Test : Digimon Story : Cyber Sleuth

Digimon Story : Cyber Sleuth - PS4

Genre : RPG tour par tour

Date de sortie : 05 février 2016

Genre
RPG tour par tour
Date de sortie
05 février 2016 - France
Edité par
Bandai Namco Entertainment
Disponible sur
PS4, PSVita
Modes de distribution
PlayStation Network

Dans le petit monde des amateurs de bestioles virtuelles, il existe deux clans bien distincts : les fans de Pokémon et les fans de Digimon. Créées quasiment en même temps (1996 et 1997), ces deux licences se font la guerre depuis des années alors que, au fond, elles se ressemblent beaucoup, les deux mettant en scène de petits monstres destinés au combat. Ce sont aujourd'hui les fans de Digimon qui sont mis à l'honneur, puisqu'un nouveau titre est désormais disponible sur PS4 et PS Vita : Digimon Story : Cyber Sleuth.

Test effectué à partir d'une version PS4

Dans l'univers des Digimon, le monde est scindé en deux : le réel et le digimonde. Ce dernier, composé de données informatiques, renferme les Digimon, des créatures numériques plus ou moins hostiles. Pour se rendre dans cette zone parallèle, plusieurs moyens sont mis à disposition des humains, comme des portails spécifiques ou tout simplement des connexions Internet. Mais ça, c'est quand tout se passe bien, et ce n'est pas franchement le cas dans ce Digimon Story : Cyber Sleuth. En effet, un mal mystérieux ronge le monde, comme va vite le découvrir le héros de l'histoire (garçon ou fille, c'est au joueur de choisir) : alors qu'il discutait en ligne avec des amis, il rencontre un hacker qui semble tout sauf amical. Après les avoir menacé, le rustre s'en va aussi vite qu'il est venu. Une simple blagounette? Peut-être pas, car les problèmes arrivent dès que le héros tente de se déconnecter d'EDEN, la sorte d'Internet dans laquelle il se trouve. Son corps est tombé dans un mystérieux coma et son âme doit trouver refuge dans un corps fictif afin de pouvoir évoluer dans le monde réel. Un événement qui est loin d'être isolé puisque de plus en plus d'utilisateurs d'EDEN s'endorment sans plus jamais se réveiller. Recruté par une agence de détectives spécialisés dans le numérique, il va enquêter en leur compagnie sur ce mystère bien mystérieux, qui gangrène petit à petit les deux mondes...

Digimon Story : Cyber Sleuth

LA génération digitale

L'aventure de Digimon Story : Cyber Sleuth se déroule donc dans deux mondes bien distincts et le joueur alterne en permanence entre les deux. Dans l'univers réel, le héros passe une grosse partie de son temps à enquêter, notamment en se rendant dans des endroits spécifiques pour parler à des PNJ. Mais il est également possible de participer à des tournois de combats entre Digimon ou encore d'aller effectuer quelques achats, entre deux quêtes annexes. Des quêtes secondaires qui prennent forcément la forme de petites enquêtes à résoudre, histoire de faire progresser son équipe. Celles-ci sont plutôt agréables à suivre, avec des histoires résolument ancrées dans l'univers digital, comme par exemple un développeur qui demande de l'aide pour aller détruire un bug qui s'est infiltré dans son jeu, même si la finalité est finalement souvent la même : se rendre dans l'autre monde et effectuer quelques combats avant de toucher au but. Le scénario principal, d'ailleurs, est lui aussi plutôt intéressant à découvrir sans pour autant être révolutionnaire, avec des personnages hauts en couleurs et un côté un peu moins enfantin que ce que l'on pourrait croire au premier abord. Cerise sur le gâteau, les doublages (japonais) sont convaincants et donnent agréablement vie à des dialogues qui manquent parfois un peu d'inspiration. Même si un gros point noir vient tout de même apporter une ombre au tableau : le titre, bien que tout de même destiné aux enfants et aux adolescents... n'est pas traduit en français. Les sous-titres sont en effet uniquement en anglais, de quoi se couper d'une très grande partie du public ciblé.

Digimon Story : Cyber Sleuth

Comme dit précédemment, une partie du jeu se déroule dans le monde virtuel où les Digimon côtoient les humains et où les hackers foutent un sacré bordel. Le joueur passe donc de longs moments dans cet endroit divisé en zones distinctes. Il y a par exemple un endroit où le héros peut communiquer avec les autres, histoire d'obtenir des informations sur l'enquête en cours. Certains PNJ ont de petits cadenas au dessus de la tête et il s'agit de leur donner le mot clé correspondant afin de libérer l'info désirée. Ces mots clés sont donnés au cour de conversations, il s'agit donc de prendre le temps d'écouter tout le monde afin de pouvoir progresser. Il y a également les donjons, comme dans tout bon RPG qui se respecte, où les combats s'enchaînent. Digimon Story : Cyber Sleuth a opté pour un tour par tour classique, simple mais toujours diablement efficace, où les Digimon peuvent lancer des attaques basiques ou encore des Skills variés, offensifs (attaques liées aux éléments : feu, eau, etc.) ou de soutien (soins, amélioration globale de l'attaque...). De temps à autres, une attaque à plusieurs peut se lancer et, en fonction de leur niveau de camaraderie, les Digimon seront deux ou trois à répondre à l'appel – puisqu'une équipe active ne peut comporter que trois combattants. Autant dire que les dégâts sont plus conséquents lorsque les trois monstres se combinent. Ce qui est utile lorsque le challenge arrive... Même s'il n'arrive qu'au bout d'un certain nombre d'heures, avec parfois quelques pics de difficulté.

