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Sega et RGG Studio poursuivent leur revisite de la licence Yakuza avec le remake du troisième épisode, qui profite également de contenu inédit : Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties. L'occasion de voir ce que les développeurs ont changé et rajouté... et il y a largement de quoi faire.
Test effectué à partir d'une version Xbox Series
Dans ce troisième épisode, les fans retrouvent donc ce bon vieux Kiryu qui a cessé des casser des bouches pour s'occuper de son petit orphelinat d'Okinawa. Après une petite intro où il est possible de revisiter l'histoire des deux épisodes précédents afin de bien comprendre tous les tenants et aboutissants, on commence à couler des jours heureux sous le soleil... en tout cas jusqu'à ce que ce soit une fois de plus le bazar et que le quatrième président du clan Tojo doive de nouveau se rendre sur Tokyo pour régler des comptes.
Here we go again
Et autant le dire tout de suite : pour les remaniements scénaristiques, le studio y est carrément allé à la truelle. Dès le départ, on nous apprend qu'un personnage que l'on pensait mort et enterré depuis belle lurette ne l'est peut-être pas tant que ça, par exemple. Alors, certes, les retournements de situation font partie de l'ADN de la série depuis ses tout débuts, mais la chose est faite ici d'une telle manière que l'on a l'impression que les scénaristes ont pour ambition de totalement gommer le travail de son créateur, qui s'est depuis envolé vers d'autres cieux (pour quand même faire plus ou moins la même chose si l'on en croit les premières infos sur Gang of Dragon). Sans parler de certains clichés qui font souffler du nez, même si nous ne divulgâcherons pas ici.
C'est dommage, car l'histoire de Yakuza 3, comme celle des autres épisodes, est passionnante et portée par des personnages forts. Si les petits nouveaux n'y verront que du feu, ceux ayant déjà terminé l'épisode de base tiqueront devant ces changements qui se ressentent du début à la fin de l'aventure, avec aussi diverses cinématiques largement raccourcies. Des modifications d'ailleurs également apportées à certains personnages qui ont été recastés. En plus d'avoir pris de nouveaux doubleurs, le studio a par ailleurs modifié le visage de ces mêmes personnages, ce qui pose deux problèmes majeurs.
Le premier, c'est qu'encore une fois les fans grogneront puisqu'ils ne retrouveront pas les visages qu'ils ont appris à aimer ou détester à l'époque. Le second, c'est que ce recasting pose aussi des problèmes de cohérence puisque les nouveaux visages ne correspondent pas à ce que les personnages sont censés représenter : des gens qui accordent moins d'importance à leur apparence que ceux que l'on retrouve à Tokyo, par exemple (d'ailleurs, la chemise de Kiryu a aussi changé de couleur pour une raison quelconque). Ici, on se retrouve avec des visages bien plus classiques et qui pourraient aller sur n'importe quel personnage de n'importe quel Yakuza habitant à Tokyo. Dommage.
Mais le pire là dedans reste tout de même le changement apporté à Goh Hamazaki. Si les développeurs n'ont pas hésité par le passé à modifier certains personnages en raison de problèmes judiciaires que leurs acteurs ont rencontré dans la vraie vie de la vérité véritable, ici hé bien... ils n'ont toujours rien fait concernant Teruyuki Kagawa. Si c'est grave, c'est parce que le boug est un agresseur sexuel. Et ce ne sont pas des accusations en l'air : il a été pris en photo en train de malmener une hôtesse et a été par la suite obligé de s'excuser. L'affaire a explosé au Japon il y a quelques années, donc le studio savait forcément qui il payait pour ce rôle (ce qui est d'autant plus zinzin que la licence n'hésite pas à traiter frontalement ces problématiques).
Sous le soleil
Avec Like a Dragon, RGG Studio a laissé tomber le beat'em up pour le tour par tour, mais les fans de la première heure retrouveront évidemment ici les combats en temps réel et les différents styles de Kiryu. Il y en a ici seulement deux : le classique lui permettant de sortir de grosses patates de forain et d'utiliser les éléments du décor pour punir ses ennemis, et le Ryukyu. Appris à Okinawa, ce dernier place de dangereuses armes entre les mains du Dragon de Dojima et offre une manière encore plus jouissive de se défouler. Malheureusement, ça rend aussi les affrontements beaucoup plus simples puisque ces armes touchent bien souvent de nombreux ennemis d'un seul coup. Cette simplicité se ressent également du côté des attaques spéciales qui peuvent désormais se déclencher automatiquement. Les améliorations et arbres de compétences sont toujours présents, mais leur impact se ressent moins que par le passé.
En dehors de son scénario et de ses bastons, Yakuza est aussi connu pour ses activités secondaires souvent amusantes et quasi toujours complétement débiles. De quoi apporter un peu de légèreté et d'humour dans des titres aux histoires sombres de mafias. On retrouve donc ici les classiques mini-jeux du genre karaoké, machine à pince et fléchettes, mais aussi la gestion approfondie de l'orphelinat (jardinage, cuisine, etc) ou encore d'un gang de motardes. Ce dernier élément prend la forme d'une sorte de musô assez classique et plus ou moins intéressant en fonction des affinités de chacun. Le problème, c'est que cette activité ''annexe'' est en fait obligatoire.
Oui oui, vous avez bien lu. Là encore, les développeurs ont changé leur fusil d'épaule. Exit le fait d'introduire un contenu quelconque avant de laisser le joueur poursuivre ou non : ici, on n'a pas le choix, il faut progresser dans ce mini-jeu jusqu'à un certain point avant de pouvoir poursuivre le scénario principal. Ils ont même inclus un contenu peu intéressant que Like a Dragon : Infinite Wealth comprenait, à savoir le fait d'ajouter des PNJ en tant qu'amis sur un réseau social pour recevoir des récompenses. Un élément obligeant Kiryu à s'arrêter toutes les deux minutes et qui vient casser le rythme.
Là encore, les nouveaux venus ne trouveront sans doute rien à redire à l'aventure, qui profite malgré tout toujours de systèmes qui fonctionnent et d'une narration cinématographique efficace. Mais les fans de longue date, eux, ne pourront s'empêcher de faire la comparaison et de constater que tous ces changements ne font que tirer cet épisode vers le bas. Ce qui est aussi vrai pour la réalisation : si c'est évidemment plus beau qu'à l'époque (encore heureux), il est clair que le moteur n'a pas été utilisé à son plein potentiel. Les visages sont moins expressifs que d'habitude – avec en plus parfois une uncanny valley de l'enfer -, les lumières ne sont pas maîtrisées et les textures baveuses sont légion. Au moins, le doublage japonais reste excellent, tout comme les textes français.
Enfin, un petit mot sur Dark Ties, contenu totalement inédit et proposant de suivre l'antagoniste Yoshitaka Mine. Une vraie bonne surprise profitant là encore d'une narration soignée et laissant suffisamment de temps au personnage pour se développer. Mieux : Mine étant radicalement opposé à Kiryu en termes de boussole morale, le suivre apporte un vrai petit vent de fraîcheur à la série (on aime toujours d'amour le Dragon de Dojima, bien entendu, et on n'oublie pas Ichiban non plus). Dommage en revanche de constater que sa manière de se battre se montre très basique, même si là encore très différente de celle de Kiryu. En parallèle, on retrouve une jolie quantité de contenu avec des quêtes et contenus annexes, le plus important ici étant une sorte de donjon, classique mais efficace.
Yakuza Kiwami 3 & Dark Ties laissera un goût amer en bouche aux fans de la série. Entre une mauvaise réécriture, des recastings loupés, un système de combat appauvri et des activités annexes que l'on nous force à faire, on aurait clairement préféré que les développeurs laissent Kiryu tranquille. Reste malgré tout un scénario plein de rebondissements, des personnages attachants, des affrontements jouissifs et du contenu en pagaille, sans oublier la bonne surprise Dark Ties, mais on le conseillerait plutôt aux nouveaux venus.
Détentrice d'un Baccalauréat P (pour ''platformer'') option Sonic the Hedgehog, Shauni a ensuite obtenu avec brio sa licence en Nintendo, spécialisation The Legend of Zelda. Elle est devenue par la suite Docteur ès RPG japonais grâce à sa note maximale lors de l'épreuve Tales of.