ON FAIT POUR NE PAS ECRIRE EN MAJUSCULES ?''. Un délice.
 
Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume

Impossible de parler de Ni no Kuni II sans parler de sa réalisation, bien entendu. Si le studio Ghibli n'est pas ici directement impliqué, la ''Miyazaki touch'' est pour sa part bel et bien là. La direction artistique est donc aussi mignonne que dans le premier épisode, voire même encore plus, avec ce côté dessin animé qui fonctionne parfaitement bien. Seul bémol, la map a laissé tomber le côté fait à la main et se montre ici bien plus commune que dans Ni no Kuni premier du nom. Mais en dehors de ça, on retrouve des villes absolument charmantes et bourrées de détails (Gamblor et son Bouddhé, on ne s'en remet pas) et des personnages globalement mignons, et qui pourraient sans problème se trouver dans les films de Ghibli. On pense par exemple à Irma, qui pourrait prendre la place de la sorcière (dans sa version vieille) du Château Ambulant, ou encore à Shanty qui fait un peu penser à San, de Princesse Mononoké. Certes, le chara-design de la plupart des PNJ n'est pas spécialement poussé, mais ce mélange de races (mistigris, wuafs, humains, ondines...) reste tout de même assez plaisant pour la rétine. Et l'on ne parle même pas des compositions, sublimes pour la plupart, des excellents doublages japonais et de la traduction française tout aussi excellente, bourrée de références et de jeux de mots. Finalement, il n'y a pas grand-chose à reprocher à la réalisation de ce Ni no Kuni II, si ce n'est les donjons annexes parfaitement hideux, le bestiaire recyclé à l'infini et les temps de chargement, certes courts, mais présents à chaque téléportation et entrée / sortie d'un bâtiment ou d'une ville.

Article rédigé par Shauni Chan , le

Ni no Kuni II : L'Avènement d'un Nouveau Royaume est comme son aîné : imparfait et pourtant tellement charmant. Son scénario naïf mais rafraîchissant est agréable à suivre, ses clichés s'empilent mais pourtant ne gênent pas, son système de combat est pêchu, son contenu est colossal, son système de gestion de royaume est totalement chronophage et sa réalisation est toujours aussi charmante. On peut certes reprocher au titre de Level-5 sa trop grande facilité, ses quêtes FedEx ou encore son mode Bataille peu stratégique et donc peu intéressant, mais il serait malgré tout dommage pour les fans de J-RPG de passer à côté de cette suite qui sait happer le joueur du début à la fin.

Points positifs

  • Le système de combat plus nerveux
  • La réalisation, évidemment
  • Le mode Royaume
  • Beaucoup, beaucoup de contenu
  • La localisation française vraiment réussie
  • Le Mécabook, totalement idiot

Points négatifs

  • Trop facile
  • Pas mal d'allers-retours
  • Et de quêtes FedEx
  • Le mode Bataille, peu intéressant
  • L'Egaliseur carrément pété

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

Contacter

Commentaires