Test : Chicory : A Colorful Tale - PS5

Chicory : A Colorful Tale - PS5
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En ces temps où les gens sont fatigués de supporter une atmosphère morne, triste et parfois désespérante, il est bon de tomber sur un petit jeu « Feel Good » qui est là pour remonter le moral. Ça tombe bien, car c’est exactement ce que Chicory : A Colorful Tale propose.

Test effectué à partir d'une version PS5

Chicory, c’est avant tout une histoire de dépression, un sujet décidément populaire dans les jeux indés. Et pourtant, la dizaine d’heures qu’il vous faudra pour en venir à bout ne sera que plaisir, joie et bonne humeur. Dans les grandes lignes, vous incarnez un petit chien, non genré, qui va tomber un peu par hasard sur le pinceau du dernier Grand Peintre en fonction : Chicorée. C’est au même moment que le monde va perdre toutes ses couleurs. Sans divulgâcher, on comprend bien l’analogie entre la perte de couleurs et la dépression. Mais Cassoulet, c’est comme cela que nous avons nommé ce mignon petit chien, va courageusement endosser le rôle de Peintre en combattant de tout son être le syndrome de l’imposteur et aider, avec la plus grande bienveillance, son entourage à retrouver des couleurs.

Un monde coloré musicalement

Pour être parfaitement honnête avec vous, c’est d’abord parce que Lena Raine (@Kuraine sur les réseaux sociaux) est la compositrice de la bande originale du jeu que nous avons porté notre intérêt sur le titre. Elle s’est faite connaitre grâce à son travail sur Celeste, qui reste à ce jour l’un des meilleurs jeux de plateformes 2D et dont la somptueuse BO accompagnait l'ascension de Madeline. Vous pouvez aller vous y essayer sur Spotify ou Bandcamp, aucun doute que vous serez conquis. Ici, la musique sera plus mélodique, plus aérienne. Elle accompagnera votre exploration en rythmant vos coups de pinceau. Pourtant, lors des rencontres contre les boss, seuls moments où vous aurez à combattre, on retrouvera toutes les couleurs musicales que Kuraine avait insufflé à Celeste avec des mélodies plus agressives, plus vives mais tout aussi entraînantes.

Un gameplay chatoyant

En effet, malgré le fait que le jeu prenne ses inspirations sur Zelda et notamment Link’s Awakening (on retrouve pas mal de clins d’œil, dont la cabine téléphonique qui nous permet d’appeler ses parents pour avoir un indice sur ce que l’on doit faire), le gameplay ne se base pas sur la confrontation. Les seuls combats de boss ne sont d’ailleurs pas évidents car il nous faut coordonner le stick gauche qui fait bouger Cassoulet et le stick droit qui fait bouger le pinceau sur l’écran afin d’à la fois éviter les divers dangers tout en attaquant à coup de peinture les points faibles des ennemis. Une vraie gymnastique intellectuelle. Nous n'avons pas pu l'essayer au clavier souris, mais il semblerait que cette combinaison soit préférable. 

Le jeu se base principalement sur de l’exploration, et surtout sur le fait de redonner ses couleurs au monde. Chaque écran est en noir est blanc, et vous êtes libre de le repeindre selon vos souhaits. Ou presque, car pour ne pas tomber sur un résultat trop loufoque, seules 4 couleurs seront disponibles selon le type de biome dans lequel vous vous trouverez. Dans une forêt, vous aurez une palette à dominante verte; un désert sera à dominante jaune, etc. Il est possible avec la gâchette L2 de peindre et en restant appuyé de colorier toute une surface progressivement. L1 sert à choisir la couleur, R2 à effacer et R1 à changer la taille du curseur.

Une progression édulcorée

Vous allez donc explorer le monde de Chicory dans le but d’éliminer la corruption qui a détruit les couleurs. Un monde qui ne sera au début pas totalement accessible et qui le deviendra en obtenant de nouveaux pouvoirs. Il vous sera possible de plonger dans votre peinture (comme dans Splatoon) et de nager ainsi sous certains obstacles. Il sera aussi possible de sauter par-dessus certains obstacles. Chaque écran, surtout en donjon, est en fait un petit puzzle qu’il vous faudra résoudre pour atteindre l’écran suivant. Peindre certains éléments du décor en modifiera l’aspect, tels ces champignons qui gonflent une fois colorés ou ces fleurs qui vous propulsent de l’autre côté de l’écran en éclaboussant de peinture les alentours... réduisant votre travail d’harmonisation des couleurs à néant. La progression dans le jeu est agréable et fluide en théorie, mais est malheureusement saccadée par la possibilité de tout repeindre. Un esprit complétiste perdra alors une ou deux minutes sur chaque écran pour tout repeindre, ce qui est stimulant en début de partie mais peut devenir fastidieux après quelques heures de route. Rien ne vous oblige de le faire, mais le jeu vous y pousse fortement. 

Des dialogues éclatant

Chicory est extrêmement bien écrit et donne envie d'explorer son monde dans les moindres recoins. La traduction en français est d'ailleurs très réussie. Chaque rencontre avec un nouveau personnage vous fera esquisser un sourire. Entre la critique du système économique du monde, la dernière mode à porter ou le DJ qui veut organiser une fête mais ne sait pas comment faire, les situations cocasses sont légion. Tout se fait dans la bienveillance, l'humour et la légèreté. Comme nous l'avons précisé en introduction, tout est fait dans ce jeu pour que vous vous sentiez bien. Cela n’empêche pas d'aborder des sujets sérieux comme la dépression, la place de l'artiste, le syndrome de l'imposteur ou encore l'altérité, mais tout est désamorcé par l’état d'esprit de notre héros / héroïne qui garde espoir et optimisme malgré la tâche incommensurable qu'il/elle a à accomplir. 
Chicory : A Colorful Tale est l'un de ces jeux qui vous amènent dans une aventure qui transformera forcement un petit bout de vous en quelque chose de lumineux. C'est un concentré d'optimisme qui va vous prendre par la main et va vous amener à réfléchir sur des thèmes complexes et difficiles, tout en gardant à l'esprit qu'il n'est qu'un jeu et qu'il faut s'amuser. Car oui, on s'amuse dans Chicory, soit en lui redonnant des couleurs, soit en parcourant son monde et ses habitants qui prennent vie grâce à une écriture solide. Si vous avez un coup de blues, envie d’originalité, ou si vous êtes à la recherche d'une aventure agréable, foncez, vous ne le regretterez pas.
29 juin 2021 à 14h27

Par

Points positifs

  • Les musiques
  • Le concept
  • Le Feel Good
  • Les boss
  • Généreux

Points négatifs

  • Le coloriage fastidieux au pad...
  • ... et répétitif à la longue

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