Digimon Story : Cyber Sleuth

Dur à digirer ?

Au bout d'un certain nombre de niveaux gagnés, les Digimon ne peuvent plus en gagner, il s'agit donc de les faire ''digivolver''. Car contrairement aux Pokémon, ils ont besoin qu'on le fasse pour eux, cette bande de feignasses. Pour ce faire, un seul endroit : le DigiLab. Un lieu où le héros passera d'ailleurs un temps fou à jouer à l'apprenti sorcier. Car en plus de faire évoluer les Digimon, ce qui nécessite des conditions à remplir (un certain nombre de points de vie, un niveau minimum, etc) et ramène la bestiole au niveau 1, on peut aussi les dé-évoluer, leur faire subir un entraînement intensif sur la FarmIsland ou encore les créer. Là aussi, il s'agit de prendre en compte une condition essentielle, à savoir celle d'avoir suffisamment scanné la bestiole désirée. En effet, chaque ennemi est scanné au début d'un combat (avec un taux qui peut varier de 10 à 30%) et, une fois que ce dernier est à 100%, il est possible de le créer. Libre ensuite à chacun de se confectionner une équipe de choc, en faisant attention à ce que la mémoire globale de l'équipe reste dans les clous. Comme pour les cartes mémoires des consoles de l'époque (ça nous rajeunit pas), l'équipe a droit à un certain nombre de ''slots'' libre. Chaque Digimon en occupe un certain nombre et il est donc impossible de dépasser. Évidemment, plus le monstre est évolué et plus il prend de la place... Et moins l'équipe peut avoir de Digimon en réserve. Heureusement, il existe des objets destinés à faire grandir la mémoire globale de l'équipe, histoire de suivre en conséquence. De quoi rajouter un petit zeste de stratégie à l'ensemble.

Digimon Story : Cyber Sleuth

Finalement, là où Digimon Story : Cyber Sleuth pèche le plus, c'est non pas sur son fond mais bien sur sa forme. Les graphismes du titre de Bandai Namco sont clairement d'un autre âge, que ce soit sur PS4 ou PS Vita (même si ça passe mieux sur la portable de Sony), et ne sont d'ailleurs pas sans rappeler les dernier Tales of, qui tournent sur un moteur vieillissant. Ainsi, les décors sont figés et, même si le monde réel a droit à davantage de détails, avec de nombreux magasins et de jolies couleurs flashys, les environnements des donjons sont désespérément vides. Alors certes, on peut avancer qu'il s'agit d'un monde virtuel, mais tout de même : ne peut-on pas imaginer autre chose que des couloirs composés de gros pixels bleus ? Les personnages et Digimon – bien que mignons - ne sont pas beaucoup mieux lotis puisque leur modélisation est extrêmement simple, il n'y a pas de fioritures dans les vêtements et les animations sont globalement assez rigides. Au moins, le titre n'est pas parasité par des temps de chargement longs et nombreux, ce qui est toujours bon à prendre. Les musiques sont quant à elles plutôt sympas bien que très génériques et revenant rapidement en boucle.

Article rédigé par Shauni Chan , le

Digimon Story : Cyber Sleuth est finalement une plutôt bonne surprise et l'on prend plaisir à le parcourir, avec son histoire plutôt intéressante à suivre, des personnages hauts en couleurs, des à-côtés sympas (les quêtes annexes, la DigiLine permettant de répondre aux SMS des amis du héros...), un système de combat classique et efficace mais surtout la collectionnite qui arrive bien vite une fois que l'on découvre le DigiLab (d'autant plus que chaque monstre peut évoluer en plusieurs formes). Finalement, le seul gros reproche que l'on pourrait lui faire est sa réalisation d'un autre temps, avec ses environnements vides et ses personnages plutôt basiques et assez rigides. Et, surtout, que le tout n'est qu'en anglais...

Points positifs

  • Combats au tour par tour classiques mais efficaces
  • Histoire et personnages sympas
  • Le DigiLab (évolution de Digimon, création, entraînement...)
  • Un grand nombre de Digimon disponibles

Points négatifs

  • Le challenge met un temps fou avant d'arriver
  • Quelques pics de difficulté
  • Réalisation d'un autre temps
  • Sous-titres uniquement en anglais

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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