Test : Utawarerumono : Mask of Deception

Utawarerumono : Mask of Deception - PS4

Genre : Visual-novel

Date de sortie : 23 mai 2017

Genre
Visual-novel
Date de sortie
23 mai 2017 - France
Développé par
Aquaplus
Edité par
Atlus
Disponible sur
PS4
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network

Connue au Japon depuis déjà quelques années, la série Utawarerumono a finalement attendu l'année 2017 pour débarquer en Europe avec un titre PS4 baptisé Mask of Deception. Un premier épisode qui n'en est pas vraiment un, puisqu'il s'agit techniquement du second, le vrai premier n'étant jamais sorti en dehors du Japon. Heureusement, cela n'empêche pas de se plonger dans l'aventure de ce visual novel / RPG tactique. Mais vaut-il le coup ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Utawarerumono : Mask of Deception, que nous appelleront désormais Utawa pour des raisons évidentes de flemme, est donc un visual novel / RPG tactique. Attention toutefois, n'espérez pas trouver ici des combats en pagaille, puisque seulement une petite vingtaine d'affrontements sont de la partie, sachant que chacun d'entre eux se plie en moins de quinze minutes et que le titre dure pour sa part plusieurs dizaines d'heures. Ici, les joueurs passeront clairement les trois quarts de leur temps à lire les aventures d'Haku, ou plutôt ses mésaventures. Mais oui d'ailleurs, de quoi parle-t-il, ce jeu ? D'un jeune homme amnésique se réveillant au beau milieu d'une forêt enneigée, avec pour simple vêtement une blouse d'hôpital. Rapidement pris en chasse par un insecte géant, puis par un blob tout aussi gigantesque, il est alors sauvé par une jeune femme nommée Kuon. Une demoiselle tout ce qu'il y a de plus étrange, puisqu'en plus de posséder une force incroyable, un appétit d'ogre et de courir extrêmement vite, est dotée d'oreilles et d'une queue telle une jolie petite renarde. Et il découvre bien vite qu'il est le seul humain ''normal'' dans ce monde se situant dans une sorte de Japon féodal : entre les monstres géants tel le Gigiri, les mages capables de lancer des sorts, les soldats chevauchant de gros oiseaux ou encore les différentes ''races'' (qui n'ont pas toutes les mêmes sortes d'oreilles et de queues, du coup), autant dire qu'il est vite dépassé...

Bal masqué

C'est d'ailleurs ce décalage qui fait le sel d'une grosse partie du début du titre (qui s'étale tout de même sur plusieurs heures), à savoir l'incompréhension et l'étonnement perpétuel d'Haku face à ce monde qui lui est totalement inconnu puisque, rappelons-le, il est totalement amnésique (Haku est d'ailleurs le nom que lui donne Kuon). Et le point fort de ce héros, c'est qu'il réagit vraiment de manière naturelle face à tout ça : il s'étonne, il reste sans voix, il a peur... Ce qui ne l'empêche pas pour autant de tenter d'impressionner ces demoiselles, en tentant de porter des choses un peu trop lourdes pour lui. Et, forcément, il se ramasse lamentablement puisqu'il n'y parvient pas alors qu'elles y arrivent sans souci grâce à leur force herculéenne... Bref, vous l'aurez compris, c'est souvent le malaise pour le pauvre jeune homme. Et encore plus quand il est question de nudité ou de petites culottes, car Utawa propose aussi son lot de fan service. Évidemment, on ne parle pas ici d'érotisme, mais il arrive parfois que l'on voit des héroïnes en tenue légère – avec tout de même de quoi cacher les endroits sensibles – et que l'on ait droit à des sous-entendus un peu graveleux. Mais ce n'est fort heureusement jamais gratuit ni même de mauvais goût, d'autant plus que le tout est fait avec humour. Un humour présent du début à la fin, qui vient dédramatiser des passages un peu plus tendus ou faire souffler le joueur de temps à autres lorsque les dialogues finissent par s'allonger un peu trop.

Utawarerumono : Mask of Deception

Car oui, Utawa enchaîne sans répit les dialogues à rallonge, les pensées d'Haku ou encore les descriptions de situations. Parfois peut-être à l'extrême car, même si le principe d'un visual-novel est de tout placer sur des textes à lire, certains passages sont ici soit un peu trop longuets, soit pas vraiment justifiés, soit carrément inutiles. Heureusement, ce n'est qu'une petite minorité, car la quasi intégralité du scénario est agréable à suivre, avec son lot de personnages attachants à rencontrer, de retournements de situations ou encore de surnaturel. Et afin de pouvoir profiter de tout ce beau monde sans appuyer en permanence sur la touche X, il est possible de passer en Auto Mode afin de faire défiler automatiquement les textes, comme si le joueur se posait pour regarder un animé. Précisons tout de même que le tout est uniquement disponible en anglais, avec des doublages japonais de qualité. Un anglais certes basique, mais en anglais tout de même. Rassurez-vous, vous avez à tout moment la possibilité de mettre sur pause et de retourner en arrière histoire d'aller lire une phrase que vous n'avez pas compris sur le moment. Il est aussi possible à tout moment de sauvegarder, et ce même durant les combats, même si ça n'a pas grand-chose à voir (mais au moins c'est dit).

