Test : Judgment

Judgment - PS4

Genre : Action / Aventure

Date de sortie : 25 juin 2019

Genre
Action / Aventure
Date de sortie
25 juin 2019 - France
Développé par
Ryū ga Gotoku Studio
Edité par
Sega
Disponible sur
PS4
Modes de distribution
Boutique
PlayStation Network

Un jugement est toujours difficile à donner, et il est rare que celui-ci soit définitif car, comme le dit l’adage, ''seuls les imbéciles ne changent pas d’avis''. Lorsque Judgment a été annoncé pour la première fois, tout le monde a eu la même réaction : tout le monde voyait un Yakuza bis, juste une tentative fainéante de RGG Studio de faire quelque chose de nouveau. Et pourtant, dans ce cas plus qu’ailleurs, notre adage sera pertinent. Et on pourra même ajouter que l’habit ne fait pas le moine.

Test effectué à partir d'une version PS4

Notre histoire prend place à Kamurocho, quartier emblématique de la série Yakuza et reproduction du vrai quartier ‘'chaud'’ de Tokyo, Kabukicho. Oui, ‘'chaud’', car, soyons honnêtes, les Yakuza ainsi que ce nouveau titre ne sont pas réalistes en ce qui concerne l’ambiance de la capitale nippone, un quartier chaud au Japon correspondant à Clermont-Ferrand chez nous (pour les parisiens, c’est une ville tranquille au centre de la France. Et ouais, il y a d’autres villes dans le pays, c'est fou). Bref, nous retrouvons Takayuki Yagami, un jeune avocat noyé sous les demandes de défense. La raison ? Yagami a réussi à faire acquitter son client alors que 99% des procès en accusation au Japon se terminent en condamnation. Le seul problème est que le client à nouveau libre de notre héros vient de commettre un meurtre… Yagami est donc maintenant vu comme l’avocat ayant fait libérer un meurtrier. Quelques années plus tard, dégoûté par cette expérience et rongé par la culpabilité, Yagami n’exerce plus son métier : il s’est reconverti en détective privé. Et ça tombe bien, car des meurtres sanglants font leur apparition dans les rues de Kamurocho et ils semblent liés à l’entourage de Yagami. Notre héros va donc partir en quête pour trouver le coupable. Mais vous connaissez RGG Studio ! Tout ça va beaucoup plus loin que ce que l’on pourrait penser...

Objection !

L’histoire de Judgment est longue, passionnante et surprenante, et il est difficile d’en parler sans spoiler. Si vous aimez les histoires bien ficelées, vous êtes ici en face d’un incontournable. En terme d’écriture, ce sont les mêmes personnes qui étaient aux commandes des Yakuza, on retrouvera donc le même ton sachant être léger ou sérieux quand il le faut. On aura d’ailleurs aussi comme d’habitude quelques tacles envers la société japonaise et sa manière de fonctionner. Comment décrire Judgment et lui rendre justice, justemment ? Les mauvaises langues diront que ce n’est qu’un nouveau Yakuza avec des personnages et un titre différents. C’est faux, même si l’influence de la série phare de RGG Studio se fait voir à chaque coin de rue. Nous sommes en fait plus en face d’un hybride, comme si Ace Attorney et Yakuza avaient eu un enfant.

Judgment

Il y a tout d'abord de la baston, notre héros étant un expert en arts martiaux. Des combats faciles à prendre en main où vous pourrez utiliser deux styles : le style de la Grue pour les combats contre des groupes et celui du Tigre pour les un contre un. Les deux styles sont bien différents et ajoutent un mini aspect stratégique, sachant qu’il faut choisir celui qui sera le plus efficace dans la situation à laquelle on fait face. Il est d’ailleurs très facile de changer de style, à savoir d’une simple pression sur la croix directionnelle. Mais en dehors de la baston, n’oublions pas que notre personnage principal est un civil, et un détective privé qui plus est ! Il y aura donc tout un tas de mécaniques de jeu que vous n’avez jamais pu exercer à Kamurocho.

