Test : Yakuza Kiwami

Yakuza Kiwami - PS4

Genre : Remake

Date de sortie : 29 août 2017

Genre
Remake
Date de sortie
29 août 2017 - France
21 janvier 2016 - Japon
Edité par
Sega
Disponible sur
PS3, PS4
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network

Après un début d’année fantastique placé sous la bannière du pays du Soleil-Levant, bon nombre d’occidentaux en ont profité pour mettre le pied à l’étrier à la vie de Yakuza. Préquel de la franchise, Yakuza 0 a enclenché la démocratisation des aventures de Kiryu en partie grâce au buzz d’un poulet subtilement nommé Nugget, au sens des affaires hors du commun. Un poil moins déluré mais tout aussi fantastique, Yakuza Kiwami, suite du zéro et remake de l’épisode un, nous replonge dans l’univers d’une mafia japonaise qui nous manquait déjà.

Test effectué à partir d'une version PS4

« Tous les petits doigts en l’air, petits doigts en l’air »

Voilà, c’est à peu près comme ça qu’on attendait impatiemment Yakuza Kiwami, énorme coup de peinture du premier Yakuza sorti en 2006 sur Playstation 2. Si à l’époque SEGA capitalisait sur un aspect « GTA nippon » pour vendre et installer sa série en occident (alors qu’on était bien loin du genre Rockstar), en plus d’avoir sorti les gros moyens (le jeu était sous-titré en français avec doublage anglais, dont Mark Hamill au casting !), le succès ne fut pas au rendez-vous. Pourtant de qualité, la nouvelle licence de SEGA s’est ensuite faite toute petite en occident, avec des épisodes uniquement sous-titrés en anglais et conservant les voix originales, sans oublier un rythme de sortie décalé (ce qui est toujours le cas). Mais, grâce au bouche à oreille suite à l’excellentissime Yakuza 0, et le fameux buzz de Nugget qui illustre toute la dérision dont la saga peut faire preuve, la curiosité des joueurs était piquée. Toujours sous-titré dans la langue de Shakespeare, Yakuza Kiwami revient conter l’histoire de Kiryu pour tous les absents (et fans) de l’époque.
 
SEGA a même demandé à @LennyReviews les statistiques et résultats du tweet de Nugget. En remerciement, ils lui ont offert Yakuza Kiwami.

On replonge donc dans Kamurocho, quartier fictif de Tokyo très grandement inspiré de Kabukicho, qui n’est autre que le « red light » de la capitale nippone. Un lieu parfait pour un Yakuza et ses affaires et, encore une fois, le point de départ de toute une histoire pour notre cher Kiryu Kazuma. Nous sommes en 1995 et sept ans ont passé depuis les événements de l’opus zéro, et le Dragon de Dojima a plus que gagné ses galons. Kiryu a grandi, mûri, et n’est plus le jeune homme qui cherche sa place parmi les mafieux. Les enjeux, eux aussi, ne sont plus les mêmes. Sûr de sa force et de son expérience (d’ailleurs les capacités de Kiki sont toutes au max d’entrée, dans la continuité de Yakuza 0), celui qui arbore le titre de « lieutenant-conseiller » de la famille Dojima est au sommet. Il n’est même plus très loin d’avoir sa propre famille sous ses ordres. Et puis patatra, tout fout l’camp. Le patriarche Dojima aux airs de Joey Starr (oui oui) s’est fait refroidir la caboche, et dans son sens de la justice bien à lui, Kiryu endosse le meurtre. Tous ses efforts sont réduits à néant en plus de pointer à la case « dix piges de cabane ». Chienne de vie, enfoiré de Nishiki.


Botter des culs et prendre des noms

2005. Kiki a fait son temps et s’en va retrouver l’air libre. Problème : l'illustre Dragon de Dojima est plus que rouillé et, déjà qu’il est à la bourre, rate son entrée dans le nouveau millénaire. Expulsé (et non banni) des Yakuzas, ce sont toutes ses facultés de chirurgien-dentiste qui ont disparu. Manque de calcium, les premières bagarres de l’an 2000 seront une corvée, et c’est bien ce tordu de Goro Majima qui vient vous le rappeler. Le chien fou a pleinement embrassé son destin de truand, et, après un épisode zéro qui a apporté davantage de nuances au personnage, les retrouvailles pour le fan de la saga sont quelque peu émotives. Bordel, c’était un vrai bon gars dans le fond ! Mais le voilà, complètement taré et au sens moral abandonné sur le bas-côté. Toutefois pas totalement pourri, il aidera Kiryu à revenir au top de sa forme d’antan avec l’une des meilleures features de ce remake. Tel un Némésis, Goro vous tombera dessus n’importe où, n’importe quand et n’importe comment (à se tordre de rire), pour des bagarres ardues qui videront votre stock de bouteilles énergisantes et autres comestibles indispensables à la survie. 