Utawarerumono : Mask of Deception

Gigira bien qui Gigira le dernier !

Comme dit plus haut, Utawa propose aussi quelques affrontements en mode RPG tactique au tour par tour. A la manière d'un Fire Emblem, les héros agissent les uns après les autres en se déplaçant sur des cases et possèdent des aptitudes bien particulières. Ainsi, certains attaquent au corps à corps avec des armes, d'autres à distance grâce à des sorts, d'autres encore peuvent soigner ou se battent à dos de monture. Quant aux attaques, elles sont divisées en deux sortes, mais toutes deux basées sur le timing : celles où il faut appuyer au bon moment afin de faire un maximum de dégâts, voire un critique et une altération d'état, et celles où le joueur doit maintenir la touche appuyée pendant qu'un cercle se remplit, et relâcher au bon moment. Petit à petit, tout ce beau monde remplit sa jauge de Zeal et, fatalement, passe au bout d'un moment en mode Overzeal, ce qui permet de s'octroyer un tour en plus et de frapper un peu plus fort. Un moment dont il faut profiter pour prendre le dessus pendant la bataille même si, très honnêtement, ces combats semblent être plus un prétexte pour proposer un peu de gameplay (puisque même durant le côté visual-novel il n'y a pas de choix à faire) tant la difficulté est ridiculement basse. Pourtant, pas mal d'éléments sont censés être pris en compte : gérer comme il faut le principe de chaînes (qui permet d'attaquer plusieurs fois), faire attention aux forces et faiblesses spécifiques aux éléments (feu, air, eau, etc), distribuer les points obtenus après les affrontements afin d'améliorer les stats des héros, éventuellement refaire des combats afin de gagner des niveaux...

Utawarerumono : Mask of Deception

Bref, s'ils sont plutôt agréables à faire, ces affrontements sont loin d'être le point fort du titre tant le challenge est proche du néant et qu'il suffit d'avancer et taper pour gagner. D'ailleurs, même l'aspect visuel de ces passages est plus faible que le reste, avec une 3D un peu dégueu qui date plus de l'époque de la PlayStation 2 que de celle de la PlayStation 4. Les textures sont baveuses, les animations simplistes et la modélisation un peu grossière... Bref, on a déjà vu mieux. Et on voit surtout mieux pendant la phase visual-novel, c'est-à-dire pendant toute la quasi intégralité de l'aventure. Là, le scénario avance via des écrans fixes en 2D qui prennent la forme de jolies illustrations du paysage, que ce soient des environnements larges ou des endroits plus restreints, comme le hall d'un hôtel par exemple. Les personnages ne sont pas en reste puisqu'ils profitent de pas mal de détails dans leur conception et d'une personnalité qui leur est propre, même si l’œil expert se rendra tout de suite compte qu'ils sont tous plus ou moins clichés : le mage excentrique mais balèze, la petite sœur surdouée et malpolie, la demoiselle timide à l'excès, le combattant charismatique... Pas de quoi entacher le plaisir des yeux, malgré tout. Et des oreilles aussi, grâce à des doublages japonais de qualité, comme dit précédemment, ainsi que une ambiance sonore en retrait mais collant bien à l'univers du soft et à l'époque durant laquelle il se passe.

Article rédigé par Shauni Chan , le

Utawarerumono : Mask of Deception est une bonne pioche dans le genre de niche qu'est le visual-novel. Car oui, n'achetez pas ce titre en pensant qu'il s'agit d'un RPG tactique : il n'en est rien. Si une vingtaine de combats sont bel et bien de la partie, ces derniers sont trop courts et trop faciles pour vraiment intéresser. En revanche, tout le reste se montre bien plus sympathique, avec un scénario agréable à découvrir, bourré d'humour et d'un peu de fan service (dans le genre petites culottes et sous-entendus), porté par des personnages attachants et hauts en couleurs ainsi que par de très jolies illustrations 2D et de bons doublages japonais. Sachez tout de même qu'il vous faudra faire la suite, Utawarerumono : Mask of Truth prévue pour le mois de septembre à venir, afin de connaître le fin mot de l'histoire...

Points positifs

  • De très jolies illustrations 2D...
  • Doublages japonais de qualité
  • Histoire agréable à découvrir
  • De l'humour
  • Des héros attachants
  • Durée de vie costaud

Points négatifs

  • ...Mais de la 3D hideuse pendant les combats
  • Des combats d'ailleurs peu intéressants car trop faciles
  • Quelques passages un peu longuets
  • English only

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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