Judgment

Detective Dee

Yagami pourra donc crocheter des serrures, faire des filatures, se déguiser pour ne pas se faire repérer, espionner des suspects à l’aide de son drone, les poursuivre quand ils s’enfuient et utiliser son téléphone pour faire des recherches afin de localiser un suspect. Toutes ces mécaniques vous seront utiles dans l’histoire principale, mais aussi dans les quêtes annexes. Ces quêtes annexes prennent la forme d’enquêtes : vous recevez une requête d’un client et, à partir de là, à vous d’agir. Ces enquêtes peuvent être très différentes les unes des autres, il vous sera par exemple demandé d’arrêter un pervers sévissant dans les rues de la ville, ou tout simplement de trouver la solution à une énigme mathématique, ce qui nous sort du schéma classique : quête → recherche → coupable → casser la gueule du coupable. Et c’est très appréciable. Ajoutons à cela que le nombre d’affaires que vous recevrez dépendra de votre réputation. Eh oui, Kamurocho est plein de personnes à rencontrer, et c’est à vous de sympathiser avec eux afin de faire monter votre jauge d’affinité pour devenir leur ami tout en faisant en sorte que votre réputation dans le quartier augmente. Là aussi, une mécanique appréciable tant elle vous permet de rencontrer des personnages très hauts en couleur.

Judgment

Détective oblige, Judgment intègre un mode Enquête. C’est en réalité une vue à la première personne qui se déclenchera sur des scènes de crime. Votre but dans ce mode sera de trouver des indices qui pourront vous aider dans vos enquêtes. Ces indices serviront de preuves et pourront être présentés lors de conversations afin d’appuyer vos arguments, à la manière d’un Ace Attorney ou d’un Danganronpa. Évidemment, les dialogues occupent une grande place dans tout le jeu et, là aussi, vous devrez intervenir afin de poser la bonne question au bon moment. Voilà pour le contenu cœur du jeu, qui ne fait qu’effleurer la surface. Car oui, nous venons de vous présenter les mécaniques utiles à l’histoire principale et aux quêtes secondaires. Mais si vous connaissez les Yakuza et RGG Studio, vous vous doutez déjà que Judgment est extrêmement généreux sur son contenu. Vous pourrez participer à des jeux d’argent, faire des courses de drone, améliorer ce dernier grâce à des objets trouvés dans les rues de la ville, nettoyer ces mêmes rues d’un gang de petites frappes, aller au batting center, boire des verres, rencontrer des jeunes femmes, leur parler via textos et avoir une petite amie. Et tout cela n'est encore qu’une fraction de la générosité de Judgement... Pour notre grand plaisir, les UFO catchers sont par ailleurs de retour ! En revanche, le karaoké est absent… A croire que l’on peut avoir soit l’un, soit l’autre, mais jamais les deux en même temps.

Judgment

And justice for all

Esthétiquement, Judgment est beau, on ne peut pas le nier. Les personnages principaux sont très bien modélisés et on croit en ce qu’ils disent grâce à un jeu d’acteur impeccable en japonais. Grâce à cela, nous avons encore droit à des personnages très charismatiques auxquels on s’attachera, tant on vit avec eux chaque situation. Le titre est d’ailleurs sous-titré intégralement en français, les anglophobes n’ont donc plus aucune excuse pour ne pas se plonger dans l’aventure. Le jeu propose par ailleurs des sous-titres en anglais, allemand, italien ou encore espagnol, un vrai signe de la volonté de partager Judgment au plus grand nombre. Une localisation en français pour ce type de jeu par Sega n’était pas arrivée depuis le premier Yakuza sur PlayStation 2, c'est dire... Au niveau des voix, vous pourrez aussi choisir entre anglais et japonais. Une initiative sympa mais, soyons honnêtes, choisir l’anglais sonnerait faux.