Yakuza Kiwami

Surtout, ces affrontements sont le seul moyen de regagner toutes les techniques du Dragon de Dojima, style de combat à part entière parmi les quatre disponibles, qui sont les mêmes que ceux déjà présents dans Yakuza 0. Pour les autres, c’est via l’expérience amassée en cassant des bouches ou en se remplissant la panse que vous pourrez grimper l’arbre de compétences. Onze ans plus tard, le cœur du titre reste le même et on arpente les rues de Kamurocho à grand renfort de beignes, penaltys dans les gencives, vélos, scooter, panneaux publicitaires et tout ce qui peut bien nous passer par la main. D’une violence brute, Yakuza Kiwami - comme toute la saga - est avant tout là pour la bagarre. Dire que l’on aime ça serait un euphémisme. Mais ce n’est pas le seul plaisir qu'il a à offrir, loin de là.

« You know nothing, Kiryu Kazuma »

Certains ont Game of Thrones, d’autres ont Yakuza. Ou les deux. Ce que j’veux dire, c’est que comme à chaque épisode, l’intrigue est folle et vous plonge de manière implacable dans cet univers où l’honneur est plus fort que tout, où l’on ne se lasse jamais d’entendre des menaces en japonais et où les protagonistes jettent leur veste et leur chemise d’un coup d’un seul, comme des capes, histoire de dire que là, c’est chaud ma gueule. La qualité de la trame et de l’écriture est de qualité, avec quelques retouches ici et là histoire d'être raccord avec l'opus précedent. Trente minutes de cinématiques viennent colmater les brèches ouvertes par Yakuza 0, et la chute de Nishiki est plus documentée qu’en 2006 (pas de panique pour les nouveaux, dès le début vous savez qu’il part en vrille). S’il y a des regrets à avoir, c’est côté mise en scène qu'il faut regarder. Certains cadrages et moments « t’as vu comme c’est cool » nous rappellent que le titre a plus d’une décennie dans les pattes, et forcément, en 2017 ça le fait moins. Rien de bien méchant ma foi (surtout que la plupart du temps ça déboîte en plus d’être splendide), et c’est bien le seul indicateur de l’âge du titre.


Si l'on peut pester contre certaines textures pas folichonnes et des PNJ parfois modélisés à la truelle, visuellement, c’est le jour et la nuit d’une autre galaxie. Yakuza Kiwami est splendide dans son nouvel écrin (encore plus quand il flotte), et a le mérite de tourner en 1080p et 60 images/sec si vous êtes de ceux que ça intéresse. L’audio du jeu a été réenregistré, et à contrario de sa sortie en 2006 et ses doublages anglais, cette fois c’est bien le japonais qui est conservé. Pour un jeu de Yakuzas, c’est tant mieux vous me direz. Le contenu n’est pas en reste, puisque de nouvelles quêtes secondaires sont ajoutées (pour un total de 78 !), tout comme les activités annexes, qui nous gratifient d’un sublime pierre-feuille-ciseaux mettant en avant des femmes aux costumes d’insectes, en train de se crêper le chignon. Oui oui, vous avez bien lu. C’est aussi ça Yakuza : l’art de ne pas se prendre au sérieux, tout en le restant (never forget Nugget). Et puis que dire du Pocket Circuit Car Racing ? Comme un gosse, il vous sera possible de faire des courses de voitures miniatures, sur circuits miniatures, entre deux bastons. Au calme. Entre ça et le menu classique (billard, bowling, fléchettes, etc.), il y a grandement de quoi faire. 

Article rédigé par Jojo , le

Yakuza Kiwami ne retient pas ses coups en nous offrant un remake plus que généreux. Tous les compartiments du jeu originel ont été améliorés, qu’ils soient cosmétiques (graphismes, audio), mécaniques (l’ajout des quatre styles de combat, Majima Everywhere, quêtes annexes et activités supplémentaires) et même narratifs, pour mieux coller avec les révélations de Yakuza 0. Vendu entre 30 et 35 euros, ce serait un véritable affront de passer à côté. Certains ont perdu leur petit doigt pour moins que ça.

Points positifs

  • L’histoire, de qualité et un poil plus développée
  • Visuellement superbe même si quelques modèles souffrent un peu
  • Les menaces en japonais, des frissons
  • Gameplay efficace, riche et varié
  • De la bagarre. Vive la bagarre.
  • Grosse durée de vie, une vingtaine d’heures en ligne droite, le triple pour tout écumer
  • Toujours aussi drôle quand il le faut
  • 1080p/60fps
  • Un prix rikiki (30 à 35 euros)
  • Goro FUCKING Majima

Points négatifs

  • Toujours sous-titré en anglais
  • Peut être redondant (beaucoup, beaucoup d’affrontements)
  • De rares ralentissements
  • On va attendre encore deux ans pour Kiwami 2 ?

A propos de l'auteur

Jojo

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Quota pioupiou

Grailleur de pépitos et de JRPG, en gros. Sinon je tweet, vu que personne dans l'équipe ne semble savoir comment fonctionne l'internet. Je vous ai parlé de Rocket League ?

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