Test : Blair Witch

Genre : Aventure horrifique

Date de sortie : 03 décembre 2019

Genre
Aventure horrifique
Date de sortie
03 décembre 2019 - France
Développé par
Bloober Team
Disponible sur
PC, PS4, Xbox One

Connu pour avoir accouché, entre autres, des sympathiques Layers of Fear, le studio Bloober Team se penche cette fois-ci sur une licence bien connue des fans de films d’horreur : Blair Witch. Mais était-ce réellement une bonne idée ?

Test effectué à partir d'une version PS4

Ce Blair Witch est une suite directe du film culte et se déroule plus précisément deux années après la disparition des étudiants qui se sont risqués dans la forêt hantée. Depuis cette triste date, de nombreux autres événements ont été constatés et les habitants du coin ne se risquent plus à s’aventurer dans la forêt. Jusqu’au jour où Ellis, ancien policier à la santé mentale défaillante, décide de se lancer à la poursuite de Peter, un enfant ayant disparu. Il n’est évidemment pas le seul, les forces de l’ordre locales étant aussi sur le coup mais, étrangement, Ellis ne va pas parvenir à les rejoindre… Seul son fidèle compagnon canin Bullet ne le lâchera pas d’une semelle dans ce qui va vite s’apparenter à une descente aux enfers.

Gare aux Blaireaux

Avec Blair Witch, les développeurs polonais traitent donc une fois de plus de la santé mentale. Ellis, déjà pas tout seul dans sa tête à la base, va donc vivre une aventure relativement compliquée, à base de combats contre ses propres démons et hallucinations à répétition, des éléments qui s’accélèrent d’ailleurs en fur et à mesure de la progression du joueur (ce qui ne prend guère de temps, le titre durant 6h en moyenne). Une idée certes classique mais qui fonctionne toujours aussi bien, malgré un début poussif et même si l’on peut regretter que le scénario de ce titre ne soit pas tellement à la hauteur. Il est clair que l’on ne parcourt par le bébé de chez Bloober Team pour son histoire, qui se montre tout ce qu’il y a de plus cliché et de plus banal. Étonnant – et donc décevant - de la part du studio qui soignait dans ses autres productions cet élément. D’autant plus que la progression devient vite répétitive et que les développeurs optent souvent pour des ficelles grossières, comme les jump scares.

Blair Witch

En revanche, l’ambiance se montre un peu plus à la hauteur… mais pas tout le temps. Car si certaines zones se déroulent sous la forme de couloirs, avec quelques combats et autres hallucinations qui se font sentir, les périodes de ‘’simulation de promenade en forêt’’ se montrent moins réussies. Il n’est en effet par rare de se perdre totalement sur les lieux, la faute à un manque d’éléments visuels venant guider le joueur. Il est certes possible de demander à Bullet d’aller sniffer une piste, mais il arrive parfois qu’il ne trouve rien. Heureusement, d’autres passages demandent de suivre tout simplement le chien qui ouvre alors la voie, évitant donc de se perdre. Alors, dit comme ça, on peut se dire que se perdre dans la forêt de Blair Witch fait partie intégrante de l’aventure… Mais, dans les faits, c’est plus agaçant qu’autre chose et ça ne fait sans aucun doute pas vraiment partie du gameplay.

Blair Witch

We witch you the best

Bullet, comme dit précédemment, est un élément important de l’aventure. Il aide ainsi parfois Ellis à progresser, ramène régulièrement des objets cachés, sert de repère durant les affrontements (il aboie en direction de l’ennemi, ennemi qui craint la lumière comme dans un Alan Wake) ou encore permet au héros de ne pas trop sombrer en restant à ses côtés. Pour lui rendre la pareille, le joueur peut régulièrement lui faire de petits câlins, voire lui donner des friandises. Un élément important, en tout cas si l’on en croit les développeurs qui précisent que des fins différentes sont à débloquer en fonction du lien établi entre Ellis et Bullet (parmi d’autres choses, comme le nombre de totems ramassés). En tout cas, sachez que vous fondrez immédiatement pour le chien, sauf évidemment si vous avez un cœur de pierre, et rien que pour ça Blair Witch mérite le coup d’œil.

Blair Witch

Durant l’aventure, le joueur devra faire face à plusieurs énigmes, certaines pouvant être résolues via une caméra et des cassettes à récupérer dans les bois, référence évidente au film. Là encore, les développeurs ont eu une idée intéressante puisque Ellis peut altérer la réalité via ces cassettes. Une porte est fermée ? Il suffit de visionner une cassette où cette porte apparaît, mettre sur pause lorsqu’elle s’entrouvre et hop, la voilà ouverte en vrai ! Plusieurs énigmes usant de cette mécanique sont de la partie et sont plutôt agréables, même si l’on a au bout d’un moment un peu l’impression que cette caméra est la réponse à tout. En plus de cet objet, Ellis dispose aussi pour l’aider à progresser dans la forêt d’un téléphone portable (avec le Snake !) et d’un talkie-walkie, tous deux venant hélas briser un peu la tension à intervalles réguliers : comment se sentir vraiment seul et vulnérable lorsque l’on peut appeler sa copine, lire des SMS, discuter avec le shérif ou encore faire un câlin à son chien ? Un meilleur équilibre à ce niveau aurait été appréciable.

Blair Witch

Ni witch ni non

La Bloober Team n’a jamais brillé par la technique irréprochable de ses titres, et Blair Witch ne fait pas exception à la règle. Alors, certes, Bullet est vraiment trop mignon et les jeux d’ombres et de lumières sont en règle générale convaincants, mais il suffit de se pencher un tout petit peu plus sur les graphismes pour se rendre compte que c’est franchement passable (en tout cas sur Xbox One). Et contrairement à un Layers of Fear 2, par exemple, Blair Witch ne compense pas par sa direction artistique. Pire, il n’est pas rare de rencontrer des bugs plus ou moins gênants (certains empêchant de progresser), des murs invisibles et autres chutes de framerate. La réalisation sonore se montre en revanche plus à la hauteur, via des acteurs (anglais) plutôt convaincants (des sous-titres français sont de la partie) ainsi que des bruitages – que ce soient ceux du chien ou de la forêt – globalement réalistes et donc immersifs.

Une version PS4 qui rehausse le ton

Retourner dans la forêt de Blair n’est pas chose aisée, surtout quand on sait que la sorcière rode toujours. Après avoir testé la version Xbox One du jeu en août dernier, le titre est arrivé dans sa version PS4, version sur laquelle nous avons pu à nouveau incarner Ellis et ses délires de vétéran de la guerre. Sur le fond, le jeu n’a pas changé d’un iota : c’est toujours aussi mal rythmé malgré une vraie envie de tracer le parallèle entre les récits d’une vie dramatique et l’avancée dans une forêt lugubre qui, d’ailleurs, fait plus état d’une descente aux enfers psychologique que d’une vraie battue à la recherche d’un garçonnet disparu.

Concernant ce qui nous intéresse plus particulièrement, à savoir l’aspect technique du jeu sur la console de Sony, nous avons testé notre exemplaire sur PS4 Fat et PS4 Pro, sachant que nous avions noté en août dernier quelques baisses d’IPS, des bugs en tous genres et des murs invisibles. Au niveau de la chute de framerate, il faut savoir qu’apparemment le problème a été réglé puisque nous n’avons remarqué aucun ralentissement, que ce soit sur Fat ou Pro. Malgré un rendu gamma global un peu bas (en gros : c’est trop sombre, trop souvent), le jeu est plutôt beau sur Pro, un peu moins léché sur Fat avec notamment le chargement des textures au loin qui se remarque de manière bien trop évidente (on voit les modèles 3D charger au fur et à mesure que l’on avance). Les murs invisibles sont toujours présents (qui est plus un problème de level design que de technique), tandis que les bugs bloquants sont aussi toujours présents. Plutôt que de parler de bugs, il conviendrait mieux de parler de problème de structure puisque, par exemple, il nous est arrivé de ne plus pouvoir continuer le jeu car nous avions besoin du chien pour avancer et que ce dernier avait décidé de rester bloqué quelques dizaines de mètres en retrait, dans un endroit d’où il était impossible de le rappeler. Fort heureusement, le jeu propose des sauvegardes automatiques qu’il nous a été possible d’utiliser : sans ça, c’était le drame.

Globalement, la version PS4 de Blair Witch se prend plutôt bien en main et reste mieux optimisée par rapport aux versions PC et Xbox One qui pouvaient souffrir de quelques ralentissements. Le fond du jeu n’a, évidemment, pas bougé, tout comme certains bugs, de structure plutôt que liés à la technique.

Article rédigé par Lorris , le

Si elle nous avait habitués à des titres mieux finis et plus inventifs, la Bloober Team déçoit ici avec son Blair Witch. Problèmes de rythme, répétitivité, scénario inintéressant, bugs ou encore difficulté à vraiment établir une tension, le titre n’est clairement pas le meilleur du studio. Restent tout de même un chien absolument adorable, des énigmes assez intéressantes ou encore une plongée dans la folie qui finit en apothéose, malgré un début poussif.

Points positifs

  • Bullet le chien
  • L’utilisation de la caméra pour les énigmes
  • Ambiance sonore convaincante
  • Les hallucinations, vues et revues mais toujours efficaces
  • Une ambiance globalement réussie…
  • Une version PS4 au framerate stable

Points négatifs

  • ...Mais qui tombe à plat régulièrement
  • On se perd bien trop souvent
  • Des bugs
  • Histoire inintéressante
  • Début poussif

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Lorris

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Jean-Claude Van Damme au corps, Jean-Claude Dusse dans la tête. C'est parfois l'inverse.

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