Judgment

Même si le jeu est beau au niveau des personnages principaux, ce n’est toutefois pas le cas des personnages secondaires, qui se ressemblent tous et qui sont directement importés des Yakuza. Le contraste est d’ailleurs assez frappant lorsque Yagami se trouve en face d’un personnage générique. La ville aussi n’a pas changé depuis Yakuza 6, mais nous ne sommes pas au point techniquement comparé à cet épisode. Nous retrouvons toujours cette volonté de ne pas avoir de temps de chargement entre un bâtiment et la rue, mais nous subissons malheureusement des ralentissements et de légers freezes dans certains cas. Si bien que l’on peut savoir quand un événement va se produire : si le jeu freeze, quelque chose va arriver. On ne voit presque pas la différence entre cinématiques et jeu au niveau esthétique, mais seulement au niveau esthétique car, avant chaque cinématique, vous avez droit à un bon temps de chargement cassant le rythme. Pour être justes, notons tout de même qu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, le jeu n’est pas sorti officiellement, il est donc possible qu’un patch vienne corriger ces défauts prochainement. Mais en l’état, oui, il y a des faiblesses techniques, même si elles sont mineures.

Judgment

Jugement dernier

Judgment a en fait deux gros défauts. Tout d’abord, son histoire traîne en longueur et si nous voulons toujours progresser dans celle-ci il faudra passer par des phases beaucoup moins passionnantes. L’intensité est en dents de scie : nous ne sommes pas devant une histoire qui commencera doucement avant de s’emballer. On est plutôt devant une histoire qui commencera fort, qui se calmera, qui s’emballera et qui se calmera à nouveau, ce qui pourra s’avérer frustrant. Et, malheureusement, comme Yakuza avant lui, Judgment sera parfois beaucoup trop bavard pour pas grand-chose. Vous voulez progresser ? Eh bien non, il faudra d’abord assister à cette conversation sur les gâteaux en série limitée de la boulangerie du coin…

Judgment

Un autre point faible de Judgment est sa difficulté. A aucun moment le jeu ne vous résistera, et ça sera encore pire lorsque vous aurez amélioré votre personnage. Il y a en effet ici tout un système d’amélioration : vous pouvez acheter de nouvelles compétences grâce à des PA, et ces PA s’obtiennent après avoir accompli certaines actions. Mais les PA pleuvent de partout et les compétences seront très faciles à débloquer. Bilan, on est rapidement beaucoup plus fort que les adversaires et on survole toutes les épreuves, car ces améliorations ne concernent pas seulement le combat, elles concernent aussi toutes les mécaniques déjà énumérées. Ainsi, à la fin de l’aventure, Yagami sera un Terminator ne tremblant plus, ne ressentant plus les effets de l’alcool, capable de crocheter une porte en un claquement de doigts. Si le jeu n’est pas dur du tout à la base, les améliorations le rendent encore plus simple.

Article rédigé par Mystère Mask , le

Judgment est développé par la même équipe que Yakuza, alors est-ce que ça en fait un Yakuza ? Autant que Zelda est un Mario parce qu’ils sont tous les deux développés par Nintendo ! Il est vrai que l’on baigne dans un univers similaire, que l'on déambule dans les même rues et que les thèmes abordés rappelleront parfois notre cher Kiryu, mais nous sommes ici face à quelque chose de totalement différent. Certes, la comparaison sera inévitable, mais il serait injuste de réduire Judgment à un Yakuza bis. Nous avons ici une histoire bien ficelée, avec des personnages attachants et au charisme dégoulinant, des tonnes de contenus et une durée de vie gigantesque, et cela même en ligne droite. Judgment mérite toute votre attention. Même s'il n’est pas parfait, il est extrêmement solide. Si vous voulez vivre cet été une aventure qui vous fera bondir sur votre canapé, accompagné de personnages inoubliables, Judgment est fait pour vous.

Points positifs

  • L'histoire
  • Beaucoup de contenu
  • Beau
  • Intégralement en français
  • Les UFO catchers !!!

Points négatifs

  • Des faiblesses techniques
  • Parfois trop bavard
  • Très facile

A propos de l'auteur

Mystère Mask

Mystère Mask

Inventeur du claquement de porte

Né en 1823 mais immortel grâce à un pacte passé avec Nicolas Cage, ce gus a eu l'idée de génie de faire breveter le claquement de porte, ainsi il empoche des royalties à chaque fois que dans le monde une porte se ferme un peu trop brutalement. C'est pour ça qu'après six titres de champion du monde poids lourd de Mahjong acrobatique il a décidé de se cloîtrer dans son chateau de Bavière dans lequel il peut passer ses journées à jouer à tout ce qu'il trouve et partager son avis... Même si personne n'en veut.

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