Test : A Way Out

A Way Out - PS4

Genre : Prison Break Simulator

Date de sortie : 23 mars 2018

Genre
Prison Break Simulator
Date de sortie
23 mars 2018 - France
Développé par
Hazelight
Edité par
Electronic Arts
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One

Presque cinq ans après avoir enchanté les joueurs avec Brothers : A Tale of Two Sons, le réalisateur et scénariste Josef Fares est de retour avec A Way Out, un titre uniquement jouable en coopération (en ligne ou en local) et sorti de chez Hazelight Studios. Il ne reste plus qu'à savoir si cette évasion de prison se montre aussi prenante que l'aventure développée à l'époque par Starbreeze Studios...

Test effectué à partir d'une version PS4

Comme dit précédemment, A Way Out est uniquement jouable en coopération (n'essayez pas d'y jouer en solo, aucune IA ne viendra à votre secours ici), les joueurs font donc connaissance dès le départ avec deux ''héros'' : Vincent, accusé de meurtre et de fraude et écopant donc d'une lourde peine, ainsi que Léo, petit mafieux arrêté pour braquage. Deux hommes au passé et au tempérament bien différents (Vincent est calme et posé là où Léo se montre très sanguin et plutôt violent), qui se retrouvent en prison dans des cellules voisines et qui sauront se mettre d'accord sur un point : il faut sortir, et vite, histoire de s'occuper d'un ennemi commun, un certain Harvey. Voilà pour le début de l'histoire, mais il est impossible d'en dire plus sous peine de vous spoiler, ce qui serait franchement dommage. Car si le scénario de A Way Out est très loin d'être le meilleur que vous connaîtrez dans votre vie de joueur ou de cinéphile, il se laisse tout de même découvrir sans déplaisir sur les quelques six ou sept heures que dure l'aventure (un peu plus pour découvrir toutes les fins). Tout juste pouvons-nous dire que l'évasion de la prison occupe en fait moins de deux heures de l'aventure, le reste étant consacré à la cavale et à la recherche de ce fameux Harvey.
 

Les deux font la paire

Certes, il a ses défauts. Pas mal d'incohérences sont à déplorer par exemple, et le titre utilise parfois de trop grosses ficelles pour tirer quelques larmes au joueur en utilisant le pathos à fond (même si certaines scènes ne vous laisseront sans doute pas de marbre). On regrette également certains clichés et caricatures du genre, qui peuvent même spoiler l'aventure pour les plus habitués... Mais, malgré tout, on a toujours envie d'aller plus loin, de savoir ce que l'avenir réserve à Vincent et Léo, de les voir tisser petit à petit des liens – alors que ce n'était clairement pas gagné au départ vu comment ils se sont rencontrés. Bref, un scénario basique mais porté par des personnages principaux attachants, qui sont d'ailleurs aidés par des doubleurs convaincants. Précisons d'ailleurs à ce sujet que les voix sont uniquement disponibles en anglais, mais que les sous-titres sont bel et bien en français. Et rajoutons que, malheureusement, les sous-titres ne s'affichent que d'un côté ou de l'autre du split-screen, obligeant parfois à regarder l'écran de l'autre joueur pour lire ce que dit un personnage. Mais A Way Out, ce n'est pas un film, même s'il dispose de nombreuses cinématiques : c'est un jeu. Et un jeu proposant des phases de gameplay assez différentes.
 
A Way Out

Lorsque vous vous lancez dans A Way Out, vous enchaînerez ainsi des phases d'infiltration, d'exploration, de courses-poursuites ou encore de tir. Ça vous dit quelque chose ? Normal, c'est le principe de base de n'importe quel Uncharted. Le problème ici, c'est que les développeurs ont préféré la quantité à la qualité. S'il est certes louable de la part d'Hazelight Studios de vouloir diversifier l'aventure histoire d'éviter l'ennui, toutes ces phases manquent clairement de finition. Les séquences de tir, par exemple, sont assez plan-plan, la faute à des armes qui n'offrent absolument aucune sensation. La conduite est tout aussi molle, et les moments d'infiltration sont simplissimes en raison d'une intelligence artificielle totalement à la ramasse. Restent donc les phases d'exploration, qui sont les plus agréables : on va discuter avec les quelques personnes présentes, on interagit avec des éléments totalement inutiles (allumer une télévision, jouer au Puissance 4, se mettre au piano, etc), le tout via des QTE jamais vraiment lassants (dont pas mal ne peuvent être exécutés qu'à deux), contrairement à d'autres jeux du genre. Peut-être aurait-il été plus judicieux de supprimer l'une ou l'autre de ces phases de gameplay, histoire de peaufiner les autres au maximum et d'éviter ces défauts assez importants.

A Way Out

Les évadés

Là où A Way Out pèche également, c'est sur le plan de la réalisation. Si Vincent et Léo sont certes très bien modélisés, les PNJ sont pour leur part clairement en dessous : visages grossiers et animations rigides sont au programme, venant casser l’immersion des joueurs. Heureusement, les environnements relèvent le niveau et se montrent pour la plupart bien plus convaincants, surtout ceux en extérieur. On pense par exemple à la forêt, bénéficiant de très jolis effets de lumière et d'une palette de couleurs automnale vraiment sympa. L'envers du décor, c'est que les temps de chargement sont nombreux et un peu longuets... Certains choix de réalisation, là encore très cinématographiques, sont aussi bien foutus, comme la division de l'écran (dans le genre de la série 24) qui permet de voir ce que de potentiels adversaires sont en train de faire. Dommage toutefois que cet effet soit si peu utilisé, l'essentiel de l'aventure se déroulant en split-screen, coopération oblige. Au moins, et contrairement à d'autres titres dans lesquels le split-screen peut être assez contraignant (comme dans les Lego), la visibilité des deux joueurs reste ici toujours au top.
 
A Way Out

L'avis de Mystère Mask, cobaye utilisé pour la coopération en local :

Je suis globalement assez d'accord avec tout ce qui a été dit plus haut : la réalisation souffle le chaud et le froid, les deux personnages principaux étant clairement au-dessus du reste, le scénario est basique avec quelques clichés mais se laisse suivre, la relation entre Vincent et Léo fonctionne même si certains retournements sont visibles bien à l'avance, la mise en scène est globalement convaincante (surtout lorsque les deux héros doivent coopérer, certains passages se faisant un peu chacun de son côté) et, en dehors des phases de dialogue, les autres phases sont clairement bien moins finies. Mais de mon côté, j'ai également noté que certaines scènes étaient clairement trop longues – notamment celle de fin – et que le split-screen peut parfois poser souci. Ainsi, dans certaines scènes d'action, on est un peu tentés de regarder l'écran de l'autre, sous peine de louper nos propres QTE. Mais malgré ces défauts, A Way Out représente une expérience inédite et rafraîchissante, et j'espère qu'elle ouvrira la porte à d'autres titres de ce genre, jouables en coop' ou en solo avec une IA.

Article rédigé par Shauni Chan , le

S'il souffre certes de défauts que certains considéreront comme rédhibitoires, comme des phases de gameplay pas toutes convaincantes ou encore un scénario bourré de clichés et de grosses ficelles, A Way Out se laisse malgré tout parcourir sans déplaisir. On s'attache bien vite à Léo et Vincent, et on suit avec un certain intérêt leurs pérégrinations en quête de vengeance, avec tout ce que ça entraîne comme embûches sur leur chemin. Et le fait de rendre le titre uniquement jouable en coopération n'est pas une contrainte, bien au contraire : on se parle, on s'entraide, on se donne des conseils, et l'expérience se montre d'autant plus plaisante. Bref, un titre très cinématographique qui devrait plaire aux adeptes du genre.

Points positifs

  • Vincent et Léo, très bien modélisés
  • Deux héros attachants
  • Les décors extérieurs, très jolis
  • La coop' fonctionne très bien
  • Une aventure prenante

Points négatifs

  • Scénario basique et cliché
  • Des phases de gameplay manquant de finition
  • Les temps de chargement
  • Réalisation en dents de scie

A propos de l'auteur

Shauni Chan

Shauni Chan

Caution féminine

Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni Chan a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